‹ Amphithéatre des sciences mortesChapitre 33 sur 182 · IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE · texte numérisé non relu

IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE

plus tard Thomme aimé. Car, Fillusion serait trop grossière, et il n'y a pas de demi vérité, être aimé restera la seule façon de commander dans le mariage.

On a voulu voir dans le mariage un acte seulement social : certes pour ses conséquences; mais en soi, le mariage n'est que la forme socialisée de l'amour: il consiste dans la co-existence. Armand Hayem dans son étude sur la matière rapporte que dans le département de la Seine on compte sep fois plus d'enfants naturels que dans les campagnes : cela provient d'un sens familial amoindri et de la débauche systématique.

La monogamie est la condition même de la société, et nous n'en devons l'exemple ni aux hébreux, ni aux Germains; les races qui continuent la polygamie sont des rebuts humains, tels les arabes et les ottomans.

Il faut une part d'initiative et le sentiment de sa valeur pour qu'un être arrive à son développement, et quelles que soient devenues les femmes latines, ce sont des femmes, tandis que les ottomanes n'en sont point.

Le mariage sera toujours le commun désir de deux amants véritables et le monogénisme la seule solution souhaitée, par l'homme même. Seulement il veut trouver unie dans l'épouse une matrone

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d'extériorité, hétaïre d'intérieur: cela n'est pas impossible, mais il faudrait élever les hommes et les femmes bien autrement qu'on ne fait. De même répoux qui ne sait pas être amant, n'obtiendra pas plus d'efforts qu'il ne s'en impose. Quel ouvrage, dira-t-on, que de soins absorbants ! Sans doute, mais les mécomptes ordinaires ne sont-ils pas plus absorbants encore ! Ce qui manque généralement dans l'union, c'est la bonne volonté ; un conflit d'intérêts a lieu, en place d'une communion véritable. Chacun attaque et se défend, c'est un duel où l'homme sera toujours vaincu, s'il n'est aimé. Il y a des femmes malheureuses mais il n'y a pas de femmes asservies. Le jeu des détails, qu'aucun homme ne voit, permet toujours à la femme sa revanche, et du reste, quelle que soit la victoire, il y a toujours deux ennuis et double détresse.

Au point d'évolution intellectuelle où nous sommes, on ne recommence pas les observations, on ne change plus la méthode, tout l'art du penseur réside à combler des lacunes. Eh bien, dans nos mœurs comme dans l'enseignement religieux, le mariage n'est pas assez considéré dans son essence de triple complémentarisme.

Fiancé d'aujourd'hui, époux de demain, quel reflet vas-tu projeter sur l'imagination de ta

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