‹ Amphithéatre des sciences mortesChapitre 6 sur 182 · A MON AMI · texte numérisé non relu

A MON AMI

ALEJANDRO DORADO. R.

Mon Cher Ami,

Nos amis so?ii nos vivants homieurs.

D'admirables causes furent désertées et les nobles égrégores souvent n'ont pas été suivis ; la fidélité ne paraît pas toujours /à, où r histoire la voudrait trouver. N'importe^ elle entraîne un prestige i?îcomparable : et f éprouve une légitime fierté à retrouver à mes côtés ^ ceux qui^ il y a cinq années^ se croisèrent à mon exhortation.

Venu un des premiers^ vous restez un des meilleurs, en cette voie rosicrucienne où le succès ne suivit pas constamment l'effort ^ mais où l'effort ne cessa jamais son mouvement de lumière.

Vous avez été à toutes les peines^ à toutes les gestes^ je dirais à toutes les campagnes et à tous les combats ^ si ces expressions n'abaissaient la très sainte idée. Notre drapeau est un labarum ! Preeliamini preelia Domini.

Xll AMPHITHEATRE DES SCIENCES MORTES

Vau-delà ne s'est pas manifesté avec Véclat dune promesse ; Constantin entendit la divi?ie assurance : « par la vertu de ce signe tu vaincras. » Si je veux démêler dans ^illumination de Bayreuth la voix idéale et la formuler^ voici tordre impérieux entendu : « Combats pour rendre à ce signe son antique vertu. »

Vous 7ie lavez pas oubliée^ la foudroyante émotion j qui nous terrassa chevaliers et maîtres, quand sur une scène à cet instant transfigurée, Sarah de Maupers prononça ces paroles, dont seuls nous savions la formidabilité et tineffabilité, où se cachent les vérités testamoitaires du passé et tout l'essaim des espoirs.

« .. Vois l'inconsolable rose aux clartés des dernières étoiles ; le prodige de cette fleur victorieuse de V hiver attira mes regards et sa vision me sembla dégagée de moi-même... Doucement donc^ f arrachai toute sa tige, a travers les dures épines, sur l'arbuste mort cToù elle s'était élancée et qui la supportait. Puis, Je J'échauffai^ sous mon haleijie, le sou fie de son parfum entre mes mains qui tenaient encore cette arme secrète forgée en de vieux jours. — Ecoute ! Des Esprits, — que sais-je — des génies, étaient certes, enfermés en sa beauté !

(X Aussitôt des passages de F Histoire Humaine jusquelà voilés à mon esprit s' ihumiiièrent j en ma mémoire^ de significations augustes et surnaturelles. Ainsi, je compris, sans pouvoir m'expliquer même fi?itérêt que

je prenais à la contempler^ pourquoi cette fleur, ainsi placée, par hasard, entre mes mains, sur la croix de mon poignard, formait un signe qui avait dissipé,

DEDICACE Xni

autrefois, comme du sable, les plus fiers el les plus solides empires. »

Oh ! 710US r avons entendu en nos âmes le chant des Rose f Crois, comme nous avons revu en esprit le disque des Atlafites et des Egyptiens, le symbole solaire gui signe les initiations les plus lointaines^ dans les deux hémisphères, ici des rayons, là des ailes étendues se sont enfin transformés en pétales et le symbole florit, et le cercle rayonnant devint la Rose adorable*

Elle languissait fanée, mourante, quand Jésus- Christ la raviva d'un autre signe également éternel, incomparablement virtuel et Verbum caro factum est, et la (Jroix est iiiscrite dans la Rose ; sainte image du mystère ineffable, allégorie précieuse de la Rédemption. Bénis sont ceux qui comprennent la surhumaine har^ monie de la Beauté et de la Vertu, de la Science et de la Foif du Droit et du Devoir^ de la Forme et de ridée, bénis ceux qui participent à la thaumaturgique vertu de ce pantacle qui résume toutes les sagesses et qu'ac cueilleraient tous les temples. H Vous a été donné de venir précocement parmi ceux qui ont le seul âge de leur pensée. Vous avez senti le mystère au moment où la plupart se déperdent aux errements du siècle : merveilleuse fortune qui^ hâtant Votre évolution y Vous orienta vers Vidéal sans tâtonnements et les recherches pénibles que contiuroit même les maîtres.

Vous méritiez cet heur intellectuel par la noblesse native de Votre caractère ; le miracle passe au chemin de Damas, mais il faut être Paul, pour qu'il ait lieu.

V élection dun être réside en lui ; Véducationy la religion, r initiation contrepointent seulement ou fuguent le thème daimonique. Je ne Vous fais dojic pas un mérite d effort pour avoir préféré les plus belles conceptions et obéi à fidée radieuse.

Mais au lieu de Vous complaire égoïstement au Mystère^ Vous l'avez servi comme le servirent ceux du Moyen-Age. Aux quatre gestes de l'ordre Vous avez été le b07i chevalier de rêve qui ne voit que le but éternel et ne s'inquiète pas de savoir si le soin qu'il assume est le premier^ pourvu qu'il soit nécessaire. Vous avez eu le courage du détail et l'application au divers, et quoique F idée seule créât en Vous ce zèle; acceptez mon merci au nom de cette même idée qui me missi07ina.

Ayant milité sitôtd'wt zèle si monacal pour l' au delà, nul doute que l'avenir ne Vous garde une chevaleresque oitrepiise.

[.es destins puisent parfois leur sève au plus loifitain passé ; ne t'oubliez pas. La Foi Vous confère sa force et l'initiation sa lumière et je viens témoigner ici de Votre beau dévouement à Vidée pour le plaisir affectueux de Vous donner l'éponymat de cette œuvre qui puise sa sève au plus lointain passé et prend sa vertu « du Signe par lequel furent fondés les plus fiers et les plus solides empires. »

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