PREFACE
A Vinsiani oit f écris ici le mot préface^ m' arrivent deux coupures exemplaires de l'abaissement français.
Un député qui se trouve aussi soldat {ô peuple
de fous^ croire que le même homme qui supporte
le joug militaire sera capable de législation) n'a
^fÊi$ le droity pendant son passage sou3 les fou-
*-^tkes vaudines du recrutement d'associer son nom
! à un manifeste de son groupe politique Un général
ininistre de la guerre appelle ce cinq cinquante-
cinquième de roi, a le chasseur un tel, matricule
tant. »
Et la majorité applaudit.
Mieux encore, on vient de déclarer que tout militaire qui n'aurait pas les idées de sa caserne ou de son capitaine (les idées d'un capitaine ô blasphème de toute pensée, révoltante association de mots !) serait mis à la torture ^ c'est-à-dire envoyé dans les compagnies de discipline. Dans la même colonne du même numéro, on lit une condamna-
tion de cent francs contre un malheureux qui ramassait les bouts de cigai^eet les vendait ensuite à d autres malheureux.
La France retourne à la Barbarie : comme le domaine intellectuel a été piétiné par les sans culottes : et que nous avons vu les encyclopédistes reparaîtî^e sous visage de crocheteurs. le pays oit il n'y a plus une idée juste en circulation se jette désespérément dans les bras de fer de t armée ^ par instinct de conservation. Or^ à moins que moimême je n'aie subi la contagion et ne sois devenu fou^f estime que le législatif est hiérarchiquement au-dessus de l'exécutif; que le cédant arma togœ est la formule civilisée^ et le cedat toga armis celle de la brutalité.
Si le mandat législatif îi' implique pas l'indépendance du législateur j que devient l'esprit de la constitution ? Disciplinairement^ on peut faire périr qui Von veut, quand on veuty dans t armée : or, voici un député qui a proposé une loi déplaisante à son sergent-major. Cen est fait de lui, à moins d'une santé d'Hercule Farnèse ou de Milon de Crotone !
Quelle antinomie sans exemple ! Cet homme qui tient la barre de l'Etat^ sera réduit en servitude par un caporal obtus et peut-être ivrogne : et ainsi jusqu'à quarante-cinq ans^ le roî de France in partibus redemendra à certaines périodes^ le serf le plus avili.