PREFACE XIX
On avait déjà vu des docteurs ès-^lettres, des artistes courbés sous le sabre ignare : maiSy cela 7i' étonnait pas ; T armée a le mépris sans borne de ce qui n'est pas elle, el Léonard, comme Dante lui paraissent « d'ignobles pékins^ » bons pour Biribi ; ï armée a même la haine de V intellectuel à un degré furieux, et grâce à sa discipline, elle peut sévir, sans aucun risque.
Le traitement que subit le paysan quittant sa charrue pour le fusil, ou l ouvrier sortant de son usine pour la caserne, assassinera sûrement, innocemment le savant quittant ses livres pour la théorie et son cabinet pour des efforts physiques impossibles à un sédentaire.
Dans nos races appauvries, le développement intellectuel ne s'obtient qu' au détriment de l entité physique ; donc tous les êtres civilisés sont mis en péril, sans profit pour t Etal, par la toutepuissance abandonnée aux mains executives.
Il est de simple raison qu'on ne peut être juge et pœ^iie; la profession executive interdit la judiciaire: or, il y a une justice militaire maritime. Qu'on instaure une justice de la Régie, pour connaître de ce qui V intéresse et une autre pour chaque part de l administration. Ce sera moins absurde, car les emplois pacifiques n'éteignent pointla raison et la sensibilité, tandis que la charge executive n'existe qu'à leur mépris.
La discipline est la nécessité même en toute
matière^ à plus forte raison dans l'armée ;mais la discipline ne doit pas être la raison du plus gradée comme elle est d'ordinaire : on a institué le jury^ comme contrepoids aux juges, forcément excessifs dans leur amour de P ordre et en face du jninistère publicy dont V avancement j nul ne F ignore, au lieu de naitre de son équité ^ dépend de sa puissance d incrimanalion .
Quelle incohérence^ et comment une nation vivrait-elle y au mépris de toute science?
Certes^ le suffrage universel ne confère pas à mes yeux une véritable dignité^ je suis oriental et théocrate. Pour les occidentaux^ démocrates qui ont divisé le pouvoir en^ cinq cent cinquante parts, le ministre de la guerre est criminel de lèse majesté, ou bien la Chambre ne représente pm le peuple et celui-ci n'est pas souverain.
Le ministre de la guerre restaure à son platsir l autocratie de Louis XI Vy il rétablit t inquisition^ puisqu'il pense poursuivre desUdéeSy sun ses serfs et il rétablit la question tandis que la Régie ^poussant la rapacité plus loin que' jamais aucun fisc ne Posa, condamne le pauvre pour avoir disputé quelques sous de pain au balai de la voirie.
Vraiment^ quand un peuple a fait un si énorme remuement que la Révolution pour reproduire aussi exactement les mêmes erreurs, ce peu-pie relève de Valiénisme, et non plus de Ikis-