IV. LE LIVRE DU SCEPTRE
vers à nouveau ; Clodowig, une de ces brutes, trouva en sa femme un ange ; et la sexualité fît ici un de ses grands offices, le chef des Francs devint chrétien.
Une sœur de l'empereur Basile fit baptiser son époux, Knès de Russie, Volodimer. Miscias, duc de Pologne, fut converti par sa femme. Le roi de Hongrie se fit chrétien aux instances de sa femme Giselle, sœur de Henri l'empereur.
Procope n'a pas osé avouer à la postérité les horreurs Gothiques. Nul plus que moi n'admire R. Wagner, mais sa race seule a pu diminuer son génie, au point de ressusciter les ignobles symboles de la secte d'Odin.
Au IX® siècle, qu'on y songe, l'Italie était redevenue sauvage, couverte de forêts et pleine d'animaux dangereux.
Parmi les fondateurs de religion, il y a deux malfaiteurs, deux patriotes, Odin et Mohammed ; ces misérables ont armé leur race contre toutes les autres, et on retrouve dans le mauvais cœur anglais, la trace du Troglodytisme moral.
Les Kalifes, en moins d'un siècle, maîtres de l'Asie et de l'Egypte, conquirent l'Espagne. Sans la victoire de Poitiers, la France était soumise au Croissant : et cependant, dès le x® siècle, le Kalifat de Bagdad n'était plus qu'un fantôme sous la
main des Tatars ou Turcs, autre séquelle qui a fourni la triste race ottomane.
Charlemagne a tous les traits du théocrate; cependant il commanda à son fils de prendre la couronne lui-même à Aix-la-Chapelle : cette couronne, dit d'Olivet « tomba de la tête de l'enfant sur celle d'un comte de Franconie. » Au reste, qu'il s'agisse de Temugin le Tatar ou de Mahommed II, I
de Godefroy de Bouillon ou de Simon de Mont- |
fort, partout la volonté aveugle se culbute avec l'implacable destin.
La féodalité est une phase générale de la for- I
mation monarchique dans toutes les races. Le luxe permit à l'art de paraître, la vanité de la brute militaire toléra le troubadour, entre le clerc et le page ; pendant les absences du mari, croisade bu expédition, la femme s'affina, les mœurs changèrent. Qui ne découvre dans la chevalerie un endiguement de la sauvagerie des barons? Ces ivrognes de meurtre furent enrégimentés sous une conception idéale ; le fait d'armes, accompli au profit de l'innocent et du faible, les honorait davantage, l'idée de justice se glissa dans leurs pauvres cervelles, tandis qu'elle abandonnait l'âme des religieux. L'inquisition, malgré tout ce qu'on a dit, à notre époque où le besoin d'une discipline intellectuelle se fait si fortement sentir, étonne et sou-