IV. LE LIVRE DU SCEPTRE
la fin des mœurs latines ; car incapable d'être régale de rhomme, elle n'en sera plus que le despote méprisant, ou l'entreteneur luxurieux.
La haute bourgeoisie, en nos mœurs, comprend la grosse fortune qui se fait ou l'aisance faite de principes égoïstes mais d'un grand amour de l'ordre, et plus vaniteuse encore qu'intéressée; ils sont désignés pour les emplois d'administrations. Bureaucrate en bas, financière en haut, la bourgeoisie peut fournir, par ses hauts représentants, un sénat des finances, qui proposerait et documenterait les matières d'argent : c'est là que la propriété a ses enthousiastes, c'est là qu'elle trouvera ses docteurs. 11 n'y aura plus qu'à déduire, comme pour la Chambre du travail, leurs passions de leur opinion.
Quant à la noblesse, celle qui n'est pas dans la cavalerie doit être envoyée au corps diplomatique, non comme politique, mais comme représentante des belles mœurs.
Les Musées et les bibliothèques appartiennent de droit aux écrivains, ainsi que tous les emplois des Beàux-Arts ; ceux de l'instruction publique aux savants. Il n'en est pas ainsi. MM. Gréard, Kaempfen, Rougon, recteur de l'Université, directeur des Musées, directeur des Beaux-Arts, sont
sans œuvre, sans compétence et sans valeur, ce sont des commis politiques. Les examens ne prouvent que de la mémoire; les thèses valent mieux, les livres valent tout à fait. La Chaihbre intellectuelle devrait être composée de ceux qui ont le plus et le mieux œuvré : mieux vaut un Proudhon xju'un Rousse ou un John Lemoine.
L'Aristocratie ne peut donc se fonder que sur les virtualités ou capacités et cela, on peut s'assurer, ne sera jamais héréditaire. La preuve des capacités doit être prise dans la production même, autant au matériel qu'à l'esthétique.
Quant à la Chambre suprême, elle devrait être élue par des délégués du travail, de l'Economie, de la Propriété et de la Culture. Jamais, ni militaire, ni marin, ne saurait paraître en aucune de ces assemblées non plus que les magistrats.
Le législatif interprète la loi, l'exécutif la fait agir sans empiétement sur les pouvoirs supérieurs.
Comme il n'y a qu'une justice, il ne peut pas y avoir plusieurs codes :
La justice est civile par son essence ; comme l'exécutif est militaire par essence également.
Il serait stupide qu'un avocat intervint dans le plan d'un général et dans les mouvements d'une