‹ Amphithéatre des sciences mortesChapitre 90 sur 182 · IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE · texte numérisé non relu

IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE

qu'on leur attribue, l'agronome, l'ingénieur d'usine et le négociantont une qualité, la compétence, qui maoque aux avocats médecins et journalistes de la Chambre ; aussi devrait-on créer trois Chambres correspondantes à l'aristocratie du travail.

J'entends déjà l'ouvrier protester devant ce syndicat des patrons : oubliant que cette Chambre du travail n'est rien que consultative, élaboratrice de la Loi ; sur son mémoire ou son cahier serait prise la décision du pouvoir qui aurait alors à considérer les droits de la glèbe, de la main d'œuvre et du commis.

Le commerçant ne vaut pas cher, moralement :

c'est le bourgeois en activité, comme le bourgeois est un négociant relire, et il accepterait sans scrupule que le pays fît une guerre pour écouler sa cotonnade. Le rôle du pouvoir est de planter les faisceaux de justice au milieu des intérêts. L'industriel a l'âme moins basse, mais de peu ; quant à l'agronome, il peut être scélérat en Irlande, mais en France, pur exemple, la canaille c'est le paysan, sans qu'il ait beaucoup de circonstances atténuantes. Je n'ai pas la place de les discuter, je pose le fait : le paysan ne vaut rien ; il est moralement au-dessous de ses bœufs.

Après la catégorie du travail matériel commence la bourgeoisie ; en soi, l'homme qui se promène

tous les jours, sans aller à un gain, est un bourgeois ou rentier. Cette espèce a un bien grand respect de l'autorité, née conservatrice, satisfaite de peu, idéal contribuable et tiré de cette perfection par la femme légitime ou maîtresse. Nulle part, en aucune ville, je n'ai vu, aux heures d'aller au travail, autant de femmes qu'à Paris; la race féminine y est courageuse, fine, et bien supérieure à l'homme.

Le nombre des demoiselles de magasin ayant du comme il faut, a étonné Graindorge Taine : il aurait pu ajouter que la rue du Sentier, d'un bout à l'autre, a été assise par des femmes. Au reste, de tout temps elles ont été cause de la pénétration des classes supérieures par les inférieures : les fortunes ont été faites pour elles, comme elles seront dépensées. Mais la Vénus éternelle, si sensible à l'uniforme militaire, a souvent l'amourpropre de la fonction, de tout ce qui orne son homme. Combien d'honnêtes femmes par le monde, incapables d'un amant et prêtes à tout pour fleurir la boutonnière de leur époux. L^Angleterre a déjà admis la femme au vote paroissial et à celui de la Comté ; fantastique folie : le jour où l'homme général ne sera plus le cheval indispensable à enfourcher pour son initiative, le jour où l'homme ne sera plus le moyen de la femme, nous verrons

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