IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE
grammes idéologiques sont des duperies. Ecoutez ce programme politique : « Nous voulons un ordre de choses où toutes les passions basses et cruelles soient enchaînées, toutes les passions bienfaisantes et généreuses éveillées par les lois, où la patrie assure le bien-être de Tindividu, où chaque individu jouisse de la prospérité de la patrie.
« Nous voulons substituer la morale à Tégoïsme, le mépris du vice au mépris du malheur, Tamour de la gloire à celui de l'argent. Nous voulons, en un mot, remplir les vœux de la nature, accomplir les destinées de l'humanité, tenir les promesses de la philosophie, absoudre la Providence du long règne du crime et de la tyrannie. » N'est-ce pas magnifique ? Voulez-vous la date? 5 février 1794 ; Voulez-vous l'auteur? Robespierre.
Quoique je suive une voie de dénonciation personnelle, je dois à un homme de génie, le marquis de Saint- Yves, renonciation de son système, qui, partant des mêmes principes d'occultisme et d'ésotérisme, présente des ressemblances vives et fréquentes avec ce que je propose :
« La loi politique, celle des Etats laïques ou non, se définit en trois Pouvoirs : Délibératif, judiciaire, exécutif,
« La loi sociale, celle des Nations, religieuses ou non, devra, elle aussi, se définir en trois Pouvoirs
âociaux, ens^eignant, Juridique, économique. »
Telle est le schéma de la Synarchie, beau nom digne de titrer toute vérité sociale.
Le peuple est l'être physique ; et, ioférieur, les animîques lui doivent leur secours et les intellectuels leur tutelle.
L'ouvrier peut s'élever jusqu'à l'artiste et les castes fermées sont des erreurs.
Les facultés d'un être marquent seules sa place sociale, et lorsque Jean Racine se laissa ennoblir, il y eut risée parmi les sphères.
Le créateur, savant ou écrivain, ne doit recevoir de l'Etat que l'exemption des corvées et les conditions de son œiivre, c'est-a-^ire un peu d'or. Donner la légion d'honneur à un génie c'est le rabaisser au niveau d'un bon serviteur.
Je l'ai dit, d'après Aristote, l'homme supérieur est à lui-même sa propre loi : il est au-dessus de la société, landis que le peuple reste au-dessous : l'homme supérieur ne désire pas le pouvoir, tout acte est moindre que sa pensée et l'homme inférieur ne peut. pas prétendre au pouvoir, car tout acte est supérieure rabsence de pensée.
Le peuple, je le ressasse, n'a d'autres droits que ses besoins ; mais précisément parce qu'il est irresponsable et exclu du gouvernement, il doit être d'abord satisfait.