ACTE SCÂNE IV
ALCMÈNE Cesse tes plaisanteries, Ecclissé. On peut fêter une victoire sans mascarade.
ECCLISSÉ
Son costume, vous voulez savoir son costume ? Non, elle n’est pas nue. Elle à une tunique de linge inconnu, qu'on appelle la soie, soulignée d'un rouge nouveau, appelé la garance. La ceinture? Pourquoi n'aurait-elle pas de ceinture ? Pourquoi ce rire, là-bas, oui, toi, Alexeia ? Que je l'y reprenne ! Sa ceinture est de platine et de jais vert. Si elle lui prépare un repas? Son parfum ?
ALCMÈNE Tu as fini, Ecclissé ?
ECCLISSÉ
Elles voudraient savoir ton parfum. (Gesle menaçant d’Alcmène.) C'est un secret, mes petites, mais ce soir Thèbes en sera embaumée… Qu'elle ne devienne pas une étoile qu’on ne voit que tous les six mois? Oui, je la mettrai en garde. Et comment tout cela se sera passé? Oui, je vous le promets, vierges, je ne vous en cacherai rien. Adieu. Voilà qu’elles s'en vont, Alcmène. Elles montrent leur dos ravissant, et se retournent pour
ourire! Ah! comme un dos est éclairé par un
sourire ! Les charmantes filles |
1 ALCMÈNE Je ne t'ai jamais vue aussi folle!
ECCLISSÉ
Oh, oui, maîtresse, folle et affolée ! Car sous quelle forme vatil venir? Par le ciel, par Ja terre, par les eaux? En dieu, en animal, ou en humain? Je n'ose plus chasser les oiseaux, il est peut-être en ce moment un des leurs. Je n'ose résister au chevreuil apprivoisé, qui m'a poursuivie et cornée, Il est là, le gentil animal, qui piafle et brame dans l'antichambre. Peut-être dois je lui ouvrir? Mais qui sait, peut-être estil au contraire ce vent qui agite les rideaux ! J'aurais dû mettre le rideau rouge ! Peut-être est-ce lui qui cffleure, én ce moment les épaules de ta vieille nourrice, Je tremble, un courant m'agite. Ah! je suis dans le sillage d'un immortel ! O maîtresse, c'est en ceci que Jupiter aujourd'hui à été le plus habile : chacun de ses êtres et de ses mouvements peut être pris pour un dieu! Oh! regarde, qui entre là, par la fenêtre |
ALCMÈNE Tu ne vois pas que c'est une abeille. Chassela!
ÉCCLISSÉ Certainement non! C'est elle! C'est lui, veux-je
dire, lui en elle, en un mot! Ne bougez pas, maf-
treme, je vous en supplie ! O salut, abeille divine ! Nous te devinons,
ALCMÈNE Elle s'approche de moi, à l'aide !
». dnett edf
: Evidemment, c'est plus naturel. Je reviens,