‹ amphitryon 38Chapitre 10 sur 42 · À NTIPMEDAMER SION ES 8 AI · texte numérisé non relu

À NTIPMEDAMER SION ES 8 AI

AMPHITRYON. — Je sens ta vie et ta chaleur. Par tous les joints où peuvent m'atteindre les flèches, tu m'’atteins. Et toi ?

ALCMÈNE. — Un corps aussi est une cuirasse. Souvent, étendue dans tes bras même, je t’ai senti plus lointain et plus froid qu’aujourd’hui.

AMPHITRYON. — Souvent aussi, Alcmène, je t’ai pressée plus triste et plus désolée contre moi. Et cependant je partais pour la chasse, et non pour la guerre. Voilà que tu souris! On dirait que cette annonce subite de la guerre t’a soulagée de quelque angoisse.

ALCMÈNE. — Tu n'as pas entendu, l’autre matin, sous notre fenêtre, cet enfant pleurer? Tu n'as pas vu là un sinistre présage ?

AMPHITRYON. — Le présage commence au coup de tonnerre dans le ciel serein, et encore avec l'éclair triple.

Emo 9" — |

42 A M PHIDRMIONIS.S

ALCMÈNE. — Le ciel était serein, et cet enfant pleurait..… Pour moi c’est le pire présage.

AMPHITRYON. — Ne sois pas superstitieuse, Alcmène! Tiens-t’en aux prodiges officiels. Ta servante a-t-elle donné naissance à une fille cousue et palmée ?

ALCMÈNE. — Non, mais mon cœur se serrait, des larmes coulaient de mes yeux au moment où je croyais rire.

J'avais la certitude qu’une menace terrible planait au-dessus de notre bonheur.… Grâce à Dieu, c'était la guerre, et j'en suis presque soulagée, car la guerre au moins est un danger loyal, et j'aime mieux les ennemis à glaives et à lances. Ce n’était que la guerre!

AMPHITRYON. — Que pouvais-tu craindre, à part la guerre? Nous avons la chance de vivre jeunes sur une planète encore jeune, où les méchants n’en sont qu'aux méchancetés primaires, aux viols,

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