AIME PET ITR ONE TS
Mercure. — C’est un garçon, et il naîtra. Tous ces monstres qui désolent encore la terre, tous ces fragments de chaos qui encombrent le travail de la création, c’est Hercule qui doit les détruire et les dissiper. Votre union avec Jupiter est faite de toute éternité.
ALCMÈNE. — Et que se passera-t-il, si Je refuse?
MERCURE. — Hercule doit naître.
ALCMÈNE. — Si je me tue?
MERCURE. — Jupiter vous redonnera la vie, ce fils doit naître.
ALCMÈNE. — Un fils de l’adultère, jamais. Ce fils mourrait, tout fils du Ciel qu'il puisse être.
MERCURE. — La patience des dieux a des limites, Alcmène. Vous méprisez leur courtoisie. Tant pis pour vous.
Après tout, nous -n’avons que faire de votre consentement. Apprenez donc qu’hier…
Ecchssé entre brusquement.
ECCLISSÉ. — Maîtresse.
ALCMÈNE. — Qu’y a-t-il ?
MERCURE. — Amphitryon, sans doute ?
ECCLISSÉ. — Non, Seigneur. La reine Léda arrive au palais. Peut-être doisla renvoyer ?
ALCMÈNE. — Léda?... Non! Qu'elle reste!
MERCURE. — Recevez-la, Alcmène,
elle peut vous être d’un utile conseil.
Pour moi je pars, et vais rendre compte de notre entretien à Jupiter.
ALCMÈNE. — Vous lui direz ma réponse ?
MERCURE. — ‘Tenez-vous à voir
votre ville assaillie par des pestes, par l'incendie? À voir votre mari vaincu et déchu? Je lui dirai que vous l’attendez.
ALCMÈNE. — Vous direz un mensonge.
oo 134 AMPHITRYON 38
MERCURE. — C’est avec les rnensonges du matin que les femmes font leurs vérités du soir. À ce soir, Alcmène.
Il disparait.
ALCMÈNE. — Ecclissé, comment est-elle ?
ECcLissé. — Sa robe? D’argent avec liseré de cygne, mais très discret.
ALCMÈNE. — Je parle de son visage.
Dur, orgueilleux ?
EccLissé. — Noble et paisible.
ALCMÈNE. — Alors, va, cours, qu’elle entre vite, une idée m'est venue, une idée merveilleuse! Léda peut me sauver.
Sort Ecclissé,