SCENE IV
SOSIE, NAUCRATES, POLIDAS,
Monsieur, auec messoins, tout ce que i'ay pu faire, C'est de vous amener ces Messieurs que voycy.
Ah! vous voila?
Quoy
SOSIE
Monsieur.
Insolent, téméraire.
SOSIE
AMPHITRYON, le vous apprendray de me traiter ainsy.
SOSIE
Qu'est-ce donc? qu*auuez-vous ?
Ce que i'ay, Misérable?
SOSIE
Hola, Messieurs, venez donc tost.
NAVCRATES.
Ah! de grâce, arrestez.
Dequoy suis- je coupable ?
Tu me le demandes, Maraut?
Laissez-moy satisfaire vn courrous légitime.
SOSIE
Lors que l'on pendquelqu'vn, on lui ditpourquoy c'est.
NAVCRATES.
Daignez-nous dire, au m'oins, quel peut estre son crime.
SOSIE
Messieurs, tenez bon, s'il vous plaist.
Comment! il vient d*auoir l'audace, De me fermer ma Porte au nez?
Et de joindre encor la menace^ A mille propos éfrenez!
Ah! Coquin.
SOSIE
Je suis mort.
NAVCRATES.
Calmez cette colère,
SOSIE
Messieurs.
POLIDAS.
Qu'est-ce ?
SOSIE
M*a-t-îl frapé?
Non, il feut qu'il ait le salaire Des mots, où tout à Theure, il s'est émancipé.
SOSIE
Comment cela se peut-il faire.
Si i'estois par vostre ordre autre-part ocupé? Ces Messieurs sont icy, pour rendre témoignage, Qu'à disner auec vous, ie les viens d'inuiter.
NAVCRATES.
Il est vray qu'il nous vient de faire ce message ; Et n'a point voulu nous quitter.
Qui t'a donné cet Ordre ?
SOSIE
Vous.
Et quand ?
SOSIE
Apres vostre paix faite.
Au milieu des transports d'vne Ame satisfaite. D'avoir d'Alcméne apaisé le courrons.
O Ciel ! chaque instant, chaque pas,
Adjoûte quelque chose à mon cruel martyre !
Et dans ce fatal embarras, le ne sçay plus que croire, ny que dire.
NAVCRATES.
Tout ce que de chez vous, il vient de nous contçr,
Surpasse si fort la Nature, Qu*auant que de rien faire, et de vous emporter, Vous deuez éclaircir toute cette aiianture.
AMPHI1ÇRYON.
Allons, vous y pourrez seconder mon effort; Et le Ciel à propos, icy vous a fait rendre.
Voyons quelle fortune en ce jour peut m*attendre. Débrouillons ce mystère, et sçachons nostre Sort. . Helas! le brûle de l'apprendre; Et ie le crains plus que la Mort !