‹ Amputations congénitales et ainhumChapitre 2 sur 30 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Dans la séance du 2 avril 1889, M. le professeur Proust communiquait à l'académie de médecine « un fait digne d'intérêt à cause de sa rareté et des discussions qu'il

« soulève relativement à une affection exotique, aujour- « d’hui encore peu connue « l’ainhum»,qui ressemble aux

amputations congénitales des membres. »

Le 16 avril suivant, à la même société, M. Legroux présente un jeune enfant, dont l'observation, dit-il, « dé- « montre comme celle de M. Proust la similitude de cer- « taines déformatiens et amputations congénitales, s’é- « tant accomplies pendant la vie intra-utérine,'et des lé- « sions attribuées par les auteurs à l’ainhum des nè- « gTres. »

Mais à la société de chirurgie, dans la séance du 22 mai, Messieurs Reclus et Trélat défendent la non-identité de ces deux états morbides.

Cette discussion et cette différence d’opinions de la part de maîtres aussi éminents, montraient une fois de plus les obseurités du sujet, et ouvraient de nouveau la porte

aux hypothèses.

C'était done une question d’artualité, excitant d'autant

yo

plus notre intérêt, que, au mois de février 1889, lorsque nous entrions comme externe dans le service de M. le docteur E. Besnier, à l'hôpital St-Louis, nous entendions ce savant maître protester contre les analogies que l’on voulait établir entre l’ainhum et les amputations congénitales, en nous montrant couchée, au n°5 de la salle Gibert la malade qui devait faire le sujet de la communicatiou de M. le Professeur Proust.

Par une coïncidence fortuite, le vendredi 24 mai, se présente à notre consultation externe, pour se fairetraiter dela gale, une jeune femme dont la main et le pied gauche étaient le siège d’amputations congénitales ; c'était un cas nouveau, se présentant à point, et fort de l’approbation de M. le docteur Thibierge, nous résolûmes de faire de celte question, le sujet de notre thèse inaugurale.

Comparer l’ainhum aux amputations congéaitales, ce n’est pas étudier un des grands problèmes de la pathôlogie, mais les sujets d’ordre vulgaire en apparence, ne sont pas toujours les moins intéressants. Ces affections sontrares, elles sèment donc de quelque variété l’observation journalière. De plus, étant élève du service de santé militaire et par conséquent appelé à servir dans les colonies, ce sujet nous charmait par l'espoir d'observer plus tard de visu, l’ainhum que nous ne connaissons en France que par les observations des médecins brésiliens et des médecins de la marine.

L'on est encore loin d’être fixé sur la pathogénie de ces lésions, et nous avons peut-être présumé de nos forces en entreprenant ce travail, mais nous étions confiants en l’appui que nous offriraient nos maitres, Messieurs E.

Eee

Besnier et P. Reclus qui se sont aussi occupés de cette question; notre bonne volonté d'ailleurs sera notre excuse.

N'ayant qu’une seule observation personnelle nos juges pourront nous en faire un reproche; maisqu'ils nous permettent d'alléguer comme excuse les recherches incessantes que nous avons entreprises tant à la Salpétrière, à la Maternité età la Clinique, que dans les autres hôpitaux, poussant même nos investigations dans les lieux où se rassemblent tous ceux dont la dégradation morale est telle que, dans un but de luere, ils font étalage de leurs infirmités pour exploiter la charité publique.

Mais avant d'entrer de plein pied dans notre sujet, un devoir bien cher s'impose à nous : celui de remercier nos maîtres dans les hôpitaux, MM. les docteurs E. Besnier et, P. Reclus des utiles indications qu'ils ont bien voulu nous donner, et des bonnes leçons qu'ils nous ont prodiguées pendant les années que nous avons eu le plaisir de passer dans leurs services. Nous prions aussi MM. les docteurs Tapret et Delens d’agréer l'expression de notre vive reconnaissance pourles nombreuses marquesdesympathie qu’ils nous ont témoignées pendant que nous étions leur externe. |

Que M. le professeur Fournier daigne accepter nos sincères remerciements pour l’honneurqu'ilnous a fait en acceptant la présidence de notre thèse.

Qu'il noussoit encore permis de remercier ici publiquement, ét M. le Dr Thibierge, qui nous a inspiré ce travail,

Ses

nous a aidés dans nos recherches bibliographiques, et a mis à notre disposition avec tant de bienveillance sa connaissance des langues étrangères ; et notre ami, Henri Bail-. let, de l’extrème obligeance qu'il a eue, en nous prétant si gracieusement son concours pour dessiner les malades dont nous rapportons les observations dans notre thèse. Noue conserverons aussi un souvenir plein d'affection de nos maîtres éminents, MM. les professeurs Hardy, Trélat, Richet; Tarnier, et que leurs chefs de clinique et de laboratoire d'alors, MM. les docteurs A. Siredey, E. Gaucher, Ger. Marchand, A. Castex et Bonnaire veuillent bien accepter le témoignage de notre respectueuse gratitude pour les bienveillants conseils qu'ils nous ont prodigués au début de nos études médicales et qui nous ont -été d’un si grand secours. £

CETAPITIR EL ER REMEER

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