‹ Amputations congénitales et ainhumChapitre 20 sur 30 · ET DES AMPUTATIONS SPONTANÉES · texte numérisé non relu

ET DES AMPUTATIONS SPONTANÉES

La maladie désignée sous le nom d’ainhum et les amputations congénitales nous sont maintenant connues; nous avons exposé et apprécié toutes les théories qu’ensendra leur étude; et pour faire ressortir plus clairement encore leur non identité nous allons les opposer l’une à l’autre. : |

Début, théologie, localisation, symptôme, évolution, anatomie pathologique, tout diffère dans ces deux affections; la pathogénie scule ne fournit aucun argument qu'on ne puisse invoquer, car les causes de l’ainhum comme celles des amputations congénitales sont encore inconnues.

L’ainhum n’atteint que les adultes; dans toutes les observations que nous avons colligées nous n’avons jamais trouvé un seul malade au dessous de douze ans, c’est done une affection qui ne survient pas avant la puberté:

= 50 — au contraire les amputations spontanées sont congénitales. Si dans quelques cas extrêmement rares l’amputation s’est consommée après la naissance, ce délai a toujours été très court, ne dépassant pas deux semaines (obs VID et la lésion avait débuté in utéro.

L'ainhum se rencontre chez l'homme de préférence, les amputations spontanées indistinctement dans les deux sexes. Le premier est le triste privilège de races colorées, les secondes s’observent également chez les blanes etchezles noirs, d’où la confusion faite par certains auteurs.

Dans l’ainhum les orteils seuls (surtout le cinquième) sont atteints; dans les amputations spontanées ce sont les orteils et les doigts, les pieds et les mains. quelquefois les quatre extrémités en même temps. Dans le pre mier la lésion est généralement unique, quelquefois double (quatrième et cinquième orteil) et détruit parfois successivement les orteils symétriques (bilatéralité); dans les secondes elles sont toujours multiples, et frappent d'emblée tout ce qu'elles doivent atteindre.

L’ainhum est caractérisé par l'apparition d’un sillon à la partie infero-interne d’un pli agito-plantaire; cesillon gagne ets'étend jusqu’à creuser une dépression annulaire un anneau qui enserre et étreint le doigt absolument modifié dans sa forme et ressemblant alors à une olive, une cerise où une patate. La rainure devient de plus en plus profonde etle pédicule s’amincit à un tel point qu'il finit par se rompre s'il n’est tranché d’un coup de ciseaux; jamais l’exerèse ne se fait d'emblée. Rien de semblable dans les amputations cengénitales ; les sillons sont mul-

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tiples, sans localisation spéciale et loin de s’accroître ils deviennent souvent moine apparents : les doigts sont bien aussi déformés, mais leur physionomie est différente, ils affectent la forme de tronc conique, et pour rester dans le domaine des comparaisons tirées de l’agriculture, ils ressemblent à de pelits navets.

Une stricture sans cesse progressante, voilà l'unique symptôme de l'ainhum, tandis que dans l’autre affection on remarque la simultanéité d’amputations spontanées et de nombreuses malformations dant'les plus fréquentes sontla syndactylie, les pieds-bots, Fhydrocéphalie, etc.

La marcheet l’évolution de ces deux maladies ont aussi ‘une allure toute différente: tandis que l'ainhum a une marche continue progressive, fatale, les amputations ont de la tendance à rester stationnaires.

Enfin l'anatomie pathologique révèle des lésions propres à chaque affection. Dans l’ainhum, on trouve, outre la dégénérescence graisseuse de l’orteil et la résorption des os sous-jacents au sillon annulaire, un épai:sissemerit de ia couche cornée de l’épiderme qui en certains points forme un véritable durillon, un? atrophie de la couche muqueuse de Malpyghi, un affaissement des papilles, un amincissement du derme etenfin au-dessous de la peau faisceau fibreux à direction antéro-postérieure. Dans les amputations congénitales l’'épiderme est normal, il n’a subi aucun épaississement de sa lame cornée, aucune atrophie, de sa couche muqueuse, le derme est hypertrophié, envahi par des trousseaux fibreux disposés en demicercle et transversalement. Ce tissu fibreux diffère de

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CARS celui de l’ainhum par son siège dans le derme et sa direction transversale.

Des différences :si marquées nous autorisent done à conclure avec nos maîtres, que l’on ne peut ranger dans un même cadre des affections aussi dissemblables que l’ainhume et les amputations congénitales.

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