‹ Amputations congénitales et ainhumChapitre 24 sur 30 · OBSERVATION X XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION X XIV

Petite, fillede’7 mois, habitant le village d'Avail, sur le bord d’un marécage, foyer d’impaludisme pour tous les environs. La petite fille était atteinte d’une fièvre intermittente quotidienne et en l’examinant M. Pineau trouva les lésions suivantes :

Main droite : Etranglement circulaire n’intéressant que les parties molles et siégeant vers le milieu de la première phalange du médius. Même sillon au niveau de linterligne articulaire des deux dernières phalanges de l’annulaire.

Pied droit : Normal.

Main gauche: La % phalange de lPindex est fusionnée avec celle du médius, la phalangeite est représentée par un petit tubercule atrophie situé sur le côté interne et inférieur du médius, indiquant que dans ce croisement le médius a passé dessus l’in-

dex ; à la base de ces deux doigts ilexiste un chas d’aiguille recevant à peine un stylet de trousse. Au médius, sillon séparant les deux dernières phalanges. L’annulaire est amputé dans l’interligne articulaire de la 1'° et de la 2m° phalange, mais la séparation ne s’est achevée que quelques jours après la naissance.

Pied gauche ; Le gros orteil n’a que la première phalange. Sillon circulaire à la base du 3° orteil vers le milieu de sa première phalange.

Comme dans les observations de M. Guyot les lésions atteignent les doigts et les orteils: on ades sillons cireulaires, des phalanges amputées, atrophiées, ou soudées, des syndactylies, une absence de réaction générale ou locale, une évolution congénitale, des croisements de doigts l'un sur l’autre, une population restreinte et la proximité de la mer: par conséquent iei le diagnostic est malformations et amputations congénitales. Sion ne laccepte pas, il n’y a plus qu'à confondre les amputations spontanées avec l’ainhum et à déclarer ces deux appellations synonymes, cequi est absolument faux. M, Pineau n’ajoute-t-il pas, en effet, que les difformités non-seulement ne se sont pas accrues, mais encore, 15 mois plus tard, qu’elles sont devenues moins apparentes grâce à l'effacement du sillon. Or le siilon de l’ainhum étreint de plus en plus l'orteil jusqu'à la séparation complète. |

Quant à l’affluence du milieu paludéen, elle n'est rien moins que démontrée, puisque les observations de M. Guyot ont été recueillies à Tahili, précisément une île non palustre (1).

(1) Eng Rochard Loco citato.

PA I nR

Nous arrivons enfin à la malade présentée par M. le Prof. Proust à l'académie de médecine.

OBSERVATION XXV. — (MM. Proust et Besnier

Jeune artiste peintre âgée de 20 ans, offrant aux membres les altérations congénitaies suivantes.

Au membre infér. droit : sur ja cuisse deux sillons larges et pro. fonds, l’un à 4 travers de doigts au dessus du genou, l’autre à la même distance du premier; à leur niveau la peau à son aspect ordinaire, elle glisse à peu près normalement sur les parties sousjacentes. Pas de troubles musculaires résultant de cet étranglement, et les mouvements deflexion et d'extension se font avec autant d'énergie que du côté opposé. Léger sillon non circulaire au niveau de la partie supérieure de la jambe. Pied bot, varus très accentué avec bourse séreuse au niveau du bord droit. Syndactylie partielle. à

Figure lil

J. Rouget 9

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