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dela côte occidentaled’Afrique. Mais la même année, Collas l’observe à Pondichéry chez des Indous (rameau tamoul) ; Coni et Corre chez des Malgaches ; Guyot chez des Néo- Calédoniens et divers Micronésiens;,'et beaucoup plus tard Fontan le retrouve chez des Arabes. Ce n'était done plus le triste privilège de la race noire.
On avait au début donné comme siège exclusif! à l’ainhum, le einquième orteil ; le sillon d’étranglement se fai sait au niveau de l'articulation métatarso-phalangienne ; on le rencontra ensuite au quatrième ; puis, Bérenger- Féraud affirme avoir vu en Corée des noirs amputés de tous les orteils par la maladie. Viennent ensuite les observations de Guyot, où le sillon constricteur est observé sur les mains, atteignant les doigts successivement ou en bloc ; on trouve enfin sur des segments de mem: bres importants, le bras, la jambe, la cuisse, des strictures annulaires, en toutpareilles à celles queles premiers malades présentaient aux mains ou aux pieds.
Avee Guyot et Fontan, en 1882, le cadre dé la maladie s'élargit encore ; les médecins brésiliens n'avaient vu l’ainhum que chez l'adulte seulement, et même à un âge avancé, voisin de la vieillesse ; ils citent des observations où la maladie a débuté au contraire pendant la première jeunesse; ou même pendant la vie intra-utérine.
On conçoit donc comment le doute a pu gagner bien des esprits, Car les faits précédents semblent conduire graduellement, insensiblement, par étapes successives de l'une à l’autre de ces affections. Ilest certain que l’ainhum, tel qu’il a été décrit par da Silva Lima, Collas, Moncorvo
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de Figuéreïdo, Corre et Coni, ne rappelle en rien les amputations congénitales de nos auteurs.
Assurément ils sontincomplets les vremiers observateurs qui considèrent l’ainhum comme une affection localisée exclusivement au cinquième orteil des nègres africains ; mais les docteurs Guyot et Fontan sont allés trop loin, ils sont tombés dans l’excès contraire, et leur ainhum des races blanches, commençant dès l’époque congénitale n’estautrequenosamputalionsspontanées. Maisils avaient fait des adeptes, car sous l'empire de leurs théories, M. Lannelongue (1); présentant à l’Académie de Médecine, le 22? novembre 1882, un enfant dont la tête et ie tronc étaient bien conformés, mais sur les membres duquel on trouvait dès la naissance des sillans ét des moignons, se demande si ainhum et amputations congénitales n'ont pas une commune origine, et pénche pour l'affirmative. A cette occasion il inspire ses idées à l’un de ses élèves, le docteur Ladmiral (2) qui les développe dans sa thèse inaugurale et conclut que l’ainhum ou la maladie désignée sous ce nom a la même marche que les amputations spontanées, que ses symptômes sontles mêmes,et que sa dépression annulaire est identique. Avec le D: Fontan il admet que les cas qui ne sont pas ou paraissent pour la plupart re pas être congénitaux, ne different de ceux qui en Europe $e montrent dès la naissance que par l'origine, Pétiologie précise ici, et inconnue là-
(4) Arch. génér. de Médec. 1382.
(1) Thèse Doctorat. Paris 1883.
SAP ÉRES
bas. M. Reclus (4) quiobservait à la même époque la pe-
tite malade, dont l'observation est rapportée tout aû long |
dans la thèse du docteur Ladmiral, prend part à la diseussion, et convaincu par les arguments du docteur Fontan, il accepte son opinion, maïs jusqu à plus ample informée, en reconnaissant.qu'il «aurait assez mauvaise « grâce lui qui m'avait pas vu, à prendre trop eatégori- « quement part dans ce débat, quidivise des médecins de « marine également compétents. »
Mais la réaction commence avec M. Trélat, qui dans ses cliniques inédites de l'hôpital Necker, s'élève énergiquement contre l'analogie que l'on veut établir entre ces deux maladies ; il y insiste de nouveau dans ses lecons à la Faculté, lorsqu'il traite des amputations mieux dénom : mées selon lui stricturescongénitales. L'élan était donné, les opinions s’affermissent, et Pannée suivante, lorsque M. Pineau. de Château d'Oléron publie dans l'union médicale du 18 octobre 4883 une nouvelle observation d'ainhum
indigène, il voit dans le numéro suivant, réfuter ses théo-
ries par le D' Eugène Rochard, médecin principal de la marine, qui s'étant occupé beaucoup de la question «erût « utile de ne pas laisser passer sous le nom d’ainhum des « vices de conformation qui tiennent à une toute autre « cause. » à | De 1883 à 1886, les observations de Kenauït et de Düring, ne soulèvent pas de nouvelle discusion, En 4886, le D' Bouttier, dans sa thèse sur la seléroder-
(2) Gazette hebdomad. 1884, no 22... 5 .
MT" -09e mie, admet l'identité de ces deux, affections, el.« le rap- «, prochement, dit-il, que. la clinique nous permet d'éta- « blir entre ces deux. wrdres de faits, l'anatomie patholo- « gique nous autorise à le faire entre eux et la seléro- « dermpie. » ’ ce
L'ainhum, n’est pas. congénital, écrit en 4888, le Dr J. Roux, au début de la description qu'il présente de cette affection, dans son troisième volume des maladies. des pays chauds ; il tranche ainsi nettement la question, et malgré cela, elle revient en litige à l'académie de médecine. le 3 et le 17 avril 4889, -avec M:le P° Proust, et M. Legroux, et à la société de chirurgie, le 22 mai suivant, où M. Reclus, revenu de son opinion première, et M. Trélat, combattent la prétendue parenté que les auteurs précédents voient entre l’aïnhum et les amputalions congénitales ; et où M. Lannelongue confesse que « depuis la dis- « cussion qui eut lieu en 1881, il a eu plusieurs fois l’oc- « casion de modifier son premier jugement et qu'il est « revenu de sa première mavuière de voir. » Le 6 juin suivant, M. Legroux, présentant à la réunion du jeudi de l'Hôpital St-Louis, son petit malade atteint d’ainhum et de syphilis acsuise, fut courtoisement pris à parti par notre maître, M. le D' Besnier.
Cet historique (forcément incomplet, puisque nous n’y avons pas relaté tous les cas qui ont été publiés daus la presse médicale) (1). montre du moins clairement les auteurs divisés en deux partis : les uns rangeant dans le
(4) Pour les observations nou citées dans l'historique, nous renvoyons le-
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