ARTICULATION DES PHALANGES
L’extreYoilé supérieure des phalanges est concave , creuse d’avant en arrière , et forme une inclinaison de sept à huit degrés , de manière a recevoir l’extrémité inférieure de la phalange supérieure , qui se termine en tête arrondie et par deux petites facettes. La phalangette est une exception à cette loi j son extrémité inférieure se termine en biseau. En faisant fléchir fortement les doigts , on distingue à chaque articulation des éminences arrondies, qui ne sont autres que les têtes des extrémités inférieures des phalanges et qui se mettent en rapport avec les facettes dont je viens de parler ; ce n’est donc pas sur ces mamelons qu’il faut inciser, c’est en dessous que le scalpel doit agir pour entrer dans ces articles. Les ligaments latéraux qui unissent les phalanges sont très forts, leur disposition est importante à connaître; pour pouvoir achever facilement cette désarticulation , ils s’étendent d’une phalange à l’autre , et ne permettent que des mouvements de flexion et d’extension [PL Y, fhj. 2.).
Lisfranc a indiqué les moyens d’entrer avec certitude dans ces articulations. Il existe, a la face palmaire des
doigts , des plis dont la position , par rapport à l’articulation, est invariable.
Ainsi le premier pli que Ion rencontre à la face palmaire du doigt est à une demi-ligne en avant de l'articulation de la deuxième avec la troisième phalange , tandis que le second est juste au niveau de l'articulation de la seconde avec la troisième phalange. Il est très important de ne pas commencer l'incision sur l’articulation même , car la peau, en se retirant, laisserait à nu une partie de la tête osseuse. C’est pour éviter cet accident que Lisfranc a donne le conseil de pratiquer l’incision à une ligne audevant du premier pli de la peau , et à une demi-ligne audevant du second.
Je ne décrirai que le procédé a un seul lambeau , qui reunit les avantages de la méthode circulaire et du proce'dê à deux lambeaux , sans avoir les inconvénients attachés à la cicatrisation des tissus après avoir mis en usage ces deux dernières méthodes.
Procédé de làsfranc.
Un aide tenant la main en supination, fléchit en même temps les autres doigts; l’opérateur saisit la phalange qu'il veut enlever; le bistouri, tenu en quatrième position, l’extrémité de la lame reposant à plat sur la pulpe de l’indicateur, est enfoncé dans les tissus qu’il traverse par une ponction. Pielevant le manche de l’instrument a mesure que la pointe avance, afin de sortir par le côté opposé a son entrée , l’opérateur fait alors marcher la lame du scalpel en rasant l'os, et termine le lambeau quand il
juge sa longueur convenable. L’aide le saisit, le relève et le fixe derrière la plaie. Le chirurgien reporte aussitôt le scalpel sur le côté de la phalange et à la base dit lambeau, coupe perpendiculairement le ligament et les tissus, et par un mouvement demi-circulaire, achève de diviser le ligament antérieur et le ligament latéral opposé. De cette manière, la phalange est désarticulée et ne tient plus que par les tissus de la face dorsale ; c’est alors que , taillant un petit lambeau pour ne pas dénuder la tête osseuse, il achève de rompre tous les liens qui retenaient encore l’os.
Deuxième Procédé.
Un aide s’empare de tous les doigts voisins et tient le membre immobile. L’opérateur saisit la phalange malade avec le pouce et l’indicateur de la main gauche qu’il place dans une direction parallèle à la phalange , sans quoi il est exposé à se couper le doigt indicateur, quand il voudra diviser le ligament latéral gauche. Il examine d’abord la situation du pli palmaire, et place ensuite le talon du scalpel tenu en quatrième position sur le point où il doit commencer son incision (PL VI. H. et L); si elle est faite hardiment d’un point à l’autre de l’articulation, celle-ci sera ouverte. Au lieu de chercher à la traverser, il ramène le scalpel sur les faces latérales , coupe la peau et les ligament s latéraux ; les surfaces articulaires s’écartent, il y glisse la partie la plus étroite de la lame de l’instrument traversant l’articulation et rasant la phalange , qu’il saisit latéralement avec le pouce et l’indica-
PL.vm.