‹ Amputations dans la contiguité des membresChapitre 39 sur 46 · AMPUTATION DE TOUS LES ORTEILS · texte numérisé non relu

AMPUTATION DE TOUS LES ORTEILS

Si l’on examine le squelette du pied on s’aperçoit que les têtes des métatarsiens ne sont pas toutes sur le même plan , mais qu’elles de'crivent au contraire une courbe à convexité inférieure , et qu’en examinant de dehors en dedans , on voit le cinquième métatarsien , qui est le plus reculé, être dépassé d’une ligne et demie par le quatrième; le troisième est plus en avant que ce dernier , d une ligne environ; et le second, presqu’au même niveau que le troisième, dépasse le premier d’une ligne et demie.

La direction de ces articulations peut être représentée par une courbe a convexité antérieure {PL XIII ,

fig- F- F-)-

Les ligaments qui unissent et retiennent ces surfaces osseuses sont a peu près les mêmes que ceux que l’on remarque à la région correspondante de la main.

Procédé de Lisfranc.

Le pied malade dépassant le bord du lit sur lequel est couché le patient est tenu par un aide ; le chirurgien , placé vis-à-vis , cherche les articulations du premier et du cinquième métatarsien avec les orteils , en marque

Finie avec le pouce , l’autre avec l’indicateur de la main gauche qui embrasse les extrémités des orteils auxquels elle donne un mouvement de flexion. Arme' d’un couteau court et étroit, il fait une incision courbe à convexité' anterieure commençant au point marque' par son pouce , et finissant où son doigt indicateur lui montre l’autre côte' de l’articulation (PL XiV. F. F.).

Cette incision longeant la commissure des orteils , divise toutes les parties molles ; la peau remonte jusqu’au niveau des articulations que l’on attaque , en promenant le couteau d’un angle de la plaie à l’autre. Il faut alors fle'chir de plus en plus les orteils , et diriger le couteau du côte' que l’on veut emporter. On divise ainsi les ligaments qui unissent les surfaces osseuses.

C’est alors que l’ope'rateur fait glisser l’instrument d’un angle de la plaie vers l’angle opposé , la pointe du couteau ouvrant la voie au reste de la lame. Les orteils sont redressés par la main gauche , la face dorsale du pied étant tournée vers l’opérateur , qui tient fixe le talon du couteau dans l’angle inférieur de la plaie , tandis qu’il fait parcourir à la pointe l’arc de cercle correspondant à la commissure des orteils , ayant soin de faire saisir et écarter par la main gauche d’un aide les orteils à mesure qu’il les détache.

Le lambeau est ramené sur les têtes métatarsiennes et maintenu dans cette position par des bandelettes agglutinatives. Cette plaie , recouverte d’une compresse fenctrée et enduite de ce'rat, est enveloppée par un mouchoir triangulaire que l’on noue sur le pied.

Page 1