‹ Amputations dans la contiguité des membresChapitre 5 sur 46 · PLANCHE I · texte numérisé non relu

PLANCHE I

^IdtculaUott 6capul0-ljuîiierale.

Figure lre. — L’ariiculation scapulo-humérale dépouil-

lée de ses parties molles.

N° 1 . L’humérus ; 2. La clavicule ; 5. L’omoplate; 4. L’acromion ; 5. L’apophyse coracoïde; 6. La cavité glénoïde.

A. A. A. Le triangle coraco-claviculaire de Lisfranc.

Figure 2e. —La même articulation enveloppée par sa

capsule.

N° 1. L’humérus; 2. L’omoplate; 5. La clavicule; 4. L’acromion; 5. L’apophyse coracoïde; 6. La capsule articulaire; 7. Le tendon du biceps ; 8. Le ligament coraco-acromien.

A. A. A. Le triangle coraco-cîaviculaire.

Figure 5e. — Couteau de M. Onsenoort pour pratiquer

la désarticulation scapulo-humérale.

DANS LA CONTIGUÏTÉ DES MEMBRES. Ti

circonférence de la tête de l’humérus est donc tout à fait en dehors de la cavité glénoïde, ce qui favorise beaucoup la marche du couteau à travers l’articulation.

La surface articulaire de la cavité glénoïde est concave et ovalaire; elle est portée parle col de l’omoplate. On voit , sur un os dépouillé de parties molles , le bord inférieur faire une légère saillie.

Deux éminences osseuses sont placées près de cette articulation , l’une est l’acromion, l’autre est l’apophyse coracoïde ; elles forment, à cinq ou six lignes au-dessus de la cavité glénoïde , une voûte dont la hauteur totale varie de neuf à quinze lignes, et le plus souvent d’un pouce. Cette voûte s’étendant , en avant en haut et en arrière , protège dans ces diverses directions l’articulation humérale.

M. Serres a établi dans ses Lois d’Gsléogénie cette règle générale, que le sommet de l’acromion reste cartilagineux jusqu’à l’âge de quatorze à quinze ans et quelquefois plus tard; ce cartilage est assez long pour recouvrir la tête de l’humérus. L’extrémité scapulaire de la clavicule reste aussi à l’état cartilagineux. Il résulte de ces observations que lorsqu’on doit opérer un jeune sujet on peut se dispenser de faire pénétrer aussi rigoureusement le couteau entre l’acromion et la tête de l’humérus.

Les tendons unis à la capsule, et la capsule ellemême, sont attachés à la face inférieure de l’acromion et à la face inférieure de l’extrémité scapulaire de la clavicule par un tissu cellulaire épais et solide qui les maintient dans cette position et leur permet peu d’éloignement. C’est donc la destruction de cette adhérence que l’opéra-

leur doit avoir en vue, pour obtenir un écartement qui livrera passage au couteau afin de desarticuler i’humérus.

Le col de Ftiume'rus peut être écarté de la cavité glénoïde de seize lignes environ en haut et en bas , et de vingt sur les cotés ; le sommet de la tête s’éloigne de dix à onze lignes de cette cavité; un tel écartement est seulement possible sur une articulation disséquée.

Lisfranc et Champesme ont vu que la tête de l’os s’éloignait de deux pouces par la division des tendons du susépineux, du sous-épineux, de la portion correspondante de la capsule et du tendon de la longue portion du biceps; tandis que la section isolée des tendons du sousscapulaire , du petit rond , du biceps et de la capsule ne permettent point d’écartement.

Au-dessus de la tête de l’humérus il existe un triangle dont deux côtés sont osseux et formés en arrière par une petite portion de l’extrémité scapulaire de la clavicule et par Facromion, et en avant, par l’apophyse coracoïde (PL I, fig, i, À. À. A.); il est fermé en dehors par une languette fibreuse, ou ligament coraco-acromien (PL I, fig. 2, 8); c'est le triangle coraco-claviculaire de Lisfranc; il est visible sur la peau à la face interne du moignon de l’épaule (PL II, 1,2,5), où il paraît fermé par la saillie que fait la tête de l’humérus. Cette articulation est profondément située, excepté en haut et en deliors, où elle est plus superficielle. Une grande épaisseur de muscles la recouvre. Ainsi, à la grosse tubérosité de Fhumérus viennent s’attacher les muscles sus-épineux,

sous-épineux et petit rond ; à la petite tubérosité, le sousscapulaire. L’apophyse coracoïde reçoit le petit pectoral , et le coraco-brachial , qui passent un peu en avant de l'articulation. Enfin la gouttière de l'humérus qui donne attache par son bord anterieur au grand pectoral, et par son bord postérieur au grand dorsal et au grand rond. L'articulation est recouverte , excepte' en dessous, par le muscle deltoïde qui vient former le moignon triangulaire de l'épaule.

La face interne de l'humérus est en rapport avec des organes dont il est indispensable de bien connaître la position pour pouvoir terminer sans danger la désarticulation de cet os. Ainsi l'artère axillaire est, en arrière, recouverte par les tendons du grand rond et du grand dorsal; en avant , par le coraco-brachial et le nerf médian , îe bord interne du biceps ; en dedans , par les veines axillaires ; un peu plus en arrière, on trouve les nerfs cubital et radial, etc. ; enfin, tout a fait en arrière, est situe'c la longue portion du triceps brachial.

Cette re'gion anatomique e'tant connue, les rapports divers des organes e'tant bien appre'cic's, pour rompre leur union, pour se'parer le membre du tronc, on doit poser le problème suivant :

Pe'ne'trer avec hardiesse et sécurité' dans une articulation profondément situe'e ; employer pour cette execution le moins de temps possible ; et conserver des tissus convenablement dispose's pour fermer la plaie.

Voyons les moyens que le génie chirurgical a inventés pour résoudre ce problème :

Lédran 1 * * a publié en 1731 la méthode que son père employa en liant d’abord l’artère axillaire avec une aiguille droite le plus près possible de Faisselle et formant un lambeau inférieur.

Heister, le fils % rapporte un cas de désarticulation d’un bras opéré avec succès le 6 octobre 1737. La malade vivait encore dans le mois de mai 1739.

Garengeot 5 fit paraître en 1 7 48, son Traité des opérations où il décrit le procédé de Ledran , modifié par Petit ; il faisait également la ligature avant la désarticulation ; par son procédé iî obtenait des lambeaux de grandeur inégale , le plus grand formé par les téguments de Faisselle qu’il relevait sur le plus petit lambeau contenant une partie du deltoïde.

Scarp y chirurgien anglais y fit connaître en 1751 4 une méthode consistant en une incision partant de l’acromion , et qu’il dirigeait vers le creux de l’aisselle où il liait les vaisseaux après les avoir découverts, en divisant l’attache du grand pectoral et le deltoïde. Il désarticulait et terminait ensuite l’opération en taillant le lambeau au-dessous de la ligature.

Lafaye 5 , voyant les inconvénients résultant de ces manœuvres, les modifia avantageusement, et, dans un mémoire publié en 1753, il donna la description de son

1 Observations de chirurgie et Traité des opérations .

a De Nova bracchium amputandi ratione .

5 Traité des opérations.

4 Traité des opérations de chirurgie .

6 Mémoires de V Académie de Chirurgie , t. h.

procédé qui fournit deux lambeaux , l’un anterieur , l’autre postérieur. Il liait les vaisseaux lorsque Los était désarticulé et la section des lambeaux presque achevée. En Angleterre, Bromfield rendit publique, en 1 779 l, sa manière d’opérer ; il faisait la ligature des vaisseaux dans le creux de Faisselle et coupait avec des ciseaux les tendons qui entourent la capsule. Dalh fit comprimer l’artère au-dessus de la clavicule par un bandage auquel il a donné son nom ; il pouvait ainsi terminer l’opération avant de se rendre maître de l’hémorrhagie.

F. Pojet soutint à Paris , le 51 août 1759, une thèse 2 3 où il dit avoir opéré une jeune fille de quatorze ans, qui guérit en quarante-deux jours. Ce chirurgien fit une incision longitudinale, depuis l’acromion jusque sur l’attache du deltoïde; en suivant le bord de ce muscle, il le fit écarter et désarticula à plein tranchant.

Sabatier donne le conseil ù d’exercer la compression avec une pelotte derrière la clavicule au-devant des scalènes.

Pariset et Petit 4 5 conseillent de comprimer l’artère axillaire parles doigts d’un aide avant de terminer la section du lambeau inférieur après quoi on lie l’artère.

Dessault faisait deux lambeaux, l’un antérieur, l’autre postérieur, et se rendait maître du sang en comprimant l’artère au-devant des scaiènes.

1 Observations et cas de chirurgie.

1 De methodis amputandi brachium in articulo.

3 Médecine opératoire ,1796.

K Article Amputations , Dictionnaire des Sciences médicales.

5 Maladies chirurgicales.

En 1805 , parut l’ouvrage du baron Larrey 1 qui rapporte plusieurs observations de désarticulations. Par le procède de ce chirurgien on obtient , apres l’ablation du bras , une plaie presque ovalaire.

MM. Lisfranc et Champesme â présentèrent à Finstilut, en 1815, un mémoire sur la désarticulation scapulo-humérale. Ils firent connaître deux procédés opératoires dus au professeur Bupuytren ; le second surtout n’était pas encore rendu public, et avait été imaginé dans le but d’éviter le séjour du pus dans la plaie , en taillant un lambeau antérieur et un postérieur. Dans ce mémoire M. Lisfranc donne la description d’un procédé très brillant par son exécution et qui obtint les éloges des rapporteurs Percy et Bescliamps. M. le professeur Sanson enseigna dans ses cours une méthode circulaire qui offre de grands avantages.

Gnsenoort, chirurgien hollandais, publia, en 1825 % un mémoire sur celte matière et proposa un procédé à deux lambeaux dont la manœuvre devait se faire par un couteau courbe.

En 1827, parut l’ouvrage de Scoutteten 4 dans lequel il propose la méthode ovalaire pour cette opération. M. Velpeau 5 enfin, en 1851, décrivit un procédé circulaire qui est d’une exécution facile.

Nous avons rapidement esquissé l’histoire de cette opé-

1 Relation chirurgicale de Formée d’Orient.

2 Nouveau procédé opératoire pour F amputation du bras.

3 Bibliothèque médicale , 1827.

4 De la Méthode ovalaire .

ô Éléments de médecine opératoire .

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