LK COMTK DE BRÉZÉ
Mais un outrage, Embrun, la plus sanglante injure,
lin : tu mens! un soufflet, ce n'est rien, je vous jure.
Quand on peut, comme il sied entre ennemis bien nés.
Prendre au collet son homme et lui dire : Venez!
Certes, qu'Uzès offense Klhouf, que Gontaut raille
f.a Trémouille, qu'Albret fasse injure à Fontraillo,
Après qu'il a parlé nul d'eux n'est interdit :
Ce sont de braves gens, ce qu'ils ont dit est dit.
Le lendemain, bravant lois et règle établie,
Kt maître Jean, bourreau de la Gonnétablie,
I/œil furieux, le front de colère empourpré,
Kpée et tête haute, ils s'en vont sur le pré.
(^ouppourcoup,sangpoursang, c'estbien: — tu les dénigres.
Je les défends ; — ce sont des lions et des tigres,
Terribles, mais grands, beaux dans le cirque fumant,
Qui, vaillamment mordus, mordent superbement !
Mais un cuistre ! un grcdin ! un odieux bélître
Qui ramasse un caillou pour me casser ma vitre !
In moine italien, mauvais drôle enfroqué,
Brave à qui feraient peur les laveuses du quai.
Qui, pour sublime effort de son courage insigne.
Prend la griffe d'un autre et puis m'en égratigne !
l n porteur de surplis ! un gueux, par Jupiter !
Havant sur moi dans l'ombre en disant son pater.
Qui me fait insulter par l'absurde tapage
D'un sale gazetier payé trois sous la page !
Ah ! ce faquin mitre, ce vil traître tondu
Qui me lâche son dogue et se cache éperdu,
Je veux être moi-même un fat, sans cœur, sans âme,
Si je ne le fais pas demain, comme un infâme,
Houer par six laquais de coups de nerf de bœuf
Devant le roi Henri qu'on voit sur le Pont-Neuf!
LE DUC DE CHAULNE
Voilà, sur ma parole, une illustre pensée. J'en suis.
LE COMTE DE BUSSY
Pour applaudir j'irai sur la chaussée, A même avec les gueux, les bourgeois, les piétons î
LE DUC DE CHAULNE
Je fournis les laquais.
LE COMTE DE BUSSY
Je fournis les bâtons.
Depuis quelques instants l'homme s'est levé, s'est approché doucement des gentilshommes par derrière sans qu'ils s'en soient aperçus, et, au plus fort de leur emportement, il pose familièrement la main sur l'épaule de M. de Brézé.
L HOMME , en souriant, à M. de Brézé, qui se relourne stupéfait.
Rosser un cardinal de l'église romaine.
Un ministre qui tient la France et qui la mène, Lui rompre sur l'échiné un nerf de bœuf, — Brézé, C'est très beau, c'est royal, mais ce n'est pas aisé.
Étonnement des quatre seigneurs.
LE COMTE DE BUSSY
A qui parle ce drôle avec sa cape jaune ?
LE VICOMTE d'eMBRUIN.
Holà ! prête-moi donc ta canne, duc de Chaulne. Se voir apostropher par des on ne sait qui, C'est par trop fort l
l'homme , impassible.
Je suis Jean, comte de Créqui,