ACTE I, SCENE VII
Baron de Vaize, armé d'or au créquier de gueule.
En guerre, ma maison réunit elle seule,
Sans môme recourir à son arrière-ban,
Blanchefort, Vaize, Agoust, Montlor et Montauban.
(Jrand d'Espagne du chef de ma mère Farnèse,
Kt général de mer sous le roi Louis treize,
\ oilà ce que j'étais autrefois. Maintenant,
Moins compté dans l'état qu<» le dernier manant,
Banni par Mazarin depuis dix ans, ruine
D'un seigneur sur lequel croissent les ducs de Luyne.
Ma tête à prix, caché, seul, errant, sans appuis,
Sans amis, sans parents, voilà ce que je suis.
(iela dit, vous plaît-il que nous parUons ensemble?
Les gentilshommes s'approchent Tivement de Jean de Créqui. LE COMTE DE BRÉZÉ.
Ta main, Créqui ! Vrai Dieu l même sort nous rassemble. On ose m'outrager, on osa te bannir.
liË COMTE DE BUSS Y, envisageant M. de Créqui comme un homme qui cherclie dans sa mémoire.
Au comte Jcnn.
Oui, c'est bien en effet Créqui. — Ton souvenir N'est pas mort ]»armi nous.
Tous serrent la main du comte Jean.
LE DUC DE CHAULNE
Nous parlions tout à l'heure De toi.
LE COMTE JEAN
Merci, messieurs.
L E VICOMTE D ' E M B R U N , examinant le costume de Jean de Créqui avec un geste d'admiration.
Comte Jean ! que je meure Si l'on vous reconnaît. — Vous êtes déguisé !
194 LES JUMEAl X.