‹ Amy Robsart. Les jumeauxChapitre 15 sur 156 · ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII

Maintenant, mon lord, asseyez-vous là, comme un être «lovant qui tous les autres doivent s'incliner, (eiic conduit ic

l'Ointe au grand fdulcuil. II s'y iissiod.)

LEICESTER

Mais viens prendre aussi ta place.

A M Y, s'nssoynnt sur un carreau aux pieds du ronito.

J'y suis.

LEICESTER

Ta plac<^ est à mon côté.

Non, à tes pieds. Laisse-moi là, mon cher lord ; j'y suis mieux, j'y suis bien, ilc contemplant.) Que vous êtes élégant et magnifique ainsi, monseigneur!... — Quelle est cette courroie brodée qui entoure votre genou ?

LEICESTER, souriant.

Cette courroie brodée, comme tu la nommes, est cette illustre jarretière que le roi est fier de porter. Vois : ici est l'étoile qui lui appartient, et le diamant George, le bijou de ^l'ordre. Tu as entendu conter comme le roi Edouard et lady Salisbury...

A M Y , souriant et baissant les yeuv.

Oui, je sais..., je sais comment de la jarretière d'une dame le roi Edouard fit la première décoration de la ehevalerie d'Angleterre.

LEICESTER

(Vest avec le duc de Norfolk, le marquis de Northampton

34 AMY IlOBSAUT.

et le duc de Ruthland que J'eus l'honneur de recevoir cet ordre. J'étais moins élevé en dignité que ces trois nobles seigneurs, mais celui qui veut monter ne doit-il pas commencer par le premier échelon?

AMÏ.

Et qu'est-ce que ce beau collier, si richement travaillé, qui supporte un bijou semblable à un mouton suspendu?

LEICESTER

C'est l'insigne d'un ordre vénéré qui jadis appartenait à la maison de Bourgogne, l'ordre de la Toison d'or. Les plus belles prérogatives y sont attachées ; le roi d'Espagne lui-même, héritier de la maison de Bourgogne, ne peut, sans l'assistance et le consentement du grand chapitre, juger un chevalier de l'ordre.

AMY

Et cet autre collier si brillant, à quel pays appartient-il?

LEICESTER

C'est l'ordre de Saint-André, rétabli par Jacques, le dernier roi d'Ecosse. Il me fut conféré à l'époque où l'on croyait que la jeune douairière de France et d'Ecosse, cette infortunée Marie Stuart, ne refuserait pas d'épouser un baron anglais.

AMY

Mais ne vaut-il pas mieux être un libre seigneur d'Angleterre que de partager avec une femme ce triste royaume des rochers du INord? J'aurais, quant à moi, toujours préféré la main de Dudley à celle de tous les souverains de la terre. Assurément tu ne crois pas que l'amour d'une

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