SCÈNE II
LEICESTER, seul.
(il s'approche lentement d'une des fenêtres.) PaS Un nuagG dans le
ciel. Ah ! s'il est vrai que nos destins puissent être soumis à l'action des astres qui étincellent sur nos têtes, la révélation de leur influence ne me fut jamais plus nécessaire qu'en ce moment : ma route, sur la terre, est incertaine
et voilée I (ll s'assied près de la table, ouvre la cassette d'acier et en tire un petit parchemin marqué de signes cabalistiques.) Je UC puis détachci*
mes regards des signes mystérieux tracés par la main d'Alasco. Dois-je, en effet, me fier à leurs orgueilleuses prédictions?... — Que dirait l'Angleterre, si elle savait qu'à cette heure le noble comte de Leicester, le toutpuissant favori d'Elisabeth, cherche, comme un enfant, à lire sa destinée dans les lignes symboliques d'un astrologue?... Eh! ma faiblesse n'a-t-elle pas été partagée par tous ceux qui ont nourri dans leur cœur quelque ambition suprême? Les destinées vulgaires n'ont pas d'horoscope; mais César avait plus d'une fois consulté les prophétesses des Gaules avant de passer le Rubicon!
(11 s'approche de la muraille du fond, ouvre une porte basse et masquée, et, après avoir jeté autour de lui un coup d'œil inquiet, appelle d'une voix sourde : ) AlaSCO! DémétriuS AlaSCO!... (Un petit vieillard descend un escalier étroit et obscur, et parait. Il est vêtu d'une robe grise flottante. 11 a la tête chauve, la barbe blanche et les sourcils noirs.)