ACTE II, SCÈNE IV
ELISABETH
Eh bien, milord, je suis aise de vous détromper sur le compte d'un fourbe et d'un traître, qui souille votre noble maison. Cet hypocrite, que vous me vantez avec tant de bonne foi, n'est qu'un odieux ravisseur. Croiriez -vous qu'il a osé suborner et enlever la fille d'un respectable gentilhomme, sir Hugh Robsart?
LEICESTER, nvoc un cri de terreur.
Qu'ente nds-je?... Grand Dieu, madame!...
h^LISABETH.
Je partage votre indignation, et je l'accroîtrai encore ■en vous apprenant que cet indigne a eu l'audace de cacher sa victime dans cette maison où vous recevez aujourd'hui votre reine.
LEICESTER, consterné.
Juste ciel!... Madame, croyez...
s U s s E X , bas ô Slirewsbury.
Que signifie ceci ? Leicester est bien pâle !
ELISABETH, à Leicester.
Milord, vous paraissez troublé!
J'avoue qu'en eflfet, madame...
VA R N E Y s'agenouille, croise les mains et baisse la tête.
Madame...
i^:lisabeth.
Qu'as-tu à dire? Avoues-tu ton crime? As-tu enlevé cette fille? Est-elle, oui ou non, cachée ici? Réponds.
VARNEY
Oui.
LEICESTER
Misérable !... (ll veut se précipiter sur Varncy.)
ELISABETH
Milord comte, permettez, nous n'avons pas terminé l'interrogatoire de votre officier, (a part.) Gomme il est ému î (Haut à Varncy.) Tou maître, le comte de Leicester, savait-il cette intrigue? Dis-moi la vérité contre quelque tête que ce soit, et ne crains rien. La tienne est sous notre sauvegarde.
VARNEY
Votre majesté veut la vérité? La voici tout entière, en face du ciel : — Tout ceci est du fait de mon maître.
LEICESTER
Infâme! qu'oses-tu dire?...
ELISABETH, les yeux enflammés.
Silence, comte!... Achève, Varney ! Nul ne commande ici que moi.
VARINEÏ.
Et je vous obéirai comme tous, madame. Mais je ne voudrais pas confier les affaires de mon maître à d'autres oreilles que les vôtres.
LEICESTER
Le traître!
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ELISABETH
Les affaires de ton maître?...
VARNEY
Oui, madame. Et si votre majesté me permet cette audace, je la supplierai de m'accorder un moment d'audionce secrète.
ELISABETH
J'y consens ; mais si tu cherches aussi à me tromper, pur l'àme de mon royal père Henri Mil, le peuple de Londres verra se dresser ta potence. Qu'on nous laisse seuls un instant.
LEICESTER, à part.
Jo suis perdu ! (tous se retirent, sauf Vnrney.)