ACTE II, SCÈNE VI. <J
V A R N E Y , se relevant.
Oh! Madame, que de grâces!...
ELISABETH, cherchant des yeux Leicestec.
Et maintenant, milord Leicester... Où vous cachez-vous
donc?
LEICESTER, à part.
Bon ! après sa récompense, ma punition, (s-avançam.) Madame...
ELISABETH
Eh bien ! comte, éclaircissez ce front soucieux -, le mal qui a été fait est réparé.
LEICESTER
Madame, je ne sais encore...
ELISABETH
Vos intentions, milord, ont été méconnues; mais IHioineur de votre noble maison n'a point été terni.
LEICESTER
Je ne puis comprendre, madame...
ELISABETH
Attendez... Mais promettez-moi d'abord de m'aocorder une grâce.
LEICESTER
Me la demander, c'est m'en faire une.
ELISABETH
Eh bien, c'est dit, milord, j'ai la grâce de votre écuy«r Varney, — lequel, sans votre aveu, a épousé Amy Robsart.
68 AMY ROBSAKT.
LEICESTER
Lui! Amy Robsart!... ( Montrant ic poing à vamcy.) Misérable î
ELISABETH
Comte, modérez votre indignation. Puisqu'il a été assez fou pour s'éprendre d'elle et assez coupable pour l'enlever, on ne peut pas le blâmer d'en avoir fait son épouse légitime.
Insolent! as-tu bien osé?...
V A R N E Y , baissant la tète.
Mon maître et seigneur, il n'y avait que ce moyen de réparer un grand malheur, de sauver ce qui était perdu.
LEICESTER
Je ne puis me contenir. Cette témérité, Varney, sera payée cher.
ELISABETH
Milord, vous nous avez promis sa grâce.
LEICESTER
Madame! c'est qu'un tel affront...
ELISABETH
L'affront qu'il faisait à sir Hugh Robsart était bien plus grave encore.
LEICESTER
Non, madame, non! je vais tout vous dire. Hélas! vous ne savez pas...
VARNEY, précipitamment.
Sa majesté sait tout, milord. Elle connaît votre invin-