ACTE III, SCÈNE VIII. i
FLIBBERTIGIBBET.
Ce que vous deviendrez, ma noble jeune dame? De par Shakespeare I entre un mari qui vous empoisonne en guise de divorce et un Varney qui vous convoite, il n'est qu'un parti d'usage immémorial dans toutes les tragédies, comédies et pantomimes : — la fuite.
Pourquoi fuirais-je? et où fuirais-je?
FLIBBERTIGIBBET.
Eh! n'avez- vous nulle part de famille? quelque frère? quelque père?
Mon père!... Oui, vous avez raison, mon pèrel... Ah! je suppose qu'à présent je suis relevée de mon serment l Je dirai tout à mon père! Je mourrai du moins justifiée, pardonnée. Fuyons, oui, fuyons! — Seulement, par où fuir?-
FLIBBERTIGIBBET.
Eh! par cette fenêtre, qui n'a guère qu'un étage au-dessus des arbres du parc. Hier je voulais épouvanter Alasco ; j'avais caché là, dans les broussailles, une échelle... (se penchant a la fenêtre.) Elle y est eucore. Je vous aiderai à descendre. Pur enfantillage, madame!
AMY
Allons ! j'ai hâte de retrouver mon père !
FLIBBERTIGIBBET.
Attendez! n'oubliez-vous rien? (ll prend la pclmc jetée sur le fauteuil) Cette pelisse... (Regardant «ur la tablc.) Qu'eSt-Ce qUC CC
parchemin? Un laissez-passer ! un laissez-passer de la reine î Bonté divine ! ne négligeons pas ce précieux
viatique! ( II cache le parchemin dans sa poitrine.) A présent, VenCZ,
Tenez, madame !
AMY
A la garde de Dieu ! (Flibbertigibbet ralde à franchir la croisée.)