‹ Amy Robsart. Les jumeauxChapitre 54 sur 156 · ACTE III, SCÈNE VIIL IQA · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VIIL IQA

FLIBBERTIGIBBET.

Ne reconnaissez-vous pas le pauvre lutin à qui vous avez sauvé la vie?

AMV.

Ahî c'est vous!... Mais n'étiez-vous pas en prison?

FLIBBERTIGIBBET.

Oui, dans la tour de Mervyn, la tour des oubliettes, sous les verrous d'un affreux cachot, où Ton pénètre par un inquiétant couloir dont le parquet sonne terriblement creux î

Vous avez donc pu vous en échapper?

FLIBBERTIGIBBET.

Je doute que, malgré ma prestesse de sylphe, j'aie pu opérer ce prodige. J'ai été tiré de là par un vieux diable, de son nom terrestre Alasco. Un passage secret, ménagé dans l'épaisseur du mur, communiquait de ma cellule à son laboratoire. Oh ! ce n'est pas par bonté d'âme qu'il m'a délivré, ce cher Alasco ! Il a fait ses conditions* Il me chargeait, savez-vous de quelle délicate mission? de vous enlever d'ici endormie. Endormie de quelle espèce de sommeil? je l'ignore. Mais j'ai pu saisir quelques mots d'un rapide colloque entre votre Varney et mon Alasco. Varney venait chercher une boisson commandée par lord Leicester et destinée à lady Leicester. Cette boisson, la voilà.

Et qu'est-ce que c'est que cette boisson ?

FLIBBERTIGIBBET.

Il n'y a pas à s'y méprendre. Elle sort de la cuisine d'Alasco : c'est du poison !

AMY

Du poison! Et c'est Leicester qui me l'envoie?

FLIBBERTIGIBBET.

C'est lui qui a commandé pour vous ce breuvage.

AMY

Mon Dieu , pardonnez-moi ! (Elle reprend le gobelet et le porte vivement à ses lèvres.)

FLIBBERTIGIBBET, lui arrêtant la main.

Que faites-vous, madame? C'est du poison, je vous dis! Ne m'avez-vous pas entendu?

Sans doute, j'ai entendu ; mais, puisque c'est Leicester qui l'envoie, ce poison, il faut bien que je le boive, (eue

•porte de nouveau le gobelet à ses lèvres; Flibberiigibbet le lui arrache.) FLIBBERTIGIBBET.

Non! VOUS m'avez sauvé la vie, c'est mon tour! Au diable cette liqueur du diable ! (ii jette le gobelet à terre.) Vous verrez qu'avant une heure ce plancher sera aussi noir que s'il avait été brûlé par le triple souffle de Cerbère.

AMY, l'œil fixé sur le breuvage répandu.

Qu'avez-vous fait, et que vais-je devenir, maintenant que je n'ai plus de poison ?

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