ACTK IV, SCÈNE IV
Mariée!... Dieu! vous savez donc?... Oui, madame, il est vrai... pardonnez! oh! pardonnez-moi! Au nom de votre auguste couronne, grâce !...
ELISABETH
Vous pardonner, ma fille ? Eh ! qu*ai-je à vous, pardonner? C'est l'affaire de votre père que vous avez trompé. Je connais, vousie voyez, toute votre histoire; votre rougeur la confirme. Vous vous êtes laissé séduire, enlever...
AMY, flèremcnt.
Oui, madame; mais celui qui m'a séduite et enlevée m*a épousée.
ELISABETH
Je sais, je sais, que vous avez réparé votre faute; vous avez épousé votre ravisseur, l'écuyer Varney.
Varney!... Oh! non, madame, non, comme il existe un ciel sur nos têtes, je ne suis pas la misérable créature que vous croyez ! je ne suis pas la femme de cet odieux
Quoi? que veut dire ceci?... Il me paraît, femme, qu'on n'a pas besoin de vous arracher les paroles quand le sujet vous convient ! De qui suis-je le jouet ici ? Il se trame quelque mystère indigne. Amy Robsart, c'est en présence du noble comte de Leicester, son maître, que Varney s'est déclaré ton mari...
AMY, indignée.
C'est en présence du comte !...
LA REINE
Oui; mais qui donc, dis-moi, as-tu épousé? De par le jour qui nous luit, je saurai de qui tu es la maîtresse ou la femme.
AMY
Demandez-le au comte de Leicester, madame! et qu'il vous dise la vérité, s'il Tose.
ELISABETH
Leicester! ce serait!... Ah! soupçon terrible qui me fait terrible! — Ah! malheureuse! viens sur-le-champ avec moi, viens!... — Mais le voici lui-même qui nous cherche. (Élevant la voix.) Par ici! par ici! — Ah! nous allons voir! nous allons voir ! Vous allez être confrontés ! (lui abattant sa main sur l'épaule.) Et dis-toi-lc bicu, ma petite : tu risquerais moins à attaquer dans son antre une lionne qu'ù le jouer d'Elisabeth d'Angleterre!