‹ Amy Robsart. Les jumeauxChapitre 75 sur 156 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

VARNEY, ALASCO.

Au moment où Amy s'endort, on voit s'cntr'ouvrir la porie masquée, Varncy passela tête et s'assure, du regard, que la comtesse est endormie; puis il entre. Pendant toute cette scène, ils parlent à voix basse et avec précaution.

VARN EY.

Elle s'est endormie. (Appoiam.) Allons, viens, Alasco, viens-

donc! (Alasco entre et pose sur l'cscabellc une lampe de cuivre allumée.) Eh:

bien! tu as entendu, le comte de Leicester veut fuir! fuir avec sa femme. Si cette fuite s'accomplit, Alasco, pour moi, pour toi, c'est la ruine. Il faut empêcher cette fuite; à tout prix, il le faut. Voyons, conseille-moi. Que faire?

ALASCO.

Le conseil n'est pas ai.'^é. Si tu prévenais la reine?

VARNEY

Oh! ce .serait envoyer le comte à l'échafaud.

ALASCO.

Ne dis pas à la reine que c'est lui qui a tramé l'évasion de la comtesse.

VARNEY

Alors, il reste tout-puissant, et il me chasse.

ALASCO.

Ma foi! s'il n'y a rien à faire ni.avec la reine ni avec 1(^ comte...

VARNEY

Regardons d'jan autre côté, (se tournant vers Amy.) Cette femme... Jouer le tout pour le tout, tu le sais, c'est ma manière. — Si la destinée la frappait, cette femme, cette Amy, qui fait faire ''au comte tant de folies? si elle disparaissait du monde? si elle mourait... naturellement, — que penses-tu que deviendrait Leicester?

ALASCO.

Jl l'oublierait. Il resterait l'heureux ministre, le toutpuissant favori, le grand comte qui donne des fêtes et des spectacles aux reines.

Et nous, Alasco, nous continuerions allègrement notre route à sa suite, avançant à mesure qu'il avancerait, et nous trouvant comtes ou barons le jour où il s'éveillerait roi.

ALASCO.

Comme tu dis, le baron Varney, le prince Démétrius

Alasco!... •

VARNEY

Ainsi le seul obstacle entre la fortune et nous, c'est l'existence de cette femme.

ALASCO.

Et que prétends-tu faire de l'obstacle ?

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