ANACHARSIS, CLÉMENT
CLÉMENT, sans voir Anacharsis. Ma foi,
. M. Anacharsis arrivera quand il voudra...
je suis las de l’attendre et de marcher.
ANACHARSIS, quiPaperçoil, te prenant au collet tivement.) Vieilhird, cs-tii garçon?
CLÉMENT. Je suis intendant, .Monsieur.
ANACHARSIS. Homme aux cheveux gris, je te demande si tu es marié ?
CLÉMENT, à part, étonné. Quel est donc ce monsieur? Serait-ce par hasard?..
N’est-ce pas à M. Anacharsis, le neveu de ma belle maîtresse, que j’ai l’houncur de parler ?
’ ANACHARSIS. C’est moi-même... Remets ta casquette , gros être.. . et causons de bonne amitié.
CLÉMENT, secoaerant. Je lui suis attaché depuis vingt-trois ans.
AN.LCHARSIS. Comment l’entends-tu?
parles-tu de ma tante... on de ta casquette ?
CLÉMENT, troublé. Je n’ai rieu dit!..
AN.ACIIARSIS. Un soupir s’est échappé de ta large poitrine... et tes grosses joues se sont colorées d’une couche de vermillon.
CLÉMENT. Afat pourriet-vous croire...
ANACHARSIS. Tu t’es trahi , vieillard...
tu aimes ma tante I
CLÉMENT. Moi, Monsieur!
ANACHARSIS. Tout à l’heure tu l’as appelée belle... l’amour est aveugle... tu ai- . mes, vieillard...
CLÉMENT. Eh bien , oui... vous avez lu dans mon faible cœur... Mais, c’est un mystère d’iniquité... depuis vingt-trois ans que j’aime en secret mademoiselle Rose de Farnal...
ANACHARSIS, â part. Quelle heureuse decouverte!..
CLÉMENT. Personne n’en saura jamais rien, et c’est pour mieux dissimuler mon .amour que je me suis marié trois fois...
ANACH.ARSIS. Tu avais donc une figure jadis?
CLÉMENT. Oui... j’ai de la douceur dans les traits... on trouve que j’ai de la physionomie de. Bernardin de Saint-I’ierrc.
ANACHARSIS. Qu’cst-ce qui t’a dit ça?*
CLÉMENT. Mndcmoisello de FarnaL..
un jour que je lui lisais Paul et Virginie.
ANACHARSIS, d part. Il paraîtrait que ma tante aime les éludes de la nature... (Haut). Dis-moi , vieillard précoce , ma tante t’aurait donc remarqué ?
CLÉMENT. Dam... pendant vingt-trois ans!., je ne sais si je me flatte, depuis la mort de ma dernière épouse , elle semble me faire plus d’amitiés qu’à l’ordinaire.
ANACHARSIS, à part, ente regardant. Kh\ ça mais... voyons donc... il a le physique, de l'emploi... une bedaine aRreuse... les jambes engorgées... Il est horrible... ça fera un oncle superbe. (Haut). Plus qu’un mot... te sentirais-tu de la répugnance à devenir mon oncle ?
CLÉMENT, poussant un cri. Qui... moi I
ANACHARSIS. Toi et ma tante Rose...
vous êtes déjà en communauté de biens, depuis que tu es son intendant... vous n’êtes que séparés de corps...
CLÉMENT. Ah ! mènagei-moi... ma sensibilité...
ANACHARSIS. J’y VOIS les convenances...
les rapproebemens...
Diqilizt . C.ooglc
Air .* te Luth gaiant.
De sa fortune ejant le maniement , TudoUaroir placé beaucoup d’ar^nt.
Ma tante a des écui.» elle est bonne, elle est sage... Et il ta contracta» en6n ce mariage,
Ta lui rapportera» comme èponi en ménage
G t que tn loi toUs vingt anscooime intendant.
GLéMEXT. Monsieur est trop honnête...
maisla distance qui nous sépare... elle vou« lait, il est vrai, me coucher sur son testacoenU
AVACHABSIS, iui frappant tur C épaule.
Epouse-la... tu seras encore mieux...
CLÉMENT, ému. Grâce... grâce !.. c’est au-dessus de mes forces... vous m’abîmez !..
ANACHARSIS. Vieillard... tu seras mon oncle!., mais il faut que tu t’engages sur l’honneur à payer les deth^ de ton neveu, et à ne lui refuser jamais de l’argent!
CLÉMENT. Jamais... oh jamais!., mon sang, ma vie...
AN.ACHABSIS. Eh bien , retourne à tes tra- Tauxaccoutumé.s... je vais travailler à votre bonheur mutuel.
CLÉMENT. M'allez pas me compromettre.
ANACIIARSIS. Ne craitis rien... jeune vieillard... tu m’intéresse singulièrement.
(// lui arrange les cheveux et lacraraUe,) Seulement, il faut te bichonner tin peu...
|e t’ assure que si tu te bichonnais...
Il le poasM eC sort.
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