SCÈNE XVII
ANACHARSIS, CLÉMENT, Us ysus
moaiUil de larmes et portant un paquet.
CLÉMENT. Après vingt trois ans de fidélité... me chasser comme un vagabondl..
AN.SCHAHSIS. Ah! Toila mon Beroadin de St-Pierre.
CLÉMENT. Ah I monsieur, je ne tous ferai point de reproches, car Totre intention était bonne et louable; mais vous m’avei fait bien du mal , en dévoilant mon pudique amour à mademoiselle. Elle m’a mis à la porte sans pitié... elle est si chaste et si pudibonde!..
ANACRAHSIS. Elle est bégueule...
CLÉMENT. Oh! pouvez -vous parler ainsi de la femme la plus vénérable du département... Je perds ma place... une place superbe!.. mais je l'aimerai toujours...
ANACHARSIS. La place!., vieillard? je le conçois, car tu t’j es arrondi. ..conviens que tu t’y es arrondi. . Mirabeau tonneau!.!
CLÉMENT. Je ne parle pas de la place, je parle de...
ANACHARSIS. Assci, vieillard... assezl je n’ai plus besoin de tes caduques amours ; mais tu pourrais peut-être m’être utile.,, par tes conseils... Ne connaitrais-tu pas dans les environs quelqu’un qui fut susceptible de pouvoir, au besoin, faire un oncle. . . présentable?..
CLÉMENT. Moi !.. que je travaille au bonheur d’un autre...
ANACHARSIS. Ecoute, Clément, faismoi trouver le parent que je cherche , et j’y mettrai pour condition, que ta place d’intendant te sera rendue.
CLÉMENT. En vérité... Ohl alors, on peut s’entendre.
U va paiarsa valiM sat la banc.
ANACHARSIS. Ebbient as-tu l’idée d’un oncle ?
CLÉMENT. Monsieur... je crois que je tiens notre affaire... mais, c’est vraiment bien cruel I
Il tonplie.
ANACHARSIS. Laisse tes soupirs, et parle-moi avec tes cheveux blancs. Tu dis donc que tu as l’objet en question ?
CLÉMENT. Je le présume... Ecoutezmoi : Depuis deux mois environ... nous avons au château un homme... entre deux Ages... qui me parait ne pas déplaire... fi mademoiselle ..
ANACHARSIS. Un homme entre deux figes...
CLÉMENT. La jalousie y voit clair... et que da nuits blanches elle m’a fait passerl 11 logpire*
ANACHARSIS, lai frappemt sur le ventre.
Rengaine... rengaine...
CLÉMENT. Ce monsieur et votre tante se promènent souvent tous deux, le soir, très tard, dans le parc... quand il fait beau... et quand il pleut... ils lisent quelquefois ensemble... dans la chambre à coucher de mademoiselle.... jusqu’fi une henre du matin.
ANACHARSIS. Jusqu’fi une heure du matin... dans la chambre de ma respectable tante I
CLÉMENT. Je dis une heure, com&e je dirais trois, comme je dirais quatre, comme je dirais cinq.
ANACHARSIS. Que ne dis -tu toute la nuit?
CLÉMENT. C’est TOUS qui l’avez dit! car, hier, comme je guettais la sertie de ce monsieur, selon mon habitude, pour m’assurer qu’il ne restait pas...
ANACHARSIS. Eh bien, vieillard?
CLÉMENT. Eh bien, monsieur, il n’est sorti qu’fi six heures trois quarts passés du matin.
ANACHARSIS. Comme qui dirait sept heures... Clément!., je tiens mon oncle!
Air de ta SesUinellé.
Ah 1 c’est ainsi , scélérat d’étranger I Tn viens la nuit déshonorer ma tante 1 Mais, je suis lé... je saorai la venger... ,
Et l'hymen seul, peut venger une amante 1 m A noos deux donc, infime sédncteor 1 Je te ferai, peur prix de tes fredaines...
Chez le maire , vil snbomeor.
Payer la dette de l’honneur...
Bt ta palraa anaai les miennes,..
O'aboid les miennes !..
INÀCBiUU.
CLéireST. Vous sarei nos conTontions.
ANACHARSIS. Conduis-moi Ters ce célibataire dissolu.
CLÉMENT Tenci!.. le voilà justement qui revient de sa promenade accoutumée.
ANACHARSIS. Il déshonore ma tante...
et il se promène... la canne à la main encore!.. Nous allons voir...
eeeeBeeacoaBoaaeaaaooBBaQBaoBaaeaoeaoeoeeBe
SCÉXE XVIII.
Les Mêmes, BaÉMONT.
BRÉMONT, d lui-mfme , tant voiries autres. Parbleu I voilà d’excellentes nouvelles pour le chûtean ; aussi, graud gala pendant trois jours I
CLÉMENT , bas. Ça ne lui coûte rien.
ANACHARSIS. Grand gala? monsieur!., grand gala P c’est donc apparemment le repas de vos lianj'ailles... avec mademoiselle de Partial. .. que vous voulei faire?..
BRÉMONT. étonné, mais froidement. Monsieur, je n’ai pas de compte à vous rendre.
ANACHARSIS, élevant la voix. C’est ce qui vous trompe, monsieur, car vous vojrez en moi, Benjamin- Auacharsis de Fariisd, l'unique neveu de votre victime.
BRÉMONT. Ah! c’est vous, monsieur, qui êtes ce neveu mauvais sujet dont on m’a parlé ?
ANACHARSIS, d lai-mime. Mauvais sujet est très joli... [Haut.) Monsieur, ma conduite ne vous regarde pas.
BRÉMONT, le eontrefaisant. C’est ce qui vous trompe, monsieur... car, j’ai promis à votre tante de vous faire rentrer dans la bonne route.
ANACH.ARSIS. Je vous trouve plus beau que nature, par exemple!., c’est bien voua qui allez y rentrer dans la bonne route...
et plus vile que fa... en épousant ma tante ce soir même... ce soir même, entendezvous!..
BRÉMONT. Ah I TOUS voulez que j’épouse votre tante?
ANACii.ARSiS. Je le veux! je l’exige! en réparation du tort que vous avez fait à son honneur; car tout le monde vous a vu, par les yeux de ce vieillard jaloux... sortir de la chambre à coucher de la maîtresse de céans... à sept hdures moins un quart du matin... (Criant.) sept heures moins unquart, monsieur... (yt Clément.) El il était peut-être en robe de chambre?
CLÉMENT. Monsieur, je n’ai pas dit.. .
ANACHARSIS. Vous l’entendez... je vous somme d’épituser ma tante Rose... à condition que TOUS paierez dix mille ûrancs de
dettes , que j’ai laissées sur le pavé de Paris.
CLÉMENT , bat. Et moi 1 ANACHARSIS, <1 Clément. C’est moins pressé , toi I '
BRÉMONT. Monsieur... « qui me sommez à condition... • écoutes bien ce que je vais vous dire : Je ne paierai pas vos dix mille francs de dettes... par des raisons A moi connues... et je n’épouserai pas mademoiselle votre tante... attendu que je suis marié. J’ai bien l’honneur de vous saluer.
Il rCDlte sa chàteaa.