‹ Anacharsis, ou ma tante RoseChapitre 9 sur 22 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LA TANTE ROSE. Ah ça ! te voilà donc pour quelque temps avec nous ?..

ANACHARSIS. Je le voudrais, belle tante... mais il faudra que je reparte incontinent...

LA TANTE ROSE. Comment... un voyage de trente lieues pour rester si peu...

ANACHARSIS. Que voulez-vous ? ils ne peuvent pas se passer de moi, là-bas...

LA TANTE ROSE. Enfin, n’importe... tu às toujours bien fait de Venir.. • je U sa»

AKACRAnsIS.

même gré de ce sacrifice, un peu tardif il est vrai... car, sans reproche, voilà quatre ans que je ne t’ai vu...

ANACHARSIS. Comment? il V a tant que ça!., absurdes plaisirs, qui m’ont retenu si long - temps loin d’une si prodigieuse tante...

LA TANTE ROSE. Avec six mille francs de pension ipic tu reçois par an... tu dois fairp lincjolin figure...

ANACH.ARSin. Je ne me plains pas précisément de la ligure... mais les plaisirs du grand monde sont devenus si cliers...

Votre neveu vous fait honneur , belle tante!., seulement, il y a des jours... aux fins de mois, par exemple...

^ LA TANTE ROSE. Explique-toi mieux...

je ne te coniprcnd.s pas.

ANACllARSlS. Paris est un gouffre...

Paris est un minolaure... qui dévore les capitalistes.

LA TANTE ROSE, Tu aurais des tletlos?

ANACHARSlS. Hélas î oui , ma jeune tante... jamais votre neveu ne vous en aurait parlé le premier... niais puisque \ous avez prisPiniiiative...

LA TA.NTE ROSE, souriant. Tu as des dettes.. jf ail !.. je devine à pré.«ent, la vaille : « paie tes dettes.. . paie tes dettes..,»» AN.ACUARSIS. Oui ! ma tante... voilà ce 'que 1 oiseau me cornaîl aux oreilles, du ‘ matin au soir!., j’avais beau lui répondre; | • Paie tes dettes... paie ies dettes...» c’est | aisé a dire... les conseilleurs ne sont pas | les payeurs... Eh bien! admirez la délicatesse de ce petit animal... elle n’en a pas ' ouvert le bec devant vous... ce n’est pas !

une pie qui aurait eu celle discrétion.,, j et comme le motif était ingénieux!., je ne pouvais pas venir vous dire : bonjour ^ ma tante... je ne vous ai pas vue depuis quatrenns... je dois dix mille francs, payezles... et bonsoir la compagnie... je m’en ▼as... c’eût été bien leste...

LA TANTE ROSE. J’.'iur.tis mieux aimé celte franrliise...

ANacIIar.SIS. Eh bien! je serai franc...

je dois dix mille francs... donncz-les-moi, et je m en irai le plus fortuné des neveux.

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