Ch. Bayet, l’Art byzantin
description de ses admirables monuments, l’enthousiaste désir d’égaler les peuples d’Orient; des moines grecs, qui étaient venus s’établir dans le sud de W’Italie, & Rome, en France et en Allemagne, contribuérent puis- - samment a entretenir ces idées et 4 les développer. A lépoque mérovingienne, des colonies syriennes existaient déja dans le centre de la France et il n’est~ - pas douteux qu’elles apportérent avec elles les traditions - monumentales de la Syrie centrale, qui germérent si bien et que l’on trouve si nettement marquées dans Vancienne province d’Aquitaine.
Le commerce maritime entre l’Occident et Orient contribua également a étendre les relations qui s’étaient €tablies entre ces pays, non seulement par l’échange de leurs marchandises, mais encore par l’acquisition des étoffes, des bijoux, des ivoires sculptés, en un mot, des objets d’art, créés en Orient avec une si habile facilité, . dont l’Occident commengait a sentir le besoin, mais qu’il ne savait pas encore produire. ’ L’influence byzantine s’est exercée certainement en Italie; elle est moins sensible dans le nord de ce pays en raison de sa division en un grand nombre d’Etats ou de villes aussi différents les uns des autres par leurs conditions respectives au point de vue ae qu’a celui des arts,
Sous le pontificat de Grégoire le Grand, pape malgre lui, en 590, on éleva beaucoup moins d’édifices qu’avant ou aprés cette époque. Saint Grégoire, sans négliger la puissance temporelle du Saint-Siége, se servit de son pouvoir pour fortifier la papauté, propager le christianisme, améliorer la discipline et organisation
de l’Fglise. Affermi par lui-méme, il propagea le christianisme, l’orthodoxie et convertit les paiens en Sicile, en Sardaigne, a Terracine, aux portes de Rome, et méme dans la Grande-Bretagne qui était encare livrée tout entiére a Pidolatrie.
Les instructions que saint Grégoire le Grand don-
nait ases représentants leur recommandaient de conserver ae
les monuments existants, quels qu’ils fussent. I] écrivait,
en 596, au moine Augustin — plus tard archevéque de
Cantorbéry — qu’il avait envoyé dans la Grande-Bre-
tagne a la téte de quarante missionnaires romains: «Il
faut se garder de détruire les temples des paiens, il ne faut détruire que leurs idoles, puis faire de l’eau bénite, en arroser l’édifice, y construire des autels et y placer des reliques. Si ces temples sont bien batis, c’est une chose bonne et utile qwils passent du culte des démons
auculte du vrai Dieu; car, tant que la nation verra sub-
sister ses anciens lieux de dévotion, elle sera plus disposée a s’y rendre, par un penchant d’habitude, pour adorer le vrai Dieu 4. »
« Dans le sud de I’Italie, le rdle de Byzance est évident. Pendant plusieurs siécles, toute une partie de cette contrée se rattacha a l’empire de Constantinople par la religion, par administration, par la langue méme : l’antique Grande-Gréce méritait toujours ce nom. Méme la querelle des Iconoclastes qui détacha de lOrient le reste de l’Italie, dans le sud fortifia lhellénisme; les partisans des images s’y réfugiérent en grand nombre et les empereurs grecs ne les inquiéterent pas.