Jules Quicherat, Mélanges d’archéologie
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L’avénement de l’architecture romane est donc constaté par le passage de Raoul Glaber, Cest-a-dire au commencement du xi° siécle.
Cependant-le nouveau systéme de construction ne~ fut pas appliqué partout dés l’an 1000, car en 1008, daprés le récitde Raoul Glaber, un légat fut envoyé de Rome pour consacrer léglise de Beaulieu, pres de Loches, qui venait d’étre batie par la libéralité de Foulque Nerra, comte d’Anjou; le jour méme de la cérémonie, un*ouragan s’engouffra dans V’église et dispersa’ les lambris du comble qui, avec la couverture entiére, furent précipités sur le sol par-dessus le pignon occidental. Ce qui prouve bien que l’église de Beaulieu était couverte en bois a la maniére des ancieanes basiliques.
D’ailleurs, le nouveau systéme ne's’est pas appliqué — immédiatement dans toute son amplitude; ses effets commencérent par des essais timides que l’on peut — constater en divers pays, notamment en Bretagne et en Normandie, dans les édifices batis dans la premiére moitié du x1° siécle. Les églises de Loctudy, de Fouesnant, de Saint-Melaine, de Lochmaria; les églises. abbatiales de Caen (avant les votites du xm® siécle), de
- Cerisy-la~Forét, du Mont Saint-Michel, dont les plans
rappellent les dispositions basilicales, n’ont de votites d’aréte que dans les bas cétés; leurs grandes nefs étaient couvertes en bois. La trés somptueuse église de Jumicges, qui fut commencée en 1040 et dont les ruines sont une des merveilles de la Normandie, n’a jamais porté, dans sa partie. romane, que des lambris sur sa grande nef,
I] faut aussi tenir compte du climat. Dans le méme temps ou, dans les pays septentrionaux, on en était encore aux essais timides du nouveau systéme, les contrées
méridionales étaient plus avancées et couvraient déja
- complétement leurs édifices par des votites. On voit s’é-
ee lever 4 Périgueux, dans la premiére moitié du x1’ siécle,
une vaste église a cinq coupoles, construitea imitation del’église des Saints-Apdétres de Constantinople, exemple
complet d’un art admirable dans lequel on voit les in-
fluences byzantines et syriennes réunies comme a sou-
hait, pour imprimer une impulsion nouvelle a Varchi-
tecture en apportant a l’art roman un vivifiant concours
dont les effets ont été si manifestement féconds dans lcs
siécles suivants. |
Afin de faciliterl’étude de architecture romane, nous
croyons utile d’établir ordre suivant pour les édifices
ar présentant un grand intérét au double point de vue de
, pelles rurales et funéraires; églises de forme basilicalc; églises rondes ou polygones; églises votitées, en nous
attachant seulement aux grandes divisions et aux carac- téres principaux de l’architecture. D’ailleurs, les détails - concernant les profils, les appareils, la sculpture ont été si bien étudiés par de Caumont, si parfaitement décrits par Quicherat et si admirablement dessinés par VioleS let-le-Duc qu’il n’est pas possible de faire plus ni - mieux. Les Essais sur Varchitecture religieuse du
moyen dge, les Fragments d’un cours d’archéologie et le Dictionnaire raisonné de larchitecture francaise sont, du reste, dans toutes les mains; nos lecteurs y pouront trouver, avec les plus utiles enseianements, tous
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les détails particuliers que nous croyons inutile de res prendre aprés les travaux des auteurs que nous venons ~
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