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CHAPITRE VII

EGLISES VOUTEES,

Les Romains avaient élevé tant d’édifices, et ils les avaient construits dans toute ]’Europe occidentale avec tant de science et d’art, que les traditions romaines ne s’étaient pas perdues,méme pendant la période barbare. ; ;

La votite romaine, d’aréte ou en berceau, était connue des constructeurs bien longtemps aprés la chute de Rome; ils employaient fréquemment ces deux formes de volte, et leur usage était constant, surtout pour la construction des édifices souterrains ou cryptes qui, vers le vin® siécle, remplacérentles confessions des basiliques.

Il est intéressant de remarquer a ce sujet qu’il existait une grande différence entre ces deux ouvrages. La

confession était une cellule construite moitié au-dessus du sol et moitié au-dessous ; elle servait d’estrade a lautel et en méme temps de tombeau renfermant un corps saint qui, selon les lois liturgiques du temps, devait étre obligatoirement placé sous l’autel. Cet édicule était de trés petite dimension, car il était, le plus © souvent, facilement couvert par une seule dalle de pierre ou de marbre. La crypte était complétement ou partiellement souterraine, soit par le creusement total

de son emplacement, soit par la disposition des lieux et du sol dont certaines parties pouvaient étre dégagées, ce qui permettait alors d’éclairer Vintérieur dela crypte ; qui formait un ensemble de compartiments compris entre les substructions de l’église haute s’étendant sous ee le sanctuaire supérieur et souvent méme dans les parties __adjacentes. Ces compartiments étaient couverts par des votites formées soit de berceaux pleins, soit de __berceaux entre-croisés, soit par des arcs-doubleaux dontlesintervalles ~

étaient remplis par des votites d’aréte; tous ces arcs ou voltes re- -tombant sur des colonnes ou des piles

- trouvant un solide con- ‘trebutement dans les soubassements ‘des. #15 128 — ARENES D’ARLES, points d’appui -supé- (Couvertures en pierre.)

rieurs.

Mais ces édifices ne sont pas romans par cela seul quwils-ont été votités; ils ont été construits selon le ee ‘mode romain et ils ressemblent aux monuments antiques que les architectes du viue siécle ont copiés es grossiérement ou tout au moins trés naivement.

__ Les ouvrages romains ne manquent pas d’ailleurs

-. et les contrées méridionales de I’Europe en présentent de nombreux exemples, celles surtout qui n’eurent pas A subir les ravages des invasions barbares venues successivement de |’Est et du Nord.

Les monuments antiques du 1 et du m® siécle de

notre ére pouvaient servir d’exemples excellents, qui durent avoir une réelle influence sur les constructeurs romans suivant tout naturellement les traditions romaines

On voit aux arénes d’Arles, qui remontent au 1" siécle, des couvertures construites tres simplement; elles sont formées d’arcs-doubleaux sur lesquels sont posées des dalles de pierres (fig. 128). Ce moyen était

TOLL OIG Y EE == a NS oe ee = es e j pms iiss Ze Ue Lp GY xs aa pie FIG. 129 ET 130 .— NYMPHEE DENIMES*

(Coupes de la voite en berceau.)}

connu des Syriens qui l’employérent fort judicieusement en raison des matériaux qu ils avaient a leur disposition; nous avons vu ce mode de construction dans la Syrie centrale, a Véglise de Tafkha, batie du rv au v° siécle sur le modéle des basiliques antiques’.

Suivant Quicherat, l’amphithéatre de Nimes offre un exemple bien conservé d’arcs-doubleaux de l’époque

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