‹ Analectes belgiques: Notices et documents pour servir à l'hiaroiewChapitre 18 sur 68 · DE NEVE D'^VANDE E VOORDE · texte numérisé non relu

DE NEVE D'^VANDE E VOORDE

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Exaerde F* lo^ Pauwels den welcken over-

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fille âgée de vingt-deux ans, M. A. V. dont le nom patronymique, Vereecken, nous est révélé dans plusieurs poésies flamandes, soit sous cette forme, soit sous celle latinisée de Aquercu *. Il est aussi question d'un ami P. V. B. (XXXFV).

Les poésies flamandes sont un peu plus documentaires. Nous y trouvons des épitaphes pour son père, Jean-Baptiste van Exaerde, et sg. mère, Isabelle de Clercq, qui mourut peu de temps après sa naissance ; des poésies adressées à sa marraine, Isabelle Ysebrant, à sa gouvernante, Josijntje van Bellegem, et à ses amis : Jacques de Raedt, seigneur de Suydorpe, qui fit, en 1675, un assez long voyage en Hollande, sa femme Jeanne-Marie d'Houdan et ses deux fils, dont notre poète était le parrain; Pierre Bryaerde, seigneur de Beauvoorde, qui avait épousé, le 28 octobre 1671, Françoise -Germaine Vander Zype; Jacques et Pierre Ysenbrant ; Cnobbaert, avocat au Conseil de Flandre; Pierre- Yvon de Neve, haut-échevin du pays de Waes ; François Wackens, seigneur de Plasschevelde, et ses trois filles ; les deux demoiselles Hoeyenbruggen ; mademoiselle Stalins ; le le docteur Ghysemen; les RR. PP. dominicains, Driege, Jonckheere, Fr. de Trutere[?]; le vicaire de Stekene, MoUens, etc. Il faut citer également l'éloge An pays de Waes et des pièces relatives à des localités de cette région : Wachtebeke,

* Exaerd' Aquercu mint, Aquercu mîtU Exaerd\ Sif'n si) dan cens gesint, Waerom dan niet gepaert?

Stekene, le château de Voorhoute, ainsi qu'à la ville de Gand, à Hulst, à l'hôtel de ville d'Amsterdam, etc. Notons enfin des allusions aux événements politiques du temps, aux guerres qui dévastaient alors les provinces belges, et où l'auteur se montre partisan de l'Espagne ; un huitain rappelle l'attaque de la ville de Gand, le dimanche des Rameaux, 7 avril 1675, par les Français qui brûlèrent des maisons à la porte de la Colline.

Le manuscrit comprend des poésies françaises, flamandes et latines. Comme je l'ai déjà dit, je ne m'occuperai ici que des premières, au nombre de quarante-deux, qui sont, d'ailleurs, sinon les plus intéressantes au point de vue du fond, du moins les meilleures comme facture. Le lecteur en trouvera plus loin une transcription complète, à part un quatrain que j'ai cru devoir laisser de côté. J'ai laisse les pièces dans l'ordre où l'auteur les a placées, et je les publie sans aucun changement, même orthographique. Je me suis borné à faire disparaître quelques fautes de négligence, échappées à la plume de l'auteur, et que celui-ci aurait évidemment corrigées lui-même à l'impression.

L'œuvre de Guillaume van Exaerde se compose de ce qu'on est convenu d'appeler des poésies légères. C'est le fruit des loisirs d'un jeune homme de bonne famille qui s'amuse à chanter ses plaisirs ; la galanterie y occupe naturellement la première place. Le ton est badin, piquant, parfois même railleur. Voici une sœur qui reproche à son

frère d'aimer trop le jeu et qui lui demande d'y renoncer. Le frère l'interrompt aussitôt

— Otty, ma sœur, fen prendray V envie Quand tu ne feras plus Vamour.

Et la sœur de soupirer mélancoliquement :

— Va, méchafit, tujoûras tout le tems de ta vie I

L'épigramme attire visiblement l'auteur. Les coquettes, les vaniteux, les envieux, les sots en général tombent sous ses traits, et sa verve caustique ne les épargne guère. Les gens d'église même ne trouvent pas grâce devant lui :

Je sçay bien qu'un homme d'église^ Qu'on redoutoU fort en ce lieu.

Vient de rendre son àthe à Dieu, Mais je ne sçay si Dieu Va prise.

Les madrigaux sont précieux — c'est l'essence même du genre — mais la pensée sait en être ingénieuse dans sa subtilité. Le poète trouve un jour sa maîtresse si occupée d'une broderie ou de quelque autre ouvrage qu'elle n'entend point ce qu'il lui dit; jouissez, dit-il à l'ouvragQ importun, jouissez en paix du cœur de ma maîtresse ; dans le chagrin que vous me causez

Je sens ce foible allégement Qu^estant en ce moment le témoin de ma peine Vous le serez un jour de mon contentement.

Il ne faudrait cependant point exalter la valeur d'Exaerde. Si ses vers sont faciles, ce n'est que dans les petites pièces, car son souffle est court.

et son inspiration ne se soutient pas. Voyez, par exemple, la pièce intitulée la Maison réglée ;

Avoir une maison propre^ commode et belle, Des jardins tapissés d'espailliers odorans,

lyedpcellent vin, peu de train, peu d*enfants Posséder seul, sans bruit, une femme fidèle.,.

Cela rappelle vaguement la petite maison d'Horace et n'est vraiment pas mauvais. Mais aussitôt le ton baisse :

ITavoir debtes [ni] procès ni querelle.

Ni partage à faire avec ses parens, IP espérer ni se promettre rien de grand, .

Vivre sans jalousie et sans ambition.

Se régler sans scrupule à la dévotion.

Avoir Vesprit libre et le jugement fort...

Vers incomplets, incorrects, sans poésie et que le dernier vers ne suffit pas à racheter :

Cest attendre chez soy bien doucement la mort.

S'il fallait rapprocher notre poète d'un de ses contemporains, je le comparerais volontiers à Alexandre Lainez. Cet ami de La Fontaine et de Chapelle, qui était né à Chimai, chantait, lui aussi, les plaisirs, avec des trouvailles heureuses de pensée et d'aimaBles négligences de style. C'est à sa suite qu'il conviendrait de placer Guillaume van Exaerde, si l'on consacrait quelque jour une étude aux poètes belges du XVIP siècle.

ICÉTIEB EXTBAOBDINAIBE.

Le métier d'amour en effet Est une assez bizarre affaire; Ce métier-là plus on le fait, Et moins on est propre à le faire.

DP DE KONINOINirE VAN SUEDEN CBISTDTÀ.

[Sur la reine Christine de Suède].

Madrigal,

Nul de tous les mortels ne la peut égaler ;

Le maistre des neuf sœurs ne seroit pas son maistre. Pour faire des captifs, elle n'a qu'à paroistre,

Et pour faire des vers, elle n'a qu'à parler.

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