‹ Analectes du bibiophileChapitre 10 sur 20 · chapitre XII · texte numérisé non relu

chapitre XII

Panurge sortant de la ville Orgueilleuse, entre en celle d'Avarice, et visitant rue après rue, raconte les divers supplices, peines et tourmens que souffrent les âmes des avaricieux, qui à la fin, peuplent cette ville.

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«.... Pluton est plus riche luy seul que tous les autres dieux ; par la tête d un chou ! si Ton m'en vouloit croire, je le mettroisen cage et là comme un autre Bajazet, je luy ferois chanter le Rossignol sauvage ».

De nombreux auteurs ont prétendu que Tamerlan ayant fait Bajazet prisonnier, Tavait fait enfermer dans une cage de fer, mais M. von Hammer, dans son Histoire de t Empire Ottoman^ a fort bien établi que cette assertion était dénuée de fondement, et que Bajazet n'eut d'autre prison qu'ime tente.

CHAPrrRE xiir.

Panurge sortant de la ville d'Avarice entre en celle de Luxure et raconte tout ce qu'il a vu en la rue de Fornication et celle de Paillardise, avec le nom de plusieurs personnages qu'il y recogneut, le tout plein de merveilles.

« ... Passons entre la rue de Paillardise, et voua verrez merveilles, regardez partout, et vous verrez, ouy même jusques à ceux qui de volonté, non de fait, ont paillarde, mais ont eu des pollutions volontaires, qui ont cherché avec trop d'affection ce plaisir et qui n'ont épargné tout leur bien pour avoir ce contentement. Aussi y verrez- vous ceux qui ont été sodomites comme Bèze, brutaux comme Dauphin, inceste comme plusieurs autres que vous en verrez. Je fus curieux de voir tout, parquoy entrant en cette rue, et mettant le nez par tous les logis, je les vis tous garnis de feu, en charbons ardents sur lesquels ces âmes paillardes paillardoient, se vautrans là-dessus, mais non pas sans souffrir de grands tourmens. Parmy tous

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et ce entre les sodomites, je recogneus Bèze, lequel étoit couché sur son ventre, et sa Candide couchée à FenTers, en telle sorte, qull tenœt le bout du nez, à son coatmemt a nom ».

Comment a nom^ cette expression n*est pas rare dans les vieilles fiicéties. Le Nouveau Panurge revient à plusieurs reprises sur ses attaques contre les moeurs de Théodore de Bèze, et, dans ses autres écrits, Reboul dirige de nouvelles invectives contre le com* pagnon de Calvin. On lit dans les actes du Synode de la Sainte ré/àrmation, page 158 :

« Qui ne sçait lliistoire du ravissement de la belle Candide, mademoiselle sa feu femme. Candide, tant chantée, tant louée par hij que la gloire de la Lesbia de Catulle en a demeuré moult obscurcie? Aussi m*asseuré-je que ceste payenne, en trouvant ceste ruffienne là-bas, elle Taura bien espoussettée pour cest a&ont reçeu. Il y auroit bien du passe temps à vous desduire icy de fil en esguille le commencement, la suite et la fin de ces belles amours et comment elles furent traversées par la naissance d'une nouvelle flamme, non de celle de ce petit bastard de Chipre, mais bien des plus chauldes et cuisantes qui bruslèrent jamais dans Sodome et Gomorre, la douceur de laquelle lui plaisait tant, qu'il Ta bien voulu chanter publiquement pour rendre le monde tesmoing tant de ses sodomitiques abominations que de ses autres impudicités. Il m'a donné Tépigramme qu'il en fit alors et craignant que vous n'ayiez plus aucun exemplaire de ses Juvenilia, au premier jour il les fera réimprimer, revues et augmentées de nouveau par la diligence des Ministres de Genève, avec les tableaux et figures de ses amours tant de Tun que de l'autre sexe, et les por-

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traits à nud, c'est-à dire, au naïf de la Candide et d'Audebert, le ganimède dont voici Tépigramme... » — Ici, treize vers latins ; et, un peu plus loin : a Je retourne à mes moutons ou plutôt à mon vieux bouc... La Candide réformée ayant le nez tourné à la friandise, la bouche grande et la langue efiQlée, tout ce qui se peut et au reste qui n*avoit garde de péter, car die estoit bien fendue si jamais ministresse le fut.... cette ruffienne menoit souvent Monsieur de Bèze par la barbe comme un vray bouc, et en italien à ce que Ton dit : Becco comuto »,

Le fait est que l'édition originale des Poemata de de Bèze, Paris, C. Badius, 1548, renferme des pièces libres qui n*ont point été reproduites dans l'édition d*Henri Estienne, 1569, ni dans les éditions suivantes, mais qui se trouvent dans deux petites éditions subreptices. Tune intitulée : Poemata Juvenilia, in- 16, sans indication de lieu ni de date, Tautre avec la rubrique de Lyon, sans datew

CHAPrntE XIV.

Panurge voulant partir de ce quartier est adverty par son truchement, de voir la posture de Luther et Calvin qui sont là enfermés en une chambre. Par le moyen de son rameau doré, il luy fut permis dy entrera il raconte les merveilles qiiil y a vues, et plusieurs interrogats qu'il fit à ces personnages avec leurs réponses,

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