ANCIENS ET MODERNES
Le Nouveau Panurg^, avec sa navigation en Vlsle Imaginaire, son rajeunissement en icelle, et le voyage qui fit son esprit en Vautre monde ^ pendant le rajeunissement de son corps, — La Rochelle, Michel Gaillard, sans date, in- 12. — Catal. Nyon, n» 10286. — Vente faite par Claudin, en juin 1873, à Paris, du cabinet de feu M Morel, de Lyon, n" 395 du catalogue.
. ien que ce petit volume ne porte aucune ; date, on peut lui en assigner une entre ' d'assez étroites limites. En effet, il y est question, dans le dernier chapitre, de la mort de Henri IV, en 1610, ainsi que de la régence de Marie de Médicis, et en outre, il y est parlé des fiançailles
de Louis XIII avec Anne d'Autriche, dont le mariage fut célébré en 1615.
Ce Nouveau Panurge est un très-faible pamphlet contre les protestants en général et les calvinistes en particulier. N'y cherchez pas l'esprit, la verve, la vaste érudition, la haute raison, la profonde philosophie de Rabelais. Quant à la forme, elle est digne du fond: pauvreté d'idées, style plat et vulgaire. — L'auteur de ce piteux ouvrage, a cru que pour donner une suite à l'œuvre immortelle de maître François, il suffisait de lui emprunter les noms de ses personnages et bon nombre de ses gravelures ; mais le nom n'est pas l'homme, et ce qui au siècle de Rabelais n'était que simple gaillardise tout à fiait pardonnable, aux yeux des grands seigneurs, des belles dames, et des illustres prélats, lecteurs assidus de son livre, prenait déjà le nom d'obscénité à l'époque où fiit écrite la rapsodie intitulée le Nouveau Panurge. On a toujours pensé que l'auteur de toutes ces mauvaises plaisanteries, de tous ces quelibets était Guillaume Reboul, ce frondeur qui avait fait paraître aussi le Premier acte du Synode nocturne contre les protestants, et qui cependant n'en fut pas moins mis à mort, décapité à Rome, pour ses écrits satiriques.
On connaît, du Nouveau Panurge, au moins trois éditions. (Voir le Manuel du Libraire, IV, 1068). Nous citerons l'édition de Lyon, jouxte la copie imprimée à La Rochelle, 1615, in-16 de 390 pages sans les pièces liminaires, ni la table. Il s'en trouve un exemplaire à la Bibliothèque impériale (ou royale ou nationale),. à Paris. — Une troisième édition est intitulée : Nouvelles recréatives, plaisantes^ curieuses et admi-
d'ouvrages intéressants 59
râbles, etc, Toulouse, etc., i6i6,m-i6.Bignon, 16 fr.; Solar, 300 fr. ; etc.
Le volume commence par un privilège fictif du rqy de Vautre monde, conférant à Michel Gaillard le droit d'imprimer et de vendre le Nouveau Panurgt pendant cent et un ans accomplis, avec peine pour les contrefacteurs de confiscation de leurs réimpressions et d*un million d'or d'amende, — Signé : Mal-aisé* ment, — Viennent ensuite quelques vers :
PANTTRGB AU ZOlLB.
Si l'on voit quelqu'un qui m'0nvie
Parce que je euiê rajeuni.
Ne 8çait-on pas que pour la vie
On n'espargne rien aujourd'htty f
Qui vainc la mort av^ la peine.
Sa récohipense est souveraine ;
Et qui peut vivre et veut mowrir
Ne mérite un sévi soutenir.
Si les orages, les tempestes.
Les àbismes, et tant de morts
Ont levé leurs mains comme prestes
De m'engloutir sous leurs effbrts ;
Le hasard, destin et fortime.
Sont les compagnons de la Lune, etc.
Voici maintenant le commencement de l'ouvrage lui-même :