LX
Lettre de l'archiduchesse Marguerite , régeiite des Pays-Bas . aux communemaîtres el êchevins de Matines, les invitant à faire faire des processions générahs et particulières pour le bon succès du voyage de l'emperevr Maximilien à Rome, etc. : UfévrieriSOT (1508, n. st.).
Marguerite d'Austrice et de Bourgoingne, Ducfsse douagière
DE SaVOYE.
Très-chiers et bien amez, nous avons nouvelles certaines que le Roy, monseigneur mon père, est actuellement occupé en l'expédicion de son voyage de Rome (I), pour aller prendre et recouvrer sa couronne impériale, dont le bien de la cbreslienneté deppend grandement. A ceste cause, vous requérons bien instamment, ordonnant néantmoins très-acertes , de la part de mondit seigneur et père et moiis"^ mon neveu (5), que, incontinent cesles veues, vous ordonnez et laictes faire, d'ores en avant, processions générales et particulières, par les prélalz, prévostz, doyens, chapitres et autres gens d'Église, es villes et lieu.\ de vostre jurisdiction, assavoir : les générales de quinze jour.s en quinze jours, et les particulières chascun en son église el couvent, une foiz ou deux la scpmaine, selon que leurs charges et affaires le pourront bonnement porter; ordonnant au surplus (|ue tous prescheurs, en leurs sermons et prédicacions, exhortent
(1) Maximilien ne fil ce voya^je en Italie que Tannée suivante. Voy. la Correspondance de Maximilien I" et de Marguerite d' Autriche . publiée par M. Le Glay, Paris , 1859, 5 vol. in-8".
(2) I.'archiiiuc Cliarle^.
le peuple songnieusement el dilligemment à prier Dieu dévotement, et tontes gens d'Église, tant religieux, prélatz, chanoines, oliappellains, prebstres, laiz, que autres, de quelque estai, qualité ou faculté qu'ilz soient, dient, en la fin de cliasctine niesse qu'ilz célébreront d'ores en avant, soit basse ou à note, une singulière collecte et oroison, tant pour la bonne succession et expédicion dudit voyage de Rome, comme pour la santé, félicité et prospérité de mondit seigneur et père et de messieurs mes neveuz, et que, en tous actes, suffraiges et services divins, un cbascun ait le bien de paix, union et concorde des princes cbrestiens et des pays de par deçà pour singulièrement recommandé, alTin cjue toutes clioses se puissent dresser et conduire à l'oiineur et louenge lié Dieu, et au bien, salut et exaltacion de toute la chrestièneté, et que lesdites collectes, exortacionis, prières et Croisons, mesrties pour le bien de paix, santé et prospérité de mesdiz seigneur père et neveu, s'entretiennent et soient continuées en tous tenips, incessamment et sans prétermission. Très-cliiers et bien amez , Nostre-Seigneur soit garde de vous. Escript à Anvers, le xmi""^ jour de février XV et sept.
Marguerite.
Haneton.
Suscription : A noz très-cliiers el bien amez les communemaisires, escbevins et conseil de la ville de Malines.
(Original, aux Archives de la ville de Malines.)
Lettres patentes de l'empereur Maximiiien pur lesquelles il commet iarchiilucliesse Morynen'le, le duc Fréléric de Bavière , le covite Félix de Wurtemherg, le président de Plaine et Nicuise Hackeney , pour, e» son nom, émanciper son petit-fils l'archiduc Charles : 23 décembre lol-i (I).
M.vxiMiLUN, parla grâce de Dieu, esleii empereur des Romains, toiisjours auguste, roy de Genii:>nie, d'Uriiiherie, de Dalinalie, de Croacie, etc., archiduc, d'Aiistiice, duc de Boiirgoiiiiie, de Lolhier, de Brahant, de Sliere, de Kaiinthie, de Carniole, de Leniboiirg, de Luxemhoiiriï et de Gheldres, lanlgrave d'Elsale, palatin d'Absponra; et de Maynnaii, conle de Bonriïoiiitie, de Flandres, de Thirol, d'Artois, de Goiice, de Hollande, de Zeelhinde, de Ferrelte, de Kibourij, de iNanitir et de Zuytphen, maïqnis du saint-empire et de lîonrgaAV, seigneur de Frize. sur la marche d'Esclavonie, de Portenauw, de Salins el de Malines. A tous ceulx qui ces présentes lettres verront ou orront, salut.
Savoir faisons que, comme il soit que l)ieu , nostre créateur et rédempteur, par sa très-grande bénignité et largesse, nous ait commis et institué gouverneur du saint empire des Romains el de pluiseurs provinces, pays et seigneuries, décoré, honnoré, el eslevé nostre personne en dignité, que sommes la seconde lumière de la chrestienuelé, et, par sa giâce et miséricorde, donné innumérables biens et victoires : à ceste cause, nous sentons grandement obligez de faire tout devoir et diligence de les
(I) Charles fut émancij)é dans une assemblée solennelle des états fjénéraiix qui eut lieu au palais de Bruxelles, le îî janvier 1515.
convertir pt employer au service d'icelui nostre rédempteur et de la sninte foy chrestienne; laquelle chose eussions voiilentiers liez longlenips fait en propre personne, si, par la disposicion divine, n'eussions esté occupé et empesché en pluiseurs et diverses manières, et que la fortune très-cruelle n'eusse prins et embrassé feu noslre filz le roy de Castille (que Dieu absoille) en la fleur de sa jeunesse, lequel , comme il sembloit à la cbrestienneté universèle, Dieu et nature Tavoit envoyé pour leur salut, sublévation et augmeutacion; mais il a pieu à Dieu de l'appel- 1er et prendre de sa part, en délaissant toutesfois une très-belle généracion , qui par nostre ayde et assislence pourra subvenir à toute la cbrestienneté, meismement nostre très-cbier et trèsamé filz Charles, archiduc d'Auslrice, prince des Espaignes, duc de Bourgoigne, de Brabant, etc., qui est tout nostre réconfort, esjovssement, plaisir, et granl parlie de nostre vie. Et, combien qu'il soit encoires en bas et josne eaige, néanlmoins, considérant qu'il a la prudence, couraige et verluz de viellesse, désirons encoires, en nostre anchien eaige, faire, par le moyen de nostredict filz Charles, chose digne de mémoire pour la sainte foy catholique. Et par ainsi, après pluiseurs et diverses excogitacions et pensemens, avons évoqué et appelle icelui nostre filz Charles venir devers nous es pays de pr.r deçà, pour le faire dès maintenant jurer par tous les pays et seigneuries de nostre maison d'Austrice, affin que, aprcz noslre décez, luy et son frère soient de tant plus asseurez de la succession diceulx noz pays, et que les subgelz les recongnoissent et ayment comme leurs seigneurs et princes naturels. Mais icelui noslre filz Charles et ceulx des estas de noz pays de par delà nous ont liès-humblement supplié et lequis, en tant que, de droit commun, et par la coustume de recevoir les princes de nosdicts pays de la maison de Bourgoigne, nostredict filz Charles soit en eaige compétent; aussi que feu noslre filz le roy de Castille (que Dieu absoille) fut receu à tel ou moindre eaige, et semblablement qu'il est plus raisonnable qu'il soit receu es pays qui luy appartiennent, et luv sont de
pièça succédez parle trespas de feu noslredict lîlz le roy de Castille, son père {que Dieu absoille), que en autres qui lui pèvent cy-aprez advenir par nostre mort, préalablement et avant qu'il viengne par deçà vers nous, nostre plaisir soit vouloir émanciper et mectre hors de tutelle et mainbournye icelui nostre filz Charles, et lui bailler l'administracion de tous les pays et seigneuries de nostre maison de Dourgoigne.
Nous, ces choses dessusdictes considérées, meismement pour la fervente et cordiale amour paternel que avons et portons à nostredict filz Charles, et congnoissant la requeste de luy et de ceulx des estas de nosdicts pays de par delà estre consonante à raison et équité, confiant à plain es sens et loyaultez de nostre trèschière et très-amée fille dame Marguerite, archiducesse d'Austrice, ducesse et contesse de Bourgoigne, douaigière de Savoye , noz très-chiers et féaulx cousins et amez et féaulx le duc Frédérich de Bavière, conte palatin sur le Kin, Félix, conte de VVerdeniberg, Gérard de Plaine, président de nostre conseil privé, et Casius Hackeney, maistre d'hoslel de noslredict filz Charles, tous noz conseilliers, avons icelle nostredictc fille, cousins et conseilliers, commis, constitué, député et estably, commectons, constituons, députons et establissons par ces présentes, noz procureurs et certains messaiges espéciaulx, en leur donnant plain povoir, auctorité et mandement espécial et irrévocable pour, de par et au nom de nous, émanciper et meclre nostredict filz Charles, archiduc d'Austrice, prince des Espaignes, duc de Bourgoigne, etc., hors de nostre tutelle et mambournye, et luy bailler l'administracion et gouvernement de tous et quelzconques les pays et seigneuries de la maison de Bourgoigne à luy succédez par le trespas de feu nostredict filz le roy de Castille (que Dieu absoille), son père; estrc receu et juré par tous iceulx pays, et les régir et gouverner comme leur seigneur et prince naturel, et , en ce et autres choses qui en deppondent , faire tout ce que bons et loyaulx commis et procureurs dessusdicts doivent faire, et que nous-niesmes pourrions faire en propre personne, si pré-
sent y estions, jà fenst qne la chose reqnist mandement plus espécial : promeltanl, en bonne fov, et en parolle d'Empereur, avoir aggréahie et tenir el faire tenir ferme et estable h tousjours tout ce que par nosdicts conimiset députez sera fait et besoingnéès choses dessusdictes el celles qui en deppendent, sans jamais faire ou aller, ne souffrir faire ou aller au contraire, en manière nuelcoiique. Kn tesmoinc; de ce, nous avons fait niectre nostre seel h ces présentes. Donné en noslre ville d'Insbrong (I), le x-vm"'" jour de décembre, l'an de grâce ïuil cincq cens et quatorze, el de noz règnes, assavoir: de Germanie lexxiv"'*, el desdicts d'ilungherie, etc., le xxv'"". Ainsi sipté soubz ploy: MAxi"',e< sur rcply estait escripl : Par Pl^mpereur, et contre-signe : Marmier.
(Copie (lu temps, aux Archives de la ville d'Anvers.)
Lettre de Charles, prince d Espagne, etc., an grand conseil de Matines . contfnont l'ordre d'entériner et enregistrer, sons difpeulté nllérienre, les lettres patentes qu'il a fait expédier, en confinnotion de la cc-ision du ronde de Bonrgog)ie à l'arvhiduchease Marguerite (2) : d-4 février 1514 (1515, n. si ).
De par i.E PniNCE, Archmiuc, etc.
Très-chiers et féaulx, nous avons entendu que, combien que nostre très-chière dame et tante Marguerite, archiducesse d'Aus-
(1) Inspruck.
(2) Le comté de Bourgogne el les autres terres dont il est question dans cette lettre avaient été données à l'arcliiducliesse Marguerite, pour en jouir sa vie durant, par des lettres patentes du i.'0 février I.*î08 (1509, n. st.), expédiées sous le nom de l'empereur Maximilien et de l'archiduc Charles, alors mineur,
trice,dncesseetcontPssecleBour£:oingne,tloiiaejière(leSavoye,elc., vous ait fait présenter les lettres d'agréation , ratiffication , conllrmation et nouvelle concession des pays, contez, terres et seiiïnories de Bourgoingne, (^liarrolois, S:ilins, Noyers, Chastel- Chignon, Chanlcin et la Perrière, que lui avons naguères fait dépescher {'.), afin de les intériner et faire enregistrer, selon que par icelles vous est mandé, ce néanimoiDS n'avez à ce volii procéder, soubz umbre que dictes nosdictes lettres devoir premièrement estre vérifiées par les chancellier et gens de nostre privé conseil , et en après mises es mains de nostre procureur général, pour les veoir et imi faire son rapport en nostre grand conseil, pour conséquemnient, icellui rapport ouy, y procéder comme il appartient: qu'est au regret de nostredicte dame et tante, la- (juelle nous a requis sur ce la pourveoir. Pour quoy, très-chiers et féaulx, et qu'avons fait l'agréation, confirmation et nouvelle concession dont dessus est faicte mention, par bon advis et meure délibération de conseil de plusieurs de nostre sang, des chevaliers de nostre ordre el des chancellier et gens de nostre privé conseil, (]ue voulons nostredicte dame et tante en joyr selon le contenu de nosdictes lettres patentes, sans quelque difficulté, et que il n'est besoing icelles noz lettres estre vérifiîées par lesdicts chancellier et gens de nostre privé conseil, en tant quelles ont, comme dit est, esté expédiées par leur advis, et que ce n'est la coustume d'ainsy le faire, escripvons de ce envers vous, ordonnant el mandant par exprès que, appelé nostredict procureur général (2), vous, incontinent cesles veues, procédez bien deuement et dilligemment à l'intérinement et enregistrement de nosdictes lettres patentes au prouffit de nostredicte tante, selon que
(1) Ces lettres, donnéesà Louvain, au mois de janvier 1514 (1515, n. st.), iont transcrites dans le même registre que celle-ci, pp. 403-405.
(2) Charles écrivit, le même jour, au procureur général, lui >■ ordonnant > et mandant par exprès que, en tant que en lui estoit, il consentît à Tenté- » rinement, sans y donner aucun empêchement en manière que ce lut. «
par icelles vous est mandé , la souffrant et faisant de tout le contenu en icelles plainement, paisiblement et entièrement joyr et user, sans y mettre aucun contredict ne difTicullé, en quelque manière ne pour quelque cause que ce soit : car ainsy nous plaist-il et le voulons estre fait. Kscripl en nos'.ro ville d'Anvers, le quatorziesme jour de février quinze cent et quatorze. Ainsi soubzsifjné Charles, el du secrétaire Uxsetos. Au doz cstoit escripl : A nos très-chiers et féaulx les président et gens de nostre grant conseil ordonné en nostre ville de Malines.
(Archives du royaume : registre aux lettres et commissions du prand conseil de Matines, n" 1 . p. 396. )
Ordre donné par l'archiduc Charles, prince d'Espagne, de payer à l'Empereur, son a'ieul, 150,000 liv7'es, afin de le rétompenser des peines quil a prises pour la sûreté de lui archiduc, et pour la garde des Pays-Bas; et ce, indépendamment des 50,000 livres quil recevait déjà chaque année : 7 mai 1515.
(.nARi.ES, eic. A nnz amez et féaulz les chiefz et trésorier général commis sur le fait de noz demaine et finances, salut et dilection. Nous voulons et vous mandons, par ces présentes, que, par nostre amé et féal conseillier et receveur général de nosdictes finances Jehan iMicault, et des deniers de sa receple veuans et procéda ns des aydes à nous accordez par les eslaz de noz pays et seigneuries de par deçà , à nostre joyeuse entrée et réception à la seigneurie de nosdicts pavs, vous faictes payer, bailler et
délivrer «loinplaiit à l'Enipereur, monseigneur et père, ou à son command pour lui, la somme de cent cincquaiite mil livres, du pris de quarante gros de nostre monnoye de Flandres la livre, que, par l'advis des seigneurs de nostre sang, chevaliers de nostre ordre, gens de noslie conseil et des estaz de nosdicts pays, lui a esté ordonnée, octroyée, accordée et promise, de par nous, pour une foiz, tant pour aucunement le rémunérer et récompenser des paynes, labeurs, soing , traveil et diligence, frais et despens par lui soustcnuz, pour avoir pourveu à la seurté de nostre personne et à la garde, tuicion et defFence de nosdicts pays, durant nostre minorité, comme pour consentir nostre émancipation et réception à la seigneurie et gouveinement d'iceulx noz pays, et se déporter de nostre tutelle et mambournye, pour employer icelle somme en ses propres all'aires, et en donner et distribuer à aucuns grans maistres, et autres ses officiers et serviteurs qui ont labouré et assisté à l'adresse et conduite des affaires dessusdicis, et en faire, user, ordonner et disposer du tout à son bon plaisir : dont ne \oulons ycy autre déclaracion estre faicte; et ce, oultre et pardessus les cincquante mil livres par an, qu'il a et prend ordinairement de noz deniers de par deçà , pour le port , faveur et assislence (ju'il a fait et puet faire à la conservacion et enlretènement de noz droiz, haulteur, seigneurie, pays et subgectz:dont sonimes contens, et ne voulons aussi autre déclaracion en estre faicte. Auquel receveur général de nosdicles finances mandons, par cesdicles présentes, que ainsi le face; et, par rapportant avec ces mesmes présentes, lettres de recognoissance de mondict seigneur et père d'avoir eu et receu ladicte somme de cl mil livres, du pris et pour les causes que dessus, tant seulement, nous voulons et ordonnons icelle somme estre passée et allouée es comptes et rabatue de la recepte dudict Jehan Micault, nostre receveur général, par noz amez et féaulx les président et gens de noz comptes à Lille, ausquelz mandons par cesdictes présentes ainsi le faire, sans aucun contredit ou difficulté : car ainsi nous plaislil, nonoiistant queizconques ordonnances, reslrinclions, mande-
mens ou dcIFences à ce coiilraires. Donné en nostre ville de Bruges, le vii'"^ jour de uiay, l'an de grâce mil cinc(j cens et quinze.
(Archives du royaume, collection des papiers d'Étal: registre aux actes, 1513-1517, fol. 08 v".)
Condamnation à un voyage à Rome , prononcée par le souverain bailli de Namur : 2() niai lolo.
Le xw!""^ jour de luay Tan XV et XV, par Jaques de Sainzelles, elc, lieutenaul de nions' le gouverneur et souverain bailli de Naumr. présens et par Tadvis de Jeban Honoiré, Jehan de Daules, Jehan de lAngle, conseilliers; veu la confession de l.ani berl de Soif, niyneur, deinourant à Lesves; aussy les informations contre luv tenues, tant par les maire el eschevins dtidict Lesves comme par N. Ahrebis, sergent du bailliage de Namur, pai- l'ordonnance de niesdicts seigneurs, el rapportées à la court, de pluiseurs foulles, batures, injures, harcbèleries et prinses par les cheveulx une nommée Marguerite, sa cousine, et son mari; aussy les injures par luy faictcs à autres; mesmenient que ladicte Katherine {sic) se déphiindoit de luy avoir, par lodict Lambert, foullé sur le ventre, luy rué une coupette au visage, dont elle avoit esté bléchié à sang, comme apparoit par le sicatrice estant encores de la playe an visage, en demandant son escoic {sic}; pareillement, qu'il estoil chargié d'avoir desrobé, à l'instance de sa goulge (I), une gerbe de blé; avoit confessé avoir esté sur les mynières, où
(I) Goulge , coacuhinc.
le iiiarv de ladicte Kallieriiie ouvrit (1), piins une liippe (2), et soy oirert l'en voloir frapper; aiissy avoir priris iing yniage (l'argent, ou d'autre mélail. de sa goulge, pour ballre et injurier son frère, à cause (pie le reprenoit de sa goulge et pour sa nialvaise vie et renommée de harchèleries et menaclies, dont est apparu par sadicte congnoissance et information :
Mondict seigneur le baiily, pour mon très- redoublé seigneur monseigneur l'arcliiduc d'Austrice, prince d'Espaigne, ayant, et par l'advis desdicts du conseil, en préf(^reiice grâce et miséricorde préférer à rigueur de justice {sic), a condempné et condempne ledict Lambert, pour réparacions desdictes injures, forces et violences, batures, blcchures et menaches, es réparacions cy-après déclarés, assavoir : faire ung escondit (3) céans, en la présence de mondict seigneur le baiily et conseillers, aiissv des maire et eschevins de Lesves, qu'il a fait nud cbief et genonl tléchié, en tel cas, et les parolles pertinentes, priant mercy à Dieu, à mondict seigneur et justice, et à partie luy voloir pardonner; tenir ladicte Katberine, son mary et tous autres déplaindans en paix et assenrance; sy hault (pie la loy du pays porte, sallisfaire à ladicte Katberine de son estât, domages et intérest/; en le condempnant, en oiiltre ces cboses acomplies envers mondict seigneur, en ung voyage de Romme (4); soy aller confesser aux commis de nostre saint-père le pappe de ses mésuz; jamais retourner en ce pays, sans y avoir esté et en rapporter certiflicacion, à peine de la hart, à partir endedens le uf des festes de Pentecosies prouchaines, et es despens de la court. Prononcbié en jugement, le jour et an dessusdicts.
(Arcliives de l'État, à rvaniur : rejfistre des plaids du souverain bailliajje, du 2 septembre I.tII au 0 avril 15"i0, loi. 109.)
(1) Ouvrit, Iravaillait.
(2) Hippe, peut-être pour kirpc , herse, (ô) Escondit, excuse.
(4) On lit à la marge du registre : c il a acomply ce vo^vage.
Relation de l'inaityiiratio)) de l'archiduc Charles, pritice d'Espagne, comme comte de ^t'umur : :2"2-:2i novembre loto.
Le jeudy, xxii""' jour de novembre, Tan XV'= et XV, mon trèshounoré et doublé seijineur inons"" de Berghes, etc., premier chambellain de nostre sire l'Empereur, chevalier de l'ordre, chambellain de nostre trcs-redoubté seigneur et prince monseigneur le prince d'Espaigne, archiduc d'Auslrice, duc de Bourgongne, de Brabant, elc, conte de Flandres, d'Artois, de Bourgongne, de Hainau, de INamur, etc., gouverneur et souverain bailiy du pays et conté dudict Namur, acompaigné de Jaques de Sainzelles, escuier. S"" viconte d'.\blen, etc., son lieutenant, messire Jehan, S"" de Spontin. chevalier, maire dudict ISamur, se partirent de ladicte ville, acompaignez des seigneurs de Duy, de Fernelmont et pluiseurs autres nobles, gentilzhommes, officiers, président, gens de conseil, eschevins, jurez, esienx, pluiseurs bourgois, manans et habilans de ladicte ville, des villes de Bouvingnes, rierus et autres dudil coité, en grant et bon nombre, de cheval, aussv acompaignez des arbalosliiers de l'Estoille et autres en armes, de piel, bien et iionneslemenl vestus de robes de parures. Etallerrent, ainsy acompaingniez, au-devant de la très-noble et très-redoubté personne, leur prince et seigneur naturel, mondict seigneur le prince d'Espaigne, archiduc d'Austrice, etc., filz de feu le très -noble et illustre et souverain seigneur, que Dieu absoille. le roy de Castille; et le trouvèrent et rencontrèrent auprès de la forest le conte, auprez ledict ISamur, acompaignié de pluiseurs princes et grans seigneure et autres nobles personnes. Et, entre autres, y estoient mous' de Chierves, son premier chambellan, noble et illustre seigneur mons"" le jeune
marquis de Brandebourg, nions' le prince de Chiniay, mons"^ de Ravestain , njons"" le chancellier, chevalier, niessire Jehan Sauvage, S^ d'Escaubeque, mons' le gouverneur de Bresse, mons"" de Mingoval, son grant escuier, mess" ses maistres d'autel et autres chevaliers, escuiers et officiers, en grant et notable assen)blée.
Et, à l'aprocher, lesdicts gouverneur, sondict lieutenant, président, maire dudict Namnr et aucuns gentilzliommes et officiers deschendirent de leurs clievaulx, eulx niettans à ung genoul devant la personne d'icellui prince et seigneur. Icellui président, par l'ordonnance dudict gouverneur dudict INamur, tist, ou nom de tous les nobles, bourgois, manans et habitans dudict pays et conté, audict seigneur prince une harengue et proposicion , luy présentant service de corps et de biens, et qu'il fust le trèsbienvenu en cestui son pays. Lequel de sa très-noble bonivolence en fis t remercier lesdicts lieutenant, maire, nobles, président, manans, bourgois, officiers, subgetz et habitans de ladicte ville, [)ays et conté, par la bouche de mondict seigneur son chancellier : offrant les traictier en bonne raison et justice, et ainsy que ung bon et vertueulx prince et seigneur naturel estoit tenu de faire à ses bons, vrays et loyaulx subgetz, telz que estoient, et qu'il lenoit eslre, ceulx dudict pays de Namur.
Et, ce fait, ledict seigneur et toute sa très-noble compaignie [ala] vers ledict Namur. Et en la Grande-Herbat [avoit] grant nombre de airhiers, arbalestrieis et autres compaignies, bourgois et grant peuple, crians à haulte voix qu'il feust le très-bien et joieusement venu : Vive Austricc, Bourgoncjne '. aians leurs estandars et bannières. Et dillecq le convoyèrent en ladicle ville par la porte Sain t-Nicolay; et illecq furrent les bourgois, eschevins, gens de conseil, gentilzhommes, princes et seigneurs mis en ordre, et allant par la ruyelle de la iNeufville, où estoient les prélaz, abbez, gens des trois églises, couvens et religieulx des croisiez, frères de l'observance de ladicte ville, en grant nombre de gens d'Église, qui le révérendèrent honnorablement. Depuis
laquelle porte Sainl-Mcolav, au long de ladicte rue de la Neufville, des rues de Marti» de Sonnes, de devant rhostel de la ville, tbirant au lona; du ^lareliié par la rue de la Croix, et à Saint -Aiilbaiu . et jusques au logis dudict seigneur, nommé rhostel de Crove présentement, ic.elles rues estoient bien et honnorablcment parées, d'un costé et tlanlre, de teriteiii-es, pavèsemens, ymages, histoires, fleurs, ehanobons, verdures et lumières de torses et autres lumières, eslans aux fenestres des maisons et ailleurs en grant nombre. Et, que plus estoit, depuis ladicte porte Saiut-Nicolayjus(|ues audict logis, estoient gens ordonnez des niesliers, tenons torses en leurs mains, sans bouger de la place, jusques qu'il fût passé par-devant eulx; et aprez siévoienl lediel seigneur, eu sy grant nombre de torses, plus, sauf juste estimation , tant en bas que aux fenestres. de cincq mil et plus, sans autre lumière en grand babondatice, jusques à sondict logis. Ésquelles rues que aux fenestres y avoit grant nombre de damoiselles, bourgois, habitans et enffans, crians : Vive Aiistrice, liourgongne ! etc.
Et au-devant d'icellui seigneur estoient sondict grant escuier, portant son espée de justice, prévost des marescbaulx, héraulx , trompettes sonnans au long desdicles rues par grande mélodie. Et esloit chose très-grande, très noble et très-joieuse à veoir, et tellement que tout le peuple, petit elgiant, fut tout remply de joye et soûlas de veoir sa liès-noble personne, leur prince et seigneur, et que il lui avoit pieu les venii' veoir et visiter. Et aprez luy furent faiz les prcsens de ladicte ville.
Serment fuit }>or lediel seigneur à féglize de Sdint-Anlbain.
Le lendemain, win'"" jour dudict mois, mondict seigneur le prince, accompaigné desdicts seigneurs et otliciers et genlilzhonimes, et en la présence desdicts lieutenant, président, conseilliers, gentilzbomii.es, maire, escbevins, jurez et plusieurs bourgois et habitans dudict Namur, estant auprès du grant autel
de l'église Sainl-Aiilbain , en la présence des doien et chanoines de ladicte église, des saintes reli(jiies el évangilles estans sur le grand autel, niist la main sur le niessel et évangilles, et fist illecq le serment, contenu en ung extrait , bailiié par Ih clerc et grelTier du bailliage de ISainur, du registre dudict l)ailli;ige, es mains de mondict seigneur le chancellier, tel que avoii fait feu ledict roy de Castille, son père, à luy leu par ledict clmncellier; qui estoit et est de telle substance que s'ensuit :
« Je, (Iharles, par la grâce de Dieu, prince d'Espaigne, archiduc d'Austrice, duc de Bourgongne, duc de Brabant, conte de Flandres, de Namur, etc., jure, devant les saintes reliques e-t par les saintes évangilles de Dieu, que je garderay les églises et snpposlz d'icelles, nobles, féodaulx, opidains, commuuaultez, vefves et orphelins, des ville, pays et conté de Mamur en leurs drois, usages, loix el coustumes loables et anchiennes. »
Serment dudict gouverneur et souverain bailly.
« Je, Jehan, seigneur de Berghes, etc., gouverneur et souverain bailly du conté de Nan)ur, jure à vous, mon très-redoubté seigneur monseigneur le prince d'Espaigne, archiduc d'Austrice, conte dudict Namur, (jue les nobles, féodaulx, opidains et communaultez d'icelhii conté et pays de Namui' vous seront bons, vrays el loyaulx snbgeclz el serviteurs, comme ilz doivent et sont tenus estre à leur prince et seigneur. »
Serment fait ou chastel de Namur.
Le xxiin"'^jour d'icellui niois, mondict très-redoubté seigneur monseigneur le prince d'Espaigne alla ou chastel de Namur, accon)|)aigné desdicts princes, seigneurs et ofTiciers de son hostel, où illecq, en la présence des saintes reliques el évangilles estans sur la grosse pierre bénitte oudit chastel, list, à la lecture de mondict seiuueur le chancellier, sur pareil extrait dudict registie à luy bailiié par ledici grellitr, le serment tel el pareillement que
dessus est (léclarié , coininc sembhiblement list derechief ledict seigneur de Beiglies , gouverneur et souverain bailli dudict Namur, en la présence desdicls Jaques deSainzelles, son lieutoiianl, nions'' de Spontin, chevnlier, nions'' de Marbais, mess" de Duy, de Fernelmonl, de Gesves, de Ilodemonl, de Gonne, Arliis de Gesves, diambellain lu-ritable, Henri de Loncbanip, Michiel du CiiiiM-f, Tliif'ry de Waièiies, et plusieurs genlilzhonimes, président, gens de conseil, eschevins, jurez, esleux et antres bourgois et habilans desdicts ville et pays de Namur.
Serinent des nobles hommes, maire, eschevins, bourgois et autres, pour les habilans dudict Namur.
Lesquelz gentilzbommes, nobles, maire, eschevins, bourgois et coniniunaullé, illecq eslans, ou nom de la généralité des nobles, bourgois, nianans, habilans et communaultez des ville, pays et conté de Kamur, lirrent serment, et tendirent les mains à Dieu et aux saintz de paradis, en la présence desdictes saintes reliques et évangilles, (jue, en ensuivant le serment fait par moudict seigneur de Berghes, gouverneur et souverain bailli, tant en ladicte église Saint-Albain que oudict chastel, à mondict seigneur le prince, et en le acquictant et purgant d'icellui, ilz luy seront , et audict gouverneur, bons, vrays et loyaulx subgetz et seivi leurs, et comme ilz dévoient et estoient tenus estre à leur prince et seigneur. El ainsi Dieu les voulsist aidier.
(Aicliives (le l'Etal, à >'amiir : registre des plaids du souverain bailliage , du 2 septembre 1511 an 0 avril 15:20, fol. Ii'6.)
Lettre de Charles, prince d'Espagne, aux écoutète , communemaîtres et échevlns de Matines , leur annonçant la mort de Ferdinand le Catholique, roi d'Aragon, son a'ieul, et leur ordonnant de faire faire des obsèques et prières pour le salut de son âme (I) : 10 février 1515 (1516, n. st.).
De par le Prince.
Chiers et bien amez, il a pieu à Dieu , nostre créateur, prendre de sa part feu de très-recommandée mémoire très-hault, trèsexcellent, très-puissant et très-catholicque prince don Fernande, en son vivant roy d'Arragon, monseigneur et grant-père, auquel Dieu, par sa grûce, soit miséricors. El, pour ce que, tant par obligation naturelle, que pour les grandes, vertueses et haultes oeuvres que icellui feu seigneur a faictes et conduites en son vivant, à l'onneur de Dieu et augmentacion de sa saincte foy catholicque; aussi, que en sa fin il a disposé de toutes choses tant louablement etsalutairement que mieulx n'eust sceu faire, comme il appartient à prince catholicque tel qu'il estoit, et, entre autres, oultre le droit de succession à nous avenu et dévolu par son trèspas, nous a, par son testament et ordonnance de derrenière voulenté, ordonné et institué son héritier universel, et asseuré des royaulmes de son patrimoisne, comme des autres royaulmes, pays et seignouries qu'il a acquis en son vivant, dont sommes grandement tenuz à lui, et obligé de faire prier Dieu pour le salut de
(1) La même lettre dut être acircssée aux majjistiats des autres villes des Pavs-Bas.
son unie, nous, pour ces causes, escripvons vers vous, ordonnons el enjoignons expressément que, incontinent et sans déhiy, vous ordonnez, de par nous, à tous curez, religieulx, religieuses, couvens et autres gens d'Église de nostre ville de Malines et autres de la jurisdiction d'icelle, que unit chascun face faire obsèques et autres suffiaiges et dévotes prières et oroisons pour le salut et remède de l'ànie dudil feu seigneur roy monseigneur el grantpère, et que, en chascune église paroissialle et autres lieux accouslumez, Ion sonne les cloces de deul le ternie de six sepniaines continuelles, trois foiz le jour, tout ainsi qu'il en fust fait après le trespas du feu rov, monseigneur et père, que Dieu absoille. Et qu'il n'y ait fiuilte. Cliiers et bien amez, Nostre-Seigneur soit garde de vous. Escriptà Bruxelles, le x"" jour de février XV*^ XV.
Charles.
Hasetos.
SuÈcription : A noz chiers et bien amez les escoutette, comniunemaislres, escbevins et conseil de nostre ville de Malines.
^Original , aux Archives de la ville de Malines.)
LXVIH.
Letlre de Cliorles, roi (fEspayne, aux comninueinoUrcs et échevins de Malines, leur oïdimnant de faire reprendre et cuntinver, au moins mie fois chaipie semaine, des processions gêner ides pour sa sunlé et la prospérité de ses affaires • 1 ) : 2 juillet 1316.
De par i.f. Roy.
Chiers et bien aniez, nous avons, puis onciin temps en çà, ordonné à vous et autres noz oHiciets de noz pays de par det^h faire faire pi-ocessions générales, avec prières et oroisons, pour nostre salut, lesquelles ont esté continuées par aucun temps : mais, à ceste heure, elles cessent et se délaissent partout, comme entendons. Et. poui' ce que noz all'aiies croissent journellement, et que, pour l'adresse et conduite d'iceulx, avons plus i^rant hesoing que janiais de la grâce et ayde de Dieu , nostre créateur, lequel dispose de toutes choses à son plaisir, nous, pour ces causes, escripvons vers vous, requérons et enjoingnons expressément que, incontinent ceste veue, vous escripvez, mandez et ordonnez, de par nous, à tous prélatz, chappitres, religieux, couvens et autres gens d'Église, séculiers et réguliers, de quelque ordre qu'ilz soient, et seniblablement à tous noz justiciers, oHiciers et subgects, en nostre ville et terroir de Malines, qu'ilz facenl et continuent lesdictes processions générales du moins une foiz la sepmaine, et en icelles facent dévoles prièics et oroisons à Dieu pour nostre santé et prospérité, et que, par sa bonté infinie, il nous veuUe donner grâce de dresser et conduire noz affaires à sa
(1) C'est encore ici, vraisemblablement, \me letlre circulaire,
louenge , à nostre salut et au bien <lo noz royaulmes, pays et subgeclz, sans v faire faulte. Cljiors et bien amez, Nostre-Seigneur soit garde de vous. Escript en nostre ville de Bruxelles, le n™'' jour de juillet XV'' XVI.
Charles.
Hanetos.
Siiscription : A noz cbiers et bien amez les conjmuneniaistres, eschevins et conseil de nostre ville de Malines.
(Original , aux Archives de la ville de Malinei.)
Lettre de Charles, roi d'Espagne, à François ]"', touchant la remise de Vérone , faite entre les wia»/is des généraux français, et la prochaine arrivée de l'Empereur, so7i grand-père, à cause de laquelle il doit différer le départ de ses ambassadeurs pour Cambrai : 28 janvier 1516 (1517, n. st.).
Mons' mon bon père (1), je me recommande à voslre bonne grâce. J'ay receu voz lettres du xxv"" de ce mois, et par icelles entendu que la ville, chasteaulxet citadelle de Véronne est mise et délivrée en voz mains, selon le contenu du traictié(2) : dont suis
(1) Par le traité de Noyon , du 13 août 1516, Charles avait promis d'épouser la tille qui venait de naître à François l".
(2) En vertu du traité de Nos on, Vérone l'ut remise, par ordre de l'empereur Maximilien , à Lautrec, général de François h', lequel la rendit aux Vénitiens. Mézeray, abrégé chronologique de l'histoire de France, t. VII, p. 473.
joyenlx, et mesmement que congnoissez ce de quoy je me
son effect. Je ne fais double que la reste dudict traictié ne soit ensiévy et accomply : à quoy de ma part me trouverez tousjours bien enclin et affectionné. Au surplus, pour ce que j'attens icy, demain ou aprez, la venue de l'Empereur, monseigneur et père, et que, à mon abordement vers luy, j'auroie voluntiers prez de nioy mon cousin et grand chambellan le seigneur de Chierves (!) et mon grand chancellier (^), j'ay, à ceste cause, dilteré leur parlement pour aller à la journée de Cambray : mais, sitost que j'auray veu mondict seigneur et père, je les feray partir et aller celle part, affin de parachever et augmenter les bonnes choses encommancées. Dont je vous ay bien voulu adviser, pour selon cela dresser le partement de mon cousin le S' de Boisy(3) à icelle journée : pryant à tant Dieu, mons"^ mon bon père, vous avoir en sa sainte garde. Escript à Bruxelles, le xxvm"" jour de janvier, l'an W" XVI.
Vostre bon lilz,
(ÎHARLES.
Suscription : A nions' mon bon père le roy Irès-ciirestien.
(Original, à la Bibliothèque impériale, à Paris : MS. Béthiine8485,foI. 42.)
(1) Guillaume de Croy.
(2) Jean le Sauvai^e, seigneur d'Escaubecque.
(ô) Arthur de Gouffier, seigneur de Boissy, grand maître de la maison de François I", avait été le négociateur, pour la France, du traité de Novon, et devait aussi la représenter aux conférences de Cambrai.
Lettre de Charles, roi d'Espagne, à François /"', te remerciant de l'accueil qu'il a fait aux antbaxsadt'urs de l'Empereur; lui anuonçanl l'envoi de ses députés et de ceux de l'Empereur à Cambrai; tus,surànt que l'Empereur et lui désirent vivemeui l'entrevue convenue entre eux trois, et le priant d'assister le pape contre le duc d'Urbin , conformément au traité de Noyon : 5 février 1516 (loi 7, n. st.).
Mous"" mon hon père, bien humblement à vostre bonne grâce me recommande.
Mons"", par lettres des ambassadeurs de l'Empereur, monseigneur et père, qui ont esté vers vous, ay entendu le granl honneur et humain recueil et bonne chière que leur avez fait et fait taire en tous endroiz, démonstrant par ce le désir que avez nonseulement de garder et observer, mais de augmenter, confermer et acroistre la bonne amitié et fraternité traictée entre vous deux (1) : dont iceluv seigneur, lequel en a esté averty comme moy, a esté tant joyeulx et content que plus ne pourroit; et de ma part vous en mercye de tout mon cueur.
Mons"", je trouve ledict seigneur (2) du tout enclin, résolu et délibéré de asseurer ladicte amitié par tous moyens à lui possibles, et de achever et parfaire ce que reste pour le furnissemenl des choses traictées enire vous et lui. Et, à ceste cause, avons conclu, lui et moy, de envoyer à Cambray noz députez
(1) Par le traité de Bruxelles du 4 décembre 1516. Duniont, Corps diplomatique.
(2) Maxiniilien venait d'arriver à Bruxelles, Voy. la lettre précédent?.
telz que antrefoiz ont esté avisez; et mesmement, de ma part, si trouveront le S"^ de Chierves et mon ehancelier, avec les députez de l'Kmpereur, au xvii* jour de ce présent mois. Dont je vous ay bien voulu avertir, priant que de vostre part y veuliez aussi envoyer mon cousin le grant niaistre et autres qu'il vous plaira à ce députer avec lui.
Et, quant au jour de la veue ( I), les députez (|ui se trouveront à (lambray le concluront à leur venue illec, en ensuivant le traicté, et en avertira chascun son maislre : vous avisant, nlons^ que l'Empereur et moy désirons sur toute chose l'avancement d'icelle.
D'autre paît, nlons^ nostre saint-père le pape, par ses briefs, a escript et averty l'Empereur et moy que, à la délivrance de Véronne, le duc d'Urbin qui fut, en la présence du S"^ de Lautrec, mess^ Andrieu de Gerily, a fait lever et prandre à sa soldée une partie des gens de guerre de vostre armée, avec une bende de ceulx qui avoient servy l'Empereur à la garde dudict Véronne , et que les Véniciens lui ont furny une grosse bende d'artillerie, pour équipperel dresser une armée contre Sa Saincteté, et pour envaliir les terres de l'Église, yniaginant que ledict d'Urbin de soy niesmes n'a faculté ne puissance de faire une telle entreprinse sans l'adveu ou assistence d'autruy : requérant et amonestant ung chascun de nous le vouloir en ce assister et secourrir, et ayder à deifendre les droiz de l'Église.
Sur quoy, de ma part, lui ay escript que je ne suis délibéré de l'abandonner, mais le assister et secourrir de tout mon povoir; et, à ceste fin, ay escript à mon visroy de Naples lui furnir une
(1) Il avait été convenu, par le traité de Bruxelles, que l'Empeieur, le roi catholique et le roi de France auraient une entrevue, où ils se concerteraient sur tout ce qu'ils pouvaient avoir à faire pour le bien de la chrétienté et de leurs États.
Voy. Négociations diplomatiques entre la France et l' Autriche, publiées par M. Le Glaj', in-4', t. Il, p. 137,
bende de mes gens d'armes de par delà, rappeller Ions mes snberectz qni se pourroient estre mis ou obligez an service dudict due d'Urbin, etdelfendre à tous autres, à payne de la hart, de ne servir contre ledict saint-père; et trouve l'Empereur de ceste mesme voulent«î et oppinion.
Et veu, mons', que nostredict saint-père est nomniéement comprins comme allié et choisy pour conservateur de nostre traicté de Noyon, et de cely depuis fait entre l'Empereur et vous, tant d'une part comme d'autre, je ne double point que voslre voulenté ne soit semblable et conforme à la nostre : vous priant le vouloir assister et conforter en cestuy son alFaire; lui donner ayde de voz gens; rappeller ceulx qui pourroient estre au service de ses adversaires, et deffendre à tous autres de riens attempter contre lui.
Me signifiant, sil vous plaisl, vostre bon plaisir et intencion sur ce, avec s'il est cbose que faire puisse, à vous agréable, pour m'y employer de bon cueur. Dieu en ayde, auquel je prie vous donner par sa grftce bonne vie et longue, avec l'entier acomplissement de voz désirs. Escript à Bruxelles, le v""" jour de février XV^ XVf.
Vostre bon fdz, Charles.
Suscription : A nions"" mon bon père mons"^ le roy Irès-chrestien.
(Original, a la Bibliothèque impériale, à Paris : ]MS. Béthune 848ri,foI. ai.)
Lettre de Charles, roi d'Espagne, à François I", touchant le bruit, qui avait couru aux Pays-Bas, qu'il aidait sous main le duc Charles de Gueldrc. et la communication faite à ce sujet à son ambassadeur : 1(3 mai .... (1517).
Mons"" mon bon père, bien humblement à vostre bonne grâce me recommande.
Mons', j'ay receu les lettres qu'il vous a pieu m'escripre du xiiii'^ de ce mois , contenans en effect que, par lettres que le S' de la Roche, vostre ambassadeur vers nioy, a escriples à mon cousin le grant maistre (1), avez sceu aucunes choses que ceulx de mon conseil lui ont dictes, et par icelles avez cogneU qu'ilz oui ymaginacion que soubz main vous ayez favorisé njessire Charles de Gheidres, au fait de Frise, contre moy, el que les dissimulations qu'il a faictes de venir à la conclusion du traicté qui avoit esté pourparlé, viengne el procède de vous : ce que avez trouvé fort estrange, car, si ainsi estoit, il yroit trop avant do vostre honneur. Et, combien que croyez fermement que n'aye adjousté foy à telles choses, si m'avez- vous bien voulu escripre ce qu'en avez sur le cueur, qui est que jusques icy avez gardé et tenu foy et paroUe à cculx avecques lesquelz avez traicté, el le garderez tant que Dieu vous prestra la vie; et n'y a chose, tant avantaigeuse et prouflitable feust-elle, qui vous seust faire varier ne changer, comme aucuns de njou conseil, qui ont traicté avecques ledicl graiit maistre et autres voz anibassadeuis, ont peu clèienient cognoislre : par quoy vous semble que.
I) Le S' lie boissj. \oy. |i. 8'J, note ô.
avant porter à volredicJ ambassadeur les parolles qn ilz lui ont portées, ilz se devoionl niieuh informer de la vérité, et, en ee faisant, eussent trouvé que vous avez vostre fov et honneur plus chiers quilz ne pensent. J'ay aussi entendu de vosiredict ambassadeur ce qu'il vous a pieu faire et ordonner pour niov touchant ledicl affaire de Frise.
Sur qnoy, nions*", vous plaise savoir que, ces jours passez, ung grant briiyt et murmure s'est eslevé entre les populaires et autres de par deçà , du çrarit amaz et appareil que faisoit mnssire Charles de Gheldres en son quartier, et labouroil la comnnme famé et renoujmée <pie c'estoit poiii- entreprendre et courre sus à nies pays et subgeclz, et davautaige que ledicl de Gheldres n'estoit puissant de faire une telle armée desoy-mesnie, et sans ayde ou adveu d'aulruy: disant qu'il se portctit et renommoit tousjours de vous, el (|uant lui eussez monstre, parle moindre signe du monde, qu'il vous en eust despieu, il se feusl bien gardé de l'er^^reprendre; chargeant sur ceulx de mon conseil qui ont traicté avec vous, les(pielz se sont trouvez fort perplex de ces manières de faire, et leur a semblé que pour leur devoir et acquit ne les dévoient celer à vostredict ambassadeur, et les lui ont dictes purement et ouvertement, non pas quilz ayent pensé ne ymaginé que les entreprinses dudict de Gheldres procédassent de vous, ne de vostre sceu et adveu, mais affin que l'on peust aviser par quel moyen Ion pourroit oster et estaindre ledict bruyt, craindant vraysemblablement l'inconvénient qui eust peu advenir par la continuation d'icellui.
Mons^ je vous asseure que lesdicts de mon conseil, ne moy, n'avons jamais pensé que de vostie part vouldriez faire chose (pii feust contre vostre foy et honneur, sachant que c'est la ch(tse en ce monde que avez la plus chière, comme l'avez tousjours démonstré parelfecl; et, de ma part, n'ay jamais eu autre vmaginacion. et que ainsi soit. L'F^mpereur, monseigneur et père, el moy, nonobstant les rapports et murmures dessusdicts, et sans nous y arrester, n'avons laissé à jurer el ratiUier les
traiclez dcrnièreirient l'aiz et oodcIiiz enlie vous et nous (I). Pt lie sommes délibôiez de jamais y coiitieveiiir, pour chose (|ui nous puisse avenir.
Au demeurant, niiins', je vous mercve de hou cuciir de ce (|u'il vous a [>leu ordonner pour le fait de Krise : acceptant libéralement l'otlVe que vous me l'aides de en iceliui me assister contre ledict de Gheldres, combien que j'aymeroye mieulx d'en vuvder par autre voye, et y mectre du mien, ainsi qu'il avoil esté advisé; et me desplait que iceliui deCheIdres n a esté mieulx conseillé : car je n ay jamais tâché sinon de garder paix et amitié, singulièrement avec lui et Ions mes voisins, et évitei' toutes occasions de guerres et iuimitiez partout. Ce scel Dieu , auquel je prie, mons^ vous donner par sa gr;\ce bonne vie et longue. Escriptà Bruxelles, le xvi"'" de niay.
Vostre bon tilz, Charles.
SuscriiUion : \ nions' mou bon père mous' le roy très-chreslien.
(Original, à la Bihiiothèque impériale, à Paris: MS. Bétliiine 8485, loi. 37.)
(1) Les traités de Ko^on et de Bruxelles. Vo^. p. 88, note J, et 90, note l.
Lettre de Charles, roi d'Espagne, à François /'^ par laquelle il le remercie de ses assurances d'amitié, ainsi que des offres qu'il lui a fuites contre le duc Charles île Gueldre, et lui annonce le prochain départ de son chancelier pour l'Espagne: 14 juin .... (1517).
Mons' mon bon père, bien bmnblement à voslre bonne grâce me leconunande.
Mons^ j'ay receu voz lettres de Tunziesnie de ce mois, responsives ;i celles qne je vous avoye escriptes par le seigneur de la Rocliebeaucourt (I), par lesquelles voz lettres je cognoy par effect l'entier vouloir et ferme propoz (|ue vous avez non-seulement de conserver, garder et entretenir la bonne, vraye et indissoluble amitié, confédéracion et aliance qui est entre nous, mais de mectre payne l'augmenter et acroislre de plus en plus en tout ce que vous sera possible. Dont j'ay esté et suis fort joyetik, et vousasseure, mons', que me trouverez tousjours de ce mesme propoz et vouloir, sans varier : car il n'y a chose en ce monde que plus je désire que demourer en voslre grâce, cl me rendre envei's vous tel que jedoy eslre.
J'ay aussi entendu ce que m'avez escript touchant le fait de messire Charles de Gbeldrcs, et si ay veu le double de la lettre que lui avez escriple, lacjuelle je trouve toute bonne, espérant, quant il l'aura veueet cogneu voslre intencion , il adviscra mieulx à son alfaire qu'il n'a encorres fait, et pourra changer de corraige.
J'ay mis sus uiig bon nombre de gens de guerre de cheval et
(I) Piobabifincnl la lellic (jui précède.
de piet pour résister à ses emprinses, et mesmement pour lever ses gens qui se sont mis au siège devant une de mes villes de Frise nommée Dockem (I) , et secourir mes serviteurs y eslans, qiii ont soustenu deux assaulx : espérant qu'ilz sousliendront eiuorres le Iroisiesme, s'il se donne, et que les ennemis n'y feront gaires de prou [lit.
Mons"", par la responce que vous fera ledicl de Gheldres à vosdictes lettres, l'on congnoistra plus à plain sa résolucion ; Et, s'il persiste en sa mauvaise et desraisonnable voulenté, adviseray de me deffendre; et si j'en ay besoing, le vous feray savoir, et vous priray et requerray m'envoyer le secours que de vostre grâce m'avez présenté. Dont derechief et d'abondant je vous mercye tant que je puis, vous priant user de moy et de mon ayde, quant le cas s'i offrera (que Dieu ne veuUe), comme je vouldroye faire du vostre.
Au demeurant, nlons^ mon chanceliier (2) partira brief pour aller en Espaigne, et, en passant, piendra son chemin par-devers vous, pour vous avenir plus avant de mon estât, ensemble de mes affaires , dont riens ne vous sera celé. Et sur ce, mons^ feray fm pour ceste foiz, priant Dieu vous donner par sa grâce bonne vie et longue. Escript à Gand, le xinV"^^ jour de juing.
Vostre bon filz , Charles.
Suscriptio)i : A mons"^^ mon bon père mons"" le roy très-chrestien.
(Original, à la Bibliothèque impériale, à Paris, MS. Béthune 8485, fol. 39.)
(I) DoUeconi.
(■') Vo^v. paj^e 181 , noie
Lettre df Chnrles, roi d'Espafftte , chef et souverain de la Toison d or, à Fnnirois l"", chevalier de cet ordre, le convoquant (lU chapitre qu'il a résolu de célébrer dans ses royaumes d'Espagne : 2'2 décembre 1517 (I).
(]h\ri.es, par lv grvce de DiF.u, Roy ii'Kspakjne , des Deux- Secii-les, de Jhérusalem, etc., ArtciiiDdc d'Austiiice, Drc de
BOURGOIGNE, ETC., CoNTE DE FlAXDRES, DE TiROI, , ETC., ChIEF
ET Souverain de l'ordre de la Thoison d'or.
Très-hîinll, très-excellent et très-piiissanl piiiice, très-chier et très-anié bon pèieel confrère, François, par la niesme grâce, roy de France, etc., nous nons recommandons cordialement à vous. Nous avons délermiiie et conclud , par ladvis de noz confrères les chevaliers de nostre ordre estans lez nous, tenir et célébrer le chapitre général de nostredict ordre en noz royaulmes de par deçà, au xvni"'* jour d'avril prochainement venant ('i), et les jours ensiévans, au lien où lors serons, pour pourveoir à trois places de nosdicls confrères vacantes Si vous pryons instamment venir et comparoir aiidict chapitre général, aux jours et lieu susdicts, ou envoyer vostre procuration soul]isante à i'nng de nosdicls confrères, avec le nom de trois nobles hommes sans reproche que congoistrez en vostre conscience ydoines et mériter estre èsdicts lieux et places vacantes, et ce en trois cédulos ou billetz cioz et scellez soubz vostre signet, pour, par nous et nosdicls
(1) Voy. r Histoire tic la Toison d'or, par M. de ReifTenbeig, p. ôôX.
('2} Ce c}iai)itre ue piil pas avoir lieu au jour fixé, à cause des affaires qui survinrent à Charles-Quinl; il ue se tint qu'au mois de mars lol'J, à Barcelone. Ibid., p. 350 et suiv.
confrèi'ps qui se trnuvcrotil oiidicl chapitre, avec la procuralion (les absfîns, procéder à réleclion et création de trois nouveaulx chevalier.-;, selon qu'il appartiendra par les statiiz de nostredict ordre. A tant, très-haiill, très-excellent et très-piiiss.mt prince, Irès-chier et très-amé bon père et confrère, prvons Noslre- Seiiïneur vous avoir en sa sainte liarde. Escript en nostre ville de Validoly (I), le xxii"' jour de décembre XV'^ XVll.
Vostre bon filz , Charles.
Siiscription : A très-hault, très-excellent et très-puissant prince le roy très-chrestien , mon bon père, et confrère de l'ordre du Thoison d'or.
(Original, à la Bibliothèque impériale, à Paris : MS. Bélhune 8485, fol. 41.
fetlre de Charles, roi d'Espagne, à François I", par laquelle il l'assure qu'il ne pense et n'a jamais pensé à se marier avec C infante de Portugal, et qu'il estime Catliance qu'il a faite avec lui au-dessus de toutes les autres : 15 janvier .... (1518).
Mons"" mon bon père, je me recommande à vostre bonne grâce. J'av entendu que de pluiseurs coustez avez nouvelle que suis maryé avec la fille de Portugal; et, combien que je tiens que ne le croyez, néantmoins je vous ay bien voulu escripre et certilHer que dudict mariaii!;e n'est riens, et, que plus est, je n'y [>ensay jamais ('^) : car je n'entens habandonner l'alliance que
(1) Valladoliil, en Castille.
(2; S'il n\v avait jamais pensé jusqu'alors, il y pensa plus tard, puisqu'il épousa en effet celle |)i'incesse.
j'ay faicte avec vous (I), laquelle j'extinie trop plus que toiiles autres que l'on me satiroit présenter, comme le vous dira mon ambassadeur vers vous, le dom-prévost d'Utreclit ('2) : pryanl sur ce Dieu , nions"" mon bon père, vous avoir en sa très-digne garde. Kscript à Vulidoly, le xin""' jour de janvier.
Vostre bon tilz ,
ClURLES.
Suscription : A mons' mon bon père le roy tiès-chreslien.
(Original, à la Dibliolhèque impériale, à Paris; MS. Bétliune 8485, fol. ôô.)
Lettre de Chartes, roi d'Espagne, à François 1"', le remerciant de la comnmnication qu'il lui a fait faire par son ambassadeur; lui annonçant qu'il a été reçu et juré roi de Castille , Léon, Grenade, etc., qu'il se dispose à partir pour l' Aragon, afin d'y être également reçu , et l'assurant de son désir d'avoir une entrevue avec lui : 10 février .... (1518).
Mons*^ mon bon père, je me recommande à vostre bonne grâce. Par le S"" de la Roche, vostre ambassadeur, ay receu voz lettres, et entendu de voz bonnes nouvelles, et niesmes les bonnes et prudentes parolles qu'il m'a dictes de l'amour que me portez, et de l'afteclion que avez à l'accroissement des alliances d'entre nous deux, et d'autres bonnes, justes et saintes emprinses. Et, combien que n'en actendoie moins, toutesvoyes ce m'a esté
(1) Vov. la pajj'c 180, noie 1.
(i») Philibcil ^atu^cl.
chose très-joyeiise de l'avoir oy, et aussi de sadicte venue pour résider vers moy.
Mons', pour conlinuacion de la fervente amour que je vous porte, vous ay voulu, comme bon filz à bon père, advenir de la prospéreuse succession de mes affaires de par deçà; el sont telz que, en rendant grâce à nostre C^ateur, qui le tout dirige, le jour d'hyer (i), ou temple de nostredict Créateur, aprez la messe solennellement célébrée, notablement accompaignié de pluiseurs ambassadeurs, et mesmes du vostre, manificquement et solennellement suis esté receu et juré pour roy et seigneur en ces mes royaulmes de Castille, Léon, Grenade et leurs deppendences, par les prélats, grandz et nobles et les gens représentans les estats desdicls royaulmes, unanimement, avec une si très-grande révérence, bonne veuUe et allégresse, et davantaige tous si bien disposez et enclins à me faire service, que mieulx n'est possible.
J'ay délibéré en brief me transporter en Arragon, où espère le semblable.
Par voslredict ambassadeur, et aussi par le myen estant lez vous, serez adverly des communications que ay eu avec icellui vostre ambassadeur, touchant la veue de nous deux, laquelle je désire, et suis prest la faire autant que jamais : pryant Dieu, mons"" mon bon père, vous donner bonne vie et longue. Escript à Validoly, le x""* jour de février.
Vostre bon filz,
Charles.
Suscription : A mons' mon bon père le roy très-chrestien.
(Original, à la Bibliothèque impériale, à Paris : MS. Béthune8485,fo!. 54.)
(1) La réception et le couronnement de Charles, comme roi de Castille, conjointement avec la reine Jeanne, sa mère, eurent lieu le dimanche? février. On doit donc supposer que cette lettre avait été écrite le 8, mais que Charles ne la signa que deux jours après.
Lettre de Charles, roi iC Espagne, à François I", contenant ses remerciineiits des courtauds et haqtienécs que le roi de France lui a envoyés, et en retour desquels il lui offre des chevaux de Naples et d'Espagne : 20 avril .... (1518).
Mous' mon bon père, je me recommande à vostre bonne grâce. J'ay receu les courtaulx et haquenées qne m'avez envoyé par ce porteur, vostre escuier d'escuierie , lesquelz j'av tronvé très-beaulx et bons : dont cordialement et affectueusement vous mercye, bien désirant aussi vous savoir envoyer cbose de par deçà que vous feiisist agréable : pour à quoy aucunement satisfaire, j'ay délibéré vous faire participer de la rasse de mes chevaulx de Naples et de par deçà. Et, s'il y avoit quelque autre chose en mes pays dont eussiez envye, sachiez que en fineriez de bien bon ceur, et congnoistriez que vous en voublroye complaire, comme le bon filz doit faire à son bon père, le(|uei je prye Dieu avoir en sa digne garde. Escript à Arande(l), le xx™« d'avril.
Vostre bon filz, Charles.
Suscription : A mons' mon bon père le roy très-chrestien.
(Original, à la Bibliothèque impériale, à Paris : MS. Béthune 8485, fol. 36.)
(1) Aranda en Castille.
I.etire (le Charles, roi d'Espag^ie , aux eomnnweniaîtres et écfie- 1HI1S de Maliven, par hiqueUe il leur annonce S07i entrée à Saragosse et sa réception comme roi d'Aragon, leur exprime sa gratitude de l'aide qu'il a reçve d'eux et de ses autres sujets des Pays-lias: les assure que, quoique su personne soit éloignée, son cœur est demeuré près d'eux , et enfin leur dit qu'il envoie aux Pays-Bas l'archiduc Ferdinand , son frère : 10 mai 1518.
De par le Roy.
Chiers et bien aniez, après ([n'avons esté recen et jnré à roy en noz réanimes de Casiille, Léon, Grenade et leurs appartenances, illec slably noz ailaires, et qu'ilz nous ont, pour nostre bienvenue, donné une ayde, nous sûmes venuz en nostre réanime d'Arragon, et feismes hier nostre entrée en ceste nostre cité de Saraiioce, qui est la ville et cité cappitale dudit réanime, accompaigné des ambassadeurs de nostre saint-père le pape, de l'Empereur, monseigneur et père, des roys de France, Angleterre, Portugal et seigneurie de Venise, avec de plnisenrs noz plus grandz et principanlx vassaulx de (lastille; en laquelle cité avons esté très-solennellement, à grand fesle et joye, receu pour roy et seigneur d'icellui royanlme, et comme tel leur avons juré It^nrs previleigvs, en présence des dé[iulcz et jurez dudit royanlme en la manière accoustumée; et icy nous sont vcniiz trouver et liienviengner en toute révérence et obéissance les nobles dudit royanlme en grand nombre, fort gorgiasement (I) accoustrez et
(1) Gnrgiaxement , maffiiifiquement.
empoint. Desquelles choses, pour bonnes nouvelles, vous avons bien voulu à voslreconsolacion averlir, requérant que avec nous vuillez ayder rendre louenge à Dieu , nostre créateur, de la prospère et félice succession que, par sa benoîte grûce, il nous donne en noz affaires, au repoz, soulaigenient et bien de vous tous noz bons subgectz de par delà : dont vous debvons louer, qui nous avez à ce subvenu, et aultres noz bons serviteurs qui nous ont léahnenl et bien servy à la conduicle et adresse d'iceulx. Et, combien que nostre personne vous soit eslongié, néantmoings nostre cueur et bon vouloir vous demeure prouchain , vous ayans conlinuelment en nostre bonne souvenance et recommandacion; et, pour tant plus le démonstrer, envoyons de par delà nostre très-chier et très-amé frère don Fernande, lequel est, passé six jours, au port de mer, aclendant vent propice pour partir. Chiers et bien araez, Nostre-Seigneur vous ait en sa garde. Escript en notre cité de Sarragoce, le x™® de mai XV^ XVIII (1).
Charles.
Hannart.
Suscriplion : A noz chiers et bien amez les communemaistres, eschevins et conseil de nostre ville de Malines.
(Original, aux Arrliivos de la ville de Malines.)
(1) Charles-Quint écrivit vraisemblablement dans les mêmes termes aux autres villes principales des Pays-Bas. M. Diegerick a publié sa lettre au magistrat d'Ypres dans Quelques lettres et mitres documents inédits concernant l'empereur Charles-Quint, Bruges, 185ô, in-8° de 42 pages.
Avis du conseil et de la chambre des comptes de Brabanl, donné à Charles-Quinl , sur la qualité, nature et condition des pays de Brabanl, de TJmbourg , de Luxembourg , d'Outre-Meuse et de Matines: G décembre 15^1 (I).
Sire, tant et si très-humblement comme povons, nous nous recommandons à vostre bonne i^râce.
Sire, en obtempérant à vostre noble plaisir de la Majesté Impériale et à vos lettres closes adressées à nous, en date du ni"^^ jour d'octobre dernier passé, contenant que nous nous informerions et fairions informer de la qualité, nature et condition de vos pais, terres et seigneuries de Brabant, Lembourg, Luxembourg, d'Oultre-Meuse et terroir de Malines, pour sçavoir, au cas que Vostre Majesté n'eiist point des autres païs ou seigneuries, s'ils escbéroient en partaige, et aullremenl, selon les mémoires et instructions aveclesdictes lettres closes à nous envoyées, et que sur tout baillissions nostre advis, avons les aulcuns d'eux envoyés en plusieurs lieux, pour eux sur ce que dit est informer.
Et, ce fait, et aussi après avoir regardé aulcunes histoires.
(I) Cet avis fut demandé par l'Empereur, dans le temps qu'il s'ocrupait du partage de la succession de son père et de son aïeul avec l'archiduc Ferdinand. Ce partage fut, entre eux, l'objet d'un traité en date du 7 février 1322. Ferdinand eut les États héréditaires d'Allemagne; tous les autres royaumes, pays et seigneuries demeurèrent à Ciiarles-Quint. Voy. Duciioltz, Geschichtc der Begierung Ferdinand des Erstvn, 18Ô1 , in-S", 1. 1 , pp. 15C et suiv.
Nous n'avons pas cru devoir nous livrer à la vérificalion des faits iiisloriques avancés ])ar le conseil et la chambre dos comptes de Brabant; nous ne nous portons donc point garant de l'érudition de ces deux corps.
descente et généalogie des princes et ducqs de Brahant , et mesniement pour sçavoir ceux f|oi ont e;i plusieurs enfants, fils ou filles, el là où division et partaiiif eiist peu ou deii avoii' lieu, en délaissant les aultres, el ceux où que un fils ou fille tant seulenipnl a esté;
Trouvons que, on ce pais de Brabant, par ci-devant a esté ung nomnté (Iharleman, duc de l.otliier et de Brabant, lequel avoil un fils, noMitiié Ihippin de Lande, et une fille, nommée Amelberge.
Et, après le trespas dudit Charleman , ledict Puppin fust ducq de Lolhier el de Brabant, sans que trouvons que ladicte Amelberge ait eu aucune part de ladicle ducé, ne aussi (pielle ait eu aucune récompense ou assignation pour son entretènenient, combien toutesvoyes l'on entend que les dames de Mons en Haynau tiennent aucuns biens et droits seigneuriaux à Hérenlals en Brabant, ausquels elles seroient venues par le moyen de ladicle Auielberge, sans (|ue l'on satlie par quel liltre ladicte Amelberge y soit venue.
Ledict Puppin eust un fils, nommé Grimoaldns, et deux filles, saincte Begge et Geertrud.
Lequel Grimoaldus fut, après le trespas de sondict père, duc de Lothier et de Brabant, sans que l'on treuve (|ue lesdictes deux filles, par la mort de leur père, ayenl eu aucune part en ladicle ducé, récompense ou assignation à cause de leur entretènenient.
Et, combien par les bistoires l'on treuve que ladicte saincte Geertrud a fundé le collège en voslre ville de Nivelle, lequel possède plusieurs biens, terres et seigneuries en lîrabant, toutesfois ne peut-on sçavoir ou trouver par. quel tiltre lesdicts biens sont à ladicte saincte Geertrud advenus, ne aussi quand, soit après le trespas de sondict père, ou de sondict frère, lequel mourut sans enfans, et luy succéda en ladicte ducé ladicte saincte Begge, sa sœur.
I^'on treuve aussi que ung nommé Charles Martel, en son temps duc de Brabant, eut trois fils et une fille, à sçavoir : l'aisné
nommé Charhman , Puppin le Pelit et sainct Rémy, et la fille s'appelloit saincte Landéade, combion que, selon aulcunes histoires, il eut encoires deux aultres fils, Gritfo et Bernard.
Ledict Charles Martel, maladieus, et par le conseil de ses amis, assigna andict (^harlenian, son (ils aisné, Allemaigne, Therungue et Aiislrice, et audict Puppin, son fils n)aisné, Neustrie, lïourgoigne et Provenche , et ledict Charlenian, après la mort de son père, entra en religion.
Et, touchant lesdicts Réniy et l.andéade, l'on ne treuve point qu'ils eurent aulcune part en aulcun païs, récompense ou assignation à cause de leur eulretènement, ne aussi quelle chose eurent les aultres enfans que ledit Charles Martel eut.
Ledict Puppin le Petit eut deux fils, l'aisné appelé Charleniaigne et l'autre Charleman, lesquels deux frères, après la mort de leur père, partirent les principaultez; mais ledict Charleman mourut sans enfans, et ledict (Jiarlemaigne relient le tout seul.
Charlemaigue avoit plusieurs enfans, à sçavoir : Charles , Loys et Pupjtiu, et aussi trois liiles; ausquels fils, de son vivant, il laissa et assigna, à sçavoir : audict (Charles le royanlnie d'Allemaigne, audict Loys le royaulmed'Aquitaigne, el audict Puppin le royaulme d'Italie. Et quant ausdictes filles dudict Charleniaigne, on ne treuve point qu'elles ayeiil eu part en aulcuns royaulmes ou païs, ne aussi récompense ou assignation à cause de leur entretènement , sinon que ledict (Charlemaigue, par son testament, d'une partie de ses meubles disposa et ordonna au profit de ses enfans et aussi de ses serviteurs.
Ledict Loys eut quatre fils, assçavoir : de sa première femme Lothaire, Loys et Puppin , et de la seconde fenmie Charles le Calve, lesquels, après le trespas de leurdict père, et aussi après plusieurs guerres qu'ils eurent à cause de la succession de leurdict père, accordèrent ensemble comme ledict Lothaire, fils aisné, auroit et retiendroit l'Empire, le royaulme d'Italie et les païs d'entre le Rhin et l'Escaiilt; el ledict Loys, l'Allemaigne, et ledict Charles le Calve une partie de France occidentale; et quant
audict Piippin , s'il moiirust auparavant son père, ou s'il eust aulcune chose, l'on ne le treuve point.
Ledict Charles le Calve fut duc de Brahanl, et eut trois fils : Loys, Charles et Charlenian; dont Charles mourut devant son père, et Charleman devint moisiie, et ainsi demeura ledict Loys seul, et succéda seul en tout à sondict père.
L'on treuve que depuis ung appelle Loys le Simple, lequel fut roy de France et ducdeBraLant,eut deux fils, assçavoir: Lothaire et Charles, lequel Lothaire fut roy de France, et Charles fut duc de Brabant : mais par quelle manière ce a esté fait, l'on ne le treuve point.
Ledict Charles eut son fils Otto, et deux filles, Cerherge et Émergarde; lequel Otto fut, après son père, duc de Brabant, sans que l'on treuve que lesdictes filles ont eu aulcune chose en la ducé, ou récompense ou assignation pour leur entrelènement. Et ledict Otto morut sans enfans.
Après le Irespas duquel, ladicte Gerberge fut et demoura contesse de Louvain et de Bruxelles, sans que l'on treuve que ladicte Émergarde, sa sœur, a eu aulcune chose; et que ladicte Gerberge et ses successeurs s'appelloient tant seulement contes et conlesses de Louvain et de Bruxelles, et non point ducqs et duchesses de Brabant, ce fut parce que Godefroy, conte d'Ardenne, usurpa et luy print par force ladicte ducé de Brabant , lequel et ses successeurs liendrent icelle ducé jusques à ce que ung Godefroy, surnommé avecque la Barbe, le recouvrist et remist en son estât.
Henry, fils de ladicte Gerberge, conte de Louvain et de Bruxelles, eut deux enfans , ung fils et une fille, assçavoir : Lambert, appelle aultrement Baldericq, et sa fille appelle Machtilde. Et fut ledict Lambert, après son père, conte de Louvain et de Bruxelles : mais on ne treuve point que ladicte fille eust aulcune chose.
Depuis fut un conte de Louvain et de Bruxelles appelle Henry, lequel eut deux fils, l'ung appelle Henry, et le deuxième appelle
Godefroy, surnommé avecqiie la Barbe; lequel Henry, lils aisné, après sondict père, fut seul conte de Louvain et de Bruxelles, sans que Ton trouve que ledict Godefroy, par le trespas de sondict père, eusl aulcune chose.
Mais, à cause que ledict Henry, le fils aisné, n'eust que quatre lilles, ledict Godefroy, son frère et oncle d'icelles filles, se bouta, après le trespas dudict Henry, son frère, en la possession de la conté de Louvain et de Bruxelles, en déboutant lesdicles filles, sans que Ton sache quelles choses icelles filles eurent.
Ledict Godefroy reprint ledict tiltre, et fut duc de Lothier et de Brabant, et eut deux fils, assçavoir : Henry, lequel devint nioisne à Haffligem, et l'aultre fils s'appelloit Godefroy, lequel après son père fut ducq de Lothier et de Brabant. Et semblablement eust ledict Godefroy, surnommé avecq la Barbe, trois filles, assçavoir; Alit, laquelle espousa le roy d'Angleterre, Yde, laquelle espousa le conte de Clèves, et Clara, laquelle demoura pucelle. Mais on ne treuve point que lesdictes filles ont eu aulcune chose en la ducé, récompense ou assignation pour leur entretènement.
Depuis fust un ducq de Brabant, aussi appelle Godefroy, troisiesme de ce nom, qui eust de sa première femme Henry, Albert et Alit : de sa femme seconde, qui fust une fille du conte de Los, eut-il Guillaume. Et, après le trespas dudict Godefroy, luy succéda et fut seul ducq de Brabant ledict Henry; et ledict Albert fut esvesque de Liège, et Alit espousa le roy d'Angleterre, sans que l'on sache que ledict .Albert et Alit eurent aulcune chose. Et ledict Guillaume fut S'' de Perweys, snns que l'on ait treuvé comment, de quy ne par quel tiltre il soit venu à ladicte seigneurie.
Ledict Henry eust de sa première femme sixenfans, deux fils et (|ualrc filles, assçavoir : Henry, Godefroy, Marie, qui espousa Olto le roy des Bomains, Alit, laquelle espousa le conte d'Auvergne, une aultre fille, laquelle espousa le conte de Geldres, et Machlilde, la<juelie espousa le conte palatin; et de sa seconde femme, la(|uelle fut fille de iMiilippe, roy de Erance, eust-il une lille, laquelle devient contesse de Clèves.
Après la mort dudict Henry luy succéda, en ladicte diicé de Brabant, Henry, son lilsaism''. Ledict Henry donna aiuliclGodefroy, son frère, la veille de S'-Martin en l'an mil 11"" XXXVI, pour sa part , mil livres de Loiivain, hérilahleiiient , à (enir en fief de sondict frère le duc, six cents livres en ari^ent, et quatre cents livres assii^jnez à luy en biens.
Ledict Henry eusl de sa première femme un fils et quatre filles, assçavoir : Henry, Machtild, la(jiielle eut espousé le frère du rov de France, le conte d'Arras; Marie, laquelle espousa le duc de Bavière; Béatrix, laquelle espousa le landprave de Thuringes; Mari>ueriete, laquelle fut abbesse de Val-le-Dncq. Et de sa seconde femme, (jiii fut fille de saincle Elisabeth, eust ledict Henrv un fils, aussi appelle Henry.
Eedict Henry, le fils aisné, fust duc de Lotbier et de Brabant, et ledict Henry, fils du second mariaige, devient landgrave de Thuringe, comme il semble, à cause et par le moyen de sa mère. Et quant ausdicles filles, l'on ne treuve point quelles ayent eu aulcune chose en la ducé, ou récompense ou assignation pour leur enlretènement.
Ledict Henry, fils aisné dudict Henry, eust de sa femme, la fille du duc de Bourgoigne, trois fils et une fille, assçavoir: Henry, Jeban , (Jodefroy et Marie, laquelle espousa le fils de sainct Louis, roy de France.
Cedict Henry, fils aisué, fut simple et devient moisneà Digon, tellement qtie ledict Jehan, second fils, devient duc de Lotbier et de Brabant; et quant à ladicle Marie, on ne treuve point qu'elle a eu aulcune chose.
Cedict Jehan achapta à conte Adolf van den Berge tout le droit que icelluy Adolf avoit en la ducé de Lembourg, laquelle estoit à luy succédée par le trespas du duc Henry de Lembourg.
El de ceste heure en avant, sont ledict Jehan et ses successeurs tousjours depuis estez ducs de Lotbier et de Brabant et de Lembourg.
Ledict Jeban, par le conseil de ses amis, hommes et gens.
( --ios )
assigna cl donna aiidict GodelVoy, son frère, S"" de Virzon, C!) ]);ntaige el assignalidU des i)ieiis que à luy et à sondict frère G;)dcfroy estoient advenus j)nr le trespas de lenrdict père le dnc de Lolhier et de Urabanl, trois mil livres de terre, on tournois, annnellenient, (jnalie tournois à compter ponr nn eslerlincx, pour iesfjuels trois mil livres lediet Jeiian Iny a assigné et donné les villes et villaigesavecqne leurs appartenances qni s'enssnivent, assçavoir : Arsci)ol, Batekem, Weerdl, Langdorp, Testelt, Messelbroeck, Killar, Nieurode, Opderl ïilt, Zichene, Beckevaert, àMolenbeke, Weesbek, Waenro , Miestiem, Bierbeke, Meleni, Hamme, Netliene ende Melbeweenle sur la Diele, Vaelbeke, avecque plusieurs aniires [larties el aulcunes réservations, dont, es lettres datées le mardy après la S^'-Katberine, en l'an mil IP IIII" et llll , est faite mention, à les tenir par lediet Godefrov et ses lioirs en fief dudict duc Jehan et ses hoirs (I).
Par quoy ii appeit que lediet Godefroy n"a riens en en ladicte ducé, el que la dncé alors n'a j)oint esté divisée; mais, pour son entretènement, luy fut par le duc son frère donné ladicte rente, pour furnisseuient de laquelle luy furent baillez et assignez les dessusdictes pailies.
Et ne faicl riens que lesdictes lettres conliègnenl qu'en parlaige et assignation des biens que ausdicts frères estoient advenus par le trespas de leurdict père le duc de Lotbier el de Brabant, lesdicts tiois mil livres de teire luy fusrent donnez, attendu que par droit et raiscm ledicl Godefroy, fils puisné, devoit eslre enlretiiiu, et que pour son enlretènemenl lesdicts trois mil livres luv furent donnez, lesquels luy estoient deus à cause el au lien de son partaige. Et fait à noter (pie lesdictes lettres ne conliègnenl point que ladicle rente luy fut baillée pourson partaige en ladicte ducé, mais tant seulement pour son parlaige des biens ([ui leur furent advenus par le trespas de leurdict père, èsquels peuvent eslre coniprius les biens meubles.
(1) Vojr. Bulkens, Trophées du Brabunt, t. I ', liv. V, p. 375.
Fit fait aussi à iioler que par ce que dîct est il n'appert point, mais plustost du contraire, que ledict Godefroy n'a point eu la moitié, le tiers, ne aussi aucune (juote ou léç;ilisme en ladicte (lucé, que aultrenient de droit, cl os aultres Liens sans dignité est ou seroit deue aux enfans puisuez; mais ledict Jehan , estant (hicq, bailla à sondict frère, dont il se devoit ou pouvoit honneslenient entretenir, ce que luy estoit deu pour son partaige, sans qu'il pouvoit demander aultre chose.
Ledict Jehan, duc de Lothier, de Brahant et de Lembourg, eust un lils, sçavoir: Jehan , et deux fdles : Margarite, laquelle espousa l'Empereur, et Marie, laquelle espousa le conte de Savoye.
Lequel Jehan, après le trespas de son père, fut duc de Lothier, de Brabant et do Lembourg, sans que l'on treuve que lesdictes filles ont eu aulcune chose.
Depuis fut le fils dndict Jehan le second, aussi appelle Jehan le tiers de ce nom, duc de Lothier, de Brabant et de Lembourg : lequel eust trois fils, qui moururent jeusnes devant leurdict père, et il eut aussi trois filles, assçavoir: Jehanne, Margarite et Marie.
Ladicle Jehanne, fille aisnée, espousa premièrement le conte Guillaume de Hollande, et après sa mort le duc Wencelaus, et l'ut, api es le trespas de sondict père, ducesse de Lothier, de Brabant et de Lembourg. Margarite eut espousé le conte Loys de Flandre, et ladicte Marie avoit espousé le duc de Gueldres.
Ledict Jehan le père en son vivant ordonna entre sesdictes trois filles, que après son décès dame Jehanne, sa fille, qui l'aisnée estoit, auroit tous ses pais et terres entièrement, et dame Margarite, contesse de Flandres, auroit cent et vint mil vieils escus d'or, et Marie, la ducesse deGeIre, auroit quatre-vincts mil vieils escus. Laquelle ordonnance ledict duc Jehan fit confermer par Charles, le roy des Romains.
Et, pour ce que ladicle Margarite, le xuii""" jour dejuingen l'an mil III'' LVn, et aussi après le trespas de sondict père, n'estoit point encoires assignée ne payée de son mariaige, que par son père luy estoit promis, ne aussi du dioit et de l'eschéance, tant en la
priucipauité et seigneurie que es meubles à elle deue et succédée par la mort et décès de sondict père, comme ledict conte Loys, son mary, soustenoit et prétendoit, et à cause de quoy, iîuerre entre luy et ladicte dame Jehanne estoil esmeu , s(; sii!)iiiisient lesdictes parties au dict et jugement du duc Guillaume de Bavière.
Lequel dict et prononça, entre autres choses, que ladicte contesse Margarite, en récompense des choses devantdictes, ses hoirs présens et advenir, auroient chascun an jusques la somme de dix mille escus d'or de Florence, pour laquelle somme ladicte confesse liendroit héritablement, pour elle, ses hoirs et successeurs, en foy et homniaige de ladicte ducesse de Brabant, dame Jehanne, sa sœur, et de ses hoirs, ducqs ou ducesses de Brabant, la ville d'Anvers et toutes les appertenances et appendances d'icelle, et dedans la franchise d'icelle, ensemble la justice haulte et basse, et toutes les rentes et revenues plus proches à ladicte ville, el d'icelles choses feroient ladicte contesse et son mary, et leurs successeurs, à ladicte dame Jehanne et ses hoirs et successeurs de ladicte ducé, tel foy et homniaige que un maisné frère ou sœur doiht faire à son frère ou sœur aisné, et que ladicte ducesse et ses hoirs, à cause de la souveraineté qu'ilz retenoient en ladicte ville, retiendroient le tiltre d'eux escripre marquis du sainctempire, et que aussi icelluy conte Loys, tant qu'il viveroit, se pourroit escripre duc de Brabant.
Et, incontinent après cestedicte sentence, devient ledict duc Guillaume issu de son sens et tout forchené, et fut mené à Quesnoy, où il le convient lier, et demeura en tel estât tout le remananl de sa vie, selon les histoires qui en pailent.
Et, ensuivant le contenu de laquelle sentence arbitrale, ledict Loys et Margarite, sa femme, firent auxdicts Wencelaus et dame Jehanne ledict foy et honimaige, la veille de Sainct-Pierre el Paul, eu juin l'an mil Ili'' LVIIL
Et, attendu que, comme ledict Loys soustenoit ladicte assignation de ladicte ville d'Anvers, appertenances et appendances, n'estoit souftisante pour lesdicts dix mille escus d'or de Florence,
ains qu'il restoit encores certaine somme, furent par lesdictes deux parties esleus huit hommes, de chascun costé quatre, qui le tout priseroient justement, et ce qu'ils trouveroient estie moins assigneroient-ils es aultres places, comme ilz firent en la ville de Malines, le xx""" jour de mars en l'an mil III*^ liVil.
Elt, touchant ladicte Marie, sœur puisnce de ladicte dame Jehanne, à laquelle ledict Jehan, leur père, de son vivant, comme dict est, par son ordonnance, avoit donné quatre-vingt mille vieils escus, lesdicts Wencelaus et dame Jehanne, le jour Saint- Jacques en l'an mil trois cent LVI, à icelle leur sœur, par l'advis de leur conseil, honnes villes et païs de lîrahant, assignèrent et donnèrentTurnhout avecque autres huit viilaiges gisans là entour, et ce pour le furnissemenl de sept mille petit florins de Florence annuellement et héritahlement, ou la valeur d'iceulx, saulf que ladicte Marie et ses hoirs à jamais auroient réservé aux ducs et ducesses de Brahant la souveraineté, nommée en thiois zyn heervaert ende clochslagh ; saulf aussi que ladicte Marie et ses hoirs lesdictes seigneuries, viilaiges et rentes tiendroient desdicts Wencelaus et dame Jehanne et leurs hoirs et successeurs, ducs et ducesses de Brahant, en fief, et réservé aussi que, si ladicte Marie trespassast sans hoirs de son corps, que lesdictes seigneuries, viilaiges et renies retourneroient francs et libres ausdicts Wencelaus et dame Jehanne, ou à leurs hoirs et successeurs, ducs ou ducesses de Brahant, sans nulle contradiction.
Par ce que dict est, apperl-il que ledict duc Jehan , ni""" de ce nom, décéda, ayant fait testament ou ordonnance entre sesdicles filles, par lequel il avoit dit et déclaré quelle chose chascune auroit, et ainsi ne trespassa-il point ab intestat. Et par ladicte ordonnance apperl-il clairement qu'il vouloit que lesdictes dignitez, païs et seigneuries denieureroient à ladicte dame Jehanne, sa fille, et à sa sœur, seules, et que nulle division ne s'en devroit faire, saulf qu'il ordonna à chascune de ses aultres filles certaine somme de deniers pour leur mariaige et entretènement.
Et, à cause que ladicte dame Jehanne n'avoit payé icelles soiii'
mes, sur convenance qu'elle conveitiroit à sesdictes sœurs icelles sommes par manière de rente liéritable, au lieu de hitjuelle elle leur bailla certaines villes, terres et seigneuries en la ducé de Brabant, comme dict est dessus.
Et ne fait riens que lesdicles lettres d'assignation ausdicles dames Margarite et Marie, sœurs, contiennent icelles estie faicles en vray partage et division de leur succession paternelle : car elles ne pouvoyent de droit prétendre aucun partage ou division desdictes dignilez, seigneuries et leurs appertenances, et niesmement d'autant moins, actendu ladicte ordonnance et testament dudicl duc Jehan, leur père
(1). Aussi ne furent
point lesdicles dignitez, seigneuries et païs par ce partis ou divisez, attendu les conditions y comprinses.
Et, combien par ladicte sentence arbitrale fust dict que ledict conte de Flandres se pouiroit escripre duc de Brabant, loutesfois parce ne fut-il point en la vérité duc de Brabant, mais Indicte dame Jehanne estoit seule ducesse. Et ainsi, depuis, ledict conte de Flandres, saichant on nulle façon eslre duc de Brabant, en tout ne en partie, délaissa ledict tillre de duc.
Et aussi, à bien regarder l'alfaire diidict conte Loys envers ladicte dame Jehanne, on treiive que les choses se sont plus faites à volonté que par droit et raison : ce qui ne se doit tirer en conséquence.
Et, à cause que ladicte dame Jehanne n'avoit nuls enfans, et estoit de si grand eaige qu'elle n'en pouvoit plus nuls avoir, et que
(1) ^olls sommes forcé de remplacer, par des points, sept ou huit lignes de texte. Ce passage a élé lellement déiialuié par les copisles, dans les deux manusciils qu'il y a aux Archives, qu'il nous a élé impossible de le comprendre, cl que nous avons dû renoncer à le rétablir.
ladicte Maigiirite, la coulessede Flandres, sa sœur, eusl une fille aussi appellée Margarite, laquelle espousa le duc Philippe de Bourgoigne, dont elle eust trois fils, Jehan, Antoine et Pliiii|>pe, cl a-.îssi trois filles, firent lesdicts Philippe de Bourgoigne et dame .\iargarite, sa femme, entre leursdicts fils certain partaige de leurs pais et seigneuries, auquel ladicte dame Jehaune consentit, pour autant (juil touchoit ses pais et seigneuries, en la manière que s'ensuit :
Que ledict Jehan, fils aisné, auroit pour luy et pour ses hoirs la ducé et conté de Bourgoigne, avecque la seigneurie de Salins, et leurs appertenances, et la conté de Flandres, avecques les terres d'Alost , Denremondc et de Malines et leurs appertenances, et la conté d'Artois et ses appertenances, lesquelles terres il devoit avoir entièrement, sans que Antoine et Philippe y pouvoient demander aucune portion par partaige, appanaige et aultrenient.
Et ledict Antoine, le second tilz, auroit pour luy et ses hoirs la ducé de Brahant, comprins la \ille, chastellenie et appertenances d'Anvers, la ducé de Lembourg, et les aultres terres d'Oultre-Meuse , sans que les aultres frères dudict Antoine y puissent demander aulcune portion pour aisnesse, partaige, appanaige ne aultrement.
Et ledict Philippe, derrain fils, auroit pour luy et ses hoirs la conté de INevers, baronnie de Donzy, la conté de Rethel, Chasteau-Regnault, Braus et ses appertenances, les terres de Ohampaigne et leurs appertenances, la conté d'Estampes, les villes, chastel et chastellenies de Dordan et de Gien, sans que lesdicts frères y puissent chose demander par aisnesse, partaige, appanaige ou aultrement.
Laquelle assignation desdicts pais et seigneuries fut par lesdicts parens, comme ilz déclairent, faite à leurs enfans, afin que nuls pais ne fussent divisez ne séparez.
Et, quant ausdicles filles, on ne trouve point qu'elles ont eu aultune chose.
Ledict duc Antoine eust deux fils : Jehan, qui fust laisné, et Philippe, qui fust le maisné.
Ledicl Jehan, après le trespas dudict Antoine, fut duc de Lothier, de Brabant et de Lernbourg, lequel, par le conseil de ses parens et amis, et aussi des estats de sondict païs, afin que les seigneuries demourassent entières, sans estre aulcunement démembrées ne divisées, bailla audict Philippe, son frère maisné, les biens que à eulx estoienl venus et succédez de leur mère, et aussi tout tel droit qu'ils avoienl seniblabjenient en la confiscation des terres et seigneuries de Gaesbeke, dUfile et Waelhem, et d'Assche, si avant que confiscation y chéoit, à les tenir de luy en fief, comme auparavant avoient esté tenus jusques alors.
Et, comme Gaesbeke ne se trouva estre confisquée, lesdicts deux frères, de la récompense que ledict duc Jehan en devoit faire à sondict frère, se submisrent, le xi""' jour d'octobre en lan mil lill' XXI, au dit des trois estats de sondict païs.
Et ainsi appert -il que ladicte ducé ne fust point divisée, mais ledict duc Jehan, frère aisné, prince et seigneur, a baillé à sondict frère maisné les terres et seigneuries que dessus.
Depuis, fut ducesse de Brabant dame Marie, laquelle eut de feu, de très-noble mémoire, Maximilian l'empereur, son mary, un fils, Philippe, et une fille, Margarite.
Ledict don Philippe, roy de Castille, vostre père, cui Dieu pardoint, fut duc de Lothier et de Lembourg; mais que chose ladicte dame Margarite, en la succession de ladicte dame Marie, sa mère, a eu, n'en sçavons rien.
Ledict don Philippe, vostre père, a procréé vostre très-noble personne, monseigneur don Fernande, et quatre filles : Éléonore , Isabeau , Marie et Catherine.
Et, touchant la ducé de Lembourg et les païs d'Oultre- Meuse, lesquels ont, par long espace de temps, plus que deux cents ans, estez et sont tousjours jusques à présent demeurez incorporez et assemblez h ladicte ducé de Brabant, réglez en
tout selon la nature d'icelle dacé, ilz ont tousjouis demeurez à l'aisné fils et à celluy (|ui a esté duc de Brabant, sans que les frères et sœurs niaisnez y ayent eu aulcune part ou porlion : par quoy iceulx pais doivent en et partout estre réglez et de la mesnie nature comme ladicte diicé de lirabant.
Et, quant au terroir de Malines, il est tout notoire qu'il a lousjours esté et eiicores est vray pais et membre de Brabant, et doibt estre réirlé selon la nature de la ducé.
Et, attendu que la ville de Malines, de sa première nature, estoit Brabant, combien que depuis elle est venue à aultre seigneur, pourtant n'est le terroir cliangé de nalure, mais est tousjours demeuré et tenu comme Brabant.
Ou, si l'on veut dire que les seigneurs de Malines ont, par achapt ou aultrement, acquis en Brabant diverses terres et seigneuries, et que à ceste cause l'on les a appelle terroir de Malines, comme appertenans au seigneur de Malines, encoires faudroit-il dire que ce seroit vray pais de Brabant, et de la nature comnie les aullres terres de Brabant.
Et, quant à la ducé de Luxembourg, de laquelle l'on avoit escrit à M" Micolle de Naves, vostre conseillier à Luxembourg, lequel a de son besoigné envoyé son verbal , trouvons que les princes de Luxembourg par plusieurs Ibis ont eu plusieurs enfants, fils et lilles, et que toutesl'ois la principaulté, seigneurie et ducé, auparavant conté, n'a jamais esté par succession divisée, mais est entièrement et seulement demourée au fils aisné, combien que l'aisné ait à ses frères et sœurs niaisnez tousjours baillé leur entretènement, aulcune t'ois en rente, et aulcune fois en pièces de terres ou seigneuries à eux baillées.
Et fait à noter que, entre les lettres par ledict M""^ NicoUe avecquesor)dict verbal envoyées, il y a une commenchant : iVoM.v, Elisabeth, en date le mardy apiès le dimanche Reminiscere, en l'an mil 1^ LUI, et laquelle en son commencbement contient un eschange de deux pièces ou chasteaulx que Henry, le conte de Luxembourg, et ladicte dame Isabeau, sa sœur, firent l'un à
Taiiltre; et après, dicl ladicte Élisabet que Gérard, son frère, et Henri de HoulFalizeavoient rapporté qu'elle devoil partir, aveoque ledict Henry, son frère, en la quarte part de tous les alleuz eslans, hors les forteresses, et aussi eu tous les acquests, et que ainsi elle eust deu avoir part et portion fdialeen iceulx biens, assçavoir le quart, connue estant le un""* enfant. Et, à cause que n'avons trouvé le semblable jamais auparavant, ou depuis, avoir esté fait, que les enfans niaisnez, par manière de quote, eussent demandé aucune part ou portion , il semble que par ce on ne peult point dire en Luxembourg estre introduite aulcune couslume ou usance que, après et en temps à venir, en semblables cas, l'on s'en debvroit selon ce régler et faire le semblable. Aussi nous ne trouvons aulcunemeut que ladicte Isabeau a eu ladicle quatriesme part.
Par ce que dit est, appert que ladicte ducé de Brabant n'a jamais esté divisée ne démemhiée, mais, toutes et quantes fois que les ducs de Brabant ont eu plusieurs enfans, et aussi plusieurs divers païs et seigneuries, sont iceulx pais et seigneuries esté partis entre les fils, et a cbascun eu quelque pais à part. Mais, quand les ducs de Brabant n'ont eu que Brabant, etqu'ilz avoient plusieurs enfans, est le filz aisné lousjours, et pour le .seul, (Jemouré duc de Brabant : lequel a, en ce cas, à son frère ou frères maisnés baillé pour leur entrelènement quelque rente, pour le fournissement de laquelle il leur a baillé quelque pièce à tenir de luy en fief, comme ses aultres vassaulx, sans (|ue l'on treuve, (|uant il \ a eu fils, que les filles ont eu aulcune chose, soit qu'il y avoit plusieurs seigneuries délaissiez, ou tant seulement la ducé de Brabant, combien toutesfois il fait bien à présumer qu'elles ont eu quelque chose pour leur dot ou entrelènement.
Et semblablement, la ducé de Lembourg et les païs d'Oultre- Meuse, depuis qu'ils ont esté annexez à ladicte ducé de Brabant, se sont-ils tousjours réglez selon la nature du païs de Brabant, et sont demourez avecque la ducé au fils aisné et à celuy qui a esté duc de Brabant; et ont esté répuiez et estimez pour ung païs
avecque la duché de Brahant, el non comme divers duchez, pais ou seigneuries, et sans que les maisnez y ayent eu aulcune portion ou part, comme aussi ilz n'ont point eu audict terroir de Malines, lequel, depuis qu'il a esté annexé à ladicle ducé, est demouré au ducq.
Et, quant à ladicle ducé de Luxembourg, elle est aussi tousjours demourée à l'aisné, combien que les njaisnez y ont eu des rentes et pièces, comme dit est.
Par quoy, actendii que Ton trouve que ladicle ducé de Brabant, y comprins Lembourg, le pais d'Oultre-Meuse elle terroir de Malines , ne aussi ladicle ducé de Luxembourg , n'ont point esté séparez ne démembrez, ou que les n)aisnez y ayent eu aulcune part, portion légiltime ou quote, et aussi que de droit telles et semblables dignilez et seigneuries doivent demeurer entières, saulf au fds maisné son enlrelènement, nous semble, pour noslre advis, sous voslre très-noble correclion, que ladicle ducé de Brabant, Lembourg, païs d'Oultre-Meuse et terroir de Malines, et aussi la ducé de Luxembourg, doivent encores demourer entières, sans eslre divisées ne démembrées. Mais, prenant les choses comme elles sont esté proposées, et sicomme Vostre Majesté estoit seulement duc de Brabant, y comprins Lembourg, le païs d'Oullre-Meuse et terroir de Malines, ou que fussiez duc de Luxembourg tant seulement , Vostre Majesté, en regard à la noblesse el descente de vous deux très-nobles personnes, laquelle ne pourroit eslre plus grande, doibt bien à mondict seigneur don Fernande, vostre frère, selon sa dignité, et aussi faculté que reste par-dessus les charges desdicts ducez et païs de Brabant, I^embourg, d'Oullre-Meuse et de Luxembourg, autant donner et assigner dont icelluy monseigneur don Fernande se pourroit honneslement entretenir, sans toutesfois grande diminution ou charge de vostre demaine de vosdicts païs, laquelle doit demeurer telle que honorablement puissiez garder et gouverner iceulx païs.
Et par ce que dit est appert-il que toutes les parties dont est
faicte mention es poincts et articles desdicts mémoires et instructions, sont menïbres de la ducé, et doivent deiiiourer entiers, et sans en faire aulcune division ne séparation de ladicte ducé; et semble parlant à iceuix articles, pour le présont, estre assez respondu.
Et à cause que, comme dit est, au cas présent n'y cliiet point division ne démenibration, cesse la question ou difTicullé : duquel temps le partaii^e audict monseigneur don Fernande seroit esté deu, et mesmement considéré qu'il a esté honnestement entretenu.
Dont, sire, vous advertissons en toute humilité, et vous renvoyons vosdicles lettres closes, ensemble ladicte instruction, et aussi diverses copies servans à la justification de nosiredict advis, pour par vous au surplus en estre fait comme trouverez au cas appartenir, à l'aide de Dieu , auquel prions qu'il vous doint l'accomplissement de vos très-nobles et vertueux désirs.
Escript en vostre ville de Bruxelles, le vi""* jour de décembre t'an XXI.
Voz très-humbles et très-obéissants subjects,
Je, de le Noot, chancelier, et les gens te vostre Conseil
ET des GOMPTl.S EN BrABANT.
(Archives du royaume : registre 120 de la chambre des comptes, fol. 56 v -63, et Collection de documents historiques , l. II, fol. 15-29.)
Lettre de l'archiduchesse Marguerite aux commurieinaitres et échevins de Malines , touchant L'accueil fait à l' Empereur, son neveu, par le roi d'Angleterî'e : 1 1 juin 1522.
Marguerite, Archiducesse d'Austrice, Dlcesse et Contessr de bourgoingne, régente et gouvernante,
Très-chiei's et bien aniez , rEnipereur , nions"" mon nepveu , nous a escript que le roy d'Engleterre, son bon père, l'a recuillié et traitlié, et par ceulx de son royaulme le fait bonnourer, non comme son frère ou filz, mais comme roy dudict royaulme, et, entre autres cboses, que avec luy il se soit déclairé à la guerre contre le roy de France, et l'ait fait deHier; et nous mande mondict seigneur en avertir vous et autres ses bons ofticiers et subgelz de par de(;à , et par tous ses pays faire faire processions générales, prières et croisons, et autres actes pies et dévocieulx, agréables à Dieu, nostre créateur, pour la prospérité et bonne succession d'eulx deux en tous leurs voyaiges et emprinses. Dont vous advisons, et, de par mondict seigneur, ordonnons en avertir tous les gouverneurs, oITiciers et gens de loy des villes, bourgades et autres lieux de vostre jurisdiction , en les exhortant et leur mandant en faire leur devoir chascun en son quartier; et faites prendre garde (|u'ilz le faicent. Et qu'il n'y ait fiiulte. Très-cbiers et bien amez , Nostre-Seigneur soit garde de vous. Escript à Bruges, le xi'"* jour de juing XV"^ XXII.
Marguerite.
Du Blioul.
Suscription : A noz très-cbiers et bien amez les comniunemaistres, eschevins et conseil de la ville de Malines.
(Original, aux Archives de la ville de Malines.)
Lettre de l'urchiduchesse Marguerite aux communemaîtres et échevins de Matines , les requérant de mettre à la disposition du maître d'artillerie de l'Empereur tous les canonniers qui sont en leur ville, pour qiiils soient envoyés à l'armée du roi d'Angleterre : "21 août 1525.
Marguerite, Archiducesse d'Austricë, Ducesse et Comtesse de bourgoingne , régente et gouvernante, etc.
Très-chiers et bien amez, pour ce que la descente de l'armée du roy d'Angleterre est prouchaine, et, de la part de l'Empereur, nous convient leur furnir, à la souldée du roy, n'^ canonniers, et que ce touche l'honneur, bien et proufïit de l'Empereur et de tous ses pays et subgectz, vous et autres, nous vous requérons que, incontinent cesles veues, vous ordonnez à tous les canonniers que pourrez recouvrer en la ville de Malines, que, eudedens le xwui""' de ce mois, ilz se treuvent vers le maistre de l'artillerye de l'Empereur, ou son lieutenant, audit Malines, lequel s'y trouvera avec argent, pour leur souldée, qui commencera au jour qu'ilz partiront de leurs maisons; et par ce porteur nous advisez du nombre que pourrez furnir. Et qu il n'y ait faulte. Très-chiers et bien amez, Nostre-Seigneur vous ait en sa garde. Escript à Bruxelles, le xxi'"^ jour daoust l'an XXIll.
Marguerite.
Du Blioul.
Suscription : A noz très-chiers et bien amez les communemaistres, eschevins et conseil de la ville de Malines.
(Original, aux Archives de la ville de Malines.)
Lettre du seigneur de la Cftaidx { I ) aux cominiiymnaîtres et èchevins de Malines, par laquelle il leur donne des nouvelles de la santé de l'Empereur, dont ils ont été les premiers à s informer, et leur fait connaître la joie que ses sujets de Caslille ont éprouvée de son retour, t affection qu'il s lui témoignent, ainsi que l'aide qu'ils lui donnent contre les Français : 1 1 septembre 1523.
Messieurs, jay receu voz lettres par ce porteur , par lesquelles désirez savoir de la bonne disposicion et nouvelles de l'Empereur, noslre sire. Dont, pour satisfaire à vostre désir, ay averly ledict seigneur, qui a esté fort content et joyeulx de ce que, par vostre propre messagier, avez esté les premiers de ses villes de par delà qui ont icy envoyé à cest efl'ect, et a par ce congneu vostre grosse persévéracion en l'amour et fidélité que luy portez, comme le pourrez plus à plain entendre par les lettres qu'il vous escript. Néantmoins, si ne veul-je laisser à vous en escripre pour vostre consolacion, vous avertiesant que de sa personne il est et a toujours esté, depuis son partement, en très-bonne disposicion et santé, et croist et augmente iournellement en toutes vertuz, sens et prudence : dont debvons bien louer Dieu, et pryer qu'il l'y veuUe maintenir et faire persévérer.
Au surplus , depuis que Sa Magesté est de retour par deçà , il a fort labouré à reraectre tous ses subgectz en bonne ordre, police et justice, tellement qu'ilz en ont tous receuz grand joye; et sont les grandz et menuz de ce royaume tant affectez et dévotz à sa personne, qu'ilz le servent en tout ce qu'il désire, et niesmes présentement hiy font grosse ayde etassislence en l'armée qu'il fait
(1) Charles de. Poii|)el, seigneur île la Ch.iulx, conseiller, chambellan et ureaiier '«omnif lier de corps de l'Emiicreur.
( 217 ; préseiilement descendre en France, pour lant plus losl povoir déterminer et finer la présente guerre, et conséquaninient en povoir niectre tous ses royaumes et pays en bonne paix et Iransquillité, pour après employer sa personne à la dcll'ence de l'ennemy de nostre foy catholij[[ue, qui est son plus grand désir, considérant le besoin que la cbreslienté en a.
Messieurs, j'espère que Dieu , par sa grâce , donnera à Sa IVIagesté bonne fortune et victoire pour raison de son bon droit, juste et sainte opinion , et que auray matière cy-après vous en povoir escripre de bonnes nouvelles : car de vous servir en cecv et en toutes autres choses où me vouldrez employer, me trouverez tousjours prompt et appareillé : en me recommandant sur ce à tous vous, messieurs, en général et particulier, de bon cueur, duquel je prie le Créateur vous donner bonne et longhe vye et accomplissement de voz bons désirs. Escript à Bourgbes (I), le xi""^ jour de septembre XXIII.
Le tout à vous faire service,
L\ Chaulx.
Suscription : A messieurs les communemaistres, eschevins et conseil de la ville de Malines.
(Original, aux Archives de la ville de Malines.)
Lettre de Charles-Quint aux écoutèle, comimmemaitres et échevins de Malines , par laquelle il les remercie des bons services qiiils lui ont rendus dans ses nécessités : 2ii mai 1524.
De par I,' Empereur.
Chiers et bien amez, par lettres de madame nostre bonne tante,
(1) Burgos.
et aussi du oonle de Hogheslrate (1), nosire second chambellan , chief et gouverneur de noz finances, lieutenant et cappitaine gén«^ral de Hollande, avons entendu vos bons et loyaulx devoirs envers nous, et que estes tousjours preslz h l'aire comme les bons, soit en aceordz d'aydes et aullrement, et davantaige vous estes souvent obIi2;ez vers mnrcbans, à la fois soubz le seaul de nostre bonne ville de Malines, et à la fois pnr antres particuliers, pour bonnes sommes de deniers, lesquelles pour nostre service ledict conte de Hogheslrate, par voslre moien et crédict, a recovré à finances. Dont et de tant de bonnes choses vous sçavons très-bon grey, non faisant aucune double que persévérerez toules les fois que besoing sera, ainsi que avez fait dez le commencement de nostre mynorité, et depuis tousjours, comme noz bons et loyaulx subjectz. Et, en ce faisant, vous povez estre asseurez que, en toutes choses que concerneront vostre bien, soit en général ou pnrliculier. vous aurons en nosire bonne souvenance et recomuiandacion, comme vostre bon prince et naturel seigneur. Donné en nostre cité de Burgos, le xxu'"' jour de may, anno XV' XXIIII.
CuARLES.
Suscription : A noz chiers et bien amez les escoutette, communemaistreset conseil de nostre ville de Malines.
(Original , au\ Arciiives de la ville de Malines.)
(1) Ânloine de Lalaing.
Letlre autographe de Henri VIII à Charles -Quint, pour le féliciter sur la victoire de Pavie el la prise de François I" : 26 mars lo"2o (1).
Mon niieiilx aimé filz, la présente sera pour faire congralulacions, lant de vostre convalescence, que de la prospère et hoiiiiorable victoire laquelle il a pieu à Nostre-Seigneur donner, en aiant vaincu et prius prisonnier nostre commun ennen)y, le roy françoys. Et, si n'estoit que mon Irès-Iéal et principal conseiller le cardinal d'York (2), légat, ne pourroit bonnement avec sa santé soustenir rincommodilé d'un si long et gros passaige de mer d'entre Angleterre et Espaigne, je l'eusse envoyé devers vous, non-seullement taire lesdites congratulacions, mais aussy deviser et communicquer avec vous de et sur telles choses el matières qui concernent nostre Estât et communs affaires. Toutesfois, puisqu'il ne peult ainsi estre, j'ai pensé convenable d'y envoyer, au propoz desdiles, mes très-loyaulx conseillers l'évesque de Londres et messire Richard Vingfilde, mes très^léauk conseiller et cbancellier de mon ordre, ausquelz je vous prie donner favorable audience, et aussi ferme crédence comme à ma propre personne, en toutes telles choses que de temps à aultre ilz vous exposeront de ma part. Vous asseurant, mon mieulx aimé fdz, que j'accompliray inviolablement tout ce que
(1) Cette (laie est indiquée en marge de la copie faite au siècle dernier; elle avait probablement été écrite sur l'orijifinai.
La bataille <le Pavie eut lieu, connue on sait, le :24 février 1o:2o. (:2) Le cardinal Wolse^v.
de ma part ilz piomectront, en telle et si parl'aite manière que bien cognoistrez, en tontes choses lesquelles entreprendrons, je ii'aurav moindre regard de vostre honneur el exaitaciou que de mon propre. El, afïin que entendit que j ay à cueur la charge donné à mesdicts ambassadeurs plus que chose du monde, j'ay icy mis le signe que congnoissez.
C'est de la main de vostre bon père, frère, cousin et bel oncle,
Henry.
(Copie (lu XVIir"' siècle, aux Archives du rojaume.)
Lettre de Charles de Luwioy (I) aux écoxitèle , communetnaîtrcs el échevins de Matines, par laquelle il leur antionce que la paix a été conclue et jurée entre l'Empereur et François /" : .. janvier 1526.
Messieurs mes bons amys, après avoir amené par deçà le roy de France prisonnier de l'Empereur, Sa Mageslé s'est mis en tout debvoir pour parvenir à une bonne paix, el m'a fait cest honneur, que de me commander entendre aux communiquations d'icelle. Je vous advertis qu'il y a esté besongné de sorte que, grâces à Dieu, ladite paix d'entre Sadile Magesté et dudit roy de France a esté conclute et jurée le dimence, xnu^ jour de ce mois, au grant honneur et avantaige de Sadite Majesté, el au grant
(1) Charles de I.annoy, seigneur de Maingoval et deSenzeille, chevalier de la Toison d'or, conseiller, (jrand el premier Ocuver de l'Enipereur el vice-roi <le Naples. C'est à lui que François I" avait remis son épée à Pavie.
bien, proffit, seureté et repos de tous les pays de par delà, pour les grandes choses que ont esté traictiées, comme plus au long l'Empereur l'escript présentement à Madame (1), à laquelle s'envoye le tout, comme est raison. Et pouri-ez bien coni;!ioislrt' ([ue j'ay tellement fait mon debvoir que n'ay rien oublyé de ce que pouvoit toucher pour le bien, prodit, seureté et repos desdils pays de par delà, dont estes des principaulx parlicipans. Et, quant en aultres choses vous poulray faire plaisir, en m'en advertissant, m'y employeray de très-bon ceur, comme celluy que trouverez tousjours vostre bon amy , ainsi que j'ay donné cherge à Bélhencourt, mon maistre d'oste! , présent porteur, vous dire de nja part : car je l'envoyé tout propre par delà, pour porter ces bonnes nouvelles. Messieurs mes bons amys, Nostre-Seigneur vous ait en sa saincte garde. De Madril, le .. jour de janvier XV<^ XXVI , stil d'Espaigne.
Ix> tout vostre,
Ciiahi.es de L.vnnoy.
SuscripUon : A Messieurs les escoutettc, comniugnemaistres, eschevins et conseil de la ville de Malines.
(Original, aux Arclii\c* de la ville de Maliue)».)
(1) L'archiihifliessç Mar^çueiile, régeiilc des Pays-Bas.
Lettre ilc rurchidnchesse Margiurile uux couniiuneinuitres et éclicvius (Ir Mal nies, leur onloii liant de fuiie mi.sir , Omis leur juridiction , les persuuiies et les biens des Frutiçais , qui, sans déclaration de guerre préalable, ont envahi les Pays-Bas (1) : 15 février 1527 (15-28, n. st.)
Marguerite, Archidixesse u'Austrice, Ducesse et Contesse de bourcoingne, doumglère r)e s.wove, régente, etc.
Cliiers et bien ainez, pour ce que nous sommes deuemenl avertie que , puis aucuns jours en (;à , les François se sont avancliez venir sur les frontières, et en l'obéissance de l'Empereur, monseigneur et neveu, où ilz ont pillé, foulé et adomniaigé ses subgetz, et pluiseurs d'iceuh prins et mené prisonniers en France, et avec ce fait arrester pluiseurs marchandises à eulx appartenons, niesmes arresté les corps des niarclians et autres desdiz subgetz , et fait autres dégastz et entrepriuses, sans delliauce précédente , ne nous signiffierla guerre; désirans y pourveoir àl'indempnité des adommaigez, nous vous ordonnons bien expressément el acertes, de la part de mondit seigneur et neveu, que, incontinent et sans délay, vous prenez, saisissez et arrestez, de par Sa Majesté, tous et qiiclzronques les François, soient marcbans ou autres, ensemble leurs biens, denrées, marchandises, lettres, debtes, obligations et actions, (pielque part que les trouverez en la ville et terroir de Malines el juiisdiction d'icelle, pour récompenser ceulx qui auront esté adommaigez par lesdiz François, en faisant desdiz biens et lettres bon et loyal inventoire, |)0ur par
(1) Cette lettre fut probablement adressée à toutes les villes du pajs.
vous en rendre bon compte, quant de par nous requis en serez, sans en faire délivrance ne bailler mainlevée ou joissance à cui que ce soit, sans noslre sceu et exprès commandement et ordonnance, et que par nous en soit autrement ordonné. El n'y faites faulte, car nostre plaisir est tel. Cbiers et bien amez, Nostre- Seigneur soit jiarde de vous. Escript à Malines le xni"'^ jour de febvrierXV^ XXVII.
Marguerite.
De Zoete.
Suscription : A noz cbiers et bien amez les escoutelle, conimunemaibtres, escbevins et conseil de la ville de iMalines.
(Original, aux Archives de la ville de Malines.)
Lettre de l'archuliicliesse Marguerite aux coviniuuemuUres et échevhis de Malines , lovcliant la conclusiuit de la paix arec le duc Charles de Gueldre , el la destruction de Carmée française en Italie : 7 octobre i5^2S.
Marguerite , Archidccesse d Austrice , Dccesse et Contesse de
BOURGOINGNE , IJOUAIGIÈRE DE SaVOYE , RÉGENTE, ETC.
Cbiers et bien amez, nous avons cejourd'buy receu lettres des contes de Buyren et de Hoocbslralen, commis et députez de par l'Empereur pour iraicter de paix avec messire Cbarles de Geldres, contenant comme, après pluiseurs communications, ilz ont finablement accordé et conclu ladicte paix, ligue et confédéracion perpétuelle entre ledict seigneur Empereur, ses pays el subgeclz de par deçà, ledict messire Cbarles et les siens, à
riiomieur de Sa Majcslé, bien, seiirlé el lepo;! de sesdiz pyys cl subgectz : par lequel traiclié, entre autres choses, iceluî messire (jharles habandonne de tout le roy de France, prent le parti duditt seigneur Empereur, et proniect le servir envers et contre tous, sans nul réserver, comme brief vous advertirons, pour en faire la publication.
D'autre part, il a pieu à Dieu, après que les François et autres ennemis dudict seigneur Empereur ont invahy injustement, et contre la forme de la paix finale traictée à Madril, la plusparl de l'Ytalie. voyre du royaulme de Naples, vray héritaige et patrimosne de l'Empereur, et y fait maulx infiniz, de démonstrer sa divine justice de S' rie que toute l'armée dudict roy de France et de ceulx de sa ligue a, tant par maladies et verges contagieuses que par arnies, esté entièrement delFaite, le chief el tous ceulx de ladicte armée priiis, mors et tuez, ledict royaultnc de Naples entièrement réduit en l'obéissance de vSadicte Majesté, et pareillement la cité de Genues; et si a le capitaine messirc Andrey Dorya pareillement prins le parti dudict seigneur Enjpereur, et rué jus les gallères de ses ennemis.
Desquelles choses, qui méritent bien d'en rendre grâces el louenges à Dieu, comme à celuy de cuy tous biens procèdent, vous adverlissons, el ordonnons bien acertes que, par toutes les paroiches, cloistres, monastères et autres église.s de la ville et terroir de Malines, faites rendre lesdictes grâces et louenges, prier pour la continuation de la bonne prospérité de Sadicle Majesté, el à cesle (in faire processions générales, sans y faire faulte. Chiers et bien aniez, Nostre-Seigneur soit garde de vous. Escript à Malines, le vn"'* jour d'octobre anno XV"^ XXVIII.
m.vrguerite.
De Zoete,
inscription : A noz chiers el bien amez les comniunemaislres, esfchevins et conseil de la ville de Malines.
(Original, aux Archives de la ville de Maliucs.)