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îivez,j)ar l'atl\is des dessusuominez, et aussy du sceu de nostre Irès-clière cl très-aniée compagne la duchesse, conclud de prestement renfoicer toutes nos c;arnisons, et, par-dessus ce, faiie mettre sus le plus grand nombre de gens de guerre que faire se pourra ; et, pour leur oster toutes excusations et les plus advancer de ce faire, avez aussy advisé de leur faire faire payement des deniers de nos aydes et autres dont l'on se pourra ayder ; et, pour cette cause, chascun de vous et aussy les sieurs dessusnommez vous lirez es lieux convenables pour faire advancer la niise sus desdis gens de guerre, et espérez que tous nos subjects de par delà, chascun en son cndroict, si acquitteront el monsireront nos bons et loyaux subjeclz.
Sur quoy, beau cousin et liès-cher et féal chancelier, nous avons esté et sommes bien contens du bon devoir et acquit faict par vous et les dessusnommez d'avoir ad\isé el conclud le fournissement de nosdiles i.arnisons, ledit renforcement d'icelles et la mise sus de nosdis auties gens de guerre. Mais, au regard dudit payement de nosdiles garnisons, que avez conclud estie faicl desdis deniers de nos aydes, comme dit est, nous n'en sommes ne pouvons eslre conlens, attendu que vous, chancelier, sçavez assez et ne pouvez ignorer que nous n'avons jamais entendu lesdis deniers de nos aydes estre convertis ne employé à autre usage que au payement de nostre arn)ée ordonnée pour bi seurelé et préservacion de nostre personne, et non ailleurs. Eu outre, sçavez et cognoissez aussy que, se nous mettons et entretenons aucunes garnisons, nosdils pais, chascun endroict soy , sont tenus de les fournir et entretenir de payements à leurs frais et despens, el non sur nosdiles aydes. Lt en cesle manière, sur la requeste et remonstrance que avons faicte, en celle nostre vilie de Salins, aux gens des trois estatz de nos pays de par deçà, pour ce assemblés, iceulx des eslatz nous ont libéralement, franchement et sans aucune retraicte, accordé et octroyé de fournir tt entretenir toutes les garnisons d'iceux nos pais de par deçà à leurs frais et despens, eu temps de guerre, de trêves el de
paix (1); et si ne sont iceux pays si puissans de gens, de villes et places, ne d'argent, mais ainçois plus foulez et travaillez, à cause de la guerre, que nosdis pays de par delà.
Si faictes en manière que, si aucun denier, à la réception de cesle, onteslé prins et levez de nosdites aydes, pour le payement desdiles garnisons de par delà, vous les faictes remettre et rembourser, incontinant et sans délay, où ils ont esté prins, et ce à la charge et aux propres fraiz et despens de nosdis pays de par delà. Vous advertissans que, si ainsy ne le faictes, nous les ferons prendre et recouvrer sur vous, chancelier, et nosdis trésoriers et généraux : dont voulons que les advertissez. Et avec ce, eu ensuivant ce que naguères vous avons signifié et ordonné par le chappelain, vous mandons derechef que faciez fournir le payement de nosdites garnisons de tels deniers ainsy qu'il vous aura dict ou diraicelluy chappelain; et outre faictes mettre sus et nous envoyez, par les lieux et en la manière qu'il vous aura dict ou dira ledict chappelain, et tout le plus diligemment ethastivement que faire se pourra, les dix mil combattans que voulons avoir pour remplir nos ordonnances et nous mettre aux champs; et, outre icelluy nombre, faictes mettre sus tous nos fiefvez et arrière-fiefvez de nosdis pais de par delà, en envoyant à toute extrême diligence, en nostre pais de Lorraine, si desjà ne l'avez faict, les quatre cens lances de nosdites ordonnances qu'avons laissées piir delà, alin de garder et préserver icelluy pays, en attendant nostre plus ample provision. Et avec ce, nous envoyez les deniers de nostrediteayde en terme d'avril passé desjà receus, monlans deuxcent mil lixres, avec tous les deniers de nostre demaine aussy levez et receus, et tout autant que l'on pourra lever et recevoir tant de nosdis demaine et aydes comme autrement, ensemble les deniers du connestable (2) desjà receuz, monlans environ à soixante mil
(1) Voy. Y Histoire des ducs de Bourgogne de M. de Barante, édition de la Société typographique belge, t. II, p. Ti'io.
(2) Louis de Liixembouis}, comte de Saint Po!, connétable de France,
livres, et encoies ceux qui se recevront, pour d'iceux deniers faire payement à nos gens d'armes, et nous en ayder en nos présens afaires. Et outre plus, touchant nostre artillerie, nous envoyez jusques à quatre bombardes, avec les suittes, et autant de serpentines, pouldres, arcs, fîesches, picques, lances, vouliges, espieux et autres basions que pouriez recouvrer, en ordonnant à nostre recepveur de 1 artillerie, outre ce que luy escrivons présentement, que, de sa part, il s'acquitte et employé diligemment au faict de noslredite arlilleiie. Et au surplus, et autres choses (jue avons mandées par ledit chappelain à vous, nosdis trésoriers généraulx, recepveur général et argentier, vous employez et acquittez le plus diligemment que possible vous sera, et selon que la nécessité le requiert, et mesmement touchant l'entretènement de nosdites garnisons de par delà, pour ledit temps de guerre, de trêves et de paix, selon aussy radverlissement dudit chappelain : en nous advertissant tousjours, le plus que pourrez et par les deux chemins, de toutes nouvelles qui surviendront par delà , avec Testât de nos affaires, et niesmes vous, chancelier, touchant ce que vous avons escript et mandé par M® Jehan de Beere, comme par autres.
Beau cousin et très-cher et féal chancelier, Nostre-Seigneur soit garde de vous. Escrit en notre ville de Salins , le xui* jour de juillet, lan soixante et seize.
Beau cousin et très-cher et féal chancelier, nous ne nous pouvons assez esmerveiller de ce que vous et nosdis trésoriers et généraulx vous estes ou voulez advancer de loucher à nostredit ayde, selon que dessus est dit; ensemble, que l'ayez faict ou voulez faire, pour ce que nous tenez pour perdus, et nostre armée aussy : que toulesvoyes n'est pas ainsy; mais ainçois, grâce à Dieu, avons noslredite armée à l'entour de nous, et nous dispo-
que le duc Charles avait livré à Louis XI, et que le roi avait fait décapiter à Paris, le 19 décembre 1475. Le duc de Bourgogne fit confisquer, à son profit , tous les biens que le connétable possédait dans ses Étals.
sons (Je faire, la sepmaine prochaine, nos resveiies et monstres de ceux qui viendront nouveaux, pour, après ce, à layde de Dieu , nous mettre aux champs à Tencontre de nos ennemys. Si gardezvous, et nosdis trésoriers et généraulx, de loucher à nostreditc? ayde, soit pour nosdites garnisons, ne autrement que pour nostredite armée. Escrit comme dessus.
Aiitsy signé Charles, et du secrélaire Barcadot.
(Copie du XVII'"'' siècle, à la Bibliothèque impériale, à Paris : MS. Béthune 9500, fol. 84.)
Lettre de Marguerite d'York, duchesse douairière de Bourgogne et de la duchesse Marie, aux prévôt , échevins et habitants de Mons, leur annonçant la mort du duc Charles, les invitant à faire dire des prières pour le salut de son âme, et les assurant qu'ils seront, à l'avenir, régis avec douceur et justice : 24 janvier 1476 (1477, n. st.).
De par la Duchesse Marguerite et la Ducuesse de Bourgoingne,
DE BrAB.4^NT, de LeMBOURG, DE LUCEMBOURG ET DE GhELRES,
Comtesse de Flandres, d'Artois, de Bourgoingne , de Hayisnau, de Hollande, de Zellande, de Namur et de Zuytphen.
Très-ebiers et bien amez, combien que, depuis aucuns jours en çà , nous eussions esté advertis de la dure fortune nagaires advenue sur feu Monseigneur et son armée ou pais de Lorraine, à l'encontre du duc Reniez , néantmoins l'on nous avoit tousjours donné espoir que, au regard de sa personne, il estoit à saulfveté
et liors (le la main de sos ennemis : en qiioy nous prenions grant réconfort et consolacion on (I) grant dueil et desplaisir que en avions. Mais cejourd'uy nous avons oy et entendu que mondit seigneur, en ladite dure fortune, a esté par sesdis ennemis piteusement occiz et mis à mort : qui nous ont esté, sont et par raison doivent estre les plus amères, dures et angoisseuses nouvelles, et qui plus nous touchent au cueur, qui jamais nous pourroient avenir. Et jasoit ce que aurions bien cause de plustost les taire que les publier ne manifester, toutesvoyes, pour la singulière amour et affection que avons à vous, comme ceulx qui tousjonrs ont esté bons et loyaulx subgetz de mondit seigneur, nous ne nous pourions ne vouldrions déporter de vous en advenir, afin que, à toute diligence, vous, pour le salut et remède de l'âme de mondit seigneur, faictes et faictes faire toutes les plus humbles et dévotes prières et oroisons que faire pourrez, ainsi que de nostre part avons bien intencion de faire. Et au surplus, très-chiers et bien amez, pour ce que avons esté et sommes au vray adverties que, à l'ocasion des grandes et pesantes guerres et affaires que mondit seigneur a eu à son vivant, depuis quil vinst à seignourie, vous et autres ses subgetz avez esté aucunement traveillez, tant au moyen des grans deniers qu'il a levé sur vous comme autrement, nous vous déclairons que nostre intencion est de, par l'advis des seigneurs de nostre sang estans lez nous, des gens de nostre grant conseil et des gens des trois estas des pais de par deçà, qui briefment doivent icy estre assemblez devers nous, allégier et soulagler vous et autres desdis pays des charges que par cy-devant avez eu et supporté, ainsi et par la manière que ferons déclarer ausdis des trois estas, et d'ores en avant traictier vous et tous ceulx desdis pais en la plus grande doulceur, bonne justice et policie que faire pourrons, et avec ce obvier, par bon conseil, et moiennant l'aide de Dieu et de noz bons subgetz, à toutes entreprinses que noz ennemis y
(1) Ou, au.
poulroient et vouldroient faire, à la plus grande et extrême diligence et par les meilleurs et plus convenables moyens que possible nous sera : nous confians que la bonne loyaullé que vous avez démonstrée envers mondit seigneur et ses prédr'ccsseurs vous continuerez envers nous, duchesse, sa seule fille et héritière. Très-chiers et bien amez, Nostre-Seigneur soit garde de vous. Escript à Gand, le xxnn"^ jour de janvier l'an lAXVI.
Maugarete. Marie.
Lacault.
Suscriplioti : A noz Irès-chiers et bien amez les prévosl , eschevins, nianans et habilans de nostre ville de Mous en Haynnau.
(Original, aux Archives de la ville de Mons.)
Lettre de Maiimilkii, duc d'Autriche, à Jean de Lonchamp, au seigneur de FcnieliiiotU , à Buriau de Hxin, tous trois chevaliers et ses chambellans, et à Henri d'Oulreniont, son receveur de Namur (I ), leur ordonnant de solliciter du magistrat et des bourgeois de JS'anmr une aide qui lui permette de lever des gens de guerre en Angleterre et en Suisse, pour résister au roi de France: :28 janvier Mil (1478, n. st.).
Très-chiers et bien amés, comme nous soions deument acertené que le roy de France fait de grandes préparacions à la guerre, pour, atout icelles et à la plus grande puissance de gens
(I) On lit, en tîie de celte lettre, dans le registre d'où elle est extraite : « Copie d'unes lettres closes envoyées |»ar le duc d'Ostrice, etc., à messiie
qu'il porta .-issaiiibiei, hiieC venir el soy boiitei- et intniire en nozpais et sei^neuii«s, et illecq enlièreraent deslruire et niectre à perpétuelle ruvne et désolarion ce qui est encore demeuré entier et en esire, et nous débouter el expulser de nosdicts pais, èsquelz il n'a quelque droit, et noz bous et léaux subgez rédiiier el mettre à perpétuelle servitute et calamité, comme ce publicquenient a fait publier par tout son royame, et que jamais ne cesseroit jusques à ce qu'il nous auia et noz subgez destruit, à quoy loutesvoies, à l'aide de Dieu, avons intencion de résister, et y eniploier tout ce que avons en ce monde, tant nostre aide comme iiostie deniaine, et, que plus est, noslre propie personne; et pour ce que, à ce faire , nous est besoins; et nécessaire l'aide et secours de tous nos bons el loiaux subgez, ancliiens et jeunes, petis el grans, qui ont quelque pooir et puissance, èsquelz nous avons nostre pleine confidence, nous escripvons présentement |)ardevers vous, vous mandons et commandons que vous tous, ou les deux de vous (|ue mieulx vacquier y porrez, vous transportés en nostre ville de Naniiir, et illecq, appeliez avec vous ceulx de la loy, parlés et communicquiés avec les notables, bourgois et mauans en icelle, soit en général ou en particulier, ainsy que verrez estre ali'aire pour le mieulx et pour le plus grant fruit de cesic malière, mesmenient avecq ceulx qui onl pooir et faculté de siij)p()rter aulcune despence, en induisant eulx et chascun d'eulx, et aussy eu les requérant de nostre part, sans fournie ou ligure de constrainle, à consentir et accorder libéralement ce (jue bon leur samblera, pour mectre sus et entretenir certain nombre de conpaignons de guerres des païs de Suiclies el d'Angleterre, pour estre preslz, avec nous el nostre générale armée, à tirer aux cbamps, ou autrement entendre au reboutement de.s enuemys, et à la garde, tuicion et deffence de
T Jehan de Lonchanip, le seiyneiir de Feininionl, messire Buriau de Hun, • chevaliers, ses chambellans, et Henri d'Outremont , son receveur de » Namur, tous ses conseillers, et à chascun d'eulx. •
nosilits pais, creulx-mesiiies, leurs femmes, enfants, biens et patrimoine, en leur donnant à congnoislre les grans périlz et dangiers en quoy nous et eulx sommes à présent, qui présentement sont taillés d'arcroisire, se liaslivement, puissamment et en temps n'y est pourveu et remédié; et mesmement qn'ilz veullent considérer la grant puissance de nosdits ennemis, leur crudtlité et iniquité, comment et en quelle manière ilz traitent les villes et subgez que, par force ou appoinclement, ilz ont distrait de nostre obéissance; quelles inhiimanitez ilz ont faites et commises; en quelque servitude et misère ilz les détiennent; quelles grandes excessives sommes ilz ont exigié d'eulx : dont ilz feront le samblable à tous noz autres noz subgez, s'il n'est obvié et résisté, par puissance et promptemeut, à leurs mauvaises et dampnables entreprises.
Leur remonsirant aussi comment nous, qui sommes seul lilz (le l'Empereur et poons vivre en paix, avons délaissié l'affluence de biens et vie voluptueuse que porions avoir, et, pour le bien et préservacion de noslre très-cbière conpaigne et de ses subgez, sommes venuz par deçà, et nous ofl'ert à ceste guerre très-dangereuse et inlinis périlz et fortunes de ce monde : aiant <:onfidence en la bonne querelle que avons, et que ne mesfeismes oncques au roy ne autre prince cbreslien, et es offres raisonnables et devoir èsquelz nous nous sommes mis : par quoy nous espérons avoir Dieu de nostre part, ouquel nous avons toute nostre confidence; et que desjà, pour la préservacion d'eulx et des pais de par deçà, noslre demaine est engagié pour grant partie, et noz baghes et joiaux : en faisant oullre à nosdits subgez de Namur toutes autres remonstrances et persuasions que vous sambleront servir à la matière; en les advertissant que nous n'entendons avoir aulcune maniance des deniers qu'ilz consentiront, mais demouront es mains de lelz de la loy, ou autres que vous et les plus notables adviserez, qui en feront le paiement aux conpaignons de guerre qui de par nous seront mis sus.
Et tous ceiilx (jui à ce taire terniront, enclins et voluntaires à nostre requeste, qui est leur propre salut , faictes-les mectre par escript, par bonne déclaracion, ensemble ce qn'ilz auront consenly et nccordé : lequel escript apportés ou envoyés à toute dilligence envers nous, adfin que puissons congnoistre ceulx qui ont pooir et puissance de aidier au bien de la chose publicque et de l'entretèneuient de nous et de nostre estât, pour cy-après le recongnoistre envers eulx, comme avons bien intencion, et aussy que puissons entendre de conbien ilz désirent leur propre bien et salvacion; et que ce qu'ilz voldront fairre, ilz le fâchent promptement, adfm qu'il soit de tant plus grant fruit pour nous et eulx : les advertissant que, sans nulle faulte, nous aurons brief secours de nostre très-redoubté seigneur et père l'Empereur, cl des autres j)rinces de la Gernuinie, qui ont délibéré de nous aidier; en attendant lequel, nous sommes conclu de nous mectre sus, pour entendre au reboutement des ennemys, adlin que par eulx ne soions prévenuz. Et en ce ne faites faulte, car nostre plaisir est tel.
Très-chiers et bien amez, Nostre-Seigneur soit garde de vous. Escript en nostre ville de Gand, le xxvni""' jour de jenvier anno LXXVJI. Amsy signé : Mam"', et De Bkkre.
(Archives de PÉlal, à iNamur : registre aux minutes du souverain bailliage de 1477 à 1485, fol. 14.)