LOYSE
Suscription : A monsieur mon bon fils l'Empereur. Reçue en Madril le iO* de mars.
(Copie du XVIIP siècle, aux Archives du royaume. )
(1) M. Lasz, Correspondenz des Kaisers Karl F; M. Aimé Champoi- LioN-FiGEAC, Captivité du roi François I^'' ; M. Le Glay, Négociations diplomatiques entre la France et VJutriche durant les trente premières années du XFI" siècle, ont publié un grand nombre de pièces louchant la bataille de Pavie, la captivité de François I" et les négociations du traité de Madrid. La lettre que nous donnons ici a échappé aux recherches de ces savants.
(2) Le S"^ de Montpesat.
Extrait d'une lettre écrite par la reine Marie de Hongrie, régente des Pays-Bas, an roi des Romains Ferdinand, son frère, touchant la décapitation d'Anne de Boîeyn : 25 mai 1536.
j'espère que les Anglois ne nous feront grant chose, et mesraes puisque sommes quicte de sa demoiselle, qui estoit bonne Françoise, laquelle, comme ne double estes averty, il a fait descapiter (I); et, afin que la vengeance en fusse prinse par subjets de Sa Majesté, il a fait venir le bourreau de Sainct-Omer, pour
(1) On lit les détails suivants, sur l'exécution d'Anne de Boleyn, dans une feiation qui existe aux Archives , et qui paraît avoir été envoyée de Londres à la reine Marie de Hongrie :
« Ladicte injuste royne , pour la dernière, a eu la teste tranchée sur ung ieschaffault , dedans la place du chasteaul de Londres, à portes ouvertes. Elle fut admenée par le cappitaine sur ledict eschaffault; elle estoit foible et eslonnée, et quatre demoiselles la suyvoient, regardant souvent derrière elle. Quant elle fut sur ledict eschaffault, elle pria de pouvoir dire quelque chose au peuple, asseurant qu'elle ne diroit synon chose bonne : ce que luy fut consenty par ledict cappitaine. Et après commença à eslever les yeulx devers le ciel, et cryer mercy à Dieu et au roy, pour l'offence qu'elle avoit faicte, requérant au peuple de tousjours prier Dieu pour le roy, car il estoit bon, doulx, gracieulx et amyable prince. Cela dit , l'on luy osta ung petit manteau fourré d'armynes; et après elle-mesme osta son attour de teste, qui estoit à l'eugloise, et une demoiselle luy bailla une coiffe de toille, en quoy elle envelopa ses cheveulx, et se mit à genoulx, et une desdictes demoiselles luy banda les yeulx. Et incontinent le bourreaul fit son office; et, estant sa teste hors du corps, elle fut prinse par une demoiselle, mis et couvert en ung linge blanc, et après le corps fut prins par les autres demoiselles, et tout ensemble porté en l'église plus prouchaine de ladicte tour de Londres. »
( 18 ) ce faire, à cause qu'ils n'en avoient des bons assez pour ce mestier, à son appélit. J'entends qu'il a desjà fiancé une autre gentil femme (i), que l'on dit estre bonne impérialiste (ne sçay si elle continuera) , à laquelle il portoit bonne vueille devant la mort de l'autre : qui fait penser les gens, avec ce que nuls, que ung organiste, de ceulx qui ont esté décapitez avec elle, ont congneu le fait, ny elle aussy, qu'il a trouvé ce stille, pour s'en faire quicte. Quoy qu'il en soit, l'on ne luy peult faire grant tord, quant oires l'on a réputé pour meschante : car ce a esté dès longtems son stile. Il est à espérer (si espoir l'on doit avoir à telles actes) que, quant il sera lasse de celle- cy, qu'il trouvera quelque occasion pour s'en faire quicte. Je croy que les femmes ne se contenteroient guères, si telles coustumes vinssent en trayn , et à bonne cause. Combien que n'aye emvye de me mettre en ce dangier, pour estre du genre féminin, prierai avec les autres qu'il nous en veuille bien garder
(Copie du XVIIl' siècle, aux Archives du royaume.)
(1) Jeanne Seymour.
Lettres du comte de Buren, du duc d'Arschot et du seigneur de Molembais à la reine Marie de Hongrie, régente des Pays-Bas, stir la prise de Saint-Pol : 15 juin 1537 (1).
Madame, nous avons eu bonne victoire de Sainct-Pol, et a esté prinse d'assaiilt le plus gentement et furieusement que jamais place fust; la plnspart tuez et aultres prisonniers. L'assault s'est donné des bondes de messieurs d'Iselstain et de Brederode, et leurs personnes, qui ont triumphé et monstre gens de bien. Labasterie a duré depuis les quatres heures du matin jusques à cinq heures du soir; et créons que de cent ans ne a esté veu plus belle victoire ny gallante, comme mons'' de la ThieuUoye amplement vous dira; auquel nous remectons. Et, grâce à Dieu, Vostre Majesté et tous voz bons serviteurs, c'est grande louenge et réputation ; et disons, madame, que avez esté bien servie. Madame, nous prions Dieu vous donner en santé sa grâce. De vostre ville de Sainct-Pol , le xv^ de juing , à six heures du soir.
Voz très-humbles et très-obéissans serviteurs,
Floris. Ph. de Croy. Phle de Lannoy.
Suscription : A la Royne, contessede Sainct-Pol.
(Copie (lu temps , aux Archives du royaume. )
(1) Voir, sur ce fait d'armes, Martin du Bellay, qui était lui-même dans la place, et Simonde de Sismondi, Histoire des Français, t. XI, p. 493, éditde la Société typographique belge.