LES NOBLES ET VASSAULX
Le S' d'Enghien.
Le S"" d'Anthoing.
Le S^ de Havrech.
Le S" de Fontaine.
Le S' de Senzelles.
Le S' de Bouzies.
Le S' de Condet. Le S' de Leiize.
Le S' de Gommegnies.
Le S' de Hordaing, séneschal d'Ostrevant.
Le S"" de Frasne.
Le S"^ de Ville.
Le S' de Briffoel.
Le S"' de Burry.
Le S' de Harchies.
Le S' de Nouvelles.
Le S' d'Angre.
Le S' de Kiévraing.
Le S'' de Hasveng.
Le S'" d'OUegnyes.
Le S"- de Wilerval.
Le S'' de Monstroel.
Le S"' de Sainctes.
Le S"" d'Ayraeries.
Le S"^ de Beudenghien.
Le S' de Bernissart.
Le S' de Ham.
Le S' d'Esclaibes.
Le S"^ de Hoves.
Le S" de Sepmeries.
Le S"^ de Lombize.
Le S' de Lyeltre.
Le S'' de Waiidripond.
Le S' de l'Esclatière.
Le $■■ de Mousliers.
Le S' de Dameries.
Le S'' de Léaucourt.
Le S"^ de Bièvres.
Le S"^ de Morchimpont.
Le S' de Mastaing.
Le S"" d'Audregnies.
Le S"" de Hornaing.
Le S'' de Ouiévrecliin.
Le S' de Louvegnies.
Le S"^ de Doiir.
Le S' de Beaurieu.
Le S' de Masniiy-Sainct-Pierre.
Le S' de Roelt.
Le S"^ de Noefvillcs.
Le S"^ de Sars.
Le S'' de Thieusies.
Le S"' d'Amfroipret.
Le S" de Sainct-Simphorien.
Le S" de Gussegnics.
Le S"' de Boussoit.
Le S' d'Obies.
Le S"^ de Bougnies.
Le S" de Bettrechies.
Le S"^ de Hyon,
Le S"^ de Molembais.
Le S' de Chiply.
Le S"^ d'Anvaiog.
Le S' d'Asquillies.
Le S'' de Ladeuze.
Le S"' de Noirchin.
Le S"^ de Moulbais.
Le S. de Stinckerrqiie.
Le S'' d'Aulnoit.
Le S" de Hoves.
Le S'^ de Trelon.
Le S' de Maulde.
Le S" de Glajon.
Le S"^ de Papegnùs.
Le S'' de Haucli)'.
Le S'' de Woncq.
Le S' de Vendegies-ou-Bois.
Le S"^ de Frasnes.
Le S' de Warelles.
Le S"^ de Buisenal.
Le S'' i\e Louvegnies-lez-Bavay.
Le S"^ de le Jlotle.
Le S' de Vertain.
Le S"^ de Wasmes.
Le S"^ de Bermerain.
Le S' de GrantmotzpoiirHaynnau.
Le S'' de Sainct-Martin.
Le S'' de le Motte à Mnrconrt.
Le S"" de Pottellfs.
Le S'' de Callenelles.
Le S"^ de Haynin.
Le S' de Ghiebrechies.
Le S' de Solre.
Le S"" d'Arondeau.
Le S"^ de Roisin.
Le S"^ de Blicquy.
(Ofi)
Le S' de le Caltoire.
Le S' de Mollain,
Le S' du Jardin.
Le S"" de Bryastre.
Le S' de Ladeiize.
Le S' de Wargny.
Le S' de Betlinsail.
Le S' d'Eth.
Le S' d'Acrene.
Le S"^ de Sassegnies.
Le S' de Mevregnies.
Le S' de Ghomegnies.
Le S"^ de Thoricoiirt.
Le S"" d'Inibrechies.
Le S' <le Fouleng.
Le S' de airelles.
Le S" de Famars.
Le $■■ de Lompret.
Le S"^ d'Aiibry.
Le S"" de Mainrieu.
Le S-^ de Pont.
Le S"' de Bettegnies.
Le S' de Préseaii.
Le S"' d'Eslesmes.
Le S"^ de Saultainiy.
Le S"" de Beaurieu.
Le S" de Bruay.
Le S"^ de Serfontaine.
Le S"^ d'Audoraelz.
Le S"^ de Wattegnies.
Le S"' de Doucy.
Le S" de Cheausy.
Le S' de Briinnaiimont.
Le S"^ de Hermusart.
Le S' de Campeau.
Le S' du ViesmasniL
Le S' de Villers-aii-Bois.
Le S' de Baisselian.
Le S"^ de Hellesnios.
Le S^ de le Val.
Le S' de Bellaing.
Le S"^ d'Audelgnies.
Le S' de Tliiant.
Le S" de Bellegnies.
Le S' de Nojelles.
Le S"^ de Bièvene-!e-Happarl.
Le S"" de Rommeries.
Le S'^ de Rouvroir.
Le S"^ d'Escarmainçf.
Le S" de Peissaiit.
Le S" de Biiacli.
Le S"^ de Hanchin.
Le S' de Yendegies-siir Fscaillon.
Le S'' de Carnières.
Le S" de Sommaing
Le S" de Ressay.
Le S" de Beaudegnies.
Le S"- de le Val.
Le S"^ de Hecqiies.
Le S"^ de Ryauwelz.
Le S' de Preu.
Le S'' de Trivières.
Le S' de Poix.
Le S"^ d'Augreau.
Le S"" de Beaiiraing.
LES OFFICIERS OnDINAIP.ES.
felian Fourneau, le piévost de Mons chastelain de Bouchain.
Rol)erl de Trazcgnics, chastelain Loys de Sivry, prévost de Mauhoegc.
d'AlIi. Anthoine de Bouysars, prévost de
Claude de Hamaide, prévost-le-comip Bavay.
en Vallenciennes. Anllioine de Marbaix.le baillvdeHal.
Robert de Harchies, chastelain de Braine.
Laurent de Sillies, piévost de Binch.
Anlhoine de Goegnies, prévosl du Ouesnoj.
Le bailly de Lessincs.
Le gouverneur d'Avesnes.
Le gouverneur de Landrechies.
Guillaume le Beglie, conseiller ordinaire de Sa Maj'-sté.
Antlioino Lebrun , idem.
Philippe de le Saime, idem.
Séverin Francliois, idem.
Jacques Joveneau, greffier de la court à Mons,
Jacques l'Homme, receveur général.
Hugues de la Haye, receveur de Mons.
Gaultier de Lyere , receveur des aydes.
Gaultier du Cliastel, receveur des mortesmains.
Gérard Dubois, prévost d'Esloges.
Hubert de la Vallée, bailly de Baudour.
Nicolas Moreau , greffier des mortelmains.
Charles deVillers, maveur de Mons.
DKPITES DES VILLES.
Mon.s.
Vallenciennes.
Ath.
Enghien.
Mauboege.
Binch.
Quesnoy.
Bouchain.
Landrechies.
Avesnes.
Bavay.
Songnies.
Hal.
Braine-Ie-Comle
Chierves.
Condet.
Sainct-Ghislain
Beaumonl.
Leuze.
Le Roelx.
Chimay.
Pesquencourt.
Lessines.
CIIASTEALLX EN JIAVNWU.
Boussu.
Haynin.
Monstroel- sur-Haisne.
Roisin.
Kiévrainx.
Aiulregnies.
Ouiévrechin.
Bléangies.
Ville.
Harchies.
Eslanibruges.
Herchies.
Lens.
Casteau.
Havpech.
Uoussoit.
Sars.
Hen-ipont.
Escaussincs.
La Follie.
Sainctes.
Féliiy.
Engliien.
Ottinghen.
Ham.
Anvaing.
Cordes.
Anthoing.
Ravines.
Briffoel.
Pérueiz.
Bieiz.
Gliiebrechies.
Blaton.
Bernissart.
Moulbaix.
Blicquy.
Bailloel.
Huncegnies.
Beltinsart.
Irclionwelz.
Arbe et Allre
Ligne.
Le Hamaiile.
Melin.
OUegnyes.
Brugelettes.
Lombize.
Wercbin.
Main.
Famars.
Artre.
Aubry.
Frasqe.
Buvreiges.
Hordaing.
Maslaing.
Escaudoeiivre.
Villers-au-Tertre.
Bugnicdurl.
Marcq.
Escaillon.
Lalaing.
Rieulay.
Wallers.
BelIaÏDg.
Wasières.
Gheulesin.
Montegny.
Prouvy.
Thiant.
Noyelles.
Haiissy.
Buzegnies.
Wargny.
Amfroipret.
Pottelles.
Berlaymont.
Aimeries.
Priches.
Glajon.
Trelon.
Liessies.
Hasveng.
Jeumont.
Erquelines.
Solre-sur-Sambrc.
Montegny-S'-Christophe.
Barbenchon.
Senzelles.
Solre.
Beaurieu.
Hernynsart.
Fioyon.
Esclabbes. Forchics.
La Longueville. Hiitle.
Le Buissière. Fontaines.
(Archives do TÉlat, à Mons : Hegistre aux actes des états de Bainnnt, de lîi'69 « liiGO, foi. 140-ir.O.)
Relation de l'exécution des comtes d'Egmont et de Homes 5 juin 15G8.
Le iiii"'^ du mois de juing de cest an 1568, les seigneurs I comtes d'Egmont et de Homes furent amenez, vers le soir de ce jour, séparément, en doux chariotz, audict Bruxelles, ayant pour leur garde vint-deux enseignes des Espaignolz, et cincq ou six cornettes de chevaulx-légiers. Et parvenus jusques au grand Marchié de ceste ville de Bruxelles, furent constituez prisonniers sur le lieu illecq dict le Broothus, contraire à l'intention I d'iceux seigneurs d'estre menez en leurs logis, et d'avoir iceux pour prison , suivant les persuations et promesses qu'ilz de la garde leurs avoient faict, tant en partant dudict chasteau de Gandl que en chemin vers ledict Bruxelles, comme aussy madame la comtesse d'Egmont, sa compaigne, se trouva frustrée j de son attente en grand dévotion avecq ses enffans, trois filz et I huict fdles; mesmes icelle dame comtesse ne eut la permission i de porter quelque portion à souper audict seigneur, son marv, ' ne luy faire dresser ung lict qu'elle avoit préparé : qu'estoit aug- ; nientation de sa paine et tristesse, au lieu de consolation qu'elle j avoit espéré de l'avoir cestuy jour au soir en son logis. I Et le jour ensuyvant, cincquiesme dudict mois de juing, au
poini (lu jour, le socrôiairo Mesdach Iiiy apporta la sentence aii- (lict Broolhus, ensaniblo audict seigneur de Hornes, insinuant ausdicts seigneurs le contenu d'icelles leurs sentences capitales, pour eslre chargez de crime de lèse-niajeslé. NicoUas de Landas, seigneur de Hcule, grand hailly d'Armentières , ville de grand renommée pour le faict de drapperie, appartenant audict seigneur comte d'Egmont, en avoit faict ses deffences , comme procureur d'icelluy seigneur patient, pour vérifications et justifications des charges à luy imposées, comme s'estoit faict pour lodict seigneur de Hornes. Ayant icelluy procureur Landas décliné ledict seigneur duc d'Alve pour juge, ne fût que de par Sa Majesté y eût commissaires de six chevaliers dudict ordre avecq luy, pour en prendre congnoissance, soustenant les commissaires du licentié Vergas et docteur del Ryo inpertinentpour instruire le procès d'icelluy seigneur patient , suyvant les statutz d'icelle ordre (comme estoil soustenu pour ledict seigneur de Hornes), ayant requis pour commissaires les seigneurs duc d'Arschot, le comte de Ligne, le seigneur de Barlayniont et aultres chevaliers dudict ordre, artîn de estre par eux visitez les accusations et deffences d'iceulx deux seigneurs patientz, et par ensamble adviser les moyens raisonnables pour conservation des statutz de cest ordre : en quoy, au regard de la jurisdiction, ont esté faicts grandes débats et justifications. Et l'ayant entendu par ledict duc d'Alve, il envoya quérir ledict seigneur procureur; et, venu devant Son Excellence, luy dict colériquement : Vos alborotais la gente contra me; vostra cabeça me la payera (i ). Et sur ce qu'icelluy procureur prétendoit s'excuser, réitéra ces mots : « Vostre teste me le payera : » à raison de quoy, cestuy procureur, fort estonné d'icelles menaches, se retira au pays de Liège, pour ne cheoir en tel val de mort. Nonobstant lesquelz
(1) La Iradurlion de ces mots espagnols, dont plusieurs ont été estropiés |iar l'Iiistorien, est la suivante : » ^'ous soulevez les oens contre moi; votre « lêle me le payera. «^
debvoirs diidict prociiieiir Landas, et en après par ses subsliliitz pour sadicte absence, aiiroienl esté condempnez lesdicls seigneurs comtes (comme dessus).
Et environ les xu lieures do ce cincquiesme jour de juing, ([u'estoit la nuict de Penlecoste 1568, iceulx deux seigneurs con)les furent amenez hors dudict Broothus, ledict seigneur comte d'Egmont premier, assisté du révérendissime évesque d'Ypre pour son confesseur, avecq lequel il monta sur l'eschafl'ault couvert de drap noir, dressé près des degretz dudict Broolhuys, estant conduict et accostez des capitaines Julien Romero, Salines et quelques aultres, assistant sur ce lieu du grand Marchié lesdicts vingt-deux enseignes d'Espaignolz rangez en bataille, et posé grand garde es principaux lieux d'icelle ville, par-dessus une ronde de chevallerie. Le prévost Spelle y estoit aussy assistent avecq ses gens de cheval et de piedt près dudict eschafFault, comme prévost général de la court. Et estant icelluy seigneur comte d'Egmont ainsi monté sur ledict escbaffault, demanda, entre peu de parolles qu'il eult (en regardant ladicle gendarmerie et une infinité de peuple y estant hault et bas), s'il n'y avoit point de grâce : à quoy ledict capitaine Julien respondict que non, démonstrant en estre dolant; que lors ledict seigneur comte patient laissa tomber son manteau qu'il avoit sur sa robbe de nuict, se prosterna à genoulx sur ou près de l'un des coussins noirs y estans, devant une croix et deux chierges, et ainsi à genoulx laissa tomber icelle sa robbe, mectant lez luy son chapeau garny de phunaiges; et, ayant adoré la croix , avalit (IJ son petit bonet ou linge qu'il avoit, sur ses yeulx. Au mesme instant, maistre Charles, officier des haultes oeuvres (que l'on disoit avoir esté son lacquey), monta sur ledict eschalfault, sans avoir esté veu d'icelluy patient; lequel officier luy abatyl promptement la teste. Son corps fut soubdainement couvert dudict
(1) Jvalitf abaissa.
drap noir, porté par lesdicls capitaines, ou Iraisnûau bort d'un costé dudicl eschalïault : estant descendu ledict oliicier, se tenant caché, tant que ledict seigneur comte de Homes y fut amené et monté sur ledict eschalFault, accosté desdicts capitaines et d'un confesseur. Et appercevant icelluy seigneur de Uornes patient ledict corps soubz ledict drap renversé, dict ces motz : « Estes- » vous là, monsieur mon amy? » Et se prosternant aussy hastivement sur ou près d'ung aultre coussin, sans beaucop de parolles, et ayant ses yeux bandés, ledict ofïicier monta aultre fois; lequel ofïicier leauroil pareillement dépesché par l'exécution de l'espée.
Leurs testes furent après dressez sur deux estaches ou pals de l'er, assçavoir : celle dudict feu seigneur comte d'Egmont deffunct à celle du costé dcctre, regardant vers la Flandre, et celle dudict seigneur de Mornes sur celle du costé gauche, vers le Ilaynnau.
(Extrait d'une histoire inédite des troubles des Pays- Bas (1), conservée aux Archives du royaume.)
(I) Cette histoire, ouvraj;e d'un contemporain, commence en ir»f>t5 el va jusijuen IoiSl'. Le manuscrit qui en existe aux Archives est l'oriijinal, ou, pour mieux <lire, la minute, car on y rcmariiue Ijeaucoup de ratures el de corrcitioiis Malhciiuust meut, il ^'y tiouvc des !a';i:ncs.
Relation des exécutions faites à Bruxelles les l''^ 2 e< 5 juin 1568, et en particulier de celle des comtes d'Egmont et de Homes (1).
Âviéndose visto , después que el duque llegô en estos Estados , y prendiô los condes de Home y Aganiont, los processus deslos senores, y de los ausentes, principe de Oranges, condes Ludovico, Ostrat, Culeniburque, Bramdemberghe (2J y de Brederode, y de otros muchos presos, gente mas menuda, en quien se a executado estos dias atràs la justicia, niuy exemplarmente, en todas las villas, à los de 2 abrill, se pronunciô sentencia contra ellos, y se dieron por traidores, reveldes de Su Mag^J; y se confiscaron sus bienes para su rreal corona; y se mandô hechar por tierra la casa de Culemburque , porque se ballô aver salido délia â dar la rrequesta â Madama , después de aver en la dicba casa consultâdolo los confederados , en que contenia las desvergùenças y desacatos que se save, y que se le ponga un padron, declarando la causa.
Y el martes seguienle, primero de junio, fueron degollados, en plaça del Samblon, cavalleros de los que estavan en Villavorde, que son los dos Batemburgen, el uno que fué paje del Emperador, y el otro de Su Magesdad; Pierre, S"" de Andalot, Maximilian de Bois, dicho Cocq, Siour Beyma, gentilhombre frisson, Hartraan Galama, gentilhombre frisson, Jehan de Bois
(1) La relation qui précède est l'ouvrage d'un patriote; celle-ci a été rédigée par un des officiers ou des secrétaires du duc d'Albe. {"■2) Vauden Bergh.
de Tresloii , Jaques del Xend;in, Pierie Walepales, y Phelipe Watepates , su hermano,
Estos niurieron liereges, y con una obstinacion diabôlica, y Iras estos degoUaron los seguientes : Bartolonieo de Laval , italiano; Phelipe de Vingles, gentilhombre flamenco; T'Yemiri Pellica, Luys Calice, Phelipe Jiist, Jean Rreniault, Arlus de Baudechon , Constantin de Brusel.
Estos murieron cathôlicos, y algunos dellos con conoscimienlo de sus culpas.
Miércoles , dos del dicho , se degollaron en la dicha plara nions'' de Villers y mons"^ de Duy, porla-ensegna de nions'' do Barlayniont, de los que se prendieron en la rota de Dalen, y Quintin Benoit, uno de los que estavan en Villavorde. Los dos primeros niurieron cathôlicos, aunque el Villers dixo algunas palabras escandalosas, deziendo que nioria por cl pueblo y por justa demanda, y el Duy, conio lionibre, y con gran conosciiniento de sus culpas y de los desservicios que avia hecho à Su Mag"*^.
Luego, otro dia del dicho, se aviso al capilan Salinas, para que traxesse â esta villa los condcs de Horne y Aganionl, los quales partieron de Gante, con la ôrden seguiente, jueves, â los 1res del dicho mes.
Venia en la avanguardia el capitan Medivilla , con su conipania y la arcabuzeria de don Juan de Figiieroa, Garci Suares, y don R° de Toledo.
Tras la dicha arcabuzeria, venian las picas de las dichas 1res companias, y con ellas en vanguardia el capitan Garci Suares y don R° de ïoledo, y las quatre vanderas de las dichas companias.
Scguia tras esto el carro del conde de Agamonl, yendo el capitan Tordesillas y don Juan de Figueroa denlro dél, con su arcabuzeria de Tordesillas al contorno del dicho carro.
Tras del dicho carro de Againont, seguia la arcabuzeria de K° Pères y Lorenço de Perea, y don Luys de Kreynoso, junta-
( 'o ) inc'iile (011 las picas de sus 1res conipaiiias, y las picas delà de Tordesillas.
Segiiia Iras csto el earro del conde de Morne, y Antonio de Avila y el capitan Erasso dentro dél, y la arcabuzeria del dielio capitan Erasso al contorno del diclio carre; y tras el carre, las |)icas del dieho Erasso y de don Antonio de Toledo, y don Heinando de Sayabedra con sus personas en vanguardia de las diclias pieas, y banderas de todas quatre companias.
Tras eslo, seguia con la rectaguardia don Fernando de Anasco con su conipania, y la arcabuzeria de las companias de don Antonio de Tolède y don Hernande de Sayabedra,
De la conipania de cavallos de Sanclio de Avila, venian cin- (juenta lanças delante de la vanguardia, y otras lantas tras la rectaguardia.
Y desla maniera enlraron en Bruselas viernes, â las dos después de inediedia, 4 de junio, adonde se ftieron alojar las diez vamleras; y las dos y otras dos del tercio de Sicilia quedaren en la plaça, de guardia à los dichos rondes, los quales se aposentaron en la casa de Su Mag^'^ que esta en la diclia plaça, cada uiio de por si con puerlas y ventanas clavadas; y à las onze lue el obispo de Ypre, â quien el duque avia niandado venir para este eleclo, â dezirles cenio estavan sentenciados a niuerte, que ordenassen sus aimas. El de Agamont, que dormia aquella ora, alterôse deniasiadamenle, deziendo que no savia por que, ni era posible que aquello se biziesse con cl, avicndo servido sienipie à Dios y â Su Magesdad, sin bazerles jamas desservicio; que del inoiir no le pesava, pues avia nacido con aquella deuda; que lo ijue sentia era la lienrra : pero luego se levante y se confesô con inucha devocion y arrepeniiniiento de sus culpas; y estuve toda la nncbe de rodillas, pidiendo à Dios perdoii délias.
El de Home dixo que no ténia que se confesar, que ya eslava confesado; y asi estuvo gran ralo porliando : â la lin, dixo <jue viniesse el conlcsor; (jiie no se [teidia nada en escucbar un rato un honibre. Despues dizen (jue se coiil'esô y rresciviô el
sanlissiiuo saciamento con gran conliicion ; y plega à Dios le perdone.
Esluvieron ambos assi liasla las nueve, que el de Agamonl coniençô à dar priessa por la mucrte, y que, pues avia de morir, para que lo tenian lanto en aquel travajo ? A las diez le sacaron à un cadahalsso que esta écho en milad de la pla^a, cubierlo lodo de paùo negro , y al un lado dos hachas con un crucilixo en niedio.
Saliô priinero el de Agamonl con una ropa de levanlar de daniasco, carmesin, y un herreruelo negro encinia, y un sombrero; y hincôse de rodillas sobre una almohada, y estuvopueslas las manos, las quales sele dexaronsueltas, porque diù su palabra, como cavallero, de no hazer menco con ellas, por donde pudiese errar el golpe el verdugo, al quai él ni el de Horne vieron, porque le tenian ascondido; y levantando los ojos al cielo cou grandissima contricion , se volviô â levanlar, y quitôse el herreruelo y la ropa, y baxôse delante los ojos una escofia que ténia, y diziendo : In manus tuas, Domine, una vez, y volviendo segunda, le saltô la caveça, casi con la palabra en la boca, en el suelo.
Tomaron su cuerpo, y pusiéronle debaxo un paùo negro; y luego vino el de Horne, en quien se executô de la mesiua manera, ecepto no estuvo tan en si como el de Agamont, y dixo al pueblo que rogasen â Dios por él, que no avia servido al Rey nuestro senor como dévia; y pusieron en el lugar; y corlada la caveça, los pusieron â ambos junlos cubiertos con panos, y las caveças à los lados , levantadas sobre dos varas.
La infanteria estava toda en eseuadron , y por las bocas de las calles de la villa pueslas postas de arcabuzeros.
Cierto a sido un espectâculo tan terrible y de tan gran provecho para el servicio de Dios, y reputacion por la authoridad de Su Magesdad, que por ventura no se a oydo jamàs semejante, pues in medio de tantas armas, y en lugar donde estos senores cran tun bien (jue estos, tan cnipareulados y amados, a mos-
tiailo el cluque en el lugar que Su Magesdad liene la juslitia, y con el rigor que se an de casligar las ofensas de Dios, â quieii se suplica le dé iiiuy larga vida, para eslablecer su santa lé calù-
lica.
(Original , à la bibliothèque impériale, à Paris, MS. S'-Geimain Harlay i'28''", piùcc 7.)
Deux lettres du duc d'Âlbe au seigneur de Noircarmcs , grand bailli de Hainaut, sur le passage par les Pays-Bas de la reine Anne d'Autriche, et la dépulation ainsi que le présent à lui faire par les états de ces provinces; suivies de la relation du voyage des députés des états de Hainaut à Niniègue : '21 juin — 25 août 1570.
Preiuiërc lettre du duc «l'j%lbe.
Monsieur de Noircarmes, comme la royne, espeuse de Sa Majesté, prend son chemin par ceste mer occéane, et conscquanment par quelque endroict de ces pays, qui est encoiros incertain , comme aussy est le temps de son arrivée, sinon que apparentement ce sera vers le x™^ d'aougst , m'a semblé qu'il sera bienséant que les députez des estatz de par deçà et les principaulx de la noblesse luy aillent baiser les mains en la première ville principale où elle passera, en laquelle ilz se pourront addresser à moy; et, suivant ce, me suys advisé d'ad\erlir les gouverneurs des pays, afiin de s'y trouver en personne, el qu ilz
le l'acenl eiileiulre, Uint jinsdicts cslaiz que à ceiilx de la noblesse lespectiveincnl, pour se povoir apprester et acheminer de bonne heure, selon les nouvelles quilz pourront avoir d'icy à là; el ainsy vous requiers d'en user en Haynnau. Quant au nombre (les députez, prenant regard à l'estroictesse qu'il y aura de logement, semble sufHre qu'il y viengne, de la part de chasque membre des estatz de Haynnau , deux, quy seront six personnes en tout; mais, quant à la noblesse qui y viendra voluntairemcnt, tant plus qu'il y en aura, meisme des principaulx, tant plus d'occasion sera-ce donner à ladicte dame de conlirmer à Sa Majesté l'alFeclion et amour que luy portent ses vassaulx et subjeclz de par deçà. A tant, monsieur de Noircarmes, Nostre- Seigneur vous doint sa saincle grâce. De Bruxelles, le xxi""= de juing i570.
Voslre amy, F. A. DUC d'Alva.
J. COURTEWILLE.
^ecunclc lettre tlii due d'Albe.
Monsieur de Noircarmes , je ne double que vous n'ayez adverli les estatz de Haynnau, suyvant mes précédentes, de l'apparence qu'il y avoit de la venue de la royne, espeuze du Hoy , pur ces pays, et de mon intention quant à l'envoy des députez det^dicts estalz au-devant de Sa Majesté Réginale, et de ceulx de la noblesse qui y vouldriont venir en leur nom privé. Et, comme j'ay eu depuis nouvelles qu'elle descendra le Ryn en bas sur Nymmeghen, où elle pourra arriver vers le x""^ d'aougst prochain, il m'a samblé requis que lesdicfs députez et nobles veullans venir en leur nom privé, comme dessus, s'acheminent selon ce, j)Our arriver vers le vm""= dudict mois à Bois-le-Duc, où ilz aulont de mes nouvelles sur ce (jue leur restera à faire ultérieuiejjienl. Dont je vous ay bien voulu l'aire encoires ce mot, afin
que vous le puissiez ainsy faire entendre aiisdicts eslats, et ailleurs où vous le verrez convenir. Et, d'aultant que c'est une princesse vers laquelle les estatz de par deçà debvriont user de quelque gentilesse et courtoisie, ores qu'elle ne fust que petiteiille (comme elle est) de feu l'empereur Charles, de haulte mémoire, nostre souverain seigneur (que Dieu ait en sa gloire), par où, en son degré, deffaillans autres plus proches, elle pourroit succéder ausdicts pays de par deçà , par plus forte raison doncques à cesl heure, estant espeuze de Sa Majesté et nostre future royne, il me semble que, ayant considération à ce que l'on est accoustumé d'user en cas semblable du passé, lesdicts estatz ne peuvent moins que de luy faire ung présent par ensemble d'environ cent mil escuz une foiz, à estre trouvé par lesdicts estatz eslans accoustumez de contribuer ensemble (I) , et que lesdicts estatz de Haynnau y doibvent contribuer, pour leur part, la somme de douze mil florins, de quarante gros monnoye de Flandres chascun florin, une fois. Vous vueillant i)ien dire davantaige que j'ay pensé de faire ce présent, ou nom (lesdicts estatz, non en argent comptant, mais en tapisseries, linges et aultres meubles semblables, les faisant faire de nouveau, armoyez des armes des provinces y ayans contribué, afin que ladicte dame s'en souviengne plus longuement : par où lesdicts estatz auront aussy tant plus de loisir à trouver les deniers avec leur moindre incommodité. A ceste cause, vous requiers (|ue, à l'assamblée desdicts estatz de Haynnau, leur veullez proposer ce que dessus, tenant la main afin qu'ilz envoyent leursdicts députez contre ledict jour précisément, chargez selon ce. Et, d'aultant que le temps est sy court, sera
(1) Les élats « eslans accoustumez de contribuer ensenihlo", el qui, par ce motif, étaient seuls appelés aux assemblées ordinaires des états ,oénéraux , étaient ceux de Brahant, de Flandre, d'Artois, de Hainaul,de Hollande, de Zélande, de Lille, Douai et Orcliies, de Namur, de Tournay, de Tournaisis, d'ilreclil Pl deMalines.
l)Psoin£; d'y user tie diligence. A lanl, monsieur de Noircarmes, Nostre-Seigneur vous ait en sa sainte garde. D'Anvers, le XX""" jour de jiillet 1570.
Vostre amy, F. A. DUC d'Alva.
D'OVERLOEPE.
Discours <!ii ^oy.^is;o «le NynR'glie faiol par niesseignours les prôlalir (le Sainct Gliislain et Liessies , députez pour le clergé; Fruncliois Ghodin , psphevin de la ville de Mons, Gilles Poltier, seigneur de Dnurs, du rnnseil d'ioelle ville, Ksiievène Mainsent, pensionnaire , cnnmiis pour l'absence Séverin Fiancliois, greffier des eslatz, s'estant excusé du voyage, el Jehan Gosselin, messagier, pour baiser les mains de la royne d'Espaigne, lille de l'Empereur, e.speuze du Roy, nostre sire, aussy faire rapport à Son Excellence de la résolution prinse aux estalz tenus audict Mons les xxviii et xxix juillet de l'an mil V<" snixante-dix.
Le joedy, m""" d'aoust 1570, lesdicts députez partirent dudift Mons, et arrivèrent au soir à l'abbaye de Lobbcs.
,\u lendemain, nn'"% à Naniur, où, par l'advis de monseigneur (le Berlayniont, séjournèrent le v'"^ pour avec la suyte de Sa Seigneurie et monseigneur de JNoircarnies s'embarquer par la rivière de Meuse.
Le dimencho v""*, partirent de Namur, et arrivèrent au soir à Liège avec les seigneurs.
Le lundy vi'"% du matin, comme messeigneurs les prélatz furent faire la révérence à Sa Grftce Révérendissime en son palais audict Liège, les députez des villes feirent le semblable, luy présentant service, qu'il print de bonne part, déclarant estre prest de les accommoder en tout ce qu'ilz auroient de besoing; el, suyvant ce, lesdicts dépiilez s'embarquèrent et passèrent par Maestricht, et au soir arrivèrent et passèrent à Masich, pays el ville de Liège, avec les seigneurs.
Le mardy, partirent dudict Masich et vinrent en la ville de
Rureniunfle, pays deGheldre, environ midy, puis arrivèrent au soir à Venelo, pays dudict Gheldre, avec les seigneurs.
Le mercredy ix""*, dudict Venelo arrivèrent au giste à Moeck , pays de Clèves.
Le joedy x™% arrivèrent devant midy audict Nimèghe avec lesdicts seigneurs, et y séjournèrent le x»""^ et xu™^ dudict mois.
Et ledict xn™®, environ xii heures avant midy, monseigneur (le Noircarmes, comme grand bailly de Haynnau, lesdicts prélatz (le Sainct-Ghislain et Liessies pour le clergé, niesseigneurs de Willerval et de Vendegies pour les nobles, avec les députez desdictes villes, furent mandez vers Son Excellence, pour faire rapport, comme ils ftirent par ledict Mainsent, pensionnaire. Son Excellence présente, aussi monseigneur le duc d'Aerschot, le grand pryeur, monsieur le comte de Meghe , monsieur de Berlaymont, monsieur de Grobendonck et monsieur le président Tisnacq, suyvant la résolution desdicts estatz, rédigée en escript par certain acte délivré à Son Excellence, laquelle convocqua les prénommez seigneurs; et ayant consulté, ledict président Tisnacq déclara ausdicts députez que Son Excellence remercioil lesdicts estatz de leurs bons offices, requérant y continuer, les asseurant qu'il en advertiroit Sa Majesté, meisme la royne, de l'accord des 12,000 florins, et que sur les aultres poinctz narrez par leur rnpport Son Excellence adviseroit, pour en donner response.
Et, comme monseigneur de Noircarmes, ce meisme jour, alloil au-devant de la royne en Glèves, les députez des villes se trouvèrent vers Sa Seigneurie, demandant sy, durant son absence, avoient aultre chose à faire; lequel fist response qu ilz tittendassent la venue de la royne, pour parachever le surplus de l(Mir charge.
A ceste cause, lesdicts députez ont séjourné audict Nymmèghe le dimenche, xin*"^ dudict mois.
Le lundy, xiiu™^ dudict mois, la royne arriva audict Nym-
(Si)
mèghe environ iiii ol v heures puis midy, avnnl , par le clerg<'*, les clievaliers <le l'ordre et aiiltres do la noblesse, nieisme le magistral dtulict Nyninièghe, esté au-devant d'icelle en robbes, sur la rive de la rivière de Wale, et par chascun d'eulx, à sa léception et convoy en icelle ville, esté observées pluisieurs solemnitez.
Au lendemain xv™'", jour de l'Assumption de la Vierge Marie, la messe fut célébrée au palais par l'évesqne dudicl Ruremonde, on la présence de la royne, des seigneurs de son convoy et suyte, aussy les chevaliers de l'ordre portans le grand collier, et aullres seigneurs et gentilzbomnies de par deçà.
Et, comme les députez avoient esté adverliz d'eulx tenir preslz pour, ce mcisme jour, entre ix et x heures avant midy, avec les aullres estalz , baiser les moins de la royne , cl lui présenter, au nom d'iceulx eslatz, la value de cent mil escus eu tapisseries et linges, ceste résolution fut changée, au moyen qiu' les seigneurs du convoy de la royne ne s'estoient encoire deschargiez de sa personne, el la remis es mains de Son l'Acellence, de manière que les députez furent remis au lendemain pour faire leur debvoir.
Ledict xv™* jour d'aougst, après midy, les seigneurs d'Allemaigne se descliargèrent de la personne de Sa Majesté, et la remirent es mains de Son Excellence, en la présence de toute la noblesse, observant pluisieurs cérémonies.
Le xvi""' dudict mois , les députez des estatz furent assemblez au couvent des Frères-Prescheurs dudict Nymmèghe, où les députez de Brabant firent lecture de la proposition qu'ilz entendoient faire déclarer par le pensi«nnaire de Bruxelles : contre qiioy les députez des aultres estatz s'opposèrent de prime face, maintenant qu'ilz ne pooient d'eulx-meismes attribuer ceste prééminence à leur pensionnaire, veu que la proposition se faisoit hors du pays de Brabant, et que, à ceste cause, l'on debvoit choisir quelque député desdicls estalz pour faire ladicte proposition : réplicquant lesdicts de Brabant que la prééminence leur
( 85 ) npparlenoit comme plus anchiens desdicts eslalz. Et, commo l'on estoit sur ceste altercation , fut adverty par l'huissier que Son Excellence altendoit lesdicts des eslatz, de manière que, pour expédition de la chose, chascun pays, par ses députez, prolesta que l'emprinse desdicts de Brahant se passoit sans préjudice.
Et venuz au palais, Son Excellence commanda auxdicts des estatz soy rethirer en quelque chambre particulière, en laquelle fut faicte advertence aux seigneurs de Berlaymont et de Noircarmes de l'altercation prédicte, lesquelz, en ayant faict déclaration à Son Excellence, rapportèrent ausdicts estatz que Son Excellence auctorisoit le pensionnaire dudict Bruxelles, dénommé par lesdicts de Brahant, à faire la proposition pour ceste fois, sans préjudice aux droictz des aultres pays.
Ce faict, furent convocquez en la grande salle, où la royne estoit entrée, accompaignée de ses deux frères, Son Excellence, du grand maistre de Prusse, les seigneurs do l'ordre, avec le seigneur de Noircarmos, le président Tisnacq, les conseillers de Bruxelles et d'Assonleville et le chancellier de Gheldres : que lors ledict pensionnaire de Bruxelles proposa, en effect, les trois poinclz reprins par ung escript délivré par charge de Son Excellence, icy joinct. Ce faict, Son Excellence, avec lesdicts seigneurs de Berlaymont et de Noircarmes, le président Tisnacq et conseiller de Bruxelles, s'assemblèrent vers la royne, et ayans communicqué, ledict de Bruxelles fist response ausdicts eslatz, par charge de la royne, avec remercyemens pertinents,
Siiyvant ce. Son Excellence fist appeller les députez desdicts eslatz selon leur ordre, et, estant chascun d'eulx particulièrement présenté à Sa Majesté, baisèrent les mains d'icelle, sauf les prélatz et gens du clergé, ausquelz la royne, pour révérence de leur estai, n'avoil permis baiser ses mains, ainssoy contenté de leur inclination,
Ledict jour, après midy, lesdicts députez se trouvèrent par devers mondict seigneur de Noircarmes, pour entendre de Sa
Seigneurie s'il seroit expédient faire quelque poursieulte vers le président, pour avoir response sur la diversité de l'accord regardant la levée et continuation de l'inipost de cincq solz de gros au tonneau devin, pour autant que Son Excellence avoit faict dire, sur leur rapport, qu'il y feroit donner response : sur quoy Sa Seigneurie dict n'estre expédient, et que la cour estoil empesehée présentement à aultres affaires.
Sur ce, lesdicts députez, au lendemain xvn""® dudict mois d'aougst, s'embarquèrent pour retourner au pays, et arrivèrent au soir en la ville de Thilt, pays de Glieldre. Le xvim""", passèrent par les villes de Bommel, aussy pays de Gheldre, et Gorkom, pays de Hollande, et au soir arrivèrent à Dordrecht, où ont esté constrainctz séjourner le sabmedy xix'"% à cause que, par l'impétuosité des vens survenue, la navigation n'estoit asseurée, meisme les xx"^% xxi""" et xxn""" dudict mois; et le xxni""* s'embarquèrent vers le Vieu-Bois, où arrivèrent le soir; puis par Anvers retournèrent audict Mons.
Poinclz et sommaiiN; de ce que Son Excellenoe cnlend doibt esire prci posp par les estai/ généraiilx des ancliieiis Jinys |)alrimoniaulx de par derà à la rovno , le jour de l'Assiiniplinn Noslre-Daine , entre les IX et X heures dir malin , devant aller à l'église.
Premièrement, congratuler ceste alliance entre Leurs Majestez, leur souhaydant toutbeur et félicité, tant pour l'honneur de Dieu et contentement de lueurs Majestez que pour le bénéfice des pays.
Secondement, congratuler sa bienvenue en iceulx ses pays, avec la recongnoissance qn'ilz ont de veoir Sa Majesté en iceulx ; luy suppliant les avoir tousjours en bonne et favorable recommandation, tant en son regard que vers la Majesté du Roy.
Luy offrant en oultie loutte obéissance et promptitude de service, et, en tesmoignaige de ce, luy faire présent, au nom de tous iceulx pays, quy se pourront spéciffyer, en la valeur de cent
mil escus en tapisseries et linges, choses qu'ils ont jugé le plus agréables à Sa Majesté Réginale [i).
Luy suppliant de l'accepter de bonne part, estimant ledict présent plus de l'affection que de la value d'iceluy; et euissent lesdicts estatz faict davantaige, ne fust Testât et nécessité en quoy présentement se retrouvent.
Luy souhaydant au surplus le parfaict du succès de sondict voyaige, comme mieulx elle sçaura désirer : faisant la harenguo la pins briève et pertinente qu'ilz pourront.
(Archives de l'Élat à Mons : Regislre aux actes des élats de Hainaut, de 13H9 â l'ill , fol. 30,57, 49.)
Rapport fait, aux étais de Hainaut par lex députéa qu'ils avaient envoi/és au duc d'Albe, pour réclamer contre les édits sur la justice criminelle : octobre 1 570.
Discours du voyaige faict par monseigneur de Hasnon et mons'' le dyen <le Condet , du clere;é ; monsr de Wilerval et mous'' de Vfiidpsries , gouverneur du Qucsnoy, de la jiai't des nobles; Anllioine de la Croix el Francluiis Gliodin , eschevins delà ville de Mons, Nicolas Clianiart et Simon de la Barre, du conseil, elEslievène Mainsent, pensionnaire de la ville de Mons, députez des eslalz de Hayunau vers Son Excellence, pour faire rapport des conclurions prinses auxdicis eslalz, le viDie d'octobre rail ¥<• LXX.
Lesdicts députez se partirent de la ville de Mons le xx""* jonr diulict mois d'octobre, et arrivèrent en la ville d'Anvers le xxu"'" (ludict mois, où Son Excellence estoit, et la court.
(1) La reine trouva, cependant, plus agréable de recevoir en deniers comptants 50,000 éciis, et le duc d'Alhe néf^ocia avec des marcliands d'Anvers l'avance de eeitc somme.
Le XX m""' du malin, lesdicls députez rassemblez enlendirenl diidicl seigneur de Wilerval comme, sur les remonstrances des pays de Gheldres, Brabant et aultres sur la publication du placcart et édict sur la réforination de la justice crimincle, les président et aultres du conseil s'estoient résolu escripre lettres en louttes provinces, de stater l'exécution dudict placcart jusques le jour de Cliandeler procbain : quoy advenant, ne seroit requis, de la part des estatz, présenter requeste à ces fins; et néant- .iUoins, aflîn d'en avoir plus grande asseurance, fut conclud soy trouver par-devers monseigneur de Noircarmcs, le(juel déclara, en elFect, le meisme auxdicts députez, et, oukre ce, qu'il n'estoil d'advis de se tnonstrer en court jusques à ce (ju'il auroit entendu la finale intention de Son Excellence sur la despesclie desdictes lettres, desquelles (en cas d'expédition, qu'il espéroit se debvoir faire ce jourd'buy ou demain) leur feroit tenir copie, pour plus p;rande asseurance.
Suyvant ce, lesdicts députez séjournèrent audict Anvers.
Au lendemain, mondicl seigneur de Noircarmes déclara auxdicts seigneurs de Wilerval et de Vendegies que Son Excellence avoit absolutemcnt refusé de signer les lettres de surcéance de l'exécution dudict édict : au moyen de quoy estoit d'advis se conduire, pour le faict de la présentation de la requeste, selon que monseigneur de Berlaymont en conseilleroit, trouvant, de sa part, bon le différer jusques la venue du duc de Médina Celi, pour autant qu'il doubtoit que, si le duc prenoit ladicle requeste de mal part, polroit envoyer les Espaignols de garnison en Haynnau, à cause que l'on estoit pour les cliangier, et qu'il avoit esté bruict les colloquer en Gheldre, opinant la cause procéder par ce qu'ilz avoient tout premiers présenté requeste pour obtenir ladicte surcéance.
Prestement, lesdicts députez se trouvèrent par-devers ledict S' de Berlaymont , auquel tout le discours des affaires fut communiqué, lequel seigneur trouva bon de présenter requeste à Son Excellence. A ce propolz, celle préadvisée par messieurs les
nobles, et une aiillie pourjeclée par Eslievcne Mainsent, l'inenl leules en la présence de Sa Seigneurie; cl de (ant que la requesle desdicls nobles avoit san)blé cstre trop aspre, fu conclud par ensemble de présenter l'aultre, laquelle depuis fut inonslrée à mondict seigneur de Noircarnies, qui l'approuva avec l'advis dudict seigneur de Berlayniont.
Le xxvn"'" dudict n)ois, les dépuiez eulrent audience à Son Excellence, et, après le rapport de la conclusion des eslalz, présentèrent ladicte requeste, où esloient niesdicts seigneurs de Berlayniont et de iNoircarmes, avecq le président Tisnacq. Sur quoy Son Excellence leur fist respondre, par ledict président, qu'il remercyoit les estalz de leurs accordz, requérant faire expédier les lettres de prest d'obligations, et qu'il feroit visiter leur requeste, pour y ordonner à leur bon contentement. Suyvant ce, ledict S'' de INoircarmes déclara ausdicls députez de solliciter ledict président pour avoir apostille sur ladicte requesle; et, comme auparavant entrer en la cbambre de Son Excellence, lesdicts députez advertirent mondict S"" de Noircarnies que ausdicls eslatz auroit esté mis avant de supplier Son Excellence donner ordre au payement des gens de guerre du pays, qu'esloit obmis par l'acte, par où trouvoient expédient en faire advcrtance verbale, ce que Sa Seigneurie ne le trouva bon, ny meismede verbalement déclarer les propositions et accordz mentionnez par l'acte, ains succinteiiient référer le tout au contenu d'iceluy, comme fut Aiict; el pour la requeste, sans reprendre l'eHect, fut dict les estalz avoir encbargez leurs dépuiez de présenter tèle remonstrance à Son Excellence, supplyant avoir bonne et bénigne response sur icelle.
Depuis, monseigneur de Noircarnies déclara ausdicls députez qu'il n'estoit d'advis que auicuns d'entre eulx se relbirassent, sans avoir apostille sur ladicte requesle, et néantmoins ledict S''deWilervalrequist de j)ooir aller à Malines solliciter auicuns ses affaires, comme il feist, sans depuis eslre relourné audicl Anvers.
Le xxx""^ dudicl mois, le secrétaire Bertv délivra ausdicls
coniinis ladicle lequesle aposlillée; cl, cormiie la solenipiiilé de tous les Sainclz esloit à la porte, nieisme que ce meisnie jour estoit survenu grande inundalion en la ville d'Anvers, pour l'impétuosité des vents ayant agile la iner, de sorte que le chemin de Malines n'estoit asseurc par chariotz ny chevaulx, lesdicls députez séjournèrent audict Anvers jusques le ni""^ de novembre, que lors messieurs de Hasnon , le dyen de Condet et Francliois Ghodin s'acheminèrent par chariotz.
Ledict jour, Guillaume de Vergnies, eschevin de ladicte ville de Mons, avoit, par charge de ses confrères, aporlé ausdicts députez les obligations que les estatz avoient consenty à leur dernière assaniblée par deux lettres à une nieisnie fin , qu'avoit causé les despeschier exprès , pour retirer celles quy ne seroient acceptées; lesquelz députez en rest, telz que nions"" de (îoegnies, Anihoine de la Croix, Nicolas Chamarl , Simon de la Barre et ledict Mainsent, se trouvirent vers niondict seigneur de Noircarmes, pour en faire rapport; mais, connue Sa Seigneurie esloit empeschée d'aultres affaires, furent remis au lendemain.
Que lors, nu""' dudict mois, après avoir présenté lesdicles deux lettres audict seigneur de Noircarmes , celles contenant les moyens particuliers de l'accord furent approuvées par Sa Seigneurie et les députez; mais, comme n'estoient scellées des personnes du clergé pour le premier membre, ny des villes d'Alh et Enghien pour complément du tierch, l'on ne s'en estoit servy : à ce propolz, furent rendues audict Guillaume de Vergnies, pour s'en deschergier. Suyvant ce, mondict seigneur de Noircarmes niist avant que, pour la commodité des foires et sublever Sa Majesté de fraix, seroit bon atterminer le payement du tierch de l'ayde au mois de febvrier : sur quoy lesdicts députez adverlirent le debvoir comniunicquer au receveur des impostz, pour entendre sy contre ce terme auroit deniers prestz pour y furnir, en descharge desdictes obligations. De sorte, ce faict fut remis à aultre communication.
Durant ce voyaige, uiondict seigneur de Noircarmes déclara
audicl Mainseiit que, en lieu des 25,000 florins donl les estatz avoient gralifîié Son Excellence (i), icelle désiroit avoir quelque tapisse où les villes principalles des pays seroient pourlraictes, ayant, pour le pays de Haynnau, choisy les villes de Mons , Vallenchiennes et Binch : quy cousteroit audict pays, pour sa quotte avec aultres, quatre à cincq mil florins, l'enchorgeant le déclarer aux députez des villes, et que monseigneur de Goegnies l'informeroit plus amplement.
Lequel S"^ de Goegnies advertit, où estoient nions'' de Hasnon, Anthoine de la Croix et Mainsent, l'effect que dessus, et que à son advis n'esloit besoing pour ce faict rassembler les estalz, mais en advertiroit monseigneur de Lalaing et aultres nobles. Sur ce, njonseigneur de Hasnon dist qu'il le feroilaussy entendre à aucuns ses confrères, comme en pareil firent lesdicts la Croix et Mainsent pour les villes.
(Archives ile l'Élat à Mons : Registre aux actes des états de Hainaut , de 1o69 à J574, fol. 65 v.)
Relation du voyage des députés envoyés par les étals de Hainaut à Bruxelles, et de l'assemblée des élals généraux tenue en cette ville : l^"^ août — 6 septembre 1572.
Aux estatz de Haynnau tenus par ordonnance de Son Excellence et lettres de monseigneur de Noircarmes , grand bailly dudict pays, en la ville d'Ath, le quinzyesme jour du mois de
(1) LeUucU'Albe.
jullel (lu piésenl ;iti lo7:2, lurent députez, pour l'aire rapport à Sadicte Excellence de la résolution y arreslée, inesseigncurs les prélalz de Hasnon et Cambron, avec le doyen de Condct, représentant le clergié, les seigneurs de Bernissart et Somntain pour les nobles, Jacques Desplu, premier eschevin , et Charles Pelet, pensionnaire de la ville d'Alh , au lieu de la ville de Mons (I), ot autres dudict pays, Philippe Franeau, receveur des aydes, Loys Carlier, greffyer de l'audience, comme adjoinctz, et Anthoiue Lebrun, pour y servir de greflier desdicts estalz, lesquelz députez, suivant le temps désigné par Sadicte Excellence et lettres de Sadicte Seigneurie, se sont transportez en la ville de Bruxelles, et y arrivez le vendredy, premier jour du mois d'aoust dudict an, où, pour elloctuer leur charge, ont faict les besoignemens suyvans.
Le sabmedy, u'"^ dudict mois d'aoust , losdicls Lebrun et receveur des aydes llrent adverlence à monsieur le président Viglius, que lesdicls députez de Haynnau estoient arrivez, quy dict d'en advenir Son Excellence.
Ledict jour, à l'avant-disner, le trésorier des finances cnvova dire que le pensionnaire ou grelFyer desdicts eslatz vînt parler à luy : ce que ledict Lebrun fist, par l'advis desdicts députez, estant enchargié d'iceulx ne luy déclarer la résolution desdicts estalz. Suyvant quoy, s'estoit ledict Lebrun trouvé à l'après-disner à la iuaison dudict trésorier, lequel luy dict avoir charge de Son Excellence de s'enquerre quelle estoit la résolution d'iceulx eslatz, adlin qu icelle puist tant mieulx drescher le pourjecl et estât des deniers de la guerre : sur quoy ledict Lebrun fist response qu'il ne pooit déclarer ladicte résolution sans la licence desdicts députez, ses niaistres : de quoy ledict trésorier se contenta à taiil.
Le nieisme jour arriva Sa Seigneurie ('2) audict Bruxellcs.et, le
(1) Mons avait été surpris el occupé parle comte Louis de Kassau le 24 mai précédeul.
(2) Le sei;;iicurde ^oilCJ^mes.
iiii'"*^ jouieusu^'vaiil, lesdicls dépuiez se Irouvèrenl à suu logis, ou lut faict lecture de la minute de l'acte, qui se debvoit présenter à Son Excellence, de la résolution arrestée auxdicts estatz sur la proposition de Son Excellence, et aussy de certaine reijueste advisée par Loys Carlier pour seconder ledict acte, à la sceureté de la quictance prétendue par lesdicls estatz de la nioitlié de leur quolte.
Le mercredy, vi'"* dudicl mois, ledict seigneur de Cambron , pour cause de sa maladie de goutte, se parteyt dudicl Bruxelles , du consentement de Sa Seigneurie, lafjuelle avec lesdicls députez résolurent que l'on se contenleroit ne remander l'abbé d'OInionl (1), substitué dudicl de Cambron, et que l'on se contenleroit dudict seigneur de Hasnon avec ledict doyen de Condel pour ledict clergié.
Le lundy, xi*"" dudict mois, Sa Seigneurie party dudict Bruxelles pour le camp, après que les députez luy eulrent donné l'adieu, et à l'après-disner furent lesdicls députez communicquer avec ceulx d'Arlhois, pour entendre leur cliarge et inlention, en espécial pour l'abolition du x™^ et xx""' denier, adtin de tant mieulx dresser leur acte et response quy estoit à donner par lesdicls de Haynnau : sur quoy lesdicls d'Arlhois déclarèrent qu'ils avoient faict leur accord sur asseurance de l'abolition dudict x"'^ et XX'"* denier, selon ([u'estoit contenu par la proposition de Son Excellence, et néantmoins, pour ce que l'acte de Sa Majesté, venant d'Espaigne, parloit seullement de surceyr ledict x'"«etxx™% leur sembloit que l'on debvoit insister en l'abolition totale, considéré que leurs estatz avoienl sur ce fondé leur accord, ce que faict n'euissent, s'il eult esté seullement proposé de surceyr, comme le dict l'acte d'Espaigne : en quoy lesdicls de Haynnau ont trouvé conforme leur besongné et acte sur icelluy despeschié, prest de présenter à Son Excellence.
Le joedy, xun""" dudict mois, lesdicls députez, estant mandez,
(1) D'Haiimonl.
se trouvèrent à la court vers Son Excellence, accompaignié du duc de Médine, le duc d'Arschot, le seigneur de Berlaymont, le trésorier général, le seigneur d'Assonville et aultres, où ledict Lebrun, commis greflier desdicts estais, proposa verballement à Sadicte Excellence l'accord et résolution d'iceulx, exhibant l'acte sur ce despeschié, que lors le président Tisnac dict que l'on visiteroit ledict acte, pour en faire et y donner response telle que Son Excellence trouvera convenir.
Le vendredy, xv™", sur les deux heures de l'après-disner, lesdicts députez se trouvèrent vers l'Excellence dudict duc de Médine, estant à la court en une chambre en hault, ou (1) quartier de la reyne; et, après luy avoir fait la révérence et gratiffyé sa bienvenue, luy fut supplyé d'avoir le pays en favorable recommandation , et adverty qu'il le Irouveroit tousjours prest au service de Sa Majesté et de Son Excellence : sur quoy il feyt response en langhue franchoise, disant qu'il remerchyoit lesdicts députez, et que, partout où il leur polra faire plaisir, tant en général que particulier, le trouveroient prest.
Le joedy, xxi""^ aoust, tous les estatz de chascun pays furent mandez et assemblez en la court, sur les dyx heulres du matin, que lors furent appeliez ceulx de Hrabant , de prime face, vers Son Excellence, où, après avoir esté quelque espace en communication, avoient aussy esté appeliez tous les aultres estatz par ensemble; et illecq, en la présence de Leurs Excellences (2), monseigneur de Beilaymont, les présidens Viglius et Thisnacq, le trésorier général, le seigneur d'Assonville et aultres, icelluy seigneur de Thisnacq, après avoir répété le discours et démené des besongnemens desdicts estatz, tant de la proposition faicte à iceulx par Son Excellence que de leur response par acte exhibez, déclara combien que l'acte d'Espaigne, despesché par Sa Majesté, contenoit seullement de surceyr ledict x""* et xx"'^ denier, que
(1) Ou, au.
(2) Les ducs d'Albc cl de Mcdiiia Ccli.
néantinoings lesdicts estatz se pooient bien asseurer que l'intention de Sa Majesté n'esloit aultre que de abolir enthièremenl ledict x"'^ et xx'""= denier, selon aussy que Son Excellence l'entendoit et l'avoit proposé auxdicts estatz, moyennant loutesfois le payement des deux millions accordez, escheuz au xni'"^ dudict présent mois, et la continuation d'iceulx pour les années advenir, fuist par moyens généraulx ou tels aultres que lesdicts estatz trouveront pour le mieulx, par la communication qu'il leur estoit permis de faire par ensamble avec les commis que Son Excellence dénommeroit pour y adsister; et, au regard de l'annie courante, sur quoy chascun desdicts estatz avoit donné sa résolution , ledict président Tisnacq déclara que Son Excellence f'eroit donner response à chascun en particulier : que lors le pensionnaire de Brabant, après avoir recueillie les voix de chascun desdicts estatz, requist, par leur advis, avoir copie de ladicte proposition verballe, pour en avoir meilleure intelligence, et y donner response, se besoing estoit.
Ce fait et achevé, Son Excellence, en langhue espaignole, feyt remonstrance auxdicts estatz de l'urgente nécessité que Sa Majesté avoit d'estre secourue de gens de guerre et argent pour la garde et protection du pays, et au reboutement des ennemis, alléghant qu'à ces fins avoit levé 180 enseignes de Wallons, XII régimens d'Allemans, xii mil chevaulx reitters , m mil chevaulx des bendes d'ordonnance et chevalerye léghière et xiaiii enseignes d'infanterye espaignolz, qui bonnement ne se pooient entretenir sans l'adsistence desdicts estatz, les admonestant se voUoir en ce cas démonstrer voluntaires et affectez, comme en tel cas ils avoient esté du passé, en quoy aussy Son Excellence se disoit se volloir exposer avec celle du duc de Médine pour le service de Dieu, de l'Église, du Roy et desdicts pays, et que, pour advanche. Sa Majesté avoit envoyé ung milion d'escuz.
Le sabmedy, xx!!!""" dudict mois d'aousl, après avoir veu par lesdicts députez et conmiunicquié par ensemble la copie de la susdicte proposition, concluient d'insister vers So<i Excellence,
liiiil |K>iii' avoir assceiiiancc de 8a Majesté poiii' l'abolition ilu- (lict X""' et xx""^ denier, avant de livrer les obligations de leur accord de l'année présente, comme aussi attormination de la demande desdicls deux millions, conforme à leur accord, quy on ce cas estoit de trois ans pour le parfaict de six; et , quant aux commis que Son Excellence avoit dict députer pour estre et s'adjoindre avec les députez de tous lesdicts estatz pour la communication desdicts moyens généraulx, fut résolu que l'on Irouvoil bien convenir que lesdicts commis de Son Excellence fuissent présens à la proposition et conclusion desdicts moyens, mais non point à la communication et délibération mutuelle que feroienl par ensemble les députez desdicts estatz, lesquelz, pour de ladicle communication et délibération en faire rapport à leur collège, en demanderoient leur retraicte.
Le dimence, xxnn""'dHdict mois, lesdicts députez, estans mandez avez ceulx des aultres estatz, saulf Krabant, se sont trouvez sur l'après-disner à la court, où, après ceulx de Flandres et Artois avoir esté communicquiez et oyz cbascun en particulier par-devant Son Excellence, lesdicts de Haynnau furent aussy appeliez en la mesme place, où y estoit Son Excellence avec le duc do Médine, monseigneur de Berlaymont, président Tisnacq, le seigneur d'Assonville, le trésorier général, Damboudere, Rigaull et aultres, que lors ledict président déclara, de la part de Soji l'Acellence, qu'icclle se contentoit et acceptoil l'offro desdicts de Haynnau pour la moictié de leur quole à payer selon leur act , en se réservant la quotte de la ville de Mons, assceurant lesdicls estatz que Son Excellence quictoit et babolissoit enthièremoiil ledict X'"* et xx""^ denier, moyennant la continuation des deux millions. Quoy entendu par lesdicts députez, en firent faire par ledict Lebrun le romercbiement, avec imploration dosa faveur pour ledict pays. Sur quoy Son Excellence, en langhue fraiichoise, déclara que l'on se pooit bien assceurer de l'babolilion (ludicl x'"" et xx'"^ denier, et de fait qu'elle Tbabolissoit dos maintouanl, moyennant la ( ontinualion desdicls deux millions, décla-
mit en oiillre recepvoir contentement du bon vouloir qu'elle avoit tousjours trouvé et trouvoit à ceulx de Haynnau pour le service de Sa Majesté, et que, pour cesle cause, il se trouvoit aussy incliné de leur faire toute faveur et adresclie. Ce achevé, fut requis avoir acte de l'acceptation et quictance acceptée et accordée par Son Excellence de l'une et l'autre moictié de la quote pour ladicte présente année : ce que avoit esté accordé et levé. Au surplus, fut déclaré par ledict seigneur président que I.eurs Excellences esloient prestz de partir pour le camp. Adfin d'achever la reste du besoingnié desdicts estatz, l'on se retrouvera au lendemain en la maison de la ville, avec les députez de Son Excellence et ceulx des aultres pays, pour adviser et con»n)unicquer les moyens généraulx au recouvrement desdicts deux millions pour les années advenir.
Ledict jour de lendemain, quy estoit le lundy, xxv"^^ dudict mois, se rassemblèrent en ladicte maison de ville tous les députez desdicts pays, avec les présidens Viglius et ïisnacq, les seigneurs d'Âssonville et trésorier général, quy mandèrent en chambre particulière les députez de chascun desdicts pays par soy ; et, après ceulx de Brabant, Flandres et Artois, furent évoquiez lesdicls de Haynnau, où leur fut démandé par lesdicts présidens quelz povoirs et auctorisations ilz avoient de communicqner et arrester lesdicls moyens généraulx : à quoy leur fut respondu d'eslre auctorisez oyr la proposition et adviser à la conmmnication desdicts moyens, sans y prendre arrest, n'estoit par le sceu de monseigneur de Noircarmes et le consentement des adjoin<'lz des dé- |)utez ordinaires, leur déclarant que l'intention desdicts eslalz de Haynnau estoit seullement d'entrer auxdicts moyens pour trois ans, et non plus, à l'extinction et abolition totale desdicts x'"* et XX'"'' denier, comme contenoit leur act exhibé à Son Excellence. Sur quoy ledict président dict, quant à la limitation du lerme d'années, que l'on en polroit communicqner avec les aultres estatz, soit pour ung an, deux ou trois, comme l'on trouvera convenir.
Le niardy, xxvi"'^ dudict mois , lesdicts députez, ayant coinmunicqiié par ensemble, et examiné le conlenn du susdict acte d'acceptation de leur offre, ont trouvé discorder à leur accord, pour ce qu'il n'estoit limité d'aucunes années : ce qu'estoit le leur exhibé, assavoir, de trois ans restant de six; concluant néantmoings de le passer, pour la sceureté de la quiclance accordée pour la moictié de leurdicle quote, soubz protestation de, avant entrer en la communication desdicts moyens généraulx, déclarer que leur bosoDgnié se faictsur assceurance de l'habolilion et extinction dudict x""^ et xx'"^ denier, et pour trois ans seullement, selon et en conformité de leurdict accord et acte exhibé à Son Excellence.
Le joedy, xxvni"'" dudict mois, tous lesdicts estatz, avec les deux présidens, trésorier général et d'Assonville, s'estans rassemblez à la maison de la ville, ceulx de Brabant et Flandres furent chascun pour soy évocquez par-devant lesdicts présidens et adjoinctz, et, après leur yssue, ceulx d'Arthois et Haynnau par ensamble, où de prime face fut faicl lecture d'une lettre en papier contenant la manière et advenue de la mort de l'admirai de Franche et de ses adhérens sectaires, aians machiné celle du roy de France, ses deux frères et leur mère. Suyvant ce, ledicl président Tisnacq proposa , donnant à congnoistre combien qu'il auroit esté advisé de cedict jour besongnier aux moyens généraulx, que néantmoings ceulx de Brabant auroient requis tarder et remettre la journée à hindy prochain, pour ce qu'ilz en pooient avoir jusques lors leur cas prest, en admonestant, par lesdicts présidens, que l'on se volsist à ce conformer : ce que leur fut accordé.
Lors, et à l'instant, le seigneur de Beaufort pour lesdicts d'Arthois, démonstrans ne volloir entrer en ces moyens généraulx, dict auxdicts présidens et commis que l'on entendoit fort bien la fin pour quoy lesdicts de Brabant demandoient avoir lesdicts moyens généraulx, estre pour eulx supporter et traveiller aullrcs, et que à entrer en iceulx sera pour revenir à une forme
généralle du x""* et xx""^ denier, veii, en espécial, que la demande desdicts deux millions estoit annuelle, sans limitation d'aucun terme ou année. Sur quoy lesdicts S" d'Assonville et trésorier général firent responce , en disant que l'on se pooit tenir pour assceurez que l'on ne entreroit jamais à collecter les aydes du prince par la voye desdicts x™" et xx™^ denier, et que tèle estoit l'intention de Sa Majesté et de Son Excellence, et, quant auxdicts moyens généraulx demandez par lesdicts de Brabant, que l'on les pooit bien oyr, pour leur donner contentement, sans par lesdicts aultres estatz estre subjectz les accepter, sy bon ne leur serabloit, et, au regard des deux millions demandez sans terme d'années, que cela estoit seuUement la demande du prince, et que l'on demande souvent iniquum pour eqiium, estans lesdicts estatz libres de faire leur accord pour lesdicts deux millions ou aultre somme raisonnable pour secourir le pays, et la limiter à tel terme d'années qu'ils trouveront convenir : advertissant, par lesdicts de Brabant et Flandres, estoienl comme contens d'accorder leur quote èsdicts deux millions, et par mons'' d'Arras, dict ottel (1) pour Arthois, et pour trois ans seuUement,
Le lundy, premier septembre, furent tous lesdicts estatz rassemblez à la gallerye de la court, suyvant le jour rassiz à l'assemblée précédente, que lors lesdicts de Brabant proposèrent, par leur pensionnaire, n'avoir encoire la résolution des villes de Louvain et Anvers, priant lesdicts estatz surceyr la communication jusques au lendemain, ou le jour ensuyvant : ce que fut accordé.
Le mercredy, m'"* de septembre, se rassemblèrent tous lesdicts estatz à la court, avec les deux présidens et trésorier général, où ceulx de Brabant firent lecture d'ung escript contenant les moyens qu'ilz avoient advisez pour les practicquer générallement par toutz lesdicts pays, comme en semblable firent ceulx de Flandres verbablement et par quelque petit escript, desquelz les aultres estatz en demandèrent la copie, pour adviser meure-
(1) OtIi'I , |p nn'mp, le semMnble
ment «-oiilx (jiiy so polrolenl practlcqnor on oliascun leur pays : ce que leur fui accordé. En après fut dict par lesdicts présidens que de leur part metteroient aussy en avant, et par escript, aucuns moyens, de (juoy on en Lailleroit copie à cliascun des pays, pour les communicquer avec ceulx desdicts Brabant et Flandres, avant remys, pour ce faire, jour lendemain de joedy.
Ledict joedy, im"'^ dudicl mois, s'assemblèrent tous lesdicts estatz à la court, où, en la présence desdicts deux présidens et ledict S' d'Assonville, l'audiencier d'Overloepe fist lecture d'un escript en papier contenant par générallité les sortes et espèces (le vivres et marchandises sur quoy lesdicts commis de Son FAcellence avoient advisez se pooir mectre impostz généraulx, délaissant en la discrétion dos estatz la quantité de ce que l'on y polroit asseoir et lever : duquel escript fut requis et accordé copie à cliascun desdicts estatz, pour y rospondre au lendemain, avec ceulx préadvisez de Brabant et Flandres.
Le vendredy , v""^, tous lesdicts estatz s'assemblèrent à la maison de la ville, où ne y vinrent lesdicts présidens ny aultres conjmis de Son Excellence, de sorte qu'en leur absence tous lesdicts estatz par ensemble commencbèrent à pourparler cl cominuniccjuier desdicts moyens généraulx, que lors lesdicts de Brabant et Flandres feirent lecture tant de lescript des députez de Son Excellence que des leurs, contenant les moyens par eulx hine inde advisez. Par après furent requis ceulx d'Arlhois de leur responce, lesquelz ne feirent aultre, fors de demander copie de tout le bosongnié quy se feroit là endroit, pour en faire rapport au collège de leurs estatz d'Arthois, s'excusant de n'avoir advisé ne couchié par escript aucune responce auxdicts propos ot moyens, tant pour n'avoir esté chargié, que pour leurs principaulx députez estre retenuz à Malines (1).
(1) L'évêque d'Arras et pliisieiips autres députés des étals d'Artois se trouvaient à Malines, lorsque, le ôO août, les fjens du prince d'Oranfye entrèrent dans celte ville.
Au regard desdicts de Haynnaii, les siisdiels députez s estoienl, ledicl jour, sur les sept heures du matin, rassemblez pour veoir et entendre lesdicls proposez moyens généraulx contenuz par lesdicts escriplz exhibez, et adviser sy les aucuns d'eulx se pooient praticquer audict pays de Haynnau, de sorte que recoeil fut faict par escript de ceulx lollérables et pooir estre mis en cours : duquel escript, soubz la correction et protestation d'y avoir Tadveu de monseigneur de Noircarmes, grand bailly de Ilaynnau, chieC desdicts estalz, et des adjoinctz des députez ordinaires, en fut faicl lecture en ladicte assemblée et esté lequis copie.
Touchant ceulx de Naraur, le seigneur de Mirammont, député, s'excusa de donner aucune responce , pour estre seul , et ses adjoinctz demorez à Namur, pour double de leur chemin occupé par la sieulte du prince d'Orenge, requérant néantmoins copie dudict besongnié.
En après, ceulx de Tournay feirent semblable debvoir que ceulx de Haynnau.
Lille, Douay et Orchies firent comme Namur.
Finablement, fut résolu de par tous les députez de chasciin desdicts estatz donner respectivement la copie de ce que chascun aroit sur ce préadvisé, adfin de par l'un et l'autre en faire rapport à leurs maistres et collège , pour en après y donner certaine responce et absolute. Et, de tant que la communication ultérieure, sans retraicte et rapport susdict, eult esté inutile, fut conclud de requérir aux commissaires de Sa Majesté, députez par Son Excellence, d'estre licentyé de pooir faire ladicte retraicte et communication particulière desdicts moyens généraulx en chascun leurdict pays.
A l'après-disner dudict jour, tous les députez desdicts estatz se retrouvèrent à la court vers lesdicts commissaires, où, en la présence de monseigneur le duc d'Arschot, lesdicls deux présidens et aultres, le pensionnaire de Brabant, après avoir ramené le besongnié jnutuel faict par lesdicts estalz, requist , ou nom
( 100 ) diceulx, les voUoir licentyer de retoiirn(M' en cliasciin leur pays, pour y faire la communication que dessus : ce qui leur fut accordé, à cherche de retourner à tel jour que l'on trouvera convenir, pour mener à fin ladicte oeuvre euconnuencliée.
Le sabmedy, vi'"«, tous lesdicts députez partirent de Bruxelles, soubz le passeport à eulx donné par monseigneur le duc d'Arscliot, comme gouverneur y estably par Son Excellence, pour les troubles courans.
( Archives de l'État, à Mons : Registre aux actes des états de llainavl , de IUU9 à Iîi7 i , fol. 84 vel suiv.)
Requête de Christophe Plantin , afin d'être exempt de logement des gens de guerre, en sa qualité d'architypographe du Rui , et décision du grand commandeur de Castille , qui lui assure cette exemption : 21 janvier 157-i (1575, n. st.).
Aii Rov.
Remonstre en toute bumilité Cbrislophle Plantin, comment il a pieu à Voslre Majesté de l'instituer et ordonner son arcbytypograplie en ses Païs-Bas de par deçà, avec plain pouvoir, anctorité et mandement spécial de tenir, exercer et déservir ledict estât d'arcbitypograpbe, à tels gages et traictenients que pour ce luy seroyent tauxez et ordonnez, et, au surplus, aux bonneurs, droiclz, prééminences, francbises et libertez y appartenants, aynsi qu'il est contenu aux patentes de Voslre Majesté données à jîruxelb's, le x""" de juin, l'an mille cinq cents et soixante et
dix, cy-joincles (1), et comment Vostredicle Majesté a depuis cncores ordonné diverses aultres commissions particulières pour son service audict Planlin, pour lesquelles deuement accomplir et ensuivre la volonté de Vostredicte Majesté, il luy a esté et est bosoing audict Palatin d'employer grand nombre de gens, et de prendre à louage el occuper aultres maysons que la sienne propre. Nonobstant quoy, et quelquonques remonstrances faictes aux fouriers et commissaires des allogements des soldats, ilz n'ont différé, à chascune occasion, de molester ledict Plantin, assignant pour logement sa mayson à qui leur a pieu, comme encores est advenu l'onziesme du présent mois , auquel jour luy ont estez derechef envoyez avec billet des soldats en sa mayson
(1) Je ne crois pas que ces patentes aient été imprimées encore; c'est pourquoi j'en donne ici le texte :
« Philipp/;, etc. A tous ceulx qui ces présentes verront, salut. Comme, par le premier article de l'ordonnance que nagaires avons fait publyer sur le fait et condujte des imprimeurs, libraires et maistres d'escoUe, soit dit que de noslre auctorité et par noz lettres patentes de commission seroit créé et institué ung prototypographe ou premier typographe, qui auroit le premier lieu, regard particulier et superintendence sur le fait de Timprimerye de noz pays de par deçà , et partant seroit besoing de commettre quelque bon personnaige du mesmestil, à nous féal et confident, pour avoir la charge et superintendence susdicles, savoir faisons que, ce considéré, et pour le bon rapport que fait nous a esté de la personne de nostre bien-amé Christoffle Plantin, imprimeur juré, résident en nostre ville d'Anvers, et de ses sens, ydonéité, expérience et souffissance, nous confyans à plain de ses léaulté, preudhommye et bonne diligence, avons iceluy, par la délibération de nostre très-chier et très-amé cousin, chevalier de nostre ordre, lieutenant, gouverneur et capitaine général en nosdicts pays de par deçà, le duc d'Alve, marquiz de Coria, etc., créé, commis et institué, créons, commettons et instituons, par ces présentes, en Testât et office de piototypographe de nosdicts pays de par deçà, en luy donnant plain povoir, auctorité et mandement espécial de tenir, exercer et déservir d'ores en avant ledict estai; d'avoir bon et soingneulx regard sur le fait de ladicte imprimerye, ensemble sur la conduyte des chiefz et maistres imprimeurs, leurs compaignons audict meslier, tireurs, correcteurs et autres ouvriers d'imprinierye, et généralement faire
pour y logoi', combien que, pour l'incapacité du lieu , et pour les affaires que Vostre Majesté luy a ordonnez, il n'aytlieu suflîsant pour y coucher ses propres domestiques : prétendants les susdicts commissaires que ledict Plantin n'ayt aulcune liberté ou franchise, veu mesmes qu'ils l'ont par diverses fois importuné, lorsqu'il n'avoit soldats en sa mayson, de contribuer certaine somme de deniers par sepmaine pour l'enlretènement des soldais logés ailleurs : en quoy ledict Plantin se trouve frustré des droicts, franchises et libertés qu'il a pieu à Sa Majesté de luy ordonner. Et pourtant il supplie très-humblement qu'il plaise à Vostre Majesté déclarer sa volonté touchant lesdicls droicts, franchises et libériez (signament touchant le point des loge*
hien et deuement toutes et sinprulières les clioses que bon et léal prototvpoî^raphesusdict peult et doibt faire, et que y compétent et appartiennent : le lout, selon et ensuivant ce que par nostredicte ordonnance en avons ordonna et statué, à teiz gaiges et tiailtement que pour ce luy seront tauxez et ordonnez, et au surplus aux lionneiiis, dioiz, prééminences, franchises et libériez > apparlenans; et ce pai' manière de provision, tant el jusques à ce que de l»ar nous autrement en sera ordonné. Sur quoy, et de soy bien et léaulmenl ricquiller en Testai et charge susdicte.s, ledict Chrisloffle Plantin sera tenu faire le serment pertinent es mains de nostre très-chier et féal chevalier, chief cl président de noslre conseil privé , messire Charles de Tisnacq, que comniellons à ce, el luy mandons que, receu ledict serment, il mette et inslilue, de par nous , ledicl Cluistoflle l'ianliu en la possession et joyssance dudict eslat de protolNpographe, et d'icelu\, ensemble des honneurs , droiz, prééminences, franchises et libériez susdicles, il, lesdicls chiefz , maislres et tiuvriers d'imj)rimer;ke de par deçà , et tous aultrcs noz justiciers, officiers et subgeclz cuj ce regardera, le facent, seuffrenl et laissent plainement el paisiblement joyr et user, et, à l'elFecl de sadiclc charge, luy donnent toute faveur, ayde, adresse et assistence requise, sans aulcun conlredicl ou empeschemenl au contraire. Le lout, par manière de provision, tant el jusques à ce que de par nous autrement en sera ordonné, comme dicl est : car ainsi nous plaist il. Kn tesmoing, etc.
Donné à Bruxelles, le x"" jour de juing 1370.
^Minute, .«ignée tlii ciiir ir.\llio. niix .^rfbivp"; du royaume.)
ineiils (les soldais on aullies hosles, et conUihnlioiis pour iceulx), (lesquelz elle veult et entend que ledict suppliant, son archilypoi^raplie et serviteur, doibvc jouir, et de ce luy en faire expédioi' et ordonner estre délivré acte sudisanl, avec conjniandonienl à (jui il appartiendra, pour s'en servir où et quand il sera besoini;, et ledict suppliant priera Nostre-Seigneur pour la bonne santé et prospérité de Vostre Majesté.
Son Excellence, ayant entendu le rapport du contenu en cesie requesle, et attendu les raisons y alléguées , déclaire la maison do la demeure du suppliant franche, libre et exempte de logemcnl de gens de guerre et aultrcs hostes : ordonnant aux gouverneur, magistrat, fourriers, tant de la court que de ceste ville, et aullres commissaires sur le faicl dudict logement, et tous aultres qu'il appartiendra, que ledict suppliant ilz ayent à laisser et faire jouir plainement et paisiblement de ces présens affranchissement, liberté et exemption de logement, sans en ce hiy faire, mectrc ou donner, ou souffrir estre faicl, mis ou donné aulcung deslourbier, empeschement ou moleslie au contraire.
Faict en Anvers, soubz le nom de Son Excellence, le xxi""' jour de janvier 1574, slil de court.
Don Lus dh Requesens.
(Oiiijina! cl minulc, aux Arcliives du lo^yaume.)