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CLXXVIII

Lettre de Georges de Weslendorp (1) au prince de Parme, touchant la victoire remportée par les troupes royales, sous les ordres du colonel Ver dugo, à Norlhorn, pays de Groningue: 5 octobre 1581.

Monseigneur, niant la commodité du présent messagier, n'ay voulu laisser d'advertir à Vostre Excellence qu'yl at pieu à Dieu, par sa miséricorde, donner aux gens de guerre de Sa Majesté, au villaige de Northorrum, pays deGroninge, le dernier du mois de settembre, une victoire non moins miraculeuse que glorieuse cl redoubtable, et ce par valliantise, preudbommie et singulière expérience du colounel Verdugo : dont rendons grâces infinies à celluy qui seul Tat conféré. Car estans les ennemis de tous costelz assembléez jusques au nombre de 42 compaignies des gens de pied et huict cornettes des cbevaulx, tant lanciers que reytres, et noz forces distraicts, tant en la Marne, Reyde, Delffzyll, Wedde, Covorde, Oldenzeel, pour la garde de nostre pouvre conqueste, la reste s'aiant logée en l'abbaye d'Adwert et au villaige de Nortborrum , l'ennemy, adverty de la condition de noslres forces, s est encbeminé de Collum jusques au fort de Nieuzyll, distant une demie-beurc de cbemyn dudict villaige de Northorrum : dont estant adverty le colounel, fist incontinent dresser trois petites tranchéez, et tenir ses gens presls, si Tennenoy s'approchoit

(1) Dans le com|)te de la rccetle générale des finances de 1575, Georges de W'pstendorp est qmlifié de syndic de la ville de Groningiie. I.e grand commandeur de Castille , à la fin de cette année-là , le chargea d'une mission auprès du roi de Danemarck , du duc de Holslein et de la ville libre de Lubeck. (\'oy. les Bull, de la Comniission royale d'histoire, "À"" série, t. I, j). 128.)

Le lendemain, saniedy, dernier de settembre, l'enneiny, sortant dudict fort de Nieiizyll, iist marcher pour lavant-garde xi compaignies des Anglois soubz la conduicte du colonnel Noritz, et quant à luy (!) quelques cornettes des chevaulx; devant la bataiglie, cincq pièches d'artellerie avecq leurs munitions; pour la conduicte de la bataglie les régimens du conte Guiliaulme de Nassauw, celluy de Nienort et quelques compaignies du colonnel Thierry Schnoy; aprez, toutte la cavallerie; pour la derrièregarde, le régiment de Mérode-Warilz et aulchunes compaignies tirez des garnisons d'Overissell : commandants à touttes ces trouppes ledict conte Guiliaulme et Noritz.

S'approchans aux nostres qui s'estiont mis en bataglie , commencbarent à tirer leur artellerie et escharamulzer par l'espace de deulx heures. Les gens de Sa Majesté, s'aians mis à genoulx, suivant l'anchienne coustume, et faicts leurs prières (dont les geulx s'en mocquiont, crians : Confesse , papau , invocque ton Dieu de farine, le boreau est icij), comnienchiont aussy de leur coustel tirer et s'approcher l'ennemy; mais la furie des ennemys estoit si véhémente que ceulx du costel gauche furent conslraincts se reculer vers le villaige. Entretant, le colonnel , guettant de tous coustelz sur son advantaige, et priant les souldars d'attendre son commandement, trouvoit l'ennemy s'avoir par trop advanché sur la main gauche : à cause de quoy, coramandoit au capitain Thomaso Frati et les squadrons des Allemans du feu conte et celluy de monseigneur de Billy, charger l'ennemy de prez avecq cincq compaignies walones de son régiment : ce qu' ilz fisrent si bravement qu'incontinent gaignèrent les cincq pièches d'artellerie. Aprez, transnaigeant une grande fossée qu'estoit entre les deulx bataglies, assailleront l'ennemy en telle furie qu'ilz commenchèrent à desplacer et se retirer vers la dycke qu'estoit desjà occupée par nostre cavallerie; et, puisqu'yl n'y

(1) Quant à lui/, avec lui.

avoil aiillre reliiiicte, lusi'enl lous taglioz eu pièclics, el bien peu plis à miséricorde. A ce que j'ay veu sur les champs et fossez, eslionl plus de 1,200 extendus mors.

L'on al rapporté 50 drappeaux, cineq pièches de bronze. Le conte Guiliaulme et INoritz sont eschappez, mais la plusparl des Anglois tuez. J'ay recogneu plusieurs capitaines mors; et le S' de Don, alleman, el plusieurs aullres capitaines sont prisonniers. Des nostres yl y a 20 tuez et plusieurs blessez, entre lesquelz est lecapitain Prenger; le lieutenant-colonnel Taxis blessé à la main droicte, mais sans aulchun dangier, à ce que le colonnel Verdugo m'at déclaré.

Jamais rencontre n'ai esté faicte où cliascun at esté si bien mis en oeuvre, comme en ceste, donnant à cliascun le louuange de vallianlise que luy appartient. .\ nous aultres convient rendre grâces à ce grand Dieu, qui nous at si miraculeusement garanly et préservé de nostre évidente ruine : car, estant l'ennemy avecq louttes ses advantaiges à deulx fois plus fort que les nostres, payé de deulx mois, espaulé derrière d'ung fort imprenable par force nostre, et les nostres sans argent, artellerie, sans fortresses, en villaige ouvert , pourrai estimer Vostre Excellence si ceste victoire est procédée d'aultre que de la main du souverain Dieu des balaigles : estimant partant que ceulx qui empeschenl par delà qu à ces bons cl loyaulx souldars de Sa Majesté ne se donne tel moien comme ilz méritent, n'escbapperontjamais la punissante main de Dieu. Dont supplie Vostre Excellence, pour l'amour de celluy qui récompensera les bienfaicts, soit servie prendre ceste cause en sa protection et saulve-gardc, et pourveoir à la gendarmerie si bien méritée d'ung paiement pour cest hiver, et ce en monoie, sans larcin et à raccoustumée : jurant à Vostre Excellence qu'il est impossible sacquer davantaige de ces pouvres gens, qui crient vengence sur nous aullres qui sommes estez cause de leur séparation des estatz, puisqu'ilz ne peuvent seulz guerroier contre les provinces voysines; me reprochans, de jour à aullre, avoir faulsé ma promesse de l'assislence, n'aiant Vostre

Excellence envoie jusques ores, par l'espace de 17 mois, un mois de paye à toulte la gendarmerie entièrement; par-dessus tout, que les provinces sont sans gouverneur, ne se pouvant le colonnel mesler d'aultre que de guerre , et par la commission des 4, aprcz la mort du conte (1), déchargez de leur entremise, dont ilz n'ont jamais prouffitéune seuUe maille, et que pis est, n'avoir jusques ores sceuz obtenir garant de leur fidéjussion des 10,000 livres prestez aux gens de guerre par les Lourgeiois de Groningenn.

Partant supplie Vostre Excellence vouloir incontinent remédier aux nécessitez des gens de guerre, et envoier le baron de Billy en ses gouvernemens, devant que les ennemis prennent allhaine : asseurant icelle que bientost se trouverai maistre de ces provinces, moiennant qu'il soit secondé comme il appertient.

A tant, lineray par supplié l'Omnipotent impartir à Vostre Excellence, monseigneur, en heureuse sanlé, l'accomplissement de ses très-nobles désirs, baisant très-humblement les mains d'icelle.

DeGroninge, ce o""^ d'octobre 1581.

De Vostre Excellence

Très-humbre et Irèsobéyssanl serviteur,

George de Westendorp.

SuscrijHion : A Son Excellence.

(Original autographe, aux Archives du lovaume.)

(I) Le comle de Rennenbourg , Georges de Lalaing, gouverneur de Groiiingue, mort le 22 juillet 1581. Il avait, quelque temps auparavant, quitté le parti des étals, pour se réconcilier avec le Roi.

Va.^i Meterk.n- donne d'intéressants détails sur ce personnage, Hisloire des Pays-Bas, liv. X, loi. 204 v^

Lettre du comte Pierre-Ernest de Mansfelt à l' infante Isabelle, par laquelle il lui envoie une relation de ses services : 51 juillet 1600.

Serenisima seiiora, yo pensara cometer alguna especie de yngratitud para con V. A., habiendo llegado, por la gracia de J)ios, â tanta hedad, y, por la de sus antecesores, mis principes soberanos, â tantas onrras que me an écho y que, por su rrespeto de elles, me hazen cada dia otros, si no diera â V. A. por esto las gracias que la devo, como â quien les ha subcedido, y â quien quedo no meuos ni con menos alicion ohligado.

Y porque algunos principes de la casa de Austria an querido saver de mi en que he pasado asta agora el curso de la vida, y los cargos que he tenidodevaxo de los emperadores Carlos Quinto y Ferdinando, y del Rey, de gloriosa memoria,padrede V.A., me a parecido no ser justo ni que cumplia con mis obligaciones, si dexara de enviarles de ello una rrelacion brève y sucinta, mas para mostrar la liberalidad de Sus Magestades en mi particular, y la satisfacion que lanvien an tenido de los servicios de mis pasados, que no por el mérito que estiraase aver en mi, 6 por alguna banidad. Y pues dichos principes an mostrado séries grato, aunque esto no les toca como ix V. A., me atreveré con las mismas razones presentarla con esta la copia de dicha rrelacion, con protestacion que no es para pedir algun cargo mas, estando ya al cavo de mi carrera, pero solaniente para que V. A. sea servida de mirar la ocasion que tengo de acavar mis dias, con toda fidelidad, en su servicio, como la he continuado desde mi joventud en el de Sus Magestades Cesareas y del Rrey, y que tengo de perseverar asta la fin , con la cousolacion que espero de V. A.,

siendo servida acordarse benignamente de mi constancia, y de crer que, aunque yo quedo muy frustado y desnudo de bienes deste mundo,no terne jamâs falta de lealtad, aficion y obediencia à todo lo que juzgare y me fiiere mandado del servicio y de la obligacion que devo â V. A. S. : ciiya persona guarde Nuestro Senor largos anos, y en estado prospère, como la christiandad ha menester, y los vasallos de V. A. deseamos. De Lucembourg, à hidlinio de juUiode 1600.

De V. A. S.

Fiel vasallo y humilissimo criado, que

sus serenisimas manos besa,

Pedro de Mansfelï.

Aqui va la bcrdad en brève de lo que cl principe y conde de Mansfelï ha écho, después de su mocedad, en cargos y échos de guerra.

Primeramente, fué criado con Ferdinando, siendo rrey de los Ilomanos y después emperador, de gloriosa niemoria, asta la edad de 16 anos, que se allô en la vitoria que tuvo en Tunez la Magestad Cesarea del emperador Carlos Quinto, de gloriosa niemoria, el ano de 1535.

Después le rreciviô en su servicio el dicho Emperador, y estando en campana le hizo cavallero con otros muchos, y le sirviô de trincliante de su peisona.

El ano de 45, bino â estos Estados, y tuvo cargo sobre Landresi de una conipania de cavallos.

El ano siguiente, hizole nions'' de Brederode su lenienle de niill cavallos, y en ellos tubo una compania de 200, y fué cou todos sobre San Dezier.

El ano de 45, el emperador Carlos Quinto le hizo governador y capitan gênerai de sus paises de Luzemburg y Namur.

El ano siguiente, rreciviô el Tuoyson de oro en la villa de Utrechl, en el capitulo que se bizo ally.

Pocos anos después, caminando para yr al caslillo de Apremont, solo con 50 cavallos de abanguardia, topo con los Fran-

ceses, que lenian 1,200 yrafantes \ cavalleria, con los quales arremcliô de manera que los rronipiô todos; y acavado eslo, ("ué csperando la dénias gente de guerra que benia. Asediô al dicho caslillo, que estava arto probeydo de gente y cosas necesarias, y le ganô.

El ano de 52, el rrey de Francia Henrico tomô la ciudad de Metz en Lorena, y llevô su canipo sobre Estrasbourg. En aquel licnipo, la rreyna Maria, por el cnipcrador Carlos, le enviù en Francia conio gênerai de campo, de manera que, juntada toda la gente y rreginiienlos de los senores del pais, pas6 la rrivera de la Mosa, y tomô las \illas de Estenay, Monfaucon, Granpré y otras, y acavara artas cosas de mucba ymportancia, si la rreyna Maria no le mandara bolver con la gente que llevo y ténia â su cargo, y nieterse dentro de Yboes, porque el rrey de Francia avia dexado â Slrazbourg y retirâdose con todo su exército.

Después cercaron los Franceses la villa de Yboes donde estava , y liaviéndose batido con mucha furia, los soldados no queriendo defenderla, antes hizieron concierto con el enemigo, sin que lo supoél.y le tomaron preso los enemigos, y le llevaronâ Francia, donde esluvo cinco anos en prision; y haviendo pagado de su liazienda gran rrescate, bolviô al principio del ano de 57.

Después de esto, le envié S. M. de su parte â la diela ymperial de Ratisbona.

El mismo ano de d557, tuvo cargo de niill cavallos y un rregimiento de ymfanteria balona sobre San Quentin , con litulo y cargo de niaese de campo gênerai de toda la nacion alemana.

El dia de San Lorenzo, començô la vatalla, yendo él â la nian derecha, y fué el primero que, jinito con la cavalleria ligera espanola, enbestiô con el enemigo y alcançô la vitoria. Fué berido de dos valas en una pierna; y no se peleara aquel dia, ni se ganara tampoco la vatalla, como se ganô : de lo quai fué causa que se pelease y se ganase con el favor de Dios, como es notorio à todos los que se aliaron en aquella vitoria.

El ano siguienle, tuvo otro cargo de un rregimiento de

raytres y de otro de irafanteria valona , y hizo el ofiîcio de maese de carapo gênerai de los Alemanes. Entonces governava la Magestad del rrey Felipe, de gloriosa memoria, en persona el exévcito, donde avia diez rregimientos de Alemanes y siete niill raitreSj sin la demâs gente de otras naciones, que liera muclia.

El ano de 1565, fué henviado de parte de Su Magestad â Portugal con una armada, y rreciviô en Lisbona la esposa del principe de Parma, que Dios tenga en gloria, y la truxo à Bravante, y llegando â Midelburgue el dia de los Finados, Padeciô mucho en aquel viaje, porla tormenta que tuvo en la mar, y corriô asta cerca de las islas de Barvaria : pero, con el favor de Dios, bolviô y quedô en el cavo de San Vizente ocho dias, esperando al buen tiempo para navegar; y la noche de San Lucas le sobrebino otra ten pesta tan grande que de 50 navios que avia no quedaron mas de 4juntos, y todoslos demâs se apartaron con ella.

El ano 1566 començù la guerra por acâ en Flandes, y governava la duquesa de Parma , que esté en el cielo, la quai le llaniù â Bruselas, donde le hizo governador, porque las cosas eslavan en mejor lérmino y esperança de quielud.

Poco después entrô con 16 banderas de ymfanteria valona eu Amberes , donde avia tanbien mucha alteracion. Apaciguùse lodo, y governô la villa algunos meses, asta que llegô el duque de Al va.

Començando â governar el duque de Alva, fué enviado, de parle de Su Magestad, â acompanar â madama de Parma asta Plazencia en Italia.

El aiio de 1569 fué, por hôrden espresa de S. M., con dos rregimientos de imfanteria valona y 2,000 cavallos herreruelos en 4 cornetas, â socorrer al rrey de Francia; y haviéndole niandado por escrito que arremetiese con los enemigos, lo hizo de manera que alcançô la vitoria : que fué la jornada de Alonconlur, â principio del mes de ottubre del mismo ano, donde, sin que (le ello se quiere persuadir, el rrey Carlos de Francia le escriviô que él solo le avia mantenido su Estado y corona, por eansa de aqnella vitoria que Dios avia sido sorvido darle.

Y en esla jornada quedô estropeado del brazo dorecho de un arcabiizazo.

Y duranle el govierno del duque de Alva, tubo à su cargo 2,000 cavallos railres en el pais de Luzeiuburg, que â la sazon al principe de Orange le fué forçado rretirarse de Mons en Henau.

En el govierno del comendador niayor de Castilla, ademûs de otros cargos que tubo, fué écho y establecido, de parle de S. M., en el de maese de canipo gênerai de su real exército, y hizo tanvien otra leva de otros 2,000 raitres.

Los quales ténia aun à su cargo, quando el conde Ludovico fué desecho y luuerto en los llanos de Moquerheiden cerca de la Musa, no lexos de la villa do Niniega.

Muerto el comendador mayor, gobernando el consejo de Estado, y teniendo â cargo la gente de giierra, comencaron de niievo otras alteraciones en el pais, y le loniaron los rebeides con otros del dicho consejo de Estado en la corte de Bruselas , y le tiivieron preso cinco nieses en la casa que se dize Broothaus, donde pasô muebos peligros de su vida.

Pero llegandoel senor don Juan deAustria, debuenamemoria, por acâ, y ecbas las pazes, saliô de prision, y baviendo de salir los Spanoles de estos Estados, le mandaron, de parte de S. M., que los Uevase â su cargo asta Ytalia, como lo hizo en calidad do gênerai.

Bolviondo de aquel viaje, bino allar al senor don Juan en el castillo de Namur, donde se avia rretirado, porque se avian voto las pazes y coniençado alteraciones nuevas de nuevo.

ïodo el lienipo que duraron estas alteraciones, quedé siempre cerca la persona del senor don Juan, y se allô en mucbas espediciones y tonias de tierras, asla que niuriô S. A. en el fuerle de liouja cerca de Namur.

Y como poco después el govierno destos Estados se diù al duque de Parma, asistiù al sitio de Maslrique, sirviendo su cargo de maese do campo gênerai.

Canada la tierra de Mastrique, pasù al pais de Gueldres con numéro de gente de guerra.

Y de alli fué enviado â Mons en Henau , donde las provincias de la dicha Henau, de Artues, Lila, Duhay y Orcies començaron â tratar con él de rreconciliacion ; y porque no podia el duque de Parma governar asla que se cumpliese lo prometido, fué cometido por governador y capitan gênerai para governar dichas provincias asla el cumplimiento de los conciertos.

Y en este tiempo ganô nuichas fortalezas , coino Curtray , Mortana, Sant Aman , el castillo de Quenoy y otras plazas.

Despuéssaliù por très diversas vezes en campana, durante el govierno del duque de Parma , y tomô por fuerça rauchas tierras, todas probeidas de buenos presidios y mucha fortificacion , como heran Buxain, Nivela, Bilvorde y otras.

Y fué con el duque de Parma en mucbas expunaciones, como sobre Amberes, donde dicho duque de Parma ténia la parte del rrio de Flandes, alojado en un casai del pais de Huas que se llama Bever, y él ténia la parte de Bravante, alojado en el casar de Estabroucli, con parte del exército, donde el enemigo bino arremeter con yntencion de cortar el contradique que se llama Cabestain, llegândose por la parte de Amberes y Lilo con grandisimo numéro de navios, soldados y preparaciones de guerra, de suerte que los enemigos ganaron un puesto de aquel dique, el quai fortificaron , con cortaduras y trinclieones, y quedaron seflores de ellas, después de las dos horas de la manana asta las nueve, que los écho y bolvio â ganar todo lo que tenian, rrompiendo à los enemigos : donde quedaron de ellos mas de dos mil hombres, y gano 36 navios y varcas, con mucha artilleria y ocho fuertes.

Tanvien tomô la villa de Vachtendonq el aîio de io88.

En ausenzia del duque de Parma, ha tenido très vezes el govierno destos Estados y de Borgona.

Después S. M., por patente que le enviô d'Espana, le dexô absolutamente el govierno gênerai de dichos Estados y de Borgona ,

( il4 )

asta que binoel serenisimo archiduque Ernesto de Aiistria, que Dios tenga en gloria.

Es de notai' que por todas estas alteraciones no dexô de mantenersiempre con su niuclia vigilancia el pais de Luzemburg en la lealtad y obcdiencia que deve à su rrey y principe natural , sin jamâs mudar ni favorecer à la rrebelacion de las otras provincias ni él ni los de su govieino.

Y, al cavo de tantes servicios, cargos yactos de guerra, ha quedado estropeado de braços y piernas, ha perdido sus mugeres y hijos, y ha gastado lodo su patrimonio y todo lo que ha lenido en servicio de sus principes, proponiendo todo lo demâs, ni lener mira â otro yntert^, ni adquerir bienes mas que solo la ourra con que se alla y le queda.

Todo esto no rrepresenta por otra cosa que por una memoria de lo que ha pasado en sus liempos del dicho principe y conde de Mansfelt, quien no prétende ningunos cargos, y no dexarâ de acavar su bida con toda lealtad â sus principes, como siempre ha écho asta agora.

(Original, aux Archives du royaume, papiers d'État : Correspondance historique, t. II , f. 327-330.)

Traduction.

Madame, je croirais être coupable d'une sorte d'ingratitude envers V. A., étant arrivé, par la grâce de Dieu, à un âge aussi avancé, et, par celle de ses prédécesseurs, mes princes souverains, à tant d'honneurs dont ils m'ont comblé, et dont, par respect pour eux, d'autres me comblent journellement, si je ne rendais à V. A. les grâces que je lui dois, comme à celle qui leur a succédé, et à qui je ne demeure pas moins et avec moins d'affection obligé.

Et, comme plusieurs princes de la maison d'Autriche ont désiré savoir de moi comment j'ai passé ma vie jusqu'à maintenant, et quelles charges j'ai remplies sous les empereurs Charles-Quint

et Ferdinand, et sous le Roi, de glorieuse mémoire, père de V. A., il m'a paru que je manquerais à mes devoirs, si je ne leur en envoyais pas une relation succincte, plutôt pour montrer la libéralité de Leurs Majestés à mon égard, et aussi la satisfaction qu'elles ont eue des services de mes ancêtres , que pour m'imaginer qu'il y ait quelque mérite en moi , ou pour obéir à un sentiment de vanité. Et, comme lesdits princes ont bien accueilli cette relation, quoique cela les concerne moins que V. A., je m'enhardirai, parles mêmes raisons, à lui présenter, ci-jointe, une copie de ladite relation : en proteslant que ce n'est point pour demander quelque nouvelle charge, car je suis arrivé au terme de ma carrière, mais uniquement pour que V. A. daigne considérer les motifs que j'ai d'achever mes jours, en toute fidélité,à son service, demômequeje n'ai cessé, dès ma jeunesse, de la témoigner au service de LL. MM. Impériales et Royale, et pour qu'elle s'assure que j'y persévérerai jusqu'à la fin. J'espère (et c'est ma consolation) que V. A. daignera se souvenir avec bonté de ma constance, et qu'elle voudra bien croire que, tout dénué des biens de ce monde que je puisse être, je ne manquerai jamais de loyauté, d'affection ni d'obéissance, en tout ce qui me sera ordonné pour le service de V, A. S. Que Notre-Seigneur garde pendant de longues années, et en état prospère, la personne de V. A., comme la chrétienté en a besoin, et nous, ses vassaux, le désirons. De Luxembourg, le dernier juillet 1600.

De V. A. S.

Le fidèle vassal et très-humble serviteur, qui baise ses mains sérénissimes, Pierre de Mansfelt.

Récit véritable, en bref, de ce que le prince et comte de Mansfelt a fait depuis sa jeunesse, des cliarges ([u'i! a remplies, et de ses actions de guerre.

D'abord, il fut élevé avec Ferdinand, roi des Romains, qui depuis devint empereur, de glorieuse mémoire, jusqu'à l'âge

( HG )

de 16 ans, qu il assista à la victoire de l'empereur Charles-Quint, à Tunis, en 1555.

Ensuite, ledit Empereur le prit à son service, et, étant en campagne, le créa chevalier, avec plusieurs autres. Il fut attaché à sa personne comme écuyer tranchant.

En 45, il vint aux Pays-Bas, et eut, à Landrecies, la charge d'une compagnie de chevaux.

L'année d'après, M. de Brederodele nomma son lieutenant dans le commandement de mille chevaux, et le mil à la tùte d'une compagnie de 200 : il se trouva avec cette troupe à Saint-Dizier.

En 45, l'Empereur le fit gouverneur et capitaine général de ses pays de Luxembourg et Namur.

L'année suivante, il leçut la Toison d'or à Utrecht, dans le chapitre de l'ordre qui se tint en cette ville.

Quelques années plus tard , pendant qu'il était en route pour le château d'Aspremont, ayant seulement 50 chevaux d'avant-garile avec lui , il rencontra les Français qui avaient 1 ,200 hommes d'infanterie et de cavalerie. Il les attaqua, les défit complètement, et attendit alors le reste île la troupe qui le suivait. Ensuite, il assiégea ledit château, qui se trouvait bien pourvu de troupes et de munitions, et l'emporta.

En 52, le roi de France Henri s'empara de la ville de Metz en Lorraine, et conduisit son armée devant Strasbourg. En ce temps, la reine Marie, au nom de l'empereur Charles, l'envoya en France comme général de camp. En cette qualité, après avoir rassemblé les gens et régiments des seigneurs du pays, il passa la Meuse, prit les villes de Stenay, Montfaucon, Grandpré et d'autres. Il eût encore pu accomplir d'autres faits importants; mais la reine Marie le rappela avec ses troupes, lui donnant l'ordre d'entrer dans Yvoy, vu que le roi de France avait abandonné Strasbourg, et s'était retiré avec toute son armée.

Après, les Français mirent le siège devant la ville d'Yvoy, où il se trouvait, et la canonnèrent avec furie. Les soldats ne voulurent pas se défendre, et firent, à son insu, un accord avec

l'ennemi. De celte manière, il tomba au pouvoir des Français, qui l'emmenèrent prisonnier. 11 demeura cinq ans en prison en France, et ne revint qu'au commencement de 57, après avoir payé une forte rançon de ses biens.

Ensuite, il fut envoyé par S. M. à la diète impériale de Ratisbonne.

La même année 1537, il eut à Saint-Quentin la charge de mille chevaux et d'un régiment d'infanterie wallonne, avec le titre de mestre de camp général de toute la nation allemande.

Le jour de Saint-Laurent, il commença la bataille, à la droite de l'armée. Il l'ut le premier qui, avec la cavalerie légère espagnole, attaqua l'ennemi et remporta la victoire. Il fut blessé de deux balles à une jambe. Ce fut lui qui fut cause qu'on combattit ce jour-là, et que, avec l'aide de Dieu, on gagna la bataille, comme il est notoire à tous ceux qui s'y trouvèrent.

L'année suivante, il eut sous ses ordres un régiment de retires et un régiment d'infanterie wallonne , et il lit l'office de mestre de camp général des Allemands. Le roi Philippe, de glorieuse mémoire, commandait alors en personne l'armée, qui était composée de 10 régiments allemands et de 7,000 reîtres, outre un nombre considérable de gens de guerre d'autres nations.

En 15G3, il fut, par ordre de S. M., envoyé en Portugal, avec une flotte. Il reçut à Lisbonne l'épouse de feu le prince de Parme, et l'amena en Brabant. Il arriva à Middelbourg le jour des Trépassés. Il souffrit beaucoup dans ce voyage: une tempête poussa la flotte jusque sur les côtes de Barbarie; mais, grâce au ciel, elle put en retourner, et elle s'arrêta huit jours au cap Saint-Vincent, afin d'attendre un temps plus propice. La veille de Saint-Luc, survint une seconde tempête, tellement violente, que sur 50 navires, 4 seulement demeurèrent ensemble; tous les autres furent dispersés.

En 1566, commencèrent les troubles en Flandre; la gouvernante, feu la duchesse de Parme, l'appela à Bruxelles, Comme les affaires prenaient une meilleure tournure, et qu'on espérait

( "8) le rétablissement de l'ordre, elle le fit gouverneur de cette ville.

Peu après, il entra avec 16 enseignes d'infanterie wallonne dans Anvers, où l'agitation était également très-grande. Tout s'apaisa, et il gouverna cette ville pendant plusieurs mois, jusqu'à l'arrivée du duc d'Albe.

Lorsque le duc prit possession du gouvernement, S. M. le chargea d'accompagner madame de Parme jusqu'à Plaisance, en Italie.

En 1369, il alla, par ordre exprès de S. M., avec deux régiments d'infanterie wallonne et '2,000 chevaux noirs-harnas divisés en 4 cornettes, au secours du roi de France; et ayant reçu, par écrit, l'ordre de livrer bataille, il le fit et remporta la victoire à la journée de Montcontour, au commencement d'octobre de la même année. A cette occasion , le roi de France Charles lui écrivit (ce dont il ne veut pas se persuader) que lui seul lui avait conservé son État et sa couronne, par cette victoire qu'il avait plu au ciel de lui accorder.

Dans cette affaire, un coup d'arquebuse lui estropia le bras droit.

Pendant le gouvernement du duc d'Albe, il fut à la tête de 2,000 reîtres dans le pays de Luxembourg : c'était au moment «pie le prince d'Orange fut forcé de se retirer de Mons en Hainaut.

Sous le gouvernement du grand commandeur de Castille, sans parler d'autres charges qu'il remplit, il fut nommé par S. M. mestre de camp général de son armée royale; il fit aussi une nouvelle levée de 2,000 reîtres.

Il était encore à la tète de cette troupe, lorsque le comte Louis fut défait et tué dans la plaine de Mokerheide, près de la Meuse, aux environs de INimègue.

Après la mort du grand commandeur, pendant que le conseil d'État gouvernait le pays et commandait à l'armée, de nouveaux troubles s'élevèrent dans le pays. Les rebelles l'arrêtèrent, ainsi que d'autres dudit conseil d'État, à la cour de Bruxelles, et le tinrent prisonnier cinq mois dans la maison dite le BrooUmys : plus d'une fois, sa vie s'y trouva on péril.

Il sorlit de prison après l'arrivée de don Juan d'Autriche, de bonne mémoire, et la conclusion de la paix. Les Espagnols devant alors quitter les Pays-Bas, il lui fui ordonné, de la part du Roi, de les conduire en Italie : ce qu'il fil en qualité de général.

Au retour de ce voyage, il vint rejoindre don Juan au château de Namur, où ce prince s'était retiré, parce que la paix s'était rompue , et que de nouveaux troubles avaient éclaté.

Tant que durèrent ces troubles , il se tint constamment près de don Juan; il eut part à beaucoup d'expéditions et de prises de villes, jusqu'à la mort de don Juan au fort de Bouges, près de rs'amur;

Le gouvernement des Pays-Bas ayant passé peu après entre les mains du duc de Parme, il assista au siège de Maestricht, où il remplit sa charge de mestre de camp général.

Après la prise de Maestricht, il passa dans le pays de Gueldre avec un bon nombre de gens de guerre.

De là, il fut envoyé à Mons en Ilainaut, où les provinces de llainaut, Artois, Lille, Douai et Orchies commencèrent à traiter avec lui de leur réconciliation. Et, comme le duc de Parme ne l)ouvait exercer le gouvernement qu'après l'accomplissement de ce qui était promis, il fut, en attendant, chargé des fonctions de gouverneur et capitaine général desdites provinces.

En ce temps, il prit plusieurs forteresses, comme Courtrai, Mortagne, Saint-Amand, le château du Quesnoy, etc.

Depuis, il se mit en campagne, par trois fois différentes, sous le gouvernement du duc de Parme, et s'empara de plusieurs places bien fortifiées et munies de bonnes garnisons, telles que Bouchain, Nivelles, Vilvorde, etc.

Il accompagna le duc de Parme à plusieurs sièges, notamment à celui d'Anvers, où le duc était campé sur la rive gauche de l'Escaut, ayant pris son logement en un château du pays de VVaes nommé Beveren, et lui, avec une partie de l'armée, serrait la ville du côté de la rive droite, logé au château de

Stabrouck. Les ennemis vinrent l'attaquer, dans le dessein de couper la con Ire-digue appelée Couweslein : ils sortaient d'Anvers et de Lillo, avec un nombre considérable de navires, de soldats et d'instruments de guerre. Ils réussirent à enlever un poste de cette digue qu'ils fortifièrent au moyen de treize fossés garnis de retranchements, et ils demeurèrent maîtres de cette position, depuis deux heures du matin jusqu'à neuf, qu'il les en chassa, et reprit tout ce qui était occupé par eux, après les avoir mis en déroute. Plus de 2,000 des leurs y restèrent. Trente-six navires et barques, pourvus d'une nombreuse artillerie, et huit forts tombèrent en son pouvoir.

11 prit aussi la ville de Wachtendonck, en 1588.

Pendant l'absence du duc de Parme, il a eu , trois fois, le gouvernement des Pays-Bas et de Bourgogne.

Plus tard, S. M., par lettres patentes envoyées d'Espagne, lui laissa d'une manière absolue le gouvernement desdits États et de la Bourgogne, jusqu'à l'arrivée de l'archiduc Ernest d'Autriche (que Dieu ail en gloire).

Il est à remarquer qu'au milieu de tous ces troubles, il réussit, par sa grande vigilance, à maintenir toujours le pays de Luxembourg dans la loyauté et obéissance due à son roi et prince naturel, sans que jamais lui ni ceux de son gouvernement aient tergiversé, ou favorisé la rébellion des autres provinces.

Et, après tant de services, de charges, d'actions de guerre, il est demeuré estropié des bras et des jambes; il a perdu ses femmes et ses enfants; il a employé tout son patrimoine et tout ce qu'il possédait au service de ses princes, mettant ce service au-dessus de toute autre considération, n'ayant égard à aucun autre intérêt, ne recherchant enfin d'autres biens que l'honneur (ju'il a acquis et qui lui reste.

Tout ceci, il ne le retrace que pour rappeler ce qui s'est passé du temps dudit prince et comte de Mansfelt. Il ne prétend à aucunes charges, et il conservera, jusqu'à la fin de sa vie, cette loyauté envers ses princes, qui l'a toujours animé.

Acte de brabantisation de Philippe Rubens, frère de Pierre-Paul : 15 novembre 1606, 17, 18 et 24 juillet 1607 (1).

Alsoo M'' Philips Rubenius myne heeren prelaten, edelen ende gedepuleerde van de vier hooftsteden, representerende de drye staeten des landts ende hertochdoms van Brabant, by sekere syne supplicatie verlhoont ende te kennen gegeven hadde, hoe dat synen vader, IVP Jan Rubens , waere geweest een geboren Brabanter ende poorter der stadt van Antwerpen, hebbende aldaer gepasseert den besten tydt van syn leven , ende oock mede geweest van de weth aldaer, dan alsoo ondertusschen vvaeren opgestaen de leste troublen, daerdoore vêle persoonen hunne wooninge ende vaderlant badden nioeten verlaeten, soo waere mede gebeurt dat synen voorschreven vader hem oock eenigen tydt hadde gehouden tôt Ceulen, alwaer by alnoch eenige kinderen by syne huysvrouwe hadde vercregen , ende namentlyck den verthoonder, met intentie nochtans om daeromme het landt van Brabant nyet te verlaeten , hebbende oversulckx , soo lange hy hadde geleeft, ende naer syn doot syne huysvrouwe, deselve kinderen, aïs sy eenichsints bequaem vvaeren geweest , herwaerts over geschickt; ende, naer de reconcilialie van de steden van Antwerpen ende Bruessel, waere des supplicants moeder metter geheele woonstcde binnen Antwerpen vo«)rschreven wedergekeert, alwaer deselve supplicant (geheel jonck wesende) syne ierste studien hadde begonst, ende daernaer tôt Loven, onder

I (1) Nous donnons place, dans nos Analectes, à cette pièce et à la suivante, j pour les détails curieux et authentiques qu'elles renferment sur la famille du I prince des peintres lljmands.

wylen heeren ende M' Jusio Lipsio, in wyens l'amilie Ly oock vier jaercn hadde gewoont; van daer waere gelrocken naer Iloonion, cnde ï;ynesludien aldaer soo vervolghl dat hy gradiwi docloralus ulriusque juris hadde vercregen , soo dal liy lioeple (sonder jaclantie gesproken) dat hy nyet feeneniael onbequaeni en sonde wordden bevonden , om Hunne Hooclicden ende den lande in loecomnienden lyde eenigen dienst le niogen docn ; cnde lioewel hy hchoorde gehouden te Nvordden al ofl hy hier in Brabant waere geboren, nyettegenstaende het casnel inliggen van syne voorschreven nioeder biiyten 's lants, d' welck, nefl'ens de gralie die hy door de voorschreven heeren slaeten hoepde le vercryghen , hem nyet en behoorde te beletlen , oft benenien 't niiddel oni 't voorschreven landt van Drabant, dacrvuyt hy gcsproten waere, soo bequamelyck te mogen dienen gelyck hy wel den wille cnde intentie hadde; badl daeronmie seer ootmoedclyck dat deselve staeten (aenschouw ncmende op 'tgene voorschreven waere, ende dat synen vader ende moeder soo van vaderlycke als moederlycke syde waeren origiuelyck geboren Brabanters) gelieftde le verclaeren dat hy niedc voor sulckx le houden waere, ende behoorde te genyeten aile de privilegien ende vrydomnien den ingeboren Brabanders conipeterende, nyettegenslaende hy le Ceulen geboren waere, ende dat hy nu, soo vêle des n«ot waere, wordde genaturaliseert, ende daervaii le docn depeschercn acte in behoorlycke forme, soo ende gelyck aen andere persoonen geduerende eenigen tydl hcrwaerts vuyt gelycke redene gedaen waere : welcke supplicatie in 't lange ende le diversche reysen by myne heeren staeten gesien, ende daerop serieuselyck gelelh wesende, milsgaders oock op sekere bygcvueghde attestalie des voorschreven heeren Lipsii , soo hebben eyntelyck, overmits de voorschreven redenen ende andere goede consideralien hiin moverende, le vreden gewcesl ende consenteren niits desen de voorschreven slaelen, soo velehiin aengaet, in den versuecke by den disposiliftVe der voorschreven supplicatie gedaen, ende dal ovcrsuickx de voorschreven ISr Philips

Riiheniiis, nyetlegenslaende syne geboile Iniyten 'slanls, sal voortacne gehoiidcn wordden voor een ingeboren Brabanter, ende genyeten aile rccbtcn ende privilegien denselven Brabanters toeconiiiiende, alleth maer voor dese reyse, ende sonder 't selve le willen doen oft laeten trecken in consequenlie voor den locconimenden lydt ende ten respecte van andere. Dus gedaen ende geresolveert lot Bruessele, in de vergaderinge van de voorschreven heeren slaelen respective , op den xv"" novenibris anno XVl'^ sesse, xyu*^", xvni^" ende xxini*^" julii anno 1607.

Oiider stoiit geschrcvcn : My daerby synde, onderk'cchcnl : P. Masius, ende was bcserjcU met hel cachet van de vourschrevcu heeren slaten.

(Copie (lu temps, aux Archives du lo^'aunic.)

LeUres de naluralilé données par (es Archiducs à Philippe Rubens , secrétaire de la ville d'Anvers : 19 janvier 1609.

Albert et Isabel, etc. A tous, etc. Receu avons l'humble supplication de nostrc bien-amé M" Philippe Rubens , docteur es droitz, contenant comme depuis nagaires, vacant en nostre ville d'Anvers l'oflîce de secrétaire , par le trespas de fut Jehan Boghe, ceulx de nostre magistrat illecq ont trouvé convenir en pourveoir ledict suppliant, et est desjà en possession; et combien que, ce considéré, et que la collation dudict office, comme des aultres semblables, sans aulcun débat ou contradiction, appertient ausdicts du magistrat, il ne debvroit estre permis à qui que ce soit d'y s'opposer, ou faire aucun obstacle audict suppliant en la joyssancc d'icolluy, si est-ce loulesfoisque aulcuns se van-

tent, à ce que Ton entend, de vouloir présenter lequesle à nous, pour l'impétrer comme vacant, soubz prélexle que ledict suppliant, pourestre né à Couloigne, ne seroit brabançon, et par ainsi incapable pour déservir ledict office : en quoy toutesfois (soubz très-humble correction) il n'y a apparence ny raison, car, encoires qu'il soitvray qu'estant le père dudict suppliant durant les troubles retiré audict Couloigne , il y soit nay, ce néantnioins cestuy défault (si aulcun y a) at esté purgé et vient à cesser par le consentement des estatz de nostre pays et ducé de Brabant, lesquelz ont déclairé le tenir pour brabançon, suivant l'acte sur ce à nous exhibé (I), de tant plus que ses parens, comme natifz de noslredicte ville d'Anvers, où que sondict père at à diverses foiz esté eschevin, et conséquamment icelluy suppliant estoit originaire de nostredict pays de Brabant, et par ainsi, selon droit et raison, capable pour déservir tous estatz, et joyr des privilèges de nostredict pays, selon que en tous aultres lieux et villes bien policées a esté practicqué et s'y practicque journellement : quoy considéré, et que ledict suppliant, de sa jeunesse, a esté nourry en nostredict pays de Brabant, et, ayant veu le monde, s'est addonné du tout aux estudes, pour avecq le temps se faire idoine à nous rendre le service qu'il doibt à ses souveraings seigneurs et princes naturelz, il nous a très-humblement supplié de ne vouloir permettre que luy soit fait aulcun destourbier ou obstacle en ce que dessus, ains que nostre plaisir soit, en aggréant et confirmant, en tant que besoing soit, le consentement et déclaration desdicts estatz, de maintenir et faire maintenir ledict suppliant en la joyssance des privilèges et prérogatives que son origine et ladicte déclaration des estatz luy donnent, et signamraent au regard dudict office dont il est en possession, et sur ce luy faire despescher noz lettres patentes en tel cas pertinentes :

Sçavoir faisons que, les choses susdictes considérées, et veu

i 1) Celui (|iii |iiécè(!e

le consciilenicnt desdicls eslalz de noslie pays ol diicé de Hrabant, nous, pour ces causes et aultres à ce nous mouvans, inclinans favorablement à la supplication et requeste dudict niaistre IMiilippe Ilubens, suppliant, hiy avons consenti, accordé et ottroyé, voulions et déclairons qu'il soit tenu pour originellement nay et naturel d'icelluy nostre pays et ducé de Brabant, et comme tel puisse et pourra joyr de tous et quelzconrjues privilèges, franchises et imniunitez, et déservir tous et quelzconcques eslalz et offices appertenans et réservez aux naturelz d'icelluy nostre pays, et particulièrement retenir celluy de secrétaire de nostredicle ville d'Anvers, dont il a esté pourveu par ceulx du magistrat illecq : le tout, nonobstant qu'il ait esté nay en ladicte ville de Coloigne; le mesnieM*^ Philippe Rubens (en tant que besoing est) naturalisant et es privilèges de cesluy nostredict pays et ducé de Hrabant, sa patrie, restituant et rédintégranl.

Si donnons en mandement à noz très-chiers et fcaulx les chancellier et gens de nostre conseil audict Brabant , et à tous aultres noz justiciers, ofliciers et subjectz de nostredict pays et ducé de Brabant, ausquelz ce peult ou pourra toucher et regarder, qu'ilz lacent, seufiVent et laissent ledict maistre Philippe Rubens de ceste nostre présent déclaration et accord plainement et paisiblement joyr et user, sans luy faire, mettre, etc. : car, etc. En tesmoing, etc.

Donné en nostre de ville de Bruxelles, le dix-neuiiesme de janvier, l'an de grâce mil six cens neuf.

(Minute, aux Aicliivcs du lovaume.)

CLxxxir.

Patentes de peintre de leur hôtel données par les Archiducs à Pierre-Paul Rubens : 25 septembre 1609.

Albert et Isabel Clara Ecgenia, infante d'Espaigne, par la grâce (le Dieu , arcliiducqz d'Autriche, ducqz de Bourgoingne, de Lothier, de Brabant, de Lembourg, de Luxembourg et de Geldres, contes de Habsbourg, de Flandres, d'Arthois, de Bourgoingne, de Thirol, palatins, et de Haynnau, de Hollande, de Zélande, de Nanuir et de Zutphen, marquis du saint-empire de Rome, seigneur et dame de Frise, de Salins, de Malines, des cité , villes et pays d'Utrecht, d'Overyssel et de Groningue. A tous ceulx qui ces présentes verront, salut. Sçavoir faisons que, pour le bon rapport que fait nous a esté de la personne de Pierre-Paul Rubens, et de ses sens et grande expérience tant en faict de paincture que de plusieurs aultres arlz, nous confians à plain de ses léaulté et bonne diligence, eu sur ce l'advis de noz très-chiers et féaulx les chiefz, trésorier général et commis de noz domaines et finances, avons icelluy Pierre- Paul Rubens retenu, commis, ordonné et estably, retenons, commectons, ordonnons et establissons, par ces présentes, à l'office de paintre de nostre hostel, en luy donnant plain pouvoir et mandement espécial dudict office de paintre de nostre hostel d'ores en avant tenir, exercer et déservir, et au surplus faire bien et deuement toutes et singulières les choses que bon et léal paintre susdict peult et doibt faire, et que audict office compétent et appertiennent, aux gaiges et traictement de cincq cens livres, du pris de quarante groz nostre monnoie de Flandres la livre, par an, dont voulons et ordonnons qu'il soit payé et contenté, par les mains de nostre amé et féal conseillier et

receveur général de nosdictes finances, Christophre Godin, présent et advenir, depuis cejourd'huy en avant, de demy-an en demy-an, par esgale portion, et au surplus aux droictz, honneurs, libériez, exemptions et franchises accouslumez et y appertenans, et dont joyssent aultres noz domesticques et serviteurs de nostredict hostel par tous les lieux de nostre obéissance, avecq pouvoir qu'il pourra enseigner à ses serviteurs et aultres qu'il voudra sondict art, sans estre assubjecti à ceulx du mestier, tant quil nous plaira. Sur quoy, et de soy bien et deuement acquicter, ledict Pierre-Paul Piubens sera tenu faire le serment pertinent, et en oultre jurer que, pour obtenir ledict office, il n'a offert, promis ni donné, ni faict offrir, promectre ni donner, à qui que ce soit, aucun argent niaultre chose quelconque, ni le donnera, directement ou indirectement, ni aultrement en aucune manière, saulf et excepté ce que s'est accoustumé donner pour les dépesches, et ce es mains de nostre chier et féal messire Ferdinande de Salinas, conseillier et maistre aux requestes ordinaire de nostre conseil privé, que commectons à ce, et luy mandons que, ledict serment faict par ledict Pierre-Paul Rubens, comme dit est, il le mecte et institue de par nous en possession et joyssance dudict office de paintre de nostre hostel, et d'icelluy, ensemble des gaiges, droictz, honneurs, libériez, exemptions et franchises susdictes, il et tous aultres noz justiciers, officiers et subjeclz cui ce regardera, le facent, seuffrent et laissent plainement et paisiblement joyr et user, cessans tous contredicls et empeschemens au contraire. Mandons en oultre ausdicts de noz finances que, par nostre receveur général d'icelles présent, ou aullre advenir, ilz facent d'ores en avant furnir audict Pierre- Paul Rubens, ou à son command pour luy, lesdicles cincq cens livres dudict pris par an , de demy-an en demy-an , par esgale portion; et, en rapportant ces meismes présentes, vidinius ou copie autenticque d'icelles, pour une et la première fois, et, pour tant de fois que mestier sera, quiclance dudict Pierre-Paul Rubens sur ce servante seulement, nous voulons tout ce que payé, baillé

et délivré luy aura esté à la cause dicte, estre passé et alloué en la despence des comptes, et rabattu des deniers de la receple de noslredict receveur général des finances présent, ou aultre advenir qu'il appartiendra et payé l'aura, par nez amez et féaulx les président et gens de nostre chambre des comptes à Lille, ausquelz mandons semblablenient ainsy le faire, sans aulcune difficulté : car ainsy nous plaist-il , non obstant que ces présentes ne sont signées de nostre audiencier et premier secrétaire seul signant en noz finances, estant présentement absent pour nostre service, et les ordonnances y répugnantes, auxquelles avons, pour cesle fois et à l'effet que dessus, dérogué et déroguons par losdictes présentes. En tesmoing de ce, nous avons faict mectre nostre seel à icelles. Donné en nostre ville de Bruxelles, le vingttroisième jour de septembre, l'an de grâce mil six cens et noeuf.

Sur le repli : Par les Archiducqz : le baron de Haveskerke, S'" de Vendegies, cbief, Philippe Stercke, Jehan d'Ennetières, commis des finances, et aultres présens. Signé : D'Enghien.

Au dos : Aujourd'huy, ix""^ du mois de janvier l'an XVF et dix, Pierre-Paul Rubens, dénommé au blancq à l'aultre lez de cestes, a faict le serment pertinent de peinctre de l'hostel de lueurs Altèzes Sérénissimes, dont audict blanc est faicte mention, es mains de messire Ferdinande de Salinas, conseillier et maistre des requestes ordinaire du conseil privé de Leursdictes Altèzes, à ce commis. Faict au jour et an que dessus. Moy présent. Signé : De Berty.

(Original, aux Archives du royaume.)

CLXxxm.

Cinq lettres de télecleur de Bavière au magistrat de Bruxelles , touchaM le bombardement de celte ville (i) : l*"^ octobre — G novembre -1095.

Première lettre.

MaXIMILIEN-EmMANUEL , PAR LA GRACE DE DiEU, DuCQ DE LA HAUTE ET

DASSE Bavière et du haut Palatinat , Comte palatin du Rhin ,

GRAND ESCHANSON DU SAINT -EMPIRE ET ELECTEUR, LaNTGRAVE DE LiCIITENBERGH , GOUVERNEUR DES PaiS-BaS.

Chers et bien-amez, comme nous avons appris que l'on commenceroit à rebâtir les maisons ruinées, et que nous souhaiterions fort que l'on observât dans les bâtimens quelque égalité, et que l'on voulût, pour la beauté et la commodité de la ville, élargir les rues qui estoient auparavant trop étroites, nous vous faisons celte, afin que vous nous marquiez incessamment vos senlimens là-dessus. A tant, etc.

Du camp de S*-Quintin-Lennicq, le premier d'octobre 1695.

Deuxième lettre.

M AXiMi LIEN- Emmanuel, etc.

Chers et bien-amez, ayant donné part au Roy de ce que s'est passé dans le bombardement de cette ville, Sa Majesté nous a marqué, par sa réponse, sa royale gratitude de la constance et

(1) Voy. VHistoire de Bruxdles, de MM. Henné et Waittrrs, l. H, pp. 130 et suiv.

rulélit('' que vous et les habitans avez témoigné dans ce malheur : ce que nous avons bien voulu vous participer, ne doutant pas que les expressions de bénignité et d'amour dont Sa Majesté vous honore vous seront d'une très-grande consolation, et que vous continuerez à donner de votre part des marques de la continualion de votre zèle et attachement à son royal service dans toutes les occasions qui se présenteront. A tant, etc.

Du campdeS'-Quintin-Lennicq, le 5'"^ d'octobre 1G95.

Troisième l<»lfre.

Maximimen-Emmanuei. , r.TC.

Chers et bien-amez, ayant considéré, depuis nostre retour de l'armée en ceste ville, que les ruines que les ennemys y ont causé par le bombardement sont encore peu restablies, nous, pour faciliter aux bourgeois les moyens de ce restablissement, avons accordé et accordons, par ceste, que tous les matériaux propres pour rebastir pourront entrer francqs et libres de toutes charges et impositions qui se lèvent, tant à l'entrée en ce pays qu'en ceste ville, pour le tems de trois ans prochains, moyennant que les propriétaires bruslés s'expurgent sous serment, par-devant commissaires du conseil des finances, qu'ils les employeront à rebastir leurs maisons bruslées et ruinées par le bombardement, sans les employer ailleurs, directement ou indirectement, et que, pendant ledit terme, l'on ne pourra construire des nouveaux édifices dans les villes circonvoisines sans nostre permission, pour que les bourgeois bruslés ne soient retardés à rebastir leurs maisons. Et, afin que les bois sciés et autres matériaux ne se vendent à trop haut prix en ceste ville, nous vous authorisons, comme nous avions encore fait, pour les régler et tauxer à un prix juste et convenable, et envoyerons nos ordres en finances, afin que, dans les ventes prochaines de bois, ils pourvoyent que le bois de chauffage ne pourra estre vendu qu'à deux florins huict

sols la mesure. Et, afin que les bourgeois qui ont eu leurs maisons bruslées puissent tant plus facilement trouver des lieux propres pour tenir leurs bouticques, nous accordons, pour le terme de deux ans, que tous les François et estrangers habitués dans le restrict de la cour, y faisant quelque traficq, et n'estant bourgeois ny admis dans quelque mestier, devront s'en retirer, afin que les bourgeois ruinés s'y puissent placer : de quoy nous ferons advertir les estrangers point bourgeois, afin qu'ils cherchent ailleurs des commodités. L'on fera aussi une recherche exacte des François qui sont en cesle ville, et l'on en fera sortir tous ceux qui n'y ont rien à faire, ou qui n'y sont pas par nostrc permission et ordre. A tant, etc.

De Bruxelles, le 7^ d'octobre -1695.

Quatrième lettre.

Maximilien-Emmanuel, etc.

Chers et bien-amez, comme nous avons recoignu avec déplaisir, au retour de la campagne, le peu de disposition que l'on a donné pour désembarrasser les rues des ruines qu'a causé le bombardement, et qu'il n'y a rien de plus important, pour le présent, que le nettoyement des rues, tant pour la santé que pour le restablissement des maisons et commerce, et que, pour y parvenir avec promptitude, il convient de commettre la direction à quelques personnes du magistrat qui puissent, avec ceux que nous avons commis de nostre part, régler et exécuter tout ce que sera trouvé plus expédient et convenable, nous avons commis et authorisé le bourgemaistre Pafenrode, les eschevins Dorville et Cano, le trésorier Firlants, le bourgemaistre des nations Ancillon et le receveur Vander Haegen , pour, avec ceux que nous avons commis de nostre part, diriger, indépendamment du reste du magistrat, tout ce que par ensemble sera trouvé convenir, d'ordonner les payements pour les frays, et généralement faire et

agir tout ce que pourra despendre pour le transport desdites ruines. Mous vous faisons cette pour vous en advenir, et ordonner, au nora du Roy, de vous conformer et régler selon ce. A tant, etc.

Bruxelles, le 13^ d'octobre 1695.

Cinquième lettre.

Maximilien-Emmanuef,, etc.

Chers et bien-aniez, come il est de l'intérest pulilicq que le niont-de-piété, qui est remply de déposts précieux , tant de personnes de qualité que d'un grand nombre de bourgeois de cette ville, soit bien gardé et conservé contre les voleurs, et que cependant il se trouve tellement découvert de tous costés, depuis le bombardement, par la destruction des maisons voisines, qu'on ne peut le laisser, sans risque, exposé comme il est, nous vous faisons cette pour vous ordonner, au nom du Roy, de faire construire un corps de garde auprès dudict mont-de-piélé, afin d'y establir une garde pour y faire la ronde, et y poster des sentinelles pendant la nuict : à quel effect vous devrez livrer le bois et lumière nécessaires. A tant, etc.

Bruxelles, le G" de novembre 1695.

Lettre du marquis de Bedmar au conseil de Namur, le réprimandant du peu d'égards quil montrait pour l'électeur de Cologne, réfugié en cette ville : 25 janvier \ 704.

Don Ysidro de la Cueba et Benavides, Marquis ue Bedmar, du Conseil d'Estat de la monarchie. Capitaine d'une compagnie de cavalerie cuirassiers, gardes anciennes de Castille, Commandeur de l'Orcajo de las Torres dans l'ordre de s*- Jacques, Gentilhomme de la chambre du Roy, nostre sire, Commandant général des Pays-Bas.

Messieurs, ayant esté informé du peu d'égard que vous témoic;nés d'avoir pour la personne du sérénissime prince électeur de Coloignc (1), pendant son séjour en la ville de Namur, si avant que vous n'auriés pas esté luy féliciter les festes dernières, et que mesine, y ayant esté une fois, vous vous sériés retiré sans attendre, sous prétexte qu'il tardoit de vous recevoir, et que vous, président, y ayant esté avecq un autre, vous luy auriés fait entendre que vous ne luy rendiés ce devoir qu'en voslre particulier, et non de la part du corps, nous vous faisons cette pour vous dire que nous avons esté fort surpris de tous ces procédez, et que vous fassiés connoître que vous sçavez si peu l'estime que l'on doit faire d'un prince de sa naissance, de sa dignité et de son rang, qui est si estroitement allié des deux couronnes, et qui a Lien voulu abandonner ses propres Estais, pour le bien de la cause commune, et se retirer dans une ville de l'obéissance du Roy; que de plus vous vous oubliés si avant que de vouloir vous

(1) Joseph-Clément, de la maison de Bavière.

mesurer ou entrer en pointillé avecq luy : l'intention de Sa Majesté estant que tous ceux qui ont l'honneur d'estre à son service, ayent toute sorte de respect pour Son Altesse Electorale, (l'est pourquoy nous vous encliargeons de vous comporter à l'avenir en celte conformité, et cependant d'aller, en corps et en robes, luy rendre vos devoirs, et luy faire excuse de ce que vous vous en estes si peu acquittés jusques à présent; et vous nous advertirés de l'avoir ainsy exécuté. A tant, messieurs. Dieu vous ait en sa sainte garde.

De Bruxelles, le 25' de janvier i704.

El Marqués de Bedmar.

D" Joseph de Arze.

Souscription : A ceux du conseil de Namur.

(Original, aux Archives du royaume, collection du conseil de Namur : reg. intitulé : Liasse de IlOi-n lU., fol. 15.)

Consulte du conseil privé sur les privilèges et exemptions prétendus par l'ordre Tenlunique aux Pays-Bus : \ I ntai 1750.

Monseigneur (I), ])ar décret du 5 avril dernier. Votre Altesse Royale nous a remis la traduction de la lettre que l'électeur de (Jologne lui a écrite, par laquelle, en sa qualité de grand maître de l'ordre Teutonique, il se plaint que , sous le prétexte de l'édit

(1) Le duc Charles-Alexandre de Lorraine, gouverneur général des Pays- Bas.

général du 6 t'évritM' 1755, qui assujettit indistinctement tous les fonds au paicmçnt de quelques impositions, on imposeroit pareillement aux terres et biens dudit ordre, situés dans le pays deFalckenbourg, au delà de la Meuse, en Brabant, appartenant à la grande commanderie du Vieux-Joncs, et respectivement à celles de Beckevort et Pizzenburg, des contributions et charges du plat pays, con tre l'ancien usage et une possession due et exercée depuis un tems immémorial , contre la teneur expresse des privilèges accordés audit ordre, et confirmés en dernier lieu par décret de Sa Majesté, du 28 septembre 1754 : confirmation qui deviendroit absolument infructueuse, si ces biens seroient sujets au paiement de pareilles charges.

11 prie Votre Altesse Royale de munir les biens et terres de son ordre Teutonique, situés dans les Pays-Bas autrichiens, d'une ordonnance à tous les baillis, officiers du pays et commissaires des quartiers, afin que non-seulement par eux-mêmes ladite confirmation impériale et royale de leurs privilèges soit sans exception respectée, leur contenu dans toutes les occurrences observé, et désisté, par conséquent, de toutes les contraventions, exécutions et exactions, mais aussi qu'en vertu de leurs fonctions, ils auroient à y obliger les villages et communautés de leurs districts ou quartiers, et surtout d'y ajouter qu'il ne leur est point permis de troubler à l'avenir ledit ordre dans sa possession notoire et immémoriale d'exemption du paiement desdites charges : ordonnance qui seroit d'autant plus juste et équitable qu'elle est conforme au diplôme de Sa Majesté, du 28 septembre 1754.

Chargés de consulter Votre Altesse Royale sur la matière, pour la mettre en état de répondre à celte lettre selon les circonstances du cas, nous avons l'honneur de dire qu'ayant pris recours aux rétroactes qui concernent les privilèges, franchises et exemptions qui pourroient compéler à l'ordre Teutonique, nous avons remarqué que Sa Majesté, s'étant fait produire différents diplômes enregistrés et vérifiés suivant les formes près-

ci'iles de ces pays, et jiprès avoir examiné, tant les avis du gouvernement des Pays-Bas, que celui de son conseil suprême établi près de sa sacrée personne, a, par sa dépêche du 28 septembre 1754, renouvelé et confirmé lesdits privilèges, prérogatives et exemptions, pour autant qu'ils ont été dûment vérifiés et enregistrés, voulant et entendant que les commandeurs et les chevaliers dudit ordre, de même que leurs serviteurs et domestiques, en usent et jouissent paisiblement, sur le môme pied qu'ils en ont joui et usé jusques ici, et pour autant qu'ils en ont été et pu être légitimement en possession, suivant les lois, coutumes et usages du pays. Sa iMajesté ordonne à tous ses officiers, justiciers et sujets de se conformer ponctuellement, tant en jugement (ju'autres actes, au contenu de ces lettres de renouvellement et de conlirmation, sans permettre qu'il y soit fait aucune contravention.

L'Électeur a eu copie de cette dépêche royale ; il peut s'en prévaloir selon les différentes circonstances qui se présentent. Si tant est, comme il allègue par sa lettre, que l'ordre Teutonique est en due et immémoriale possession de ne point payer les charges au paiement desquelles l'on prétend l'assujettir, il peut s'en exempter à juste titre, en conformité dudit diplôme, dont il pourroit remettre copie aux gens de loi ou aux communautés du lieu où les biens de l'ordre sont situés, pour s'y conformer ponctuellement : mais, au cas que ceux-ci soutiendroient que ledit ordre ne seroit point en possession due , et telle que le diplôme l'exige, de ne point payer lesdites charges, les parties étant contraires en fait, c'est au juge d'examiner et de décider la question comme en justice il appartient.

Il ne convient, en aucune façon, de se départir de ladite royale dépêche, à laquelle on s'est strictement conformé sur différentes représentations faites par les commandeurs de Vieux- Joncs, Beckevort et autres.

Nous estimons (ju'en cette conformité, Votre Altesse Royale pourroit être servie de répondre à ladite lettre, dont nous rejoi-

gnons l'original, comme il nous est ordonné par le susdit décret.

Nous nous en remettons néanmoins à ce qu'il plaira à Votre Altesse Royale d'en ordonner.

Ainsi avisé au conseil privé de Sa Majesté, tenu à Bruxelles,

le il mai 1756. Steenh. v'.

De Reul.

On lit à la marge l'aposlille suivaiHe, munie du paraphe du prince Charles de Lorraine :

J'ai répondu à Son Altesse Électorale de Cologne le 22 mai 1756, dans le goût proposé par cette consulte.

(Original, aux Archives du ro^'aume.)

Lettre du comte de Nény, chef et président du conseil privé, tt du secrétaire dEtal Henri de Crumpipen, au prince de Slarhemberg , minisire plénipotentiaire pour le gouvernement des Pays - Bas , sur une émeute qui avait éclaté à Bruxelles : 23 mars 1772 (1).

Monseigneur, nous ne pouvons pas différer de rendre compte à V. A. de quelques mouvements tumultueux qui viennent d'éclater ici, suivant le rapport préliminaire qui nous en a été fait par le bourgmestre et par le premier pensionnaire de Langhendonck.

(1) Le prince de Starliemberg était à Anvers. Cette lellre lui fut expédiée par un courrier qui partit, le 23 mars, à une heure de l'après-midi.

Le prince Cliaries de Lorraine se trouvait en ce moment à Mons. Les deux minisires lui envoyèrent aussi un exprès, porteur d'une copie de leur lettre au prince de Starliemberg.

Quelques garçons, se plaignant de la cherté du beurre, qu'on vouloit vendre à 8 */2 sols la livre, ainsi que de la cherté du fVomage, se sont permis de piller, entre les sept et huit heures du matin, trois ou quatre échoppes où des gens de la campagne avoient exposé de ces denrées à vendre, dans la rue au Beurre, qui va delà Grande-Place, le long de l'église de S'-ISicolas, au Marché-aux-Hcrbes.

Le bourgmestre, le pensionnaire et l'échevin T'Serclaes s'étant rassemblés, ils se sont portés tout de suite dans la rue où cette scène s'étoit passée, et de là sur la Grande-Place, pour lâcher d'en apprendre les circonstances, et de prévenir de plus grands excès. Ayant interrogé plusieurs bourgeois, ils les ont trouvés tous fort silencieux, personne ne voulant s'expliquer sur ce qu'il avoit vu.

Les gens de la campagne ne paroissoient ni effrayés ni consternés; mais quelques-uns de la lie du peuple se répandirent en plaintes sur la cherté. Le pensionnaire les harangua, dans la vue de les calmer, en les exhortant de s'en reposer sur les soins de leurs supérieurs, et de souffrir avec patience ces effets d'une cherté générale. Ils parurent recevoir ces exhortations de bonne part, et cessèrent de se plaindre.

Les trois membres du magistrat, dont il s'agit, s'étant rendus ensuite à l'hôtel de ville, ils y trouvèrent tout le corps du magistrat assemblé, et un adjudant de M. le duc d'Ursel(l), qui étoit venu de sa part pour leur offiir ses services.

L'affaire ayant été mise en délibération, le magistrat résolut :

1° De requérir M. le duc d'Ursel de renforcer provisionnellement la garde de l'Amigo, de 30 hommes, à la disposition du magistrat;

2° De prier le duc de faire tenir prêts des piquets de dragons, pour patrouiller en cas de besoin;

3° De supplier le gouvernement de donner ordre au prévôt de

(1) Lieutenant général, (jouverneur de Bruxelles.

l'hôtel et au drossard de Brabant de rassembler le plus de leurs gens qu'il sera possible, pour veiller au maintien de la tranquillité publique;

l*" De faire prendre les armes incontinent aux gardes bourgeoises ;

5° Que les membres du magistrat se répartiroient dans différents quartiers de la ville, pour veiller au maintien de Tordre;

6" Qu'on enverroit un exprès au lieutenant-amuian , qui est jiarti ce matin pour sa campagne, à deux lieues d'ici, pour le faire revenir incessamment.

Le bourgmestre et le pensionnaire se rendirent tout de suite chez V. A., pour lui rendre compte de ces mesures, et recevoir ses ordres : mais, ayant appris son absence, ils se sont rendus chez le secrétaire d'État et de guerre, et de là , avec celui-ci, chez le chef et président, vers les neuf heures et demie.

Ayant discuté les arrangements arrêtés par le magistrat, nous avons jugé que c'étoit ce qu'il y avoit de mieux à faire dans le moment présent, et M. Plubeau (l) s'étant pareillement rendu chez le chef et président, il s'est chargé d'avertir tout de suite le prévôt de l'hôtel et le drossard de Brabant de rassembler d'abord le plus de leurs gens qu'il seroit possible, à la disposition du magistrat. M. Plubeau nous a rapporté depuis que cela avoit été exécuté, et qu'indépendamment des gens du prévôt de l'hôtel, il y en avoit une trentaine du drossard de Brabant qui patrouil- . loient dans les rues.

Pendant que nous étions occupés à rédiger le présent rapport, M. le chancellicr de Brabant et les conseillers fiscaux se sont pareillement rendus chez le chef et président, pour l'informer que le conseil de Brabant, regardant cet événement pour un cas royal, venoit de prendre la résolution d'autoriser le procurent général à tenir des informations, et à pourvoir, par toute sorte de moyens, à la trancpiillilé publique.

(I) Conseiller au conseil privé, commis aux causes liscaleii.

Nous repiésenlàines à ces messieurs (juc, quoiqu'à la vcrilé ce cas pût être envisagé pour royal, cependant il éloit intéressant de ne pas traverser les mesures du magistrat, et de se mettre dans l'embarras d'un conflit de jurisdiction, tandis qu'il falloil aller au plus pressé, c'est-à-dire tliercher à assurer la tranquillité de la ville ; que nous ne trouvions rien à redire à la résolution que le conseil de Brabant avoit prise, mais que nous croyions devoir leur conseiller de suspendre d'en faire usage, parce que, vu les circonstances qui nous avoientété rapportées, on pouvoit espérer que cette affaire se calraeroil sans un trop grand éclat; que, si néanmoins il en arrivoit autiement, et qu'il devînt nécessaire de sévir contre les coupables par le ministère de la justice, alors le gouvernement leur feroit d'abord connoîlre ses intentions.

Ces messieurs goûtèrenl cet avis, et il fut résolu que le procureur général n'entreprendroit rien , sans en avoir conféré au- |)aravant avec le chef et président.

Telles sont les circonstances de celte affaire, qui n'a duré que très-peu de temps. Le pensionnaire Langbendonck s'étant rendu de nouveau chez le chef et président à midi, il l'a informé qu'il y avoit eu aussi un petit mouvement dans la rue de Bavière, mais sans pillage, l'échevin Valériola ayant réussi à en imposer à un garçon qui se préparoit à faire tapage, et qui déjà avoit outragé de paroles une marchande de beurre. Dès les dix heures du matin, tout étoit dispersé, même les gens que la curiosité seule avoit assemblés : à quoi une grosse pluie a peut-être un |)eu contribué.

Quoi qu'il en soit, il règne actuellement un cahne si profond, (|ue le magistrat a cru pouvoir différer de faire prendre les armes aux gardes bourgeoises.

Comme, à cause de la fête d'après-demain, il y a demain ce qu'on appelle un ilcitii-murché , on se contentera de doubler les postes des bourgeois; mais ils seront tous commandés pour vendredi, (jui est le piincipal jour de maiclié de la semaine.

Si, conUe noire allente, il survient iiuelnue événeincnl nouveau, V. A. en sera informé d'abord par un courrier. ^'ous sommes, avec un profond respect, etc. Bruxelles, 25 mars 1772.

(Signé) Nény et Crumpu'en.

P. S. Aucun de nous ne mandera cet événement à Vienne, sans les ordres de V. A., que nous pourrons recevoir avant le Jépart de la poste; mais il se peut que le département militaire se hâtera d'en donner part au conseil de guerre. C'est une observation que nous soumettons aux lumières de V. A.

(Minute, aux Archives du royaume )

CLXXXVIl.

Noie du comte de Ncny siw le plan d'une Histoire du tiainuut, présenté à l' Impératrice par dom Charles Bevy , bénédictin de la congrégation de Saint-Maur : 1 7 janvier 1777 (l ).

Pour écrire l'histoire d'un pays, il ne suffit pas de rassembler

(1) Celte note Jut adressée au secrétaire d'Étal de Crumpipen, en réponse à la lettre suivante que ce ministre avait écrite au comte de Kény :

X Monsieur, dom Charles Bev^y, bénédictin de la conjjrégation de S'-Maui-, ayant fait présenter la requête ci-jointe à S. M., tendante à être décoré û\\ litre de sou conseiller liistoriograpiie pour la province de Hainaut, dont ce religieux a entrepris d'écrire l'histoire, et à être autorisé à faire , en cette qualité, dans ladite province, la recherche des actes et documents qui lui sont nécessaires pour l'exécution de son ouvrage, et l'objet de cette requête ayant été fortement recommandé à S. A. le ministre pléniiwtentiaire, ce seigneur m'a chargé de la remettre à Votre Excellence, pour qu'elle veuille bien l'informer de son sentiment sur ce qui en fait l'objet, à moins qu'elle ue juge à propos d'y faire délibérer au conseil, S. A. souhaitant que, dans ce dernier cas, le coHseil s'y explique le plus tôt qu'il se pourra.

» .le suis, etc. Bruxelles, le 14 janvier 1777. » H. Culmpii'I..\. »

des laits el de les vérilier par des monuments, mais il est particulièrement nécessaire de bien connoitre le génie, les mœurs, les lois, les usages des peuples dont on entreprend de donner l'histoire.

C'est par le défaut de ces connoissances que généralement tous les écrivains françois, Voltaire surtout, sont tombés dans les erreurs les plus grossières el les plus risibles, lorsqu'ils se sont avisés de parler de l'histoire des Pays-Bas. J'excepte le seul de Thou ; mais ce sage historien étoit en relation avec le chef et président Viglius, qu'il eut même le courage d'aller voir à Bruxelles, lorsque les soldats révoltés de Jérôme de Roda l'eurent emprisonné au Broot-Huijs{[).

Rien ne me fait présumer que dom Bevy ait plus de capacité que ses compatriotes, pour traiter une partie quelconque de l'histoire des Pays-Bas, ni qu'il mérite, sans qu'on ait vu aucune de ses productions, le titre singulier d'historiographe de S. M. pour la partie du Hainaut qui lui appartient.

Il est vrai que, par un brevet du 1" octobre 1776, dont il produit une copie, il a déjà obtenu du roi très-chrétien le titre de son historiographe pour la province de Hainaut en général ; mais cette concession, expédiée par le département de la guerre, ne m'en paroît pas moins étrange, et je pense qu'il seroit peu convenable que l'Impératrice lui fît la même grâce, soit par forme d'accessoire, pour la partie de la province à laquelle elle donne des lois, comme il le demande, soit en termes généraux pour la province entière.

J'ajouterai que, suivant le plan de dom Bevy, il se propose

(1) Le comte de Nény commet ici lui-même une erreur, inexplicable de la part d'un homme qui connaissait si bien rhistoire de son pays. Ce ne furent pas les soldats révoltés de Jérôme de Roda qui arrclèrent, le 4 septembre 157G, Viglius et les autres membres du conseil d'État suspects d^cspagno- Usine, mais les soldats de Guillaume de Hornes, seigneur de Hèze, qui avaient été levés par les états de Brabanl. Roda eût été arrêté lui-même, et le premier, s'il se fut tiouvé à Bruxelles; mais il avait eu soin d'aller se mettre en sûreté au château d'Anvers.

d'écrire l'histoire des siècles passés, à commencer par Jules César, et que le mot historiographe ne s'emploie d'ordinaire « que )) comme le titre d'un homme, qui a mérité, par son talent, )) son intégrité et son jugement, le choix du gouvernement, )) pour transmettre à la postérité les grands événements du règne » présent. » Tels ont été en France, sous Louis XIV, Racine et Boileau, et, sous Louis XV, Voltaire et Duclos. (Artiqle historiographe dans Y Encyclopédie.)

Dom Bevy se trompe d'ailleurs, s'il pense, comme il paroît le croire, que le titre d'historiographe lui ouvrira tous les dépôts d'archives. 11 dépend sans doute de S. M. de lui accorder ce droit pour les archives royales; mais il seroit dangereux de le faire en faveur d'un étranger par une concession illimitée. Qu'il présente des notes concernant les actes qu'il souhaitera d'avoir, ot nous ne trouverons probablement pas beaucoup de diflicultés à lui permettre d'en prendre inspection et copie , surtout si ce sont des actes anciens, car, après un siècle révolu, il n'y a guère de titres qu'il importe d'ensevelir dans le secret.

Pour ce qui concerne les archives appartenant à des corps de communauté, tels qu'abbayes, chapitres, etc., ou à des particuliers, comme ces archives constituent une partie de leur propriété, S. M. n'a pas le droit d'en disposer; et, à cet égard , dom Bevy doit se procurer leur inspection comme il peut.

C'est ainsi qu'en ont usé MirfBus, Butkens, Foppens et nos autres écrivains diplomatiques, et c'est ainsi encore que, pendant l'année dernière, les bénédictins des Blancs-Manteaux, à Paris, ont obtenu, à ma recommandation, de l'abbé de S'-Ghislain en Hainaut, la communication d'un manuscrit intéressant dont ils avoient besoin pour un ouvrage historique.

Bruxelles, le 17 janvier 1777.

(Minute autograi>lie, aux Archives du roj'aiinie.)

( Ui

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