LISTE DES ÉCRITS DE PAGANI
Mémoires couronnés par l'académie de Bruxelles.
Mémoire sur les lignes spiriques ; tome V , année 1825. Mémoire sur le mouvement du fil flexible; ibidem.
Mémoires de V Académie.
Mémoire sur le principe des vitesses virtuelles; tome III,
Mémoire sur l'équilibre des systèmes flexibles; tome IV,
Mémoire sur le développement des fonctions arbitraires; tome V, «829.
Mémoire sur la théorie des projections algébriques; tome VII , 1832.
Mémoire sur l'intégration d'une classe d'équations relatives au mouvement de la chaleur dans les corps solides ; tome VIII , 1834.
Note sur l'équilibre d'un système dont une partie est supposée inflexible, et dont l'autre partie est flexible et extensible; tome VIII, 1834.
Mémoire sur l'équilibre d'un corps solide suspendu à un cordon flexible; tome X, 1837.
Note sur l'équation Ab=C ; tome XI , 1838.
Mémoires sur quelques transformations générales de la formule fondamentale de la mécanique; tome XII, 1839.
Bulletins de l'Académie.
Sur un problème du calcul des variations ; tome II, 1825,. page 51.
Note sur un point de mécanique analytique; tome III ,
1836, page 262.
Sur la forme du corps doué de la plus grande attraction ; tome III , 1836 , page 305.
Rapport sur deux mémoires de M. Martynowski; t. IV,
1837, pp. 81 et 185.
Note relative à l'équation AB=C; tome VI , lre partie,
1839, pp. 587 et 433.
Noie sur la théorie algébrique des logarithmes; tome VI,
1859, ire partie, p. 256.
Quelques considérations mathématiques sur les vents alizés ; tome VI , 1839 , l" partie , page 412.
Note sur une nouvelle manière de parvenir aux formules fondamentales de l'hydrodynamique; tome VI , 1839 , 2* partie, page 26.
Nouveau théorème de statique, qui comprend le célèbre théorème de Leibniz ; tome VI, 1839, 2e partie, page 497.
Rapport sur un mémoire du concours de 1840; t. VII,
1840, l" partie, page 277.
Note sur quelques transformations algébriques; t. VII, 1840, 2e partie, page 50.
Note sur quelques transformations des équations relatives au mouvement d'un point matériel; tome VIII, 1841, 3* partie, page 152.-
Rapport sur un mémoire de M. Pioch; tome X, 1843, 1 " partie , page 94.
Note sur la manière de parvenir aux équations fondamentales de l'hydrodynamique ; tome X, 1843, 2« partie, page 279.
Note sur une fonction exponentielle; tome XIII , 1846, 2« partie , page 347.
Nouvelle démonstration des formules relatives au rayon du cercle osculaleur; tome XIV, 1847, 1p« partie, p. 183.
Rapport sur un mémoire du concours de 1849; t. XVI, 1849, 3e partie, page 615.
Sur le théorème d'Euler, relatif à la décomposition du mouvement de rotation des corps; tome XIX, 1852, 2e partie, page 161.
Mémoire sur le mouvement d'un point matériel rapporté à trois axes mobiles ; tome XIX, 1852, 3e partie , page 49.
Mémoires de l'Académie royale de Turin.
Mémoire sur l'équilibre des colonnes; 2e série, tomel, année 1839.
Correspondance mathématique et physique.
Mémoire sur le principe des vitesses virtuelles; II, 182$; III, 1827.
Sur les lignes spiriques; II , 1826.
Problèmes résolus; II , 1826; III, 1827; IV, 1828.
Explication mathématique du phénomène de la résonnanee; III , 1827.
Sur la théorie du mouvement de la chaleur dans les. corps solides; III, 1827 ; IV, 1828.
Sur la dynamique; IV, 1828 ; V, 1829 ; VI , 1830.
Sur les points brillants; IV, 1828.
Sur la rotation des corps; IV , 1828.
Sur la théorie des équations; IV, 1828.
Sur l'optique; V, 1829,
Sur la mécanique; VI, 1830.
Analyse; VI, 1830.
Balistique; VII, 1832.
Sur la mécanique analytique ; VII, 1832;. VIII , 1835.
Journal de Crelle.
Note sur la loi de la réfraction simple ; t. XI , 4e cahier ,
Sur la forme et le mouvement d'une bulle qui se meut à travers un liquide ; même cahier.
Sur le déplacement virtuel d'un système de points unis invariablement entr'eux ; même cahier.
Démonstration d'un théorème de Lambert; tome XII, 4« cahier, 1834.
Note sur l'attraction des sphéroïdes; ibidem.
Sur les pressions exercées par un corps pesant qui repose sur plusieurs appuis* ; tome XIII , 3e cahier.
Résolution d'un problème relatif au calcul des variations; tome XV, 1er cahier, 1835.
Note sur une transformation générale de la formule fondamentale de la mécanique; tome XVII, 3e cahier.
Mémoire sur l'équilibre d'un corps solide suspendu à un cordon flexible ; tome XIX , 3« cahier.
Annales de mathématiques publiées par Gergonne.
Démonstrations de deux théorèmes sur l'ellipse et l'ellipsoïde, différente de celle donnée par MM. Durande et Tedenat, et démonstration de théorèmes plus généraux. T. XII (1821-22), page 171.
Éclaircissements sur le développement de Cos»» x, en fonction de sinus et cosinus d'arcs multiples. Tome XIII (1822-23), page 94.
Sommation de diverses séries '(en collaboration avec MM. M*...., Stein, C. G elQuerret). Id., page 105.
Sur la recherche d'une courbe qui résolve à la fois le problème de la trisection de l'angle et celui de la duplication du cube. Id., page 115.
Démonstration de ce théorème : la circonférence qui passe par les centres de trois quelconques de 4 cercles, qui touchent à la fois les 3 côtés d'un même triangle , est double de celle qui est circonscrite à ce triangle (en collaboration avec MM. Querret et Durrande). Id., page 141.
Autres ouvrages.
Résumé des leçons sur la géométrie et la mécanique des arts et métiers, un vol. in -8», Louvain, Michel, 1827.
Résumé du cours normal de géométrie et mécanique des arts et métiers , à l'usage des ouvriers , des artistes et des chefs d'atelier, par le baron Gh. Dupin , ou texte des leçons données par M. Pagani , prof. extr. à la fac. des sciences de l'Univ. de Louvain. Bruxelles, Delemer, 4828, in-12.
Manuscrits,
Notes détachées sur la mécanique céleste , la théorie des perturbations , etc.
Cours donné à Liège sur les fonctions elliptiques.
Note sur l'intégration d'une équation que l'on rencontre dans le calcul des probabilités.
Note sur le mouvement vibratoire d'un système de points matériels.
Mémoire sur le calcul des variations.
Mémoire sur les principes fondamentaux de l'analyse algébrique (inachevé).
Histoire des sciences (inachevée).
Un grand nombre de feuilles détachées sur différents sujets de mathématiques , de littérature , etc.
RELATION DE CE QUI S'EST PASSÉ A MONS, LORS DE LA RÉCEPTION DE FRANÇOIS DE SÉCUS , PRE- MIER DE L'UNIVERSITÉ DE LOUVAIN, EN 1778, ET SOUVENIRS SUR LA FAMILLE ET LA VIE POLI- TIQUE DE CE PERSONNAGE; PAR A. LACROIX, ARCHIVISTE ET F. HACHEZ, AVOCAT (l).
§. I. — Le Premier en Philosophie.
L'Université de Lou vain a fait, pendant trois siècles et demi , la gloire scientifique et littéraire de nos provinces.
L'Alma-Mater, comme on la nommait, était l'orgueil du pays , par les hommes éminents qu'elle produisait et par les brillants succès qu'elle ne cessait de remporter. Chez elle , se formaient nos théologiens , nos jurisconsultes et nos médecins, qui s'acquirent une si haute réputation. Elle fournissait une preuve permanente de la culture des sciences par nos ancêtres.
Sous le rapport social, son influence était considérable; c'était dans ce centre que l'unité nationale et religieuse reprenait sans cesse une nouvelle force; Flamands et Wallons y apprenaient à se connaître; ils en rapportaient chez eux ces idées d'union qui maintenaient nos provinces en un seul état.
(1) Extrait du t. II, *■• série, des Hémoires et Publications de la Société des Sciences , des Arts et des Lettres du Hainaut.
À la fin de Tannée académique, l'Université ouvrait un concours entre tous les élèves qui terminaient leur philosophie. Pour se rendre compte de ce concours, il faut savoir quelle était l'organisation de la faculté des arts, dite de philosophie. Cette faculté formait le premier degré de l'instruction supérieure : elle se composait de quatre collèges, ou pédagogies, nommées le Château , le Porc , le Lis et le Faucon.
L'enseignement comprenait la logique et la physique,'les mathématiques pures et appliquées, la morale et l'éloquence chrétiennes ; enfin , des thèses sur ces diverses matières. Les leçons se donnaient, dans chaque pédagogie, deux fois par jour, par quatre professeurs; aux jours fériés, on expliquait la philosophie sacrée.
Les étudiants de la première année étaient appelés Logiciens, et ceux de la seconde année, Physiâens. Ces derniers prenaient part au concours annuel.
D'abord, dans chaque pédagogie, les élèves faisaient deux compositions écrites sur toutes les matières qui avaient été enseignées pendant leurs deux années d'études. Les neufs premiers étaient déclarés se trouver dans les lignes. Ceux-ci recommençaient, en particulier, un double examen écrit sur leurs mômes matières, mais plus approfondies ; d'après les compox si lions, ils appartenaient à la première, à la seconde, ou à la troisième ligne , composées chacune de trois élèves. — Puis venait le concours général : les trois étudiants de la première ligne de chaque pédagogie, que l'on pouvait réputer les douze meilleurs élèves de
la faculté, se mesuraient entre eux par deux nouvelles compositions, et celui qui l'emportait dans cette dernière épreuve était proclamé Premier en philosophie, Primus in artibus, distinction la plus haute à laquelle on pût arriver. Comme on le voit, les concurrents étaient nombreux et sérieusement préparés à la lutte; les matières ne se bornaient pas à quelques formules scholastiques : c'était un concours scientifique , réel et difficile.
On publiait ensuite les trente-cinq autres places de philosophie, dans l'ordre du mérite; il était prèsqu'aussi honorable de se trouver dans les six premiers des premières lignes que d'être le Primus.
Les élèves des quatre pédagogies qui n'étaient pas arrivés dans les lignes prenaient part ensemble à un concours ultérieur, et l'on proclamait les places jusqu'à la moitié du nombre des concurrents : ces étudiants étaient nommés antè médium; quant aux rangs post médium, ils étaient tenus secrets : on désignait ces jeunes gens par le sobriquet de post (1).
Le Primus recevait les plus grands honneurs , tant à Louvain que dans le lieu de sa naissance, ou dans celui où il avait fait ses humanités.
A Louvain, sa promotion était faite publiquement, a la grille du Ficum, bâtiment de l'école des arts, rue Neuve. On le félicitait avec solennité; ses condisciples le reconduisaient en grande cérémonie et lui offraient un banquet.
(1; Analectes de 4847, p. 164.
En rentrant dans sa localité, il était l'objet d'une réception triomphale : des portiques s'élevaient en son honneur ; les étudiants formaient une cavalcade ; les professeurs et les magistrats prenaient place au cortège ; enfin , toutes les classes de la société se portaient à sa rencontre. Chacun voulait lui témoigner l'intérêt et la sympathie qu'il leur inspirait. La promotion du Premier contribuait tout à la fois à la gloire de sa pédagogie et à celle de sa ville natale, qui s'honorait elle-même en encourageant les études et les élèves distingués.
Le Primus de Louvain, en 1778, fut un montois, François de Sécus. Nos magistrats lui ménagèrent une réception magnifique. Ils y étaient engagés par les précédents en cette matière, et par la position respectable que le baron de Sécus, père, occupait à Mons. Nous dirons quelque chose de ces deux cir- . constances.
§. II. — Réception à Mons des Premiers de Louvain.
Le corps du Magistrat était formellement autorisé à rendre des honneurs au Primus : l'article 177 du règlement de l'Impératrice-Reine pour la ville de Mons, du 18 avril 1764, portait : « Voulant néan- » moins marquer combien Nous protégeons les scien- » ces , Nous permettons à ceux du Magistrat de sui- » vre l'ancien pié à l'égard de la réception d'un Pre- » mier de philosophie en l'Université de Louvain, » natif de Mons, ou y ayant fait sa dialectique, et de » lui faire un présent. »
Il n'était pas difficile de suivre l'ancien pied, caria ville eut, à diverses reprises, l'occasion de fêter des lauréats qui avaient fait leurs humanités dans son collège de Houdain. Le premier qui eut cet honneur, fut le célèbre Ph. Cospeau , mort évoque de Lisieux. On compta depuis lors, François Dubois (Sylvius), en 1598, Jacques Tacquenier, en 1636, N. Cochet, en 1660, Robert Lemaire, en 1668, Jean François du Leloz, en 1684, et, pendant trois années consécutives : Claude Joseph Sotteau, en 1720, Jacques Philippe Cornet, en 1721, et Charles Verlaine, en 1722(1). A cette dernière promotion , le second fut Michel Bouillez , de Frameries , et le troisième , Vincent Guist, de Thuin. Le 11 novembre 1725, Martin Page, né à Enghien , étudiant de la pédagogie du Porc , obtint la palme de Primus; et, le 17 octobre 1762, Joseph Ferdinand Meaux, né à Harveng, élève de la pédagogie du Faucon, eut la même distinction. Tous ces jeunes gens firent , avec pompe, leur entrée à Mons : après avoir été reçus par les magistrats, ceux-ci leur remettaient une pièce de vaisselle d'argent aux armes de la ville (2).
(4) Voir sur ces Premiers, de Boustu, llist. de Mons, pp. 484 et 1&7.
(ï) Au concours de 4785, Charles Louis Ferdinand Alexandre Vcrdbois , né à Solrc-sur-Sambre , élève du collège de Chimay, fat Premier de Louvain. Les États-Députés de Hainaut lui accordèrent une gratification de 560 livres , par résolution du 7 septembre de la même année.
( 91 ) §. III. — La Famille de Sécus.
Outre ces précédents, il existait un motif spécial pour la ville de Mons, de fêter dignement le retour de François de Sécus : c'était, nous l'avons dit plus haut, la position honorable qu'occupait son père, Procope-François-Xavier de Sécus, et la juste considération dont jouissait sa famille.
Il était facile de justifier les sentiments distingués des montois à leur égard.
Jean-Baptiste Sécus, trisaïeul du lauréat , avait été anobli par lettres patentes du souverain, en date du 50 janvier 1698; voici un extrait de ces lettres : « De la part de notre cher et bien-aimé, Jean-Baptiste Sécus, natif de notre province de Flandre, lieutenant civil et criminel de nos ville et châtellenie d'Ath, et cy-devant dépositaire général de notre province de Ha> nau , Nous a esté remontré que feu son père auroit vescu honnorablement, sans faire aucun mestier, ayant au contraire servi dans nos armées à ses fraix , sans en avoir jamais tiré aucun gage , ny profit, ains es qualité de volontaire dans la cavallerie , avec deux valets , comme font aucuns gentilshommes pendant leur jeune vie; — qu'il y auroit plus de vingt ans que le remonstrant Nous auroit servy en différentes occupations durant les dernières guerres , ayant tousjours assisté les gouverneurs d'Ath dans les affaires les- plus importantes de notre service, doiz que ladite ville seroit retournée sous notre obéissance de l'an 1679, sans interruption, jusqu'à ce qu'elle au-
roit esté dernièrement prise par la France, s'estant tousjours bien acquité de son devoir en ses employs à la satisfaction du public; qu'il au roit eu aussy quelques commissions de notre lieutenant-gouverneur et capitaine-général de nos Pays-Bas, dont il se seroit acquité avec applaudissement , même aucunes au grand péril de sa vie ; particulièrement au siège de Mons, d'où il seroit sorty avec ordre du gouverneur de la place pour rendre compte au marquis de Gastanaga (pour lors lieutenant-gouverneur et capitaine-général de nosd. Pays-Bas), de Testât où elle se trouvoit , traversant de nuict l'armée ennemie, et passant une rivière à la nage , où sa guide auroit été prise; que depuis il auroit témoigné, au dernier siège d'Ath , son zèle en notre service , entrevenant dans tous les conseils de guerre et résolutions y prises, les dirigeant par escrit; qu'il en auroit fait de môme de la capitulation , et rendu touttes les diligences et devoirs possibles à la satisfaction de tous les officiers de la garnison, jusques à là d'avoir avancé d'une grosse somme de son propre argent pour subvenir aux nécessitez urgentes dudit siège , et que, quoy qu'il auroit pu rester dans ladite ville après sa rendition , et être maintenu dans ses deux employs, suivant la capitulation, et que même les François l'auroient voulu obliger à cet effect, il en seroit cependant sorty avec sa famille le mesme jour que la garnison, abandonnant ses biens et ses employs, et s'estant retiré en notre ville de Bruxelles pour se maintenir avec une entière fidélité sous notre
domination et en notre service ; en considération de tout quoy (se trouvant à présent en notre ville de Madrid) , il nous a très-humblement supplié qu'il nous plut de l'honnorer et sa postérité de léal mariage du titre et degré de noblesse Sçavoir faisons que Nous accordons et octroyons audit
Jean-Baptiste Sécus le titre et degré de noblesse, voulant, etc., etc. (1). »
Jacques-François de Sécus , fils du précédent, fut créé baron par lettres patentes de Marie-Thérèse , en date du 1er septembre 1774. Ces lettres énumèrent les titres de notre concitoyen à l'obtention de cette récompense. L'Impératrice s'exprime ainsi : « L'attention que Nous avons à donner des témoignages publics de notre munificence royale à ceux qui , par zèle et attachement à tout ce qui peut intéresser notre auguste maison, se sont acquis quelque titre à notre bienfaisance , nous porte à prendre en considération les motifs de contentement que nous avons des services distingués que nous a rendus et que nous rend encore notre cher et féal, Jacques François Sécus, écuyer, seigneur de Bauffe, la Hée, la Navirie, Bourdeaux, qui, depuis l'an 1731, a rempli, à notre satisfaction , l'emploi de conseiller de notre conseil de Hainaut ; Nous voulons bien aussi nous rappeler les marques non équivoques qu'il nous a données de son attachement pour notre service royal
(4) Archives du royaume. — Chambre des Comptes, Reg. 839, p. 442.
et de son empressement à concourir au bien-être de notre province et comté de Hainaul, dans la commission de juge aux impôts, dans celle des défrichements des bruyères, et dans sa qualité de commissaire de notre part, comme membre de notredit conseil aux assemblées des députés des États de la même province, desquelles commissions il s'est acquitté et s'acquitte encore, quant à la dernière, avec autant d'intelligence que de distinction , ne laissant échapper aucune occasion de nous donner des marques les plus signalées de son dévouement respectueux pour tout ce qui peut concerner le bien de notre service. Aces causes, avons de notre propre mouvement, grâce, pleine puissance et autorité souveraine, fait et créé le même Jacques-François Sécus, le faisons et créons baron par les présentes, ainsi que les enfants et descendants, etc., etc. (1).»
Quatre années après cette dernière distinction, l'élève François de Sécus, petit-fils du précédent,
(4) Ce diplôme est publié par M. Goethals, dans son Dictionnaire héraldique. — On trouve l'épi ta phe de ce personnage et de sa femme, dans la nef latérale de l'église de Sainte- Waudru , vers la chapelle du St.-Sacrement. Nous la reproduisons : — (D. 0. H. | Ici reposent les corps | de Messire Jacques | François baron de | Sécus, Seigneur de Bauffe, j la Hee, la Navirie, | Bourdeaux, ce. Conseiller J au Conseil souverain de | Hainaut pendant 44 ans j et Commissaire de sa | Majesté Impériale et | Royale Apostolique aui | Assemblées des Députés | des États de la même | province depuis 1760 | jusqu'à sa mort, arrivée | le il avril 4775. | Et fit noble Dame Thérèse | Françoise Brigitte | Cornet , son épouse . décédée le 15 janvier 1780. | Priez Dieu pour leurs Ames. — )
obtenait ses remarquables succès universitaires qui (levaient le placer au premier rang parmi les jeunes montois.
S. IV. — Préparatifs pour la réception du Premier au concours de 1778 (1).
Le 12 août 1778 , un messager de l'Université de Louvain remit aux magistrats de Mons une lettre qui leur annonçait le triomphe de leur jeune concitoyen et demandait qu'on lui rendît les honneurs d'usage (2).
Les magi3trats se hâtèrent de faire connaître à la population cette heureuse nouvelle, en faisant retentir la grosse cloche et le carillon ; ils présentèrent du vin au messager, lui remirent un double souverain à titre de gratification , et le firent loger à leurs frais au premier hôtel de la ville.
Dans la soirée , ils s'occupèrent de la réception à faire au lauréat, la fixèrent au dimanche, 23 août, et prirent toutes les dispositions nécessaires.
Le messager était aussi porteur de lettres pour les députés des États, pour le conseil de la province, pour les dames du chapitre de Sainte- Waudru , pour le régent du collège de Houdain et pour le père du Premier.
(4) Les souvenirs consignés dans ce paragraphe et dans les quatre suivants sont rappelés d'après des pièces officielles déposées aux archives de l'État et de la ville , à Mons.
(2) Voyez l'Annexe n. 1.
La lettre aux députés des États de Hainaut était conçue à peu près dans les mêmes termes que celle aux magistrats de Mons ; et la réponse des députés contenait des remercîments au régent pour les soins qu'il avait prodigués au lauréat.
Voici ce qu'on trouve dans leur registre aux résolutions :
« A l'assemblée du 13 août 1778 , il a été conclu, en vue d'exciter l'émulation dans les études, de faire un présent d'une médaille d'or de la largeur d'un ducaton, avec sa chaîne, représentant d'un côté les armes des États , et de l'autre , Minerve qui , tenant de la main le Premier, le présentera à la Province, figurée en la même médaille par une femme assise sur un lion, avec cette devise au pied : Excolui Patrice, et au dessous/). Fran. Secus. 1778. — Cette médaille lui sera donnée en la charfibre des États, où il sera invité à se rendre après sa réception par le Magistrat de la ville; le pensionnaire lui fera un compliment (1). »
La réception de François de Sécus fut préparée avec autant de soin que s'il s'était agi de l'entrée d'un souverain. Les habitants de la rue de Nimy décorèrent, à leurs frais, la façade de la maison de M. de Sécus, père. Quant aux magistrats, ils firent élever un arc de triomphe dans la même rue , un peu plus bas que cette maison, au-delà du refuge de Cam-
(1) La médaille décernée par les États fut exécutée chez l'orfèvre Béguin , et coûta 370 florins.
bron (1). Mais ils s'attachèrent surtout à décorer le collège de Houdain , parce que le Premier y avait fait ses lîumanités, et que son père en était l'un des proviseurs. Ils firent construire un premier arcde triomphe à la porte d'entrée du collège, à front de la rue de Houdain; un second à la porte de la cour, et un troisième, garni de verdure, devant la porte du bâtiment. Ce dernier formait l'entrée d'une galerie pratiquée le long de ce bâtiment et devait servir d'antichambre à la salle des proviseurs. La galerie avait la forme de portique avec soubassement et balustrade.
Les Serments et plusieurs compagnies bourgeoises furent convoqués pour le service d'honneur; une cavalcade , composée d'environ deux cents étudiants , formant quatre compagnies en différents uniformes, s'organisa pour la circonstance. La première compagnie comprenait les élèves de rhétorique et de poésie : ils portaient l'habit rouge, garni de noir; la seconde comprenait ceux de syntaxe : leur habit était vert, garni de fauve;- la troisième, composée des élèves de grammaire et de figure, avait l'habit bleu foncé; et la quatrième était formée de la classe de sixième, dont l'habit était bleu céleste. Ils avaient tous la veste et les culottes blanches , et une ganse à leur chapeau monté.
(1) L'hôtel de Sccus porte aujourd'hui les n°* 68 et 70, et le refuge de Cambron le n' 76.
§. V. — Marche du Cortège.
Le dimanche, 23 août, aune heure et demie, les proviseurs du collège de Houda in partirent en carosse pour aller a la rencontre du Premier. La cavalcade des étudiants les précédait. Ils montèrent la rue de la Coupe , et trouvèrent sur la Grand'Place un détachement de dragons de St.-Ignan , qui ouvrit alors la marche. Deux compagnies bourgeoises, commandées par des lieutenants, suivirent le cortège; la première représentait des dragons à pied , en habit vert , garni de rouge, et la seconde, des grenadiers, en habit bleu foncé, garni de jaune. Le Serment de St.-Michel faisait le service à l'Hôtel de ville , drapeau déployé.
Arrivés près de l'auberge du Grenadier au-delà de Nimy, les dragons et la cavalcade se rangèrent en bataille sur la gauche de la route, ayant derrière eux la chaussée d'Ath.
Les proviseurs de Houdain y trouvèrent le jeune lauréat. Celui-ci descendit de cheval , et reçut le compliment que l'un des proviseurs lui adressa. En même temps les canonniers de Saint-Laurent et de Sainte- Christine, restés sur les remparts, firent une décharge de seize boîtes.
On se dirigea vers la ville , dans l'ordre suivant : les dragons , la cavalcade, les philosophes de Louvain qui accompagnaient leur condisciple, le Premier et ses professeurs, tous à cheval, d'autres professeurs, les proviseurs, les parents du Premier, et un grand nombre d'autres personnes en voitures.
La grosse cloche et le carillon du Château annoncèrent le moment où le cortège arriva aux portes de la ville. Les cloches des paroisses et celles des couvents se mirent aussi en branle, et les compagnies bourgeoises présentèrent les armes au jeune Primus.
Le peloton de la rue de Nimy , en uniforme écarlate aux galons d'or, qui se trouvait près de l'hôtel de Sécus , se divisa en haie aux côtés du Premier.
Alors au complet, le cortège suivit la rue de Nimy , la rue Neuve, la rue des Lombards, la rue de la Tour- Auberon , passa vis-à-vis de l'église des Jésuites , parcourut les rues des Gades et des Clercs, l'espace entre les églises de Saint-Germain et de Sainte-Waudru et la place du Chapitre.
Le Serment de Saint-Michel était échelonné depuis la Tour de Briques jusqu'à l'église de Saint-Germain, et ceux de Saint-Laurent et de Sainte-Christine, faisaient face à l'église de Sainte-Waudru. La compagnie de la rue de Nimy et celles des lieutenants Fonson et Descamps se placèrent contre l'église; la cavalerie visà-vis, jusqu'à la rue conduisant à l'église d'Épinlieu.
§. vi. — Te Deum dans l'église de Sainte-Waudru.
Nos pieux ancêtres ne manquaient jamais de remercier la Divinité lorsqu'un événement heureux venait combler leurs désirs. Aussi , à la nouvelle du brillant succès remporté par le jeune de Sécus, le principal du collège de Houdain s'empressa-t-il de demander à la Dame-Aînée du chapitre de Sainte-
Waudru l'autorisation de faire chanter un Te Deum dans son église collégiale.
Cette permission fut accordée, et M. de Paredès, doyen du chapitre de Saint-Germain , se prêta à la cérémonie. Il reçut le lauréat sur le perron de l'escalier du Sud et le complimenta. Tout le clergé l'accompagnait. De Sécus, de son côté, était suivi des étudiants en philosophie, ses condisciples (1), et d'un peloton de la compagnie de la rue de Nimy, dite des gardes-du-corps.
Les canonniers de la ville firent alors une seconde décharge de boîtes.
On chanta le Te Deum à l'a chapelle paroissiale, où le drapeau de l'Université de Louvain , qui avait été transporté à Mons pour la cérémonie, fut déployé, pendant ces actions de grâces.
Des places étaient réservées près de l'autel , pour le Premier, ses parents , les régents , les professeurs et les étudiants de l'Université de Louvain, et pour les proviseurs, les régents et les professeurs du collège de Houdain.
§. VIL — Réception à l'Hôtel de ville et au collège de
Houdain.
Après le Te Deum , le cortège se rendit à l'hôtel
(I) Nous noterons ici que, dans le concours général du 40 août 4778, Mons avait encore remporté d'autres palmes : Charles-Florent baron de Malingreau d'Embise avait été cinquième et Louis Duvigneaud . douzième, dans la première ligne; d'autres montois étaient aussi dans les autres lignes.
( iOi )
de ville , en passant par les rues Samson et de la Chaussée.
Les deux premiers écbevins et un pensionnaire reçurent le Primus au pied de la salle des aides; et le pensionnaire le complimenta. Au même moment , les canonniers firent la dernière décharge de boîtes sur le bastion de Nimy. La cavalcade et les compagnies stationnaient alors sur la Grand'Place; les élèves en philosophie étaient rangés dans la cour de l'Hôtel de ville , et le serment de Saint-Michel faisait la haie dans la salle verte jusqu'à celle du bureau. Le premier échevin introduisit le lauréat dans cette dernière salle. Les magistrats le reçurent, et un huissier présenta, sur un bassin d'argent, la médaille d'or que la ville lui donnait. Cette médaille portant, d'un côté, les armes de Mons et le millésime, et de l'autre, deux palmes entrelacées d'une couronne de laurier, avec la devise : Victori débita Secus, était soutenue par une double chaîne de deux pouces de longueur et par un anneau, avec cordon de lil d'or, garni de glands. Elle avait coûté 394 livres , et le cordon, 85 livres.
Ce précieux bijou fut mis au cou du lauréat par le premier du Magistrat, qui lui fit son compliment et lui présenta le vin d'honneur.
Après l'autorité communale, ce fut aux députés, des États de Hainaut d'exprimer leurs sentiments envers celui qui en était si digne.
Les magistrats de Mons , membres de la Réputation des États, le conduisirent donc à la salle de la no-
blesse, où les députés des trois Ordres étaient assemblés; le pensionnaire de ce corps lui adressa des félicitations , et l'Abbé de Bonne-Espérance lui fit la remise de la médaille d'or avec chaîne , qui avait été votée dans la réunion du 13 août.
Après cette solennité, le cortège se dirigea, par la rue de la Clef, vers le collège de Houdain. Le Premier y fut reçu par les proviseurs , le régent et les professeurs , qui lui offrirent le vin de circonstance. Enfin on reconduisit, toujours en cérémonie, François de Sécus chez son père , lequel avait été luimême, en 1751, Primus à Douai.
§. VIII. —Banquet à l'Hôtel de ville et autres fêtes.
Le soir, à neuf heures, les magistrats offrirent au Premier un souper, dans le grand salon des États. Ils y invitèrent les professeurs de l'Université, les élèves en philosophie, les proches parents du lauréat, les proviseurs, le régent, le sous-régent, les professeurs et le maître de quartier du collège de Houdain , les deux ecclésiastiques du séminaire comme faisant partie de ce collège, le capitaine des bourgeois qui était ce jour là de grand'garde, les deux majors des bourgeois , le chapelain échevinal , les trois maîtres d'artillerie, les deux maîtres des ouvrages, le commandant de la place , les deux aides-majors , le major ingénieur, le capitaine commandant l'escadron de Saint-Ignan, le lieutenant du môme escadron qui avait commandé le détachement du cortège, le capi-
taine commandant le détachement du régiment de Kaunitz , le lieutenant commandant le détachement des invalides, les élèves qui avaient été dans les cinq premiers de la première ligne et qui se trouvaient à Mons , enfin , contre la coutume et par déférence seulement, les dames de la famille de Sécus, entre autres l'aïeule maternelle du Premier.
Les officiers de la compagnie des élèves de rhétorique et de poésie vinrent faire hommage au Primus d'une pièce de vers en son honneur.
D'autres poésies célébrèrent aussi le triomphe de de Sécus. On lui dédia même de petits poèmes latins (1).
Pendant le souper, la musique se fit entendre, et on plaça sur le balcon de l'Hôtel de ville des trompettes et des timbales. La façade fut illuminée aux flambeaux. Les magistrats firent servir une collation aux officiers des compagnies bourgeoises et distribuèrent des rafraîchissements.
Le lendemain, il y eut dîner au collège de Houdain. Les magistrats accordèrent à cet effet au régent un subside de i50 écus, une pièce de vin de Bourgogne,
(4) Perillngtri , ornatissimo doctissimoque Domino Francisco Josepho Maria; Hnberto baroni de Sécus , Hannomontano, celeberrimi Pœdagogii Porcensis philosopbo emerito , in publico quatuor pedagog. concursn Primo in Artibus , omnium votis solemniter renuntiato. Lovanii XVIII Augusti MDCCLXXVIII. Lovanii , è Typographiâ J. P. G. Michel , in-8# 4Î pp. — Montes redeunti. — Montibus, typis Leopoldi Varret , Statuum et Senatûs Typographi , in platcâ ha- ▼retanâ, 1778, iu-4* 6 pp. — Voyez ci-dessous Y Annexe n. t.
et l'exemption de la maltôte pour un demi brassin de bière.
A onze heures , la cavalcade des étudiants s'assembla au Collège, où les compagnies précitées vinrent la rejoindre. Le cortège sortit par l'issue, rue de la Petite-Triperie ♦ et suivit les rues de la Grande- Triperie, des Juifs, la Grand'Rue, celles des Capucins, de la Guirlande, du Séminaire, des Ursulines, du Dieu des Indes, du Parc, la place Saint-Jean, la rue des Marcottes et la rue de Nimy. Le jeune de Sécus ayant pris place près de la cavalcade, on se remit en marche par les rues Sans-Raison, des Passages, du Gouvernement, de la Raquette, le Marché-au- Poisson , les rues de la Peine-Perdue , d'Havre , la Grand'Place, la Chaussée et la rue des Fripiers, jusqu'au Collège.
De là , les étudiants se rendirent au dîner que M. le baron de Sécus , père , leur avait fait préparer au séminaire.
Dans la soirée du 24, le régent du collège lit illuminer le grand bâtiment à ses frais ; la ville en fit autant pour les décorations.
Enfin , le mardi 25 , les fêtes se terminèrent par un second souper donné à l'Hôtel de ville; après lequel commença un bal , où purent entrer toutes les personnes convenablement costumées.
Il faut reconnaître que les magistrats de Mons savaient remplir leur mission; il n'était guère possible, pour le temps et les ressources dont ils pouvaient disposer, d'organiser une réception plus brillante que celle qui fait l'objet de notre relation.
On saura, du reste, que toute la dépense officielle pour ces fêtes s'éleva très-haut. Les ouvrages pour décorations coûtèrent 2,303 livres; on but pour 1,128 livres 2 s. de vin; les banquets furent payés 966 livres, le dessert, 270 livres, et les illuminations , 452 livres. Ce qui , ajouté aux menues dépenses, compose un total de 7,006 livres 18 sols.
§. IX.— Carrière politique de François de Sécus/
François de Sécus continua ses études à l'Université de Louvain.
Nous croyons devoir donner, en terminant, quelques renseignements sur la carrière qu'il a parcourue.
François-Marie-Joseph-Hubert de Sécus, né a Mons, le 7 avril 1760, était fils de Procope-François-Xavier de Sécus, écuyer, seigneur de Bauffe, etc., et de Marie-Josèphe-Isabelle Dobies. Son père fit partie du Tiers État de la province et de la Magistrature municipale de Mons jusqu'en 1794. *
Après l'invasion française, François de Sécus se retira à son château de Bauffe, et ne reparut dans la vie publique que pendant l'existence du royaume des Pays-Bas. Il fut Député à la seconde Chambre des États-Généraux.
En 1825, lors des vives discussions qui curent lieu au sein de cette assemblée, on vit, dit M . de Gerlache, parmi les orateurs de la liberté de l'enseignement , figurer « le vénérable baron de Sécus , le nestor de notre opposition , le digne et intrépide défenseur de
toutes nos libertés politiques et religieuses (1). » On se souvint longtemps des discours qu'il prononça , le 13 décembre, après MM. Fabry-Longrée, de Stassart et de Gerlache. « L'autorité que sa vieille expérience donnait aux remontrances et aux avertissements qu'il adressait au pouvoir, la franchise de ses paroles , le ton ferme, quoique toujours calme et digne, des discours qu'il lisait d'une voix que l'âge, et non la peur, faisait trembler ; tout en lui commandait le respect. Quand éclata la révolution, le baron de Sécus, bien qu'à son âge le poids d'un fusil fût un fardeau presqu'au-dessus de ses forces, s'arma, un des premiers parmi les habitants de Bruxelles, pour rétablir Tordre et faire respecter les propriétés. Le patriotisme dont il fit preuve alors , en allant se placer dans les rangs de la garde bourgeoise , qu'on venait d'improviser , et dont il voulut partager les périls et les fatigues , fut l'objet de justes éloges de la part des journaux du temps, qui proposèrent ce noble vieillard pour modèle à tous les citoyens (2). »
Le 28 août 1850, il fit partie des cinquante notables qui se réunirent à l'état-major de la garde bourgeoise, pour aviser aux moyens de maintenir la tranquillité à Bruxelles; il fut élu Président de cette assemblée.
(4) Hist. do royaume des Pays-Bas, t. I, p. 407. — Discours prononcé par M. le baron de Sécus, à l'occasion de la discussion du budget, dans la séance de la W Chambre des &tats-Genûraux, du 43 décembre 4828.
(î) Journal ^Observateur du 26 novembre 1836.
C'est alors qu'il proposa d'envoyer une députation au Roi pour le supplier de redresser au plus tôt les griefs de la Belgique : une adresse fut de suite rédigée et portée par MM. de Mérode, Palmaert, père, Gendebien , de Sécus , fils , et Joseph d'Hooghvorts.
Le 31 du même mois, M. de Sécus fit partie de la députation qui alla conjurer le prince d'Orange de ne pas pénétrer de vive force en ville ; c'est cette députation qui obtint du prince la promesse qu'il entrerait dans Bruxelles, seul et sans autre escorte que ses aides-de-camp.
Le 3 septembre, il signa, avec ses collègues aux États-Généraux, MM. de Celles, Barthélémy, de Langhe, Ch. de Brouckère et Cornet de Grez, la déclaration qui établissait la séparation administrative des deux pays ; et, trois jours plus tard, il signa, avec vingt-cinq autres membres de la seconde Chambre, l'invitation à leurs collègues de se réunir sans retard à Bruxelles; mais cette résolution fut abandonnée, parce que les États-Généraux devaient se tenir à La Haye. Le 11 du même mois, M. de Sécus s'embarqua pour s'y rendre. Cette tentative n'eut aucun résultat pour pacifier le pays.
Un mois plus tard, il fut député au Congrès national ; il s'y prononça pour une monarchie constitutionnelle et pour un Sénat. Le 24 novembre, il vota contre la proposition de M. Constantin Rodenbach sur la déchéance des Nassau ; mais il ne persista pas longtemps à soutenir la cause de la maison d'Orange, car il vota pour le duc de Nemours comme chef de l'État
(3 février 4831). Il donna sa voix pour l'élection du roi Léopold, le 4 juin , et pour l'adoption des préliminaires de paix (18 articles), le 26 du même mois.
En septembre suivant, il fut élu membre du Sénat par le district de Mons; il y siégea jusqu'à son décès et en fut le doyen d'âge.
Le baron de Sécus mourut à Bruxelles, en son hôtel, Longue- rue Neuve, à l'âge de 77 ans, le 21 novembre 1836. Il fut inhumé dans un caveau de famille à Bauffe, et son service funèbre eut lieu à l'église de Notre-Dame de Finisterre , le 29 de ce mois.
Voici comment les journaux apprécièrent la mort de ce respectable citoyen : « Cette perte sera vivement sentie de tous les amis du pays et de la religion , que M. le baron de Sécus honorait également par ses vertus, par son noble désintéressement, par sa piété douce et éclairée, par ses bienfaits envers les pauvres, par son austère franchise auprès des grands et des riches , en même temps que par son dévouement à toute épreuve aux intérêts de l'un et de l'autre. »
La ville de Mons perdit en lui un digne enfant. Illustrée dans son principe, honorée dès son commencement, la vie de François de Sécus se termina par un attachement sans bornes à sa patrie redevenue libre : elle méritait bien un souvenir.