‹ Analectes pour servir à l'histoire de l'Université de LouvainChapitre 16 sur 22 · NOTICE SUR LE COLLEGE DE GAND OU COLLE GIUM VA ULXIANUM · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LE COLLEGE DE GAND OU COLLE GIUM VA ULXIANUM

§. L Fondation et histoire du collège.

Cet établissement reçut le nom de collège çle Gand, parce que son fondateur François Van den Nieulande, ou de Nova Terra, était né dans cette ville au commencement du XVI® siècle. Van den Nieulande, qui était très-versé dans la connaissance des langues grecque et latine, avait observé que renseignement de la Faculté des Arts laissait à désirer dans ces branches. Dans le but de porter remède au mal, il présenta, vers la fin de 1558, au conseil de l'Université un mémoire sur Fétat de l'enseignement des humanités, et une requête tendant à obtenir l'autorisation d'établir un nouveau collège pour l'étude des langues et de la grammaire. Malgré la vive opposition formée par la Faculté des Arts et les réclamations de l'écolàtre de Saint- Pierre, le conseil de l'Université accueillit favorablement la demande de Van den Nieulande, et lui permit, dès le commencement du mois de février 1559, d'ouvrir un collège d'humanités qui

jouirait des mêmes privilèges que les autres établissements académiques.

Yan den Nieulande se mit aussitôt à Tœuvre ; il réussit dans son entreprise au delà de toute attente, à tel point que, le 17 novembre 1661, il fut nommé écolâtre du chapitre de Saint-Pisrre, et que la Faculté des Arts, après avoir complété son propre enseignement, consentit à Férection du collège de Gand. Encouragé par ces succès, le fondateur n'épargna aucune peine pour faire fleurir son institution (i) ; il y enseigna luimême jusqu'au moment de sa mort, arrivée le

1 1 juin 1574 (2).

Par testament reçu par le notaire Wamel le

12 mai 1574, Van den Nieulande légua à son collège sa maison, située dans le Langhen Bruel (actuellement la rue des 3rasseurs), dans laquelle il avait enseigné pendant quinze ans, et nomma proviseurs de la fondation un ancien.

(4) Van den Nienlande publia pour l'osage de ses élèves un caté> cblsroe sous le titre de DitcipUna Chrutianorwn, omnibu» fideltbuê anno* dUcretioni* habentibu» êcitu necesaaria, in ordinetn digeita fer Franc. Pfovaterranum, presbyterum Gandavensem. Adjeclum est servitium Mitsa», quod Confiteor ooeamtM, eum aliquot eantiâ» eeeUsiastiei». Lovanii, Bartb. Gravius, i568;Tol. in |t* de 48 pages. Cet opuscule fut publié en 4560 par le même éditeur, en grec et en latin. Le grammairien Vérépéc dédia, en 4567, à Vau den Nieulande le second livre de sa Grammatiea IcUina.

(2) Vau den Nieulande fut enterré à l'église de Saint-Pierre, ante S. Crucem prope sepuïchrumJoannis Fareneuiker, S. T. D., cognati gui.

senior, de chacune des cinq Facultés de TUniyersité et les deux bourgmestres de la ville. Mais comme il n'y affecta aucun revenu, et que la propriété était en outre grevée d'une rente annuelle de 70 florins, le collège ne put être organisé, même après que la régence, sur les instances de plusieurs personnes honorables, eut pris rengagement de payer la rente, engagement que les troubles religieux et les pillages exercés par les bandes militaires à la solde de TEspagne ne lui permirent pas de tenir. La propriété allait être saisie et vendue par les créanciers, lorsque les libéralités d'un gentilhomme de Lille, nommé Jean De Vaulx, vinrent sauver et doter la fondation. Les troubles que les rebelles et les hérétiques excitaient dans le Tournaisis et dans la Flandre Française avaient engagé Jean De Vaulx à chercher un refuge à Louvain, où il s'était retiré dans le couvent des Bogards pour y passer paisiblement les derniers jours de sa vie. Il mourut dans sa retraite le 7 avril 1587, laissant tous ses biens pour des œuvres pies, et nommant pour exécuteur de ses dernières volontés Jacques de Bay, alors doyen de la collégiale de Saint-Jacques. Celui-ci, cédant aux vœux du conseil de l'Université et du magistrat de la ville, ainsi qu'aux sollicitations pressantes de Liévin Ghoir, président du collège de Gand, affecta à ce collège la plus grande partie de la succession de Jean de Vaulx, après que le ma-

gistrat de Louvain (]e 14 octobre 1592) et les proviseurs de la fondation (le 25 avril 1503) eurent renoncé & tous les droits qu*ils pouvaient avoir sur la fondation de Van den Nieulande. De Bay racheta Le collège de Gand, ou plutôt le dégreva de toutes ses dettes et charges, le dota convenablement, et désigna pour proviseurs de la nouvelle fondation le doyen du chapitre de Saint- Jacques de Louvain, le premier professeur de droit civil, et le curé de Sainte -I^ertrude de Louvain. Il changea aussi le titre de collège de Gand en celui de collège de Vaulœ^ et ût placer & la façade de rétablissement une pierre portant rinscription : Collegium VaiUananum. Cependant le collège continua d'être appelé par le peuple collège de Gand,

Pendant le célèbre siège de Louvain qui eut lieu en 1635, les rentes et les revenus du collège fUrent presque complètement perdus. Le collège allait périr faute de ressources suffisantes, lorsque, le 3 avril 1642, les proviseurs Jacques Santvoert, doyen de Saint-Jacques à Louvain, et Théodore de Tulden, professeur primaire de droit, d'accord avec le président du collège et après avoir obtenu le consentement du conseil de rUniversité, admirent, avec certaines clauses, les pères de TOratoire à donner renseignement au collège, et chargèrent an des pères de la surveillance. Mais, après deux ou trois années, les Oratoriens renoncèrent à la mission qui leur

avait été confiée. I^ Faculté des Arts s'empara alors du collège et en transféra, en 1657, toutes les fondations au nouveau collège ou collège de la Très- Sainte-Trinité.

Présidents du collège.

1. François Van den Nieuiande fut à la tête du collège qu'il avait fondé depuis Tannée 1559 jusqu'au 1 1 juin 1574.

2. Liévin Hoyr ou ^Ohof/r, natif de Gand, licencié en théologie , succéda comme président au fondateur Van den Nieuiande. Le 29 novembre 1579, il remplaça Jean Casenbroot dans la chaire d'éloquence de la Faculté des Arts ; il obtint, le 14 mai 1595, par une nomination faite en vertu des privilèges de l'Université, un canonicat à l'église cathédrale de Saint-Bavon de Gand. Il mourut à Louvain au commencement du mois de novembre 1602, et fut enterré à l'église de Sainte-Gertrude dans la chapelle de Notre-Dame.

3. Gilles de Bay , d'Ath, neveu de Jacques de fiay, remplaça Liévin Ghoir au mois de novembre 16(fê. Le 13 septembre 1605, il fut promu au grade de docteur en théologie. Il était chanoine de Saint-Pierre et professeur ordinaire à la Faculté de théologie. En 1614 , il devint le

premier président du collège de Bay, fondé par son oncle, el mourut le 3 décembre 1633.

4. Hubert de Bay, frère du précédent, était bachelier en théologie. On ignore la date de son décès.

5. Jacques de Bay, frère des deux précédents, licencié ès-droits et professeur, fut président du collège de Gand jusque vers le commencement de Tannée 1634, époque où il devint le deuxième président du collège de Bay. Il mourut le 28 septembre 1635.

6. Jean Stassart, de Gembloux, bachelier en théologie, succéda à Jacques de Bay en 1634. Il était chapelain de Saint- Pierre de Louvain et chanoine de Saint-Martin à Alost. Le 27 octobre 1646, il fut fait prisonnier sur la route de Louvain à Bruxelles et conduit à Maestricht, où il mourut dans la captivité le 8 novembre de la même année. Ce fut sous la présidence de Stassart que renseignement des humanités au collège de Gand fut conflé aux père&de TOratoire.

7. Jean Van Doren, natif de Louvain, et bachelier formel en théologie, remplaça Stassart dans la présidence du collège en 1646. Le 28 mars 1650, il obtint une prébende canoniale à Téglise de Sainte-Croix à Liège; il possédait, en outre, le bénéâce de la Sainte -Croix de la chapelle de Schepdael, dépendante de Téglise de Lennick- Saint- Martin. 11 remplit les fonctions de président jusqu'au 23 mars 1657, lorsque le collège de

Gand fut supprimé, et ses fondations unies à celles du collège de la Trôs-Sainte-Trinité.

Professeurs du collège.

Le collège de Gand eut plusieurs professeurs distingués. Nous donnons les noms de ceux qui sont parvenus à notre connaissance. On remarquera parmi eux quelques savants d*une grande célébrité, tels que Gazet, Beyerlinck et Catulle.

1. Laurent DychSy d^Anvers, enseignait au collège de Gand vers l'année 1570, lorsque le célèbre grammairien Simon Vérépée, religieux de Tordre de Saint- Augustin, lui dédia Topuscule intitulé : Fundamenten ofte eerste heginselen vayi de Latynsche taele.

2. Guillaume Gazet, d'Arras, connu du monde savant par ses écrits, surtout par son Histoire ecclésiastique des Pays-Bas, ses Tàbleatuc sacrés de la Gaide-Belgique et ses Vies des Saints, était professeur vers Tannée 1580.

3. Laurent Beyerlinck, le célèbre polygraphe, occupa la chaire de poésie et de rhétorique vers le commencement du xvn* siècle.

4. Michel Sterck, Lefort ou Fortius, Il devint plus tard professeur d'Institutes et chanoine de la deuxième fondation à Téglise collégiale de Saint-Pierre.

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