LA MASSE OU SCEPTRE DE LA FACULTÉ DES ARTS AU XV« SIÈCLE
Lorsque les premiers magistrats de TEmpire romain paraissaient en public , ils étaient précédés de licteurs portant une hache enveloppée et liée dans un faisceau de branches d'arbres. La hache, qui était le symbole de Tautorité suprême, fut remplacée au moyen âge par la masse ou sceptre dont se faisaient précéder les empereurs, les jpois et les personnages revêtus d'une juridiction souveraine. Les Universités, qui à cette époque formaient de véritables républiques libres et indépendantes au milieu des États dans lesquels elles existaient, jouissaient aussi du privilège de se montrer en public précédées de cet insigne. Le Recteur de l'ancienne Université de Louvain ne sortait jamais en cérémonie, sans être accompagné d'un ou plusieurs bedeaux portant la masse. Magna est haec dignitas^ dit Juste Lipse en parlant des fonctions rectorales, et splendorem ei dant accensi sive bedelli, ut vocant : quorum urnes, praelato grandi argenteo sceptro, semper praecedit M ducit, famulis seqiœntibus, Interdum et octo praeeunt, cum suis quisque sceptris, sed in solemni procèssione aut die festo. Chaque Faculté avait égalelement sa masse.
Les Actes ou procès-verbauco des séances de la Faculté des Arts renferment des détails inté-
ressauts sur la première masse de cette Faculté. Dès la troisième année de son existence, c*est-àr dire en 1429, la Faculté, pour rehausser Téclat de ses actes publics, se ût faire une masse, consistant dans 'une verge en fer recouverte en argent massif. Vers le sommet, la masse était entourée de six niches, couronnées par des dais en forme de toit, surmontées d'une tourelle et séparées les unes des autres par des colonnettes. Dans les niches se trouvaient des statuettes représentant saint Pierre in statu apostoli cum armis Romanorum, sainte Catherine, le pape Martin V, fondateur de TUniversité , Aristote revêtu du manteau magistral, in epitoffio, le philosophe Boêce in cappa rigata. La sixième statuette représentait saint Nicolas ou saint Lambert. jDeseœto^ lit-on dans les Actes, fuit discordia inter sanctum Nicolaum et sanctum Lam," bertum ; mais ils n'ajoutent pas auquel des deux on donna la préférence. Pour ce qui concerne la statuette du pape Martin V, une discussion, qui peut nous paraître singulière, s'engagea entre les membres de la Faculté, sur le point de savoir s'il fallait le représenter en costume pontifical ou bien en costume professoral ordinaire : Multisplacuit, disent les Actes^ quodpapa Martinus esset in cappa ordinaria, La masse était, en outre, ornée de trois cercles
superposés sur lesquels étaient gravées des armoiries. Le cercle supérieur portait les écussons des États : de l'empire d'Allemagne, de la France, du Brabant, de la Flandre, de la Hollande et du pays de Liège ; sur le cercle du milieu se trouvaient les armes des diocèses de Trêves, d*Utrecht, de Cambrai, de Tournai, d'Arras et de Térouanne ; enfin sur le cercle inférieur on voyait les blasons des villes de Louvain, de Bruxelles, d*Anvers, de Bois-le-Duc, d'Arnhem et de Saint* Orner. Le chef des hérauts d'armes, reœ lierai- ^ dorum, fut chargé de surveiller la pose de ces armoiries.
La première masse flit complètement terminée au mois d'octobre 1430. On la confia à la garde du bedeau, qui était obligé de fournir, à cette occasion, un cautionnement de 150 couronnes d'argent.
Le 25 mars 1433, Jean Stockelpot, qui avait été l'un des premiers professeurs de la Faculté des Arts, demanda et obtint l'autorisation de se faire accompagner du bedeau portant la masse, à sa promotion au doctorat en médecine qui devait avoir lieu le lendemain.
Au mois d'octobre 1445, on décida de foire faire une petite masse ou verge dont on se servirait dans les actes moins solennels de la Faculté.
FORMULE DU DIPLOME DES MAITRES ÈS- ARTS DE L'UNIVERSITÉ DE LOUVAIN AU XV« SIÈCLE.
« Di^um censuimus et duximus, venerandi viri, ut quos morum elegantia praeditos, assiduis quoque defessos studiis, in laborum dulce solamen magistrali bireto cohonestassemus, eos ipsos ceteris, quantum per nos âeri posset, nostris in ea re testimoniis notos et commendatos facerémus. Gum itaque hune honorem non nisi meritis impartiri velimus, idque palam et publiée , minime *tegi celarique oportet eos , qui praeclarum illud decus, et quidem sibi debitum, adepti sunt; idque eo minus, quo magis veritati praebendum est testimonium. Hinc est, quod, venerabilis atque honorandi viri N.... precibus faciliter et bénigne susceptis, literas eidem sui in Artibus magisterii sub nostro sigillo certiflcativas concessimus, huncque ipsum dictum gradum atque ejus insignia juxta nostrae Facultatis morem et statuta {tali die et anno) accepisse omnibus, quorum interest, asserimus per praesentes ; sicque eum ab omnibus, ad quos forte se transferet pro Artium magistro haberi, etnostrarum precum favore bénévole tractari ac suscipi, bénigne petimus ac supplicamus. Pro quorum
omnium fide et testimonîo praedictae nostrae Facultatis sigillum his apponi voluimus.
» Datum Lovanii in nostra congregatione generali »
Cette formule, rédigée par Antoine Haneron professeur de la Faculté des Arts et plus tard prévôt de Saint-Donatien à Bruges, fut approuvée par la Faculté le 2 août 1433.
TABLE
Notice sur le collège des Croisiers. 5
Notice sur le collège de Gand ou oolle-
gium vaulxianum. 17
La niasse ou sceptre de la faculté des arts
au xv« siècle. 27
Formule du diplôme des maîtres ês-arts
de T Université de Louvain au xv« siècle, 30
ANALEGTES
POUR SERTIR
PUBLIÉS PAR
N. J. LAFORET.