Premières années ^e Corneille Jansenius
Corneille Janszoon, Jansens ou Jan^en, dit Janseniics Gandavensis ou Senior^ afin de le distinguer de son homonyme Corneille Jansenius Yprensis ou Junior, naquit en 1510 à Hulst, dans la Flandre impériale. Cette petite ville, Tun des Quatre-Métiers, était alors soumise à la juridiction spirituelle des évêques d'Utrecht.
Ses parents, quoique peu fortunés, lui permirent d'aller à Gand, pour y faire ses premières études sous la direction d'un vertueux prêtre, nommé Eloi Hoeckarius , qui appartenait â la communauté des Pérès de St Jérôme , appelés aussi clercs de la vie commune. Corneille Jansens se rendit ensuite à Louvain et y fut immatriculé à la pédagogie du Château. Il remporta en 1529 la seconde palme au concours général de la faculté des arts ; il y eut cette année cent et on2e concurrents.
Se sentant appelé au sacerdoce , il aborda rétude de la théologie scolastique (i), des Livres saints et en même temps des langues grecque et hébraïque, dont la connaissance devait lui servir pour ses futurs travaux d'exégèse. Il fit successivement les actes publics du baccalauréat biblique, du baccalauréat des sentences et enfin de la licence en théologie. Les saints ordres lui avaient été conférés par Têvêque sufifragant du prince-évêque de Liège.
2. JanseniiLS^ successivement professeur à Tongerloo et curé à Courtrai.
Arnold Streyters, abbé de Tongerloo entre 1530 et 1560, désireux de faire fleurir la science dans sa communauté, invita le jeune licencié à venir donner aux religieux un cours d'Écriture sainte (2). Jansenius (car nous le désignerons désormais par son nom de savant) agréa lïnvitation du prélat et alla séjourner à la célèbre abbaye Norbertine. D'après les Fasti Academici de Valère André, il y passa huit, années entières, c'est-à-dire, selon le savant Van de Velde, de 1534
(I) La théologie srolastiqae compreouit la dogmatique et la morale. A celte époque l'ouvrage de Pierre Lombard, Maghttr Senten- /tarum, était encore classique. En avril 1S96 on lui substitua la Somme de St-Tliomas d'Aquin, le chef-d'œuvre du moyen âge,
(3) Notons en passant que la faculté des arts s'adressa, vers 1S31), a ce savant prélat pour réclamer sa protection par rapport à une réforme à introduire dans les études. Voir V^nnuaire île VUnheiHité Catk., 1811, p, «54-169.
jusqu'à 1542. C'est dans cette paisible retraite qu'il prépara les matériaux de plusieurs ouvrages d*une grande valeur scientifique et qui ont mérité les éloges d'un juge compétent, le cardinal Baronius (i), la Concorde évangélique^ les Commentaires sur la Concorde et toute Y Histoire évangéliqite, sur le Psautier^ le Cantique des cantiques^ les livres des Proverbes^ de la Sagesse et de VEcclésifLstique.
Après ces années de professorat, Jansenius se vit nommer par Tautorité universitaire de Louvain à la cure de St-Martin à Gourtrai, dans la Flandre flamingante. C'était une charge laborieuse et qui, comme il le dit lui-même, lui laissait à peine le temps de respirer; car la juridiction paroissiale s'étendait sur toute la ville. Après y avoir travaillé durant environ dix-huit ans (15^-1560) au salut des âmes, il revint à Louvain, où l'avaient rappelé les Docteurs-Régents, qui connaissaient sa rare aptitude pour iestravaux scientifiques et renseignement.