‹ Analectes pour servir à l'histoire de l'Université de LouvainChapitre 5 sur 22 · ENTREE SOLENNELLE DE MGR DECHAMPS, ARCHEVÊQUE DE MALINES, A LOUVAIN · texte numérisé non relu

ENTREE SOLENNELLE DE MGR DECHAMPS, ARCHEVÊQUE DE MALINES, A LOUVAIN

SA VISITE A LUNIVERSITE.

Mgr TArchevêque de Malines a fait le dimanche 21 jui^ 1868 son entrée solennelle dans la ville de Louvain et sa première visite à notre Université. Le prélat est descendu chez le Recteur magnifique Mgr Laforet.

Vers onze heures, les différentes confréries des paroisses avec leurs bannières , la sodalité des étudiants, les conférences de S. Vincent de Paul , les congrégations religieuses , frères alexiens , frères de la charité , Joséphites , religieux des Sacrés Cœurs, les ordres monastiques, Dominicains , Jésuites , chanoines de S. Norbert, tout le clergé séculier , élèves du collège du St- Esprit , du collège Juste Lipse et du séminaire américain , les curés et vicaires de la ville , et le Corps professoral de l'Université s'organisèrent en cortège au collège du St- Esprit pour accompagner processionellement Mgr l'Archevêque j asqu'à l'antique collégiale de St-Pierre. Le collège du St-Esprit et les rues, sur le passage du cortège, étaient ornés de drapeaux, de chronogrammes et de devises. Une foule immense et recueillie se

pressait le long du parcours et dans la vaste nef de la collégiale.

M. le. doyen a reçu le vénérable Archevêque sous le porche de Téglise, Ta complimenté au nom du clergé , lui a présenté la croix à baiser, et lui a offert Tencens et Teau bénite.

Après le Te Deum , Mgr Dechamps est monté en chaire, et a prononcé ce beau discours sur Vunion de la science et de la fai^ qui a été publié d'abord dans la Revice catholique, reproduit ensuite dans les brochures de V. Devaux et Cie, et dans plusieurs autres recueils. Nos lecteurs connaissent cette admirable réfutation des doctrines qui voudraient séparer la religion de l'étude, et constituer un enseignement neutre^ un enseignement qui laisserait en dehors de son domaine tout ce qu'il importe le plus à l'homme de savoir. La neutralité de la science n'est qu'une illusion ou une hypocrisie ; nul , mieux que Mgr Dechamps , n'a su travailler à démasquer cette hypocrisie, à dissiper, cette illusion. Nul mieux que lui n'a prouvé que la science n'a rien à craindre de la religion, et que l'immutabilité de la révélation ne met pas plus d'obstacle au progrès des sciences morales et sacrées, que l'immutabilité de la nature n'en met au progrès des sciences naturelles.

Le lendemain , 22 juin , Mgr Dechamps a reçu chez Mgr Laforet les professeurs de l'Université. Mgr Namèche a complimenté Sa Grandeur au

nom du Cori)S professoral et a rappelé avec bonheur combien TUniversilé était heureuse de lire au grand livre des inscriptions, inscrit en tête des étudiants de l'Université, le nom du nouvel archevêque de Malines.

Sa Grandeur, avec une douce et cordiale familiarité, a exprimé son affection et son dévouement pour la grande œuvre de Tépiscopat belge placée dans son diocèse. La Providence a voulu, comme Mgr Dechamps Ta remarqué, qu'il possédât, durant leur vie, l'amitié de trois hommes qui furent les pères et les fondateurs de l'Université catholique : son Em. le cardinal Sterckx, Mgr Van Bommel, évêque de Liège, et Mgr de Ram. Cette même Providence, le vénérable prélat l'espère et le demande avec instance, lui donnera d'être pour l'Université ce qu'ils furent eux-mêmes.

Sa Grandeur se rendit ensuite avec le Recteur et le Corps i)rofessoral au grand auditoire du collège du Pape, où l'attendaient les étudiants de l'Université qui saluèrent son arrivée par des applaudissements enthousiastes. M. E. Descamps, étudiant en droit, s'adressant à Sa Grandeur, lui exprima au nom de ses condisciples les sentiments de respect , de dévouement et de reconnaissance qui animent la jeunesse catholique à l'égard de sa personne et à l'égard de l'épiscopat dont il est le chef. Nous détachons un passage do ce discours :

« Permettez à notre faiblesse, Monseigneur, à travers toutes vos gloires, de ne voir, de no chercher que votre cœur. Permettez-nous d'ap peler ce jour la fête de ce cœur. Votre amour pour la jeunesse catholique rayonne à tous les yeux! il ne peut nous démentir; nous le savons, cette paternelle affection vous fut propre dès longtemps, Ton en suit la trame non interrompue dans votre vie entière; ce simple et doux nom de père placé à Taurore de votre sacerdoce , le seul titre que vous aviez choisi pour le garder toujours, tant de pages lumineuses et sereines, écrites pour nous, pour nous semées sur toutes les voies qui mènent à Dieu, cette chaire de St- Pierre oif plusieurs fois la jeunesse universitaire vous vit monter, tous ces souvenirs que marquent-ils, sinon les étapes de votre tendresse? Que sont-ils eux-mêmes, sinon ses vivants témoins , et aujourd'hui ce qui vous appelle au seia de Y Aima Mater , n'est-ce pas toujours la même tendresse? N'est-ce pas plus encore? l'amour multiplié par la grâce et Dieu versant au cœur de sonévêque de nouveaux trésors avec la plénitude de la paternité spirituelle !

« Monseigneur, lorsqu'au milieu de votre peuple , hier , vous prononciez ces belles paroles : « Louvaiû est lé symbole d'une grande chose , Ftînion de la science et de la foi, »» nous, songeant à la paternelle bonté de cet épiscopat dont vous êtes la tête, nous pouvions achever le cri de votre

àme dans la nôtre, nous pouvions dire : Louvain est aussi l'incarnation d'un grand amour, de l'amour de nos premiers pasteurs ! Lôuvain c'est la science et la foi se réunissant pour rendre à cet amour, en toute pleine lumière, un témoignage glorieux.

« Car, Monseigneur, il vous faudra bien encore subir cette gloire ! Fille de nos libres institutions, Y Aima Mater sera toujours le plus beau rayon au front de notre épiscopat national. »

Mgr Dechamps a répondu en recommandant aux jeunes gens qui l'entouraient le travail et la prière.

« Vous venez, dit- il (nous reproduisons d'après nos souvenirs), vous venez de me dire, que j'avais choisi le nom de Père , je le garde. Car enfin si un évêque n'étaix pas père, il ne serait pas évêque. Je suis heureux de garder avec mon vieux nom mon vieil amour pour VAlma Mater. Avant d'être Père, j'étais son enfant; je ne l'oublie pas...

•* Hier j'ai dit du bien de vous , et du bien mérité ; aujourd'hui , pour être vraiment père ,

dois vous en faire.

« Tout à l'heure en me recueillant un instant , je cherchais une parole qui pût vous faire du bien ; j'ai trouvé celle-ci : « Estote viri fortes , » soyez des homflaes. Pour être vraiment des hommes, viri 'fortes, il faut trois choses : travailler avec énergie, vaincre ses passions, et avoir ce que S. Chrysostôme appelait une âme élevée, animum excelsum.

« Habituez- vous au travail ; considérez que la Providence vous a choisis pour être, dans telle ou telle carrière, Tinstrument de ses desseins. Or pour que Finstrument soit bon, il faut le préparer ; pour qu'il coupe , il faut Taiguiser. C'est rétude , c'est le travail qui aiguisera chez vous l'instrument de la Providence. Mais si par votre faute vous laissez l'instrument se couvrir de rouille , alors vous mettez obstacle aux desseins de la Providence.

« Ce mot d'instrument me rappelle une vérité que vous n'ignorez pas, mais à laquelle peutêtre vous n'avez pas assez réfléchi. Cette vérité c'est que la jeunesse exerce une influence suprême sur toute la vie ; c'est la jeunesse qui fixe la vie; la vie, presque toujours, n'est que la réalisation d'une idée de la jeunesse. On s'étonnera peut-être que Dieu confie à l'inexpérience le soin de fixer toute une carrière. Il en est pourtant ainsi. Oui, vous êtes à l'âge où l'homme choisit la voie dans laquelle il marchera le reste de sa vie, vous êtes dans l'instant où se décide ce qu'on appelle, dans l'église, la vocation, et dans le meuide, la destinée.

« Tous nous avons une destinée que la Providence nous assigne et qu'il nous est donné d'accomplir librement par notre travail. Cette destinée vous la choisissez ici et vous la préparez sous l'œil de la Providence, qui aime à se montrer confiante en la jeunesse, lorsque la jeunesse

fait ce qu'elle doit.

« Vous marcherez dans le chemin de la vie soutenus par la foi, par l'ardeur au travail et par la prière. Mais vous rencontrerez la lutte. Dès maintenant il faut vous exercer à lutter courageusement ; vous devez être les soldats de la justice et de la vraie liberté. Les ennemis sont nombreux. Si vous voulez les vaincre ; si vous voulez vaincre Tinjustice du dehors, il faut commencer par vaincre l'injustice du dedans. Ce qui est le plus difficile à vaincre en ce monde, c'est soi-même. Il faut donc dès maintenant vous exercer à vous vaincre et à faire régner la justice en vous.

« Qu'est-ce que la justice? C'est l'empire des puissances supérieures surr les inférieures. L'ordre est là. Il faut dope, dès aujourd'hui, dès maintenant , il faut que chacun de vous se dise : j'ai la vocation de me vaincre, de faire régner en moi la justice et de m'élever par là au-dessus de l'esclavage des sens. Il est indispensable de faire régner les puissances supérieures sur les inférieures. C'est là l'empire véritable. C'est là ce que S. Chrysostôme appelle animum eœcélsurriy une grande âme qui ne se laisse point ravaler.

« Une grande âme qui ne se laisse point ravaler s'adonne au travail et par le travail se rend forte dans la lutte qui conduit à la victoire.

« Pour remporter la victoire; pour donner l'empire aux puissances supérieures sur les

forces d'en bas, il faut s'élever à Dieu. Je vais finir par là, Messieurs, et vous dire que jamais nous ne s^ons réellement des hommes, si nous ne prions pas. Vous avez peut-être lu cette parole d'un homme qui n'est pas des nôtres mais qui a de grandes pensées chrétiennes. Il disait : « Parmi les êtres , il n'y en a qu'un qui prie , riiomme. » Nous savons cela depuis longtemps ; mais nous n'en sommes pas assez frappés. L'homme , créature maîtresse placée au sommet de la hiérarchie des êtres, est le seul qui parle à Dieu. C'est là la puissance la plus visible de l'homme^ Par la raison il domine toute la création ; mais lo grand acte de Tàme est de parler à Dieu. Nous sommes quelquefois très -flattés quand nous avons vu un roi , une reine ou quelque grand, et nous sommes tout fiers de le raconter ; mais parler à Dieu ! être entendu de Dieu ! On a audience quand on veut , à tout moment ! Obtenir une réponse divine ! non de vaines paroles, mais une réponse efficace, c'est-à-dire les grâces qui sont la preuve que Dieu nous écoute, c'est là la grandeur de l'homme. Dès à présent, dès votre jeunesse, dites- vous bien : je ne serai jamais un homme si je ne prie pas... Savez- vous ce que c'est que l'homme qui ne prie pas? Je ne trouve pas de mot pour rendre ma pensée , le français est trop délicat; j'emprunte le mot de S. Jean. L'homme qui ne prie pas habet characterem bestiœ; parce que, au lieu de s'élever,

comme il le doit, vers rintelligence suprême, il se rabaisse au-dessous de sa nature.

« Soyez donc des hommes , et pour être des hommes , soyez des chrétiens. Préparez- vous ici à être dans le monde les soldats de la justice et de la liberté. »»

Il ne nous appartient pas de rapporter ici le reste du séjour de Mgr Dechamps à Louvain, et les circonstances diverses où il a pris la parole avec cette ferveur, cette invincible clarté et cette charité persuasive qui sont les caractères particuliers de son éloquence. Nous nous sommes contenté de parler des titres spéciaux qu'il s'est créés à la reconnaissance de l'Université; en quittant Louvain, le 2q juin, Sa Grandeur Mgr Dechamps y a laissé des souvenirs qui resteront chers à tous les cœurs catholiques.

TRIDUUM CELEBRE PAR L'UNIVERSITE CA- THOLIQUE LES 6, 7 ET 8 MARS 1868 EN L'HONNEUR DES QUATRE MARTYRS DE GORCUM QUI ONT ÉTUDIÉ A LOUVAIN.

Mgr Laforet a retracé, dans un livre bien connu de nos lecteurs, le long supplice et la constance héroïque des martyrs de Gorcum. En écrivant cet ouvrage, le recteur de l'Université catholique rappelait un des plus beaux titres de gloire de l'institution qu'il dirige.

On sait que parmi les dix-neuf martyrs de Gorcum, qui ont versé, Fan 1572, leur sang pour soutenir l'autorité du Souverain Pontife et défendre le dogme de la présence réelle de Jésus- Christ dans l'Eucharistie, quatre ont étudié à l'ancienne Université de Louvain. Ce sont Nicolas Pic, gardien du couvent des Franciscains de Gorcum, Léonard Vecchel, curé de Gorcum, son vicaire Nicolas de Poppel et Nicaise Van Hees ou Hezius. Ces glorieux athlètes de la foi ont été solennellement canonisés par N. S. P. le Pape Pie IX, entouré des Cardinaux et des Evêques du monde entier, le 29 juin dernier pendant les grandes solennités du I8« centenaire de la mort des SS. Apôtres Pierre et Paul.

La nouvelle Université a voulu célébrer avec

la plus grande solennité la canonisation des quatre martyrs qui seront à jamais la gloire de Tancieûne Aima Mater,

La collégiale de St-Pierre, où reposent les reliques insignes des Martyrs de Gorcum, avait été décorée pour la circonstance par les soins de son vénérable Doyen. Durant les trois jours du Triduum^ la messe solennelle a été célébrée par Mgr le recteur de TUniversité et les professeurs de la Faculté de tbéologie.

M. le chevalier van Elewyck dirigeait, avec le zèle et le talent exquis dont il a donné tant de preuves, la partie musicale.

Une foule immense remplissait Téglise. Les professeurs en corps, les étudiants de toutes les Facultés, Télite de la population louvaniste, bon nombre de fonctionnaires publics et d'officiers de la garnison assistaient tous les jours à la messe et À la conférence , qui suivait immédiatement.

Mais ce qui a surtout rehaussé Téclat de la solennité, c'est cette voix vraiment apostolique, merveilleusement éloquente, persuasive, pleine d'onction, que nous avions déjà entendue, noa sans émotion, il y a quatre ans, alors que Mgr Mermillod n'était encore que Recteur de l'église Notre-Dame à Genève.

Dans trois admirables conférences, il nous a parlé de Jésus-Christ, des témoins de sa gloire et de sa puissance dans tous les lieux et tous les siècles , de son action qui a changé le monde

et qui pénètre Thumanité tout entière ; puis de Jésus-Christ toujours présent dans l'Eucharistie et se donnant à nous dans un mystère d'amour ; enfin de la puissance de Jésus-Christ demeurant manifeste sur la terre dans la constitution divine de l'Eglise et par la primauté du Souverain Pontife, autorité universelle et guide infaillible.

Comme gage d'amitié envers le recteur et d'estime envers l'Université, le digne successeur de S. François de Sales nous a apporté les bienfaits de cette voix qui remue les cœurs et les gagne à Dieu : Qu'il soit béni et qu'une récompense meilleure que notre reconnaissance couronne ses labeurs !

Une solennité religieuse, pour être complète, doit s'adresser à tous. Une partie da peuple de notre ville n'entend pas la langue française; pendant le salut solennel qui se chantait le soir à cinq heures, M. l'abbé Hendrickx a fait chaque jour un sermon flamand. Sa parole persuasive et entraînante attirait une foule considérable à l'office du soir. Le R. P. Terbruggen a clôturé par un éloquent sermon flamand ces pieux exercices.

La charité a sa place marquée dans une fête chrétienne : aussi les pauvres n'ont-ils pas été oubliés. A tous les offices , les membres de la Société de St-Yincent de Paul et les Dames de la Miséricorde ont fait des collectes qui ont été très-productives.

En Toyant Mgr Mermillod au milieu de notre cité universitaire, une même pensée frappait tous les esprits. Au XYI« siècle, le protestantisme prétendait asseoir À GenèTe sa force et sa puissance. Dans Teni vrement de ses premiers triomphes, il appelait fastueusement cette cité la « Rome protestante; » et après avoir couvert FEurope de sang et de ruines , il immolait dans nos provinces les généreux défenseurs de la vérité catholique. Cependant , une grande institution restait debout : c*était TUniversité de Louvain, alors à Tapogée de sa gloire. Mais elle devait tomber à son tour brisée et non ployée par la violence révolutionnaire.

Ce n*était plus seulement Thérésie, c'était Fimpiété qui semblait partout triomphante. Uœuvre de la destruction de FEglise paraissait pour ainsi dire accomplie. Qui eût pu croire alors que bientôt un apôtre venu de la « Rome protestante » irait proclamer devant cette Université, sortie de ses cendres, la gloire et le triomphe des martyrs catholiques immolés à la fureur de Fhérésie? Voilà ce que nous avons vu. Un évêque de la sainte Eglise romaine, abandonnant pour quelques jours le peuple de Genève dont il est le pasteur aimé, est venu nous entretenir de ces deux grandes vérités , auxquelles les Martyrs de Gorcum ont rendu un sanglant témoignage : FEucharistie et la Papauté.

' ,1 ■ ...II. Il»

Nous croyons utile de reproduire dans cet Annuaire les documents principaux relatifs à Térection de TUni ver site catholique. Nous y joignons les Statuts de TUniversité.

bref par lequel s. s. grégoire xvi accorde aux évêques de la belgique la faculté d'Ériger une université.

IS décembre iSSS.

Gregorius pp. XVI,

Venerabiles Fratres, Salutem et Appstolicam Benedictionem.

Majori certô solatio affici non possumus , quàm cùm eos, qui inpartem solicitudinis nostrse sunt vocati, pastoral! zelo flagrare, acriterque ad spirituals commissarum sibi Ovium bonum novimus vigilare. Licet porrô prsecipuam Fraternitatum Vestrarum virtutem satis jam multa decla- . rassent, eâque de causa jure Nobis laetari liceret; conceptam tamen animo nostro opinionem confirmârunt, nostrrimque gaudium abundè auxerunt obsequentissimse litter8e , quas die decimà quartâ proximè elapsi mensis.ad Nos dedistis, et quibus nedùm vestrum de Catholîcâ in Belgio constituendâ, et à Vobis tantùm regendâ studio-

rum Unirersitate consilium signiâcâstis , sed etiam expositis commodîs, quse tùm animarum salus, tùm Reli^o ipsa indè possunt accipere, Apostolicâ nostrâ Auctoritate probari illud voluistis. Hanc vos rationem sequuti, id egistis, quod ab antiquis temporibus consuetudo induxit, quodque débita huic Sanctse Sedi reverentia et observantia meritô exigit. Cùm enim ad Romanos Pontiâces pro concredito Ipsis Apostolici Offîcii munere maxime pertineat Catholicam Fidem tueri, sanct»que ejus doctrinse depositum integrum ac intemeratum custodire; Eorum quoque esse débet sacrarum disciplinarum qusB publiée in Universitatibus traduntur, institutionem moderari. Atque hsec causa fuit, cur Catholici etiam Principes cùm de ejusmodi Academiis seu Universitatibus studiorum statùendis cogitârunt, Apostolicam Sedem consulendam, ejusque auctoritatem exquirendam duxerint. Hinc celebriores, illustrioresque Europse Universitates nonnisi ex sententiâ et assensu Romanorum Pontiâcum fuisse constitutas gravissimse illarum historié amplissimô testantur. Nobis itaque , quibus persuasum est ei^rectè comparatis studiorum Universitatibus plurimum emolumenti in Ohristianam Rempublicam dimanare, jucundius nihil acciderc potest, quàm utvobis gratiûcemur, et ^ Litterarum prsesertim Sacrarum praesidium et incrementum supremse Nostrse Auctoritatis robur adjiciamus ; atque hinc

sapientissîmum , quod unà simul inîvistis consiliuija adprobamus , vestramque eâ de re solicitudinem summâ laudé ac commendatione prosequimur. Eô autem libentiùs vestris votis annuimus, quô cerliùs vestrâ industriâ, operâ et cura futurum confidimu» ut quotquot ad istam Universitatem convenient benô morati juvenes, "non scientiâ quse inâat , sed scientiâ quœ cum charitate sediôcat, non sapientiâ hujus sseculî, sed sapientiâ cujus initium tîmor Pomini est, imbuantur. At illud probe intelligitis , Venerabiles Fratres, memoratam max Universitatem ità quidem constitui oportere, ut nihil prorsùs derogetur juribus, quse singulis Episcopis circà Clericorum in suis diœcesanis seminariis institutionem, eorumque in litteris et disciplinis maxime Theologieis eruditionem Tridentini Patres adjudicârunt. Agite igitur , et Ille, à quo omne datum optimum et omne donum perfeclum est, dexter Vobis propitiusque adsit, ut quae salubriter cogitâstis, féliciter possitis implere. Intérim Apostolicam Benedictionem, Paternae Nostrae charitati» et benevolentiae testimonium ergà Fratemitates Vestras , pemmanter Vobis impertimur.

Datum Romae apud S. Petrum die 13 Decembris MDCCCXXXIII. Pontificatûs nostri anno III.

Signatum, GREGORIUS PP. XVI.

Inscriptio erat : Venerabilibus Fratribus En- GELBERTO Archiepiscopo Mechliniensi , ejusque Suffraganeis in Belgio Episcopis, Mecbliniam.

CIRCULAIRE DES ÉVÊQUES PAR RAPPORT A l'établissement D'UNE UNIVERSITÉ.

Février «SS4.

Les archevêque et évêques de Belgique au clergé de leurs diocèses.

Messieurs,

Depuis que la Constitution de la Belgique a établi la liberté de renseignement, un désir immense de voir s'élever une Université catholique s'est manifesté de toutes parts parmi les populations du royaume. Il est facile d'en saisir la raison. Presque toutes les familles tiennent à léguer à leurs enfants la plus belle part de l'héritage de leurs pères, cette foi catholique invariable, indestructible, qui est le premier principe de la civilisation des peuples chrétiens , parce qu'elle proclame sans ambiguïté comme sans hésitation toutes les idées véritablement sociales : elles comprennent, et l'expérience des derniers temps le leur a d'ailleurs démontré à l'évidence, î^ue tout enseignement qui n'est pas subordomié aux principes de cette foi, peut tendre à les corrompre.

En effet , qui pourrait mesurer la profondeur d^s abîmes dans lesquels se sont précipités les plus grands esprits lorsqu'ils ont cessé de reconnaître la religion comme la base des sciehces humaines! Ces sciences, que Dieu a données à

rhomme pour son perfectionnement moral ou pour son bien-être physique , ont alors été tournées contre leur divin auteur et contre Tordre de la société; la multiplicité des systèmes, la confusion des doctrines ont réduit la science à n'être plus qu'une agglomération de faits sans lien, sans suite, sans ordre, et dont le dernier résultat serait de jeter le monde dans un doute universel et dans une indifférence complète.

Ce n'étaient pas là les doctrines que nos ancêtres puisaient dans ces anciennes écoles dont le Père commun des fidèles avait approuvé les statuts, et dont la brillante existence, la longue prospérité ne peuvent s'expliquer que par l'accord parfait de la science avec le fondement de la vraie foi.

Les Belges se rappellent la gloire dont jouit pendant quatre siècles la célèbre Université de Louvain , où la science unie à la foi formait des hommes instruits et de bons chrétiens ; et tous ceux qui ne se sont pas laissé éblouir par de vaines théories, désirent voir la jeunesse, espoir de la patrie, revenir à cet accord si fécond en heureux résultats, et ils attendent de leurs premiers pastehrs, intimement unis avec l'auguste chef de l'Eglise, qu'ils leur en ouvrent la voie.

C'est pour répondre à ce vœu , Messieurs , ^ue nous avons formé le projet d'ériger en Belgique, avec l'assentiment du St-Siége que nous avons obtenu, une nouvelle Université catholique, que

nous établirons sur des fondements tels qu'elle offrira, et sous le rapport de renseignement, et sous celui de la discipline, toutes les garanties que peuvent raisonnablement désirer nos nombreuses familles demeurées attachées de cœur et d'âme à la religion qui fait leur bonheur.

La force et la profondeur des études seront Fobjet de tous nos soins ; car nous sentons vivement toute rimportance d'un haut enseignement porté au niveau des connaissances humaines les plus élevées , et nous avons la ferme conâance qu'avec l'aide du Seigneur les résultats répondront à nos constants efforts. L'absence d'une surveillance active sur les élèves hors du temps des leçons est souvent la cause du ralentissement de leur zèle pour l'étude, et l'occasion d'une corruption de mœurs qui , en gâtant leur cœur , exerce une fatale influence sur leur avenir. Afin de tarir cette source des plus vives inquiétudes pour les parents, nous ferons revivre une des plus utiles institutions de l'ancienne Université de Louvain, en établissant des pédagogies et des collèges , où les élèves auront le logement et la. nourriture, et seront soumis à une sage discipline. Enfin nous prendrons des mesures efficaces pour imprimer à ce nouvel établissement un caractère de stabilité qui lui assurera une longue existence.

Déjà présumant, Messieurs, de votre bonne volonté à nous seconder, nous avons mis la

main à Tœuvre afin d'ériger la première des Facultés d*une Université catholique, celle de la théologie, qui dépend plus exclusivement de nous. C*est au centre de la Belgique, dans la ville métropolitaine, que nous avons résolu de rétablir; et quoique séparée peut-être, quant À la localité, des autres Facultés, elle n*en sera pas moins partie intégrante de TUniversité que nous projetons.

Tel est. Messieurs, notre but. Mais une entreprise aussi vaste exige nécessairement de grands moyens , parce que pour l'exécuter il faudra nonseulement acquérir des bâtiments et un matériel considérable, mais encore réunir un personnel propre à mériter la confiance publique.

C'est pourquoi nous venons vous prier. Messieurs, de réunir tous vos efforts aux nôtres, et de recommander aux âdôles confiés à vos soins une œuvre aussi éminemment salutaire.

Ce que ne pourraient fas des individus isolés , deviendra facile par la combinaison et par Ten- • sem'ble des efforts. Ne voit-on pas tous les jours en Autriche, ^i Angleterre, en France, en Amérique et même sous nos yeux, la foi des catholiques réunir tous les cœurs, et cette association de vues et dé sentiments opérer sous une heureusje direction d'étonnants résultats?

Nous proposons donc à tous les catholiques de nos diocèses de prendre chacun une ou plusieurs actions annuelles ; et afin de mettre l'action à la

portée de toutes les fortunes et de pouvoir ainsi recueillir le denier de la veuve aussi bien que l'offrande du riche, nous la mettons à un franc par an.

Nous prions tout le respectable clergé de nos diocèses, sans exception, de donner Texemple d'une généreuse coopération à une si belle œuvre ; et sans vouloir imposer d'obligation à personne, ni mettre des bornes à la libéralité de nos chers coopérateurs, nous engageons Messieurs les vicaires -généraux, chanoines, doyens et curés de première et seconde classe à prendre 20 actions annuellement ; Messieurs les desservants des succursales, 10 actions ; Messieurs les chapelains, vicaires et autres ecclésiastiques, 5 actions. Nous-mêmes nous souscrivons pour 200 actions par an.

Ensuite nous chargeons Messieurs les curés , desservants et chapelains d'annexés indépendantes d'engager leurs paroissiens à contribiier à cette bonne œuvre selon que leurs moyens le permettront. Ils pourront s'associer une ou deux personnes zélées pour obtenir , par leur intermédiaire, une coopération plus générale et pour réunir les fonds.

Chaque curé formera une liste des personnes qui auront pris des souscriptions et il la conservera avec soin, afin de faire percevoir tous les ans pendant le mois de mars le montant de celles qui n'auront pas été révoquées. Il enverra le

double de cette liste à M. le doyen en lui remettant le produit des souscriptions, ce qui aura lieu dans le courant du mois d^avril de chaque année. Messieurs les doyens joindront aux fonds qu'ils déposeront à Tévêché toutes ces listes particulières de leurs doyennés.

Nous exhortons les personnes que la divine Providence a le plus favorisées des biens de la fortune à nous aider non-seulement de leurs » dons annuels, mais aussi, eu égard aux fixais de premier établissement, à y ajouter pour cette première fois quelques secours extraordinaires.

Nous prions le clergé d'y mettre toute la diligence possible , et de faire en sorte que le premier produit des souscriptions nous soit remis avant la fin du mois d'avril prochain, afin que si les moyens suffisent et que les circonstances se prêtent dès cette année à un commencement d'exécution , nous puissions former un conseil composé des personnes les plus respectables du pays , avec lequel nous arrêterons les premières^ bases d'une organisation aussi en rapport avec les besoins du temps que conforme aux principes et aux droits de la religion.

Messieurs les curés ne se contenteront pas de lire en chaire la présente circulaire ; ils la répandront parmi leurs paroissiens, et ils leur en expliqueront le but, en leur faisant bien comprendre que c'est de la force et de l'étendue de leur coopération que dépendra tout le succès.

A ce premier élan de bonne volonté générale ajoutons de ferventes prières , afin que Celui de qui procède tout don parfait répande ses plus abondantes bénédictions sur une œuvre uniquement entreprise pour sa plus grande gloire.

Puisse le divin Maître, qui seul est la voie, la vérité et la vie, faire sur nous et sur vous une riche effusion de son esprit ; qu*il appelle luimême Tesprit de vérité, pour qu*il nous enseigne toute vérité ! Puisse-t-il ne jamais permettre que la science qui a pour ol^et notre bien-être temporel nuise à celle qui nous conduit au salut !

Que sa paix demeure toujours avec vous !

Donné en février 1834.

t Engelbert, archevêque de Malines.

t Jean-Joseph, évéque de Tournay. t Jean- François, évéque de Gand.

t Corneille, évéque de Liège, t Jean-Arnold , évéque de Namur.

t François , évéque administrateur du diocèse de Bruges.

CONSTITUTION APOSTOLIQUE RELATIVE A LA COL- LATION DBS GRADES EN THÉOLOGIE ET EN DROIT CANON.

9 avril 1 9S4.

GREGORIUS pp. XVI ,

Ad perpetuam rei memoriam.

Catholicae religionis salus et populorum bonum atqae utilitas omninô postulant , ut ii omnes qui in sortem Domini vocati, ecclesiasticae militiae nomen dare exoptant, non solùm virtutum omnium splendore prsefulgeant , quo seipsos prsebeant in omnibus exemplum bonorum operum, verùm etiam summâ animi contentione in litteras severioresque disciplinas addiscendas sedulô incumbant , quo possint exhortari in doctrina sana , et eos qui contradicunt arguere. Cùm enim sacerdotis labiis scientia sit custodienda , et lex requirenda ex ore ejus, tum ignorantia quae cunctorum mater errorum, maxime in sacerdotibus vitanda qui docendi offlcium in populis suscipiunt. Quamobrem jure meritôque Romani Pontiflces omni quidem vlgilantiâ et studio id unum vel maxime semper spectârunt , ut ecclesiastici viri non modo vitse integritate verùm etiam doctrinae laude elucerent et ores-

cerent in scientiâ Dei. Nihil enim est quod populorum animos ad pietatem et ad religionem magis excitet atque inflammet, quàm eorum exemplum et doctrina qui divino se ministerio dicârunt. Atque idcircô providissimis gravissimisque Ecclesise legibus cautum semper fuit, ut adolescentes clerici vel ab ineunte aetate in seminariis prsesertim ad pietatem , probitatem, omnemque virtutem et doctrinam rite efformentur, quo esse possint in tempore verô ac^jutores Dei ôt Christi ministri atque operàrii missi in vineam suam, qui fructus afferant, et opponentes murum pro domo Israël praelieniur prselia Domini. Quod quidem si semper, hisce prsesertim asperrimis ac luctuosissimis civilis non minus quam christiansB reipublicse temporibus, magis magisque summopere curandum, quibus perditissimi homines despumantes confusiones suas et secundùm desideria sua ambulantes, tôt opinionum commentis, tôt omnigenum scelerum monstris jura quseque divina et humana violare, perturbare, permiscere moliuntur, et religionis fundamenta labefactare, immô funditùs evertere maximo cum omnium Christi âdelium detrimento impie nefarièque conantur. Majore igitur vigilantiâ, cura et studio est prospiciendum, ut ecclesiastici homines non solùm virtutis et pietatis laude floreant, verùm etiam litteris severioribusque disciplinis potissimum sacris praestent, quo

tamquam lucernse ardentes luceantcoram hominibus et loquentes quse décent sanam doctrinam, possint vaferrimos impiorum conatus refringere, fraudes detegere, et aculeata sophismata, fallacesque errores refellere , atque eorum obstruere ora, quorum labia loquuntur iniquitatem, et linguae meditantur mendacium. Non mediocrî itaque animi nostri voluptate a Venerabilibus Fratribus Belgii Arohiepiscopo et Episcopis accepimus , eos provido consilio ac voluntati fel. mem..Leonis XII Praedecessoris nostri ultro libenterque obtempérantes, et singulari sollicitudine eorum gregis bono atque utilitati consulere cupientes , clericorum Seminaria eorum in diœcesibus ita consiituisse , ut juniores clerici ad religionem , pietatem , et canonicam disciplinam veluti no ve lise plantationes in juventute sua mature efformentur , ac litteris sacrisque prsesertim^ disciplinis naviter scienterque erudiantur. Omnes enim cujusque seminarii clerici quinque annos amœnioribus litteris, duo philosophicis disciplinis, quatuor vero saerse Theologiae operam navare debent. Ut autem clerici , studiorum curriculo in seminariis peracto , majores sacris in studiis profectus facere possint, iidem Venerabiles Fratres altioris ordinis Catbedras iBecbliniae prope seminarium Metropolitanum constituendas existimârunt , ût prsestantiore ingenio clerici variarum Diœcesium in ecclesiasticas disciplinai penitiùs addiscendas

incumbant, et majore doctrinae atqueeruditionis copia instrueti, graviora munera obire et Ecclesiœ ornamento ac prsesidio essevaleant. Amplam propterea domum ipsi Venerabiles Fratres communi sere in Metropolitanâ civitate parandam curârunt, in quâ sex professeras et quadraginta alumni commorari possunt. Verùm ut ejusdem instituti decus et splendor augeatur atque alumnorum animi acriori quodam stimulo ad scientiam acquirendam yirtutemque amplectendam excitentur, atque inflammentur, iidem Venerabiles Fratres summoperè cuperent Doctoris lauream aliosque gradus in sacra Theologiâ et in Jure Canonico illis instituti alunmis posse donari, quidoctrinse facto periculo, nonsolùm scientidd laude verùm etiam egregiis aliis animi ingeniique dotibus ceteris antecellunt. Quocirca a nobis postulârunt ut commemorato Mechliniae instituto seu magno seminario ex nostrâ indulgentiâ facultatem tribuere velimus conferendi Doctoris laureas ceterosque gradus quemadmodum in studiorum Universitatibus âeri solet. Nos verô quibus nihil potius, nihil gratins, nihilque prsestabilius esse potest quam universi Dominici gregis saluti maximâ yigilantiâ prospicere et rectSB ecclesiasticorum institutioni pro yiribus consulere, ut in tantâ temporum asperitate yirtutum omnium apparàtu ornati et spiritu sapientise atque intellectus repleti possint sedfûcare Domino domum âdelem, potentes in opère et

sermone coram Deo et oinnî populo , eorumdem Yenerabilium Fratrum votis quàm libentissimè annuendum censuimas: Omnes igitur et singulos, qaibus bas litterse fa vent, paternâ benevolentiâ prosequi volentes et a quibusvis excommunicationis, suspensionis et interdicti aliisque ecclesiasticis censuris,'sententiis et pœnis, quovis modo et quàcumque de causa latis, si quas forte incurrerlnt, hujus tantum rei gratià absolvantes et absoiutos fore censentes, auctoritate nostrâ Apostolicâ hisce litteris perpetuo facultatem facimus atque impertimur, ut in amplâ domo seu magno Mechlinise Clericorum seminario, de quo habita mentio est, iis qui eodem in seminario seu instituto morantes, studiorum curriculo ritô confecto et doetrinse facto periculo, scientià et pietate ceteris antecellunt, Doctoris laurea aliiquo gradus tam in sàcrà Tbeologiâ quâ in Jure Canonico libéré et licite conferri possint eodem prorsus modo ac ratione, quibus in publicis Athenaeis seu Universitatibus fieri solet. Àtque idcirco concedimus et indulgemus, yolumus atque mandamus, ut ii onmes qui eosdem gradus et Doctoris laureas vel in sacra Theologiâ vel in Jure Canonico eodem in instituto seu magno Mechliniae seminario adepti fuerint , omnibus et singulis quibusque juribus , privilegiis, praerogativis , indultis quocumque nomîne appellandis utantur,fruantur atque uti et frui possint quibus utuntur et fruuntur vel uti

ac frui possunt et poterunt alii omnes qui gra- • dus eosdem et Doctoris laureas publicis in gymnasiis seu Universitatibus consequuntur. Haec concedimus atque indulgemus, volumus, praecipimus atque mandamus decernentes has litteras ôrmas validas et efficaces existere et fore , suosque plenarios et integros effectus sortiri et obtinere, dictisque in omnibus et per omnia plenissimô suffragari , sicque in prsemissis per quoscumque judices ordinarios et delegatos etiam causarum Palatii Apostolici Auditores, Sedis Apostolicae Nuntios ac sanctse Romanae Ëcclesise Cardinales etiam de latere Legatos, sublatâ eis et eorum cuilibet quâvis aliter judicandi et interpretandi facultate et auctoritate judicari et deflniri debere, ac irritum et inane si secus super bis a quoquam quâvis auctoritate scienter vel ignoranter contigerit attentari ; non obstantibus Apostolicis ac universalibus provincialibusque et synodalibus conciliis editis generalibus vel specialibus constitutionibus et ordinationibus ceterisque etiam speciali et individuâ mentione dignis in contrarium facientibus quibuscumque. Datum Romse apud S. Petrum sub annulo Piscatoris die VIII aprilis MDCCCXXXIV. Pontiflcatus nostri anno IV.

Pro Domino Cardinali Albano, A. PiccHiONi, substitutus.

DÉCRET d'érection DE L'UNIVERSITÉ.

lO Juin t9S4l.

Engelbertus , Dei et Apostolicae Sedis gratià Archiepiscopus Mechliniensis et Primas Belgii , JoANNES-JosEPHUs , eâdem gratiâ Tornacensis, Joannes-Franciscus, Gandavensis, Cornélius, Leodiensis, Joannes-Arnoldus, Namurcensis , Episcopi, et Franciscus, Episcopus Ptolomaïdis , Administrator Brugensis ,

Omnibus et singulis prsesentes litteras visuris , lecturis pariter ac audituris Salutem in Domino Sempiternam.

Qaum concordi omnium judicio ac felici experientià constet summa Ecclesiaî et Reipublicse commode obvenire ex publicis studiorum Universitalibus, inquibus bonarum artium ac scientiarum documenta a professoribus orthodoxae âdeicultoribus et de Romano-GatholicâReligione rectô sentientibus ingenuae juventuti traduntur : hinc Nobis potissimâ quâdam ratione hoccetempore allaborandum duximus ad instaurandam publicam ejusmodi Universitatem, quse celeberrimse quondam ac prsestantissima^ Lovaniensis Academi8e,communi Belgarum luctu inter sseculi decimi octavi exeuntis procellas sublatae, normam et imaginem referret.

Eà de re concepta desideria et consilia, ex de-

bito pastoralis offlcii Nobis commissi , ad Sedem Apostolicam detulimus, et per litteras, die decimâ quartâ Novembris anni millesimi octingentesimi trigesimi tertii in congregatione Nostrâ Mechlinise habita datas, Sanctissimum Dominum Nostrum Gregorium divinà Providentià Papam XVI deprecati sumus, ut eadem assensu et consensu Apostolieo eônflrmaret. Sanctitati Suae plaçait votis et petitionibus nostris summâ cum bénignitate protinùs annaere , nostrisque conatibus Apostolicam auctoritatem adjungere, proutpatet ex pontiflcio diplomate cigus ténor hic de verbe ad verbum sequitur :

** Gregorius pp. XVI,

« Venerabiles Fratres, Salutem et Apostolicam Henedictionem.

« Majori certô solatio affici non possamus,

- quàm cùm eos, qui in partem solicitudinis •* nostrœ sunt vocati, pastorali zelo flagrare, ** acriterque ad spirituale commissarum sibi «• Ovium bonum novimus vigilare. Licet jiorrô « prsecipuam Fraternitatum Vestrarum virtutem ^ satisjam multa déclarassent, eâque de causa "jure Nobis Isetari liceret; conceptani tamen

- animo nostro opinionem conflrmârunt, nos- ^ trumque gaudium abundô auxerunt obse- » quentissimse Litterse, quas die decimâ quartâ >^ proximè elapsi mensis ad Nos dedistis, et qui- » bus nedùm vestrum de Gatholicâ in Belgio con-

X stituendà, et à Yobis tantùm regendâ studiorum ^ Universitate consilium significâstis , sed etiam « expositis commodis, quse tùm animarum salus, « tùm Religio ipsa indè possunt accipere, Apos- « tolicâ nostrâ Auctoritate probari illud voluis- « lis. Hanc vos rationem sequuti, id egistis, « quod ab antiquis temporibus consuetudo in- « duxit , quodque débita huic Sanctse Sedi rêve- « rentia et observantia meritô exigit. Gum enim « ad Romanos Pontiâces pro concredito Ipsis «^ Apostolîci Officii munere maxime pertineat « Catbolicam Fidem tueri, sanctaeque ejus doc- «< trinae depositum integrum ac intemeratum «< custodire ; Eorum quoque esse débet sacrarum « discîplinarum quae publiée in Universitatibus « traduntur, institutionem moderari. Atque hsee « causa fuit, eur Catholici etiam Principes cùm « de hujusmodi Academiis seu Universitatibus « studiorum statuendis cogitârunt , Apostolicam « Sedem consulendam, Ejusque auctoritatem « exquirendam duxerint. Hinc celebriores illus- « trioresque Europae Universitates nonnisi ex « sententiâ et assensu Romanorum Pontiûcum «< fuisse constitutas gravissimae illarum histo- « riœ* amplissimô testantur. Nobis itaque, qui- « bus persuasum est ex rectè comparatis stu- « diorum Universitatibus plurimùm emolumenti « in Christianam Rempublicam dimanare, ju- * cundius nihil accidere potest, quàm ut vobis « gratificemur, et ad Utterarum prœsertim

« Sacrarum prsesidium et incrementum supremœ

« Noslrae Auctoritatis robur adjiciamus ; atque

M hinc sapientissimum, quod unà simul inivistis

« consilium adprobamus, vestramqué eâde re

« solicitudinem summà laude ac commendatione

« prosequimur. Eô autem libentiùs vestris votis

« annuimus, quo certiùs vestrâ industriâ, operâ

** et cura futurum conôdimus ut quotquot ad istam

« Universitatem convenientbenèmorati juvenes,

** non scientiâ quse inâat , sed scientîâ quse cum

^ charitate sediâcat, non sapientiâ hujus sseculi,

« sed sapientiâ cujus initium timor Domini est ,

« imbuantur. At illud probe intelligitis , Venera-

« biles Fratres, memoratam mox Universitatem

« ità quidem constitui oportere , ut nihil pror-

« sus derogetur juribus quae singulis Episcopis

« circà Clericorum in suis diœcesanis seminariis

« institutionem , eorumque in litteris et disci-

« plinis maxime Theologicis eruditionem Tri-

w dentini Patres adjudicârunt. Agite igitur, et

« nie, à quo omne datum optimum et onme

« donum perfeetum est , dexter Vobis propitius-

« que adsit, ut quae salubriter cogitâstis , felici-

« ter poSsitis implere. Intérim Apostolicam Be- « nedictionem, Paternae Nostrae charitatis et

« benevolentise testimonium ergà Fraternitates

« Vestras , peramanter Vobis impertimur.

u Daium Romse apud S. Petrum die 13 Decem-

« bris anno 1833. Pontiflcatûs Nostri anno IIL

« Signatum, GREGORIUS PP. XVI.

« Inseriptio erat : Venerabilibus Fratribus -« Engelberto Archiepiscopo Mechliniensi, ejus- ^ que Suffraganeis in Belgio Epiccopis. Mech- ^ linlam. »

Tarn praecellenti suffragio tantâque auctoritate snffulti, mense Februario praesentis anni litteras dedimus ad Clerum et fidèles Ecclesiarùm nostrarum, eosque expert! sumus paratissimos ad cônferenda subsidia quibus erigendas AcademisB incolumitati ac splendori consuleretur.

Jam verô certain tanto operi atque instituto formam praescribere , ejusdemque perpetuam stabilitatem asserere volentes, Apostolicâ auctoritate et Nostrâ per prsesentes litteras erigimus et instituimus studiorum Universitatem, à Nobis supremo jure ac perpétua sollicitudine (salvâ in omnibus Apostolicae Sedis auctoritate) regéndam et fovendam, quinque Facultatibus instructam, quarum dignitate prima est Theologiae, secunda Juris, tertia Medicinse, quarta Philosophiae ac Litterarum, quinta ScientiarumMathematicarum ac Naturalium.

Quùm plurimùm intersit, ut res Academica ab unâ eâdemque personâ firmiter et constanter regatur , hinc ad omnem Universitatis nostras directionem deputamus ac delegamus, tamquam Vicarium Nostrum Generalem, Rectorem Magnificum, virum ecclesiasticum, ciyus nominatio et revocatio Nobis reservata permaneat. Eidem

Rectori, postquàm in manibus illuslrissimi ac Reverendissimi Domini Archiepiscopi fecerit fidei professionem juxtà Bullam Pii Papae IV, et juraverit ac promiserit fidelitatem ac pbedientiam cœtui Episcoporum Belgii, seque pro viribus curaturum honorem ac prosperitatem Acâdemise , plenam potestatem et auctoritatem tribuimus et elargimur, ut, servatis servandis, quoscumque gradus academicos conferre valeat ; ut liberô quoque ac licite ordinare possit qusecumque pro Universitatis bonis ac profectu in rébus ad instructionem vel disciplinam pertinenlibus necessaria visa fuerint. Intérim eidem Rectori strictissimô injungimus ut Nobis singulis annis exponat amplam , âdelem et sinceram relationem de totius Academise statu.

Nobis pariter, posi expetitam Rectoris Magniflci sententiam, reservamus nominationem et revocationem Vice-Rectoris , qui ^adinstar coadjutoris consilio et auxilio praesto sit eidem Rectori, quique eo absente, aegrotante vel moriente, ipsius vices provisoriô suppléât, ne Academia aliquod detrimentum patiatur.

Ut autem in singulis studiorum classibus seu Facultatibus omnes disciplinée pro earumdem dignitate ac necessitate scholaribus rite ac plenissimè tradanlur, talis constituendus erit docentium numerus , qui perfectse institutioni Academicae congruat. Ad consulendumelprovidendum uniuscujusque meritis et honestae cuidam œmu-

lationi, volumus, ut inter ipsos docentes qusedam habeatur tîtulorum âc jurium distinctio, scilicet ut alii sint Professores Ordinarii, alii Professores Extraordinarii, alii Lectores.

Ad nostram singulariter curam pertinere judicavimus y ut Professorum tam Ordinariorum quàm Extraordinaiûorum ac Lectorum, quorum omnium designatio ac prsesentatio ad Rectorem Magniôcum spectat, deûnitivanominatio à Nobi» dumtaxat rata ac ôrma habeatur. Volumus autem ut iidem non antè muneris sui partes suscipiant, quàm in manibus Rectoris Magniâci emiserint fldei professionem juxtà formam Pii Papae IV, nec non juramentum à Nobis praescriptum de observandis fideliter Academiœ Statutis ac Ordinationibus , de impendendb Rectori Magniâco debito honore, deque auxilio eidem prœstando, ac de curandâ pro viribus Academiae prosperitate. Si verô, quod Deus avertat, aliquis inter docentes aliquando reperiatur offlcii sui ac juramenti immemor, eumdem à munere r^pô^ vendi potestatem Nobis reservamus.

Nominationem et revocationem Secretarii, aliorumque omnium Academiae Officiatorum pertinere deçrevimus ad Rectorem Magniâcum. Eidem jus erit instituendi sumptibus Academicis Collegia seu Paedagogia, quorum Prsasides nominabit et congrua statuta ordinabit. lUi autem praesides, antequàm munus gerendum suscipiant , iidei professionem ac juramen-

tum, prout professoribus prsescribitur, emittant.

In singulis studiorum Facultatibus Professores Ordinarii annuô, juxtà pluralitatem votorum, elîgere debebunt suum Decanum, cui jus erit Facultatis suse congregationes indicere, iisdQmque prsesidere. In illis congregationibus agetur de negotiis ad Facultatem pertinentibus. de mediis ad disciplinarum incrementa spectantibus, deque ordinando programmate prselectionum semestri tempore babendarum. Praefatum programma , priusquàm publicetur , à Decanis ad Rectoris Magniâci approbationem deferri débet.

Ut res Academicae optimo consilio peragantur, prsefatos Facultatum Decanos unà cum Vice- Rectore pertinere volumus ad Rectoris Magniôci oonsilium ordinarium, cujus congregatio habebitur temporibus et diebus ad Rectoris arbitrium statuendis. Pro solemnioribus quibusdam negotiis aut circumstantiis ab eodem Rectore convocari poterunt omnes omnium Facultatum Professores, qui sub ipsius prœsidentiâ congregati constituent Senatum seu Corpus Academicum.

Porrô in constituendâ hâc studiorum Universitate hùc tendunt conamina nostra, ut ea ipsa sit in œdiftcationem Corporis Christi/et per eam glorificetur intémerata SponsaSalvatoris Nostri, qu8B columna est ac ûrmamentum Veritatis. Quare Magistros et Scholares etiam atque etiam in Domino hortamur, eisque prsecipimus, ut

corde et opère teneant ac profiteantur Catholicam Fidem ; ut , alieni à profanis novitatibus , quibus Fidei integritas maculatur, sectentur scientiam quse cum charitate aediâcat , et ducantur sapientiâ cigus initium est timor Domini.

Cœterùm leges alîasque ordinationes pro Universitatis nostrae perpetuo regimine ac felici progressa et pro uniuscujusque Facultatis constitutione, quamprimùm maturo consilio condere curabimus.

Ut autem statuta et statuenda qusecumque prospéré ac féliciter semper eveniant, oculos manusque nostras levamus ad Sanctissimam Virginem Mariam, ciyus nomen divinis bene dictîonibùs et gratiis refertum est , et cui tamquam Dominae ac Patronse potentissimae Academiam nostram suppliciter commendamus.

Haec omnia et singula, acta et décréta in Congregatione Nostrâ habita Mechliniae die decimâ mensis Junii anno incarnationis Dominicae MDCCCXXXIV, Pontiflcatûs Sanctissimi Domini Nostri Gregorii PP. iVI anno IV, perpetuum robru habere atque ab omnibus ad quos spectabit, intégré et fideliter observari volumus.

t Engelbertus, Archiepiscop.

Mechliniensis.

t JOANNES-JOSEPHUS, EpiSCOp.

Tornacensis, t Joannes-Franciscus , Episcop. Gandavensis,

t Cornélius , Episcopiis Leodiensis.

t JOANNES-ARNOLbUS, EpisCOp.

Namurcensis.

t Fnxscistvs, Episcopios Adm.

Brugensis.

STATUTS DE L UNIVERSITÉ CATHOLIQUE. 11 Juin 18S4.

Art. 1«'. L'Université comprend les Facultés de philosophie et des lettres, des sciences mathématiques , physiques et naturelles, de médecine, de droit et de théologie.

Art. 2. L'enseignement académique comprend :

Dans la faculté de philosophie et des lettres , Tintroduction à la philosophie, la logique, la métaphysique , la philosophie morale , l'esthétique, l'histoire de la philosophie, l'économie politique , la statistique , la géographie physique et l'ethnographie, l'archéologie, les antiquités grecques et romaines , l'histoire (ancienne , du moyen-âge et moderne), l'histoire nationale, l'histoire de la littérature ancienne et moderne , les langues orientales, la littérature grecque et latine , la littérature nationale et française ;

Dans là faculté des sciences mathématiques y

physiques et naturelles, Thistoire des sciences malhémaliques et physiques, l'introduction aux mathématiques supérieures , les mathématiques transcendantes et appliquées , la physique , Tastronomie , la chimie générale et appliquée , la minéralogie, la géologie, la zoologie, Tanatomie comparée, la botanique et la physiologie des plantes ;

Dans la faculté de médecine , Tencyclopédie et rhistoire de la médecine , Tanatomie , l'organogénésîS, la physiologie, la pathologie, la thérapeutique , la pharmacologie , et la matière médicale, la clinique interne et externe, la chirurgie, la théorie et la pratique des accouchements, la médecine légale et l'hygiène.

Dans la faculté de droit , l'encyclopédie du droit, l'histoire du droit, le droit naturel, l'histoire et les éléments du droit canonique, les institutes du droit romain, les pandectes, le droit public interne et externe , le droit administratif, le droit civil moderne, le droit criminel , y compris le droit militaire, là procédure civile, y compris l'organisation et les attributions judiciaires , le droit conomercial ;

Dans la faculté de théologie , les antiquités judaïques et chrétiennes, l'histoire ecclésiastique, les langues orientales, l'écriture sainte, le droit canon, la théologie dogmatique et morale, l'éloquence sacrée.

Art. 3. La direction de l'Université est confiée

au recteur magniâque, nommé et révocable par le corps épiscopal.

Art. 4. Un vice-recteur, nommé et révocable par le corps épiscopal, après avoir entendu ravis du recteur magnifi(jue, assistera le recteur dans toutes les affaires courantes, et le remplacera provisoirement en cas d'absence, de maladie ou de décès. Il se conformera en tout aux instructions qui lui seront -données par le recteur.

Art. 5. Il y aura, pour donner les^ours prescrits par Tart . 2, tel nombre de professeurs que rintérêt de l'enseignement exigera.

L'acte de nomination détermine le titre et les droits de professeur ordinaire, de professeur extraordinaire ou de lecteur.

Toute nomination de professeur indique la Faculté à laquelle il appartient , et les cours qu'il est appelé à donner. Cependant le recteur, après avoir pris l'avis de la Faculté, pourra de temps à autre autoriser un professeur à faire un cours extraordinaire.

Art. 6. Les professeurs ordinaires de chaque Faculté choisiront annuellement, à la pluralité des voix, leurs doyens et leurs secrétaires.

Art. 7. Les doyens convoquent et président les assemblées de leurs Facultés respectives. Dans ces assemblées, les professeurs discutent les intérêts de leur Faculté et règlent le programme qui annoncera tous les six mois l'ordre

et la distribution des leçons. Ce programme devra être soumis à l'approbation du recteur, et une copie en sera adressée aux évêques.

Art. 8. Les doyens des Facultés respectives forment, coryointement avec le vice-recteur, le conseil ordinaire du recteur. La réunion de ce conseil se fera aux jours fixés par le recteur.

Art. 9. Le recteur magnifique est autorisé à prendre toutes les mesures que Fint^rêt de l'Université pourra exiger. Il fera annuellement au corps épiscopal un rapport détaillé sur l'état de l'Université.

Art. 10. Les professeurs des Facultés respectives, convoqués par le recteur magnifique et assemblés sous sa présidence, constituent le sénat académique.

Art. 11. Le corps épiscopal nomme les professeurs ordinaires et extraordinaires ainsi que les lecteurs, sur la proposition qui lui sera faite par le recteur. Toute nomination pourra être révoquée par le corps épiscopal, après avoir pris l'avis du recteur.

Art. 12. Le secrétaire du recteur et les autres fonctionnaires de l'Université sont nommés et révoqués par le recteur magnifique. Il pourra aussi établir aux frais de l'Université des collèges ou pédagogies, dont il nomme les présidents et arrête les règlements.

Art. 13. Les traitements annuels du recteur magnifique, du vice-recieur, des professeurs et

autres fonctionnaires de TUniversité seront fixés lors de leur nomination.

Art. 14. On prendra les mesures nécessaires pour former un fonds destiné i^ux professeurs émérites, aux yeuves ou aux enfants des professeurs, en suivant, autant que possible, le mode établi pour les autres universités du pays.

Art. 15. Outre le traitement fixé lors de leur nomination, les professeurs ordinaires et eX' traordinaires, ainsi que les lecteurs, auront droit de recueillir la rétribution qui sera fixée pour la fréquentation des leçons.

La disposition du présent article n'est pas applicable aux professeurs de la Faculté de théologie, dont les cours seront gratuits.

Art. 16. Les sommes qui , dans toutes les Facultés, auront été perçues de chaque étudiant pour rinscription ou le recensement, pour les examens ou Tobtention des grades académiques, seront versées dans la caisse de TUniversité.

Art. 17. Quiconque veut faire des études à rUniversité doit se présenter devant la commission présidée par le recteur, pour être porté au rôle des étudiants. Les élèves de la Faculté de théologie sont tenus de produire une permission de la part de leur ordinaire. Pour les autres Facultés, les élèves .doivent produire des certificats qui constatent leur bonne conduite, et qu'ils ont régulièrement achevé le cours des études préliminaires.

Art. 18. Les peines académiques sont les admonitions, la suspension du droit de fréquenter les cours ou l'un d'eux, la prorogation du temps fixé pour les examens et l'exclusion de l'Université.

Art. 19. Il y a pour la théologie et le droit canon trois grades : celui de bachelier^ celui de licencié et celui de docteur ; et pour les autres Facultés deux : celui de candidat et celui de docteur.

Sur le rapport des Facultés respectives, le recteur magnifique admettra les élèves à faire les examens pour les grades; il assistera à ces examens, et, après avoir entendu la délibération et la résolution de la Faculté , il prononcera l'admission au grade et en fera délivrer le diplôme.

Art. 20. Tous les fonctionnaires et élèves de l'Université devront professer la religion catholique et en remplir les devoirs.

Art. 2L L'enseignement académique devra être en harmonie av^c les principes de la religion catholique. Les professeurs sont tenus nonseulement de ne rien enseigner de contraire à la religion, mais de profiter des occasions qu'offriront les matières qu'ils expliquent, pour faire voir aux élèves que la religion est la base des sciences, et pour leur inculquer l'amour de la religion et des devoirs qu'elle impose.

Art. 22. Avant d'entrer en fonctions le recteur magnifique fera, en mains de l'archevêque, la

profession de foi et le serment de remplir avec lidélité les intentions du corps épiscopàl et de faire tout ce qui dépend de lui pour la prospérité de rUniversilé (i).

Art. 23. Le vice-recteur, les professeurs, les lecteurs et les présidents des collèges , en prenant possession de leur place, feront en mains du recteur magniâque la profession de foi et le serment d^observer fidèlement les règlements académiques , de vouer aide et respect au recteur , de remplir les obligations qui leur sont imposées, et de faire tout ce qu'ils pourront faire pour le bien de TUniversité (2).

Art. 24. Les règlements de TUniversité seront basés sur les articles précédents , et soumis à la sanction définitive du corps épiscopàl.

(i) Formula juramenti emiUendi a Reetore Magnifico : — « Ego N.

> uominalus Hector Uoiversitaiis Catbolicie, fldelis et obediens

> ero cstui Episcoporiim Belgii , et pro Tiribus juxta illorum men- » tem carabo bnnorem et prosperita'ein dicts Universitatis. — Sic » me Deui adjuvet et hœe Saneta Dei Evangelia. >

(S) Formula juramenti emitteudi a Vice Redore , a CoUegiorum Prauidibui , ProfeuorU>u* et Leetoribui Univenitatis Catholicce. — « Ego N. Domioatiis Vice-Rector (Professor ordioarias — Professor B e\traordinarias — Lector — Praeses collegii) Uoiversitatis Catbo- » licoi , fldeliler obscrvabo Slaluta et Ordinationeii dictœ Uiiiversi- ■ tatis, Rectori UagoiQco debitum bonorem iœpendani atqiifi auxik lium praebeho , pro viribas quoque splendorem et procperitalem s AcaderaijE curabo. — Sic me Ueus adjuvet et hœc Saneta Dei » Evangelia. »

Ita resolutum et statutum, in Congregatione lUustrissimorum ac reverendissimorum Episcoporum Belgii habita Mechliniae, die 11 mensis Junii anni 1834.

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