Jansenius devient évêque de Gand
Jansenius occupait toujours sa chaire académique et se livrait, au collège du St-Ësprit, à ses études de prédilection. Tout à coup (1568) le roi d'Espagne, Philippe II, vint l'arracher à la solitude du cabinet, en le désignant pour le siège épis-
(1) Le collège du St-Esprit avait été divisé en IC61 en deux sections, le grand et le petit collège. Voir Syn. Bdg. t. IV, p. S68. noie i et l'jénnuaire de l'Unirersilé Cath., I8S9 p. i8« et «84,
fl) ÂnaUcUi pour tenir à Vhittoire eeclétiattique de lu Iiclgi4fue, l. VII.
copal de Oand, resté vacant jusqu^alors. Après un reAis assez énergique, Jansenius accepta Tépiscopatcomme une œuvre difficile et méritoire, bonumopiAS selon Texpression de S. Paul. Confirmé par un bref pontifical du 6 juillet 1568, il reçut, au collège de Savoie, Tonction sacrée et Timposition des mains de François Sonnius, évéque de Bois-le-Duc, assisté de Pépin Rosa, évéque de Salubriumtn par^. inf, et de Martin Cuperus, évéque de Calcédoine (i) (septembre 1368). A son entrée solennelle à Gand, le 8 septembre, il fut accueilli avec pompe par le chapitre de Saint-Bavon et la population de la ville. Le 29 août précédent, il avait pris possession canonique par procuration donnée à Adrien Meyere, chanoine de la quatrième prébende libre (2).
Le Saint-Siège avait uni la prévôté séculière de St-Bavon À Févêché, mais à condition que rincorporation ne fût réalisée qu'après le décès ou l'abdication du prévôt d'alors. Comme le titulaire, Viglius de Zuichem ab Aytta, était encore en vie (3), il offi?it, en attendant, à l'évéque les revenus et l'administration de l'abbaye Saint- Pierre au Mont-Blandin, vacante par le décès de
(i) Rosa était saffragant in ponHfiealibuê du cardioal de GraDvelie, et Cuperusde l'archevêque de Cambrai.
(S) Il y avaii des prébendes ro>alcs, graduées et libres.
(S) Viglius, président du conseil privé, étant devenu prêtre, fut nomme prévdt en janvier 156t. Il laissa cette dignité à son neveu Bucho Zuichem ab Aytta en IS77.
François d'Avroult. Jansenius refusa généreusement Toifre, aân qu*étant libre de la direction des religieux du Mont-Blandin, il pût se consacrer tout entier aux soins de son troupeau.
Il fallait néanmoins, pour maintenir le siège, pourvoir à la mense épiscopale. Dans ce but Jansenius et Viglius créôrent de commun accord une nouvelle prévôté, et ils la dotèrent en détachant de la prévôté de St-Bavon une partie de ses revenus (i), équivalente aux revenus de deux prébendes canoniales. Le chef du diocèse se contenta d'une seule des ces prébendes à laquelle le roi ajouta une modeste pension de3000âorins. Comme chanoine gradué du chapitre de St-Bavon, il assistait, avec une régularité exemplaire, aux offices du chœur.