Travaux de Jansenius dans le ministère épiscopaî
L*un des premiers objets de la sollicitude de Jansenius fut la formation d*un clergé savant et vertueux. Le Concile de Trente avait fortement insisté sur ce point et ordonné Térection des séminaires. L'année qui suivit son intronisation, l'évêque ût Taequisition (26 août 1569) du bâtiment que les frères de la Vie Commune occupaient derrière St-Bavon sur TEscaut et nonmia
(I) La prévôté de St-Bavon ne rapportait en moyenne qne la soDime de sept à huit mille florins par an. Voir les ^UeUm d$ la Commiuion royule d'AMfoti-0, t. XVI, V* iiéne, p. 194.
quatre proviseurs pour le séminaire qu'il y établit (1). Peu après il prescrivit que tout bénôacier, même régulier, conformément à rordon> nance du Concile général (sess. XXIII, c. XVIII de reform.)i contribuât des revenus de son bénéfice à Tentretien du nouvel établissement. Pour mieux assurer cette grande œuvre, il demanda & son métropolitain, le cardinal Qranvelle, la confirmation du contrat qu'il avait passé avec les frères susdits. La ratification, portant le sceau de Granvelle, fut donnée par le vicairegénéral Morillon, sous la date du 26 juin 1570. Elle se trouve dans le recueil diplomatique d*Aubert Miraeus, tome IV, et dans le Synodicon Bélgicum de P. F. X. de Ram, t. IV, pag. 255-259. Les 5, 6 et 7 février 1571 (1570 vieux style), Jansenius tint dans sa cathédrale le premier synode diocésain. Plusieurs députés des chapitres collégiaux et cent vingt-huit curés y parurent (2). Les constitutions synodales, exposées en seize titres, se trouvent au tome \\à\x Synodicon Bélgicum, « Nos statuts sont en petit nombre, dit Jansenius, parce que le Saint Con-
(4) Aujourd'hui l'orphelinat dit KuUerhuts. Sous Mgr Aiitoiae Triesl, vers 16tS, le séminaire fut transféré à l'endroit où il se trouva aujourd'hui. Voir Syii. Belg. t. IV, p. iSS.
(t) Syn. Belg. i.lS, p. 3, Met 40. Un second synode fut tenu en 1674. Les troubles de l'époque ne permirent pas de convoquer annuellement les assemblées diocésaines prescrites par le Concila dej'rente. Voir Syn . Belg, i. I. p. VII IX.
cile de Trente contient la plupart des ordonnances que Ton pourrait donner, et que les de* crets de ce Concile seront d'autant plus lus et mieux observés. Néanmoins, ajoute-t-il, nous n'avons pu laisser de côté les anciennes règles données par d'autres, et spécialement par les révérendissimes évéques de Tournay, qui furent autrefois les ordinaires de presque tout le territoire qui compose notre diocèse (i). »
Jansenius avaitannoncé dans le synode, titre P, cbap. VII, qu'il s'occupait d'un Manuale Pastorum, afin d'établir ainsi l'uniformité si désirable des rits dans l'administration des sacrements. Ce travail, livré à l'impression sous le titre de Liber Ecclesiae Gandavensts^ fUt communiqué au clergé par mandement du 21 mars 1572 (2).
En janvier 1572, Jansenius se rendit à Bruxelles avec ses vénérables collègues d'Ypres et de Bruges pour engager le duc d'Albe à suspendre l'odieux impôt du deuxième denier, qui était une charge pour leurs pauvres ouailles. Nous avons dit dans la notice de Martin RytJiO' vius que cette patriotique démarche, si honorable pour l'épiscopat flamand, resta malheureusement sans effet.
Jansenius prit également une large part aux
(I) Sgn, Belg.i. IV, p. 8.
(t) Syn. Belç. t. IV, p, «B9-««t.
d(»ux conciles provinciaux do Malincs, tenus en 1570 et en 1574. Le second concile lui confia le soin de réviser le pastoral de TÈglise de Gand et de composer, • sous le bon plaisir des évéques comprovinciaux, » un rituel qui pût être introduit dans les sept diocôses de la province (i). Jansenius crut pouvoir accepter ce travail, mais il ne lui fut pas accordé de le mener à fin. Les travaux du saint ministère avaient amené prématurément chez lui les Infirmités de la vieillesse. Le zélé pasteur dut même, dans les deux dernières années de sa vie, renoncer à deux pratiques auxquelles il était resté constamment fidèle, la prédication de la parole de Dieu et la fréquentation du chœur. Voyant la mort approcher, il écrivit ses dernières volontés (2) dont il confia Texécution & l'archidiacre Clément Crabbeels, depuis évêque de Bois-le-Duc, à Tarchiprêtre Pierre Simons qui devint évêque d*Ypres, et à maître Nicolas Meganck. Il y instituait des bourses d*études pour le séminaire diocésain et les deux collèges des théologiens à Louvain. Divers legs étaient faits aux pauvres et aux fabriques d*église de Hulst, sa ville natale, et de Gourtrai, où il avait été curé.